Le blog de Dasola

lundi 2 mars 2015

Birdman (ou la surprenante vertu de l'ignorance) - Alejandro IñarrItu

Birdman du réalisateur mexicain Alejandro Iñarritu* vient d'être récompensé de quatre Oscars en 2015 (dont ceux de meilleur film et meilleur réalisateur), mais rien pour les acteurs, alors que le film est centré sur eux et leur métier. Le film brosse un portrait sans concession des acteurs, avec un peu d'humour et pas mal de vitriol. Riggan Thomson (Michael Keaton), plus de vingt ans après avoir été l'interprète au cinéma d'un super héros, Birdman, est en train de monter, à Broadway, une pièce de Raymond Carver dans laquelle il jouera un des rôles principaux. Le "challenge" est de taille, Riggan a beaucoup à perdre pour son retour. Les dernières répétitions avant la générale ne se passent pas au mieux. Un acteur que Riggan juge mauvais est victime d'un "malheureux" accident. L'actrice principale (Naomi Watts), peu sûre d'elle, n'en revient pas d'avoir été choisie pour jouer la pièce, tandis que le "pur acteur de théâtre" (Edward Norton) qui a remplacé au pied levé l'acteur "accidenté" est imbu de sa personne face à Riggan. Quant à la fille (Emma Stone) de Riggan, qui vient de sortir de désintoxication, elle n'est pas tendre avec son père en lui disant ses quatre vérités. Riggan, lui-même très égocentrique, se laisse dominer par sa voix intérieure (celle de Birdman). Dans un bar, pas loin du théâtre, la critique du New-York Times est déjà en train d'écrire sa critique assassine sans avoir vu la pièce. La réalisation d'Iñarritu est virtuose. La caméra suit au plus près les acteurs entre scène, coulisses et loge d'un théâtre de Broadway. J'ai trouvé le film intéressant, très bien joué. Sur la fin, les scènes où Birdman vole dans les airs cassent un peu le rythme et n'ajoutent rien. En revanche, mon gros bémol serait pour la musique que j'ai détestée. Il s'agit d'une musique de batterie plutôt dissonnante (pour mes oreilles). Néanmoins, un film à voir.
Lire les billets de Wilyrah, Alex-6 et Ffred.

* et non Iñarratu comme me l'a fait remarquer Luocine ci-dessous (merci pour ce rectificatif)

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vendredi 27 février 2015

Le dernier loup - Jean-Jacques Annaud

Le dernier loup de Jean-Jacques Annaud nous emmène dans les steppes de Mongolie aux confins de la Chine. Après les ours et les tigres, le réalisateur a donc choisi comme héros de son film le loup mongol (c'était aussi un des surnoms de Gengis Khan). En 1967, un an après la Révolution culturelle sous Mao, deux jeunes étudiants chinois dont Chen Zhen partent en Mongolie intérieure pour deux ans, avec des valises remplis de livres. Ils vont partager la vie d'éleveurs nomades qui s'occupent de centaines de moutons. Ces nomades vivent au contact des loups qu'ils craignent et respectent, à l'image d'Aba, le chef vieux et sage d'un village composé de yourtes. Les loups qui sont des animaux intellligents et dotés d'une immense patience chassent en meute les gazelles qui se reproduisent en grand nombre, ainsi que les écureuils et les marmottes qui ravagent les terres. Malheureusement pour les loups, les autorités chinoises décident de faire disparaître ces prédateurs car ils menacent la sécurité de populations chinoises qui viennent s'installer dans la région. La disparition se fait en deux temps: d'abord les gazelles mortes (conservées dans des congères naturelles) et qui sont la nourriture principale des loups sont prélevées pour être données à la population chinoise (qui, à l'époque, mourrait de faim) - les loups commencent donc aussi à être affamés - et dans un deuxième temps, des fonctionnaires du gouvernement chinois décident d'éradiquer les loups en tuant les portées de louveteaux. Il est dit dans le film qu'ils les dépiautent pour récupérer leur fourrure. Chen Zhen, qui est un garçon sensible, sauve un louveteau et l'élève. Je vous laisse découvrir les péripéties qui émaillent ce film bien fait. Les paysages de Mongolie à perte de vue sont un vrai dépaysement (cela donne envie de partir). On sent que le réalisateur a aimé filmer ces loups, des bêtes au pelage fauve et au regard magnifiques. Un film pour toute la famille, mais la mort des louveteaux (hors champ) risque peut-être de perturber les plus jeunes. Le film, co-produit par la Chine, est adapté du livre Le totem du loup qui est un récit très autobiographique de Jiang Rong paru en 2004, best-seller en Chine. Lire le billet d'Alex-6.

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mardi 24 février 2015

Le reptile - Joseph L. Mankiewicz / New-York 1997 - John Carpenter

A force de chroniquer deux ou trois films sur le même billet, je viens de me rendre compte que ma réserve de films nouveaux vus s'épuisent (ou presque). Je ne vois pas tout par manque de temps et surtout certains films récents ne m'attirent pas du tout. Je n'ai pas encore vu le Eastwood (mais j'irai). Heureusement que les films "en boîte" (DVD) existent.

Voici deux films que j'ai revus avec plaisir en compagnie de mon ami pour qui ce fut une découverte.

Je commence avec l'avant-dernier film de Joseph L. Mankiewicz (1909-1993), Le reptile (There was a crooked man en VO), qui date de 1970. Il est l'occasion de voir s'affronter Kirk Douglas et Henry Fonda, entourés de quelques têtes connus comme Hume Cronyn, Warren Oates ou Burgess Meredith. C'est l'histoire savoureuse de Paris Pitman Jr (Kirk Douglas), une canaille sans foi ni loi, qui, après avoir dévalisé une famille de notables avec l'aide de quelques complices, cache le gros magot récolté dans un nid de serpents à sonnette (tous les complices sont morts). Arrêté tandis qu'il était en compagnie de deux demoiselles dans une maison close, il est envoyé dans une prison perdue en plein désert de l'Arizona. Paris Pitman n'a de cesse de vouloir s'évader. Ses camarades de cellule proposent de l'aider moyennant une part du magot dissimulé. Les péripéties sont nombreuses et Henry Fonda, le directeur de la prison à l'air nonchalant, veille. Il y a beaucoup d'humour, c'est une mécanique bien huilée. Un très bon film avec une fin "piquante".

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Et maintenant je passe à New York 1997 (Escape from New York en VO) de John Carpenter, qui est un réalisateur que j'apprécie énormément. Il tourne des films qui ressemblent à des westerns (dont il connait les codes). New York 1997 a été tourné en 1981 (déjà!). En 1997, l'île de Manhattan est devenue une prison haute sécurité dont nul ne peut s'évader. Les prisonniers sont livrés à eux-mêmes, ils ont leurs propres lois. La statue de Liberté sert de poste de commandement pour la police qui surveille l'île. Snake Plissken (Kurt Russell), un ancien militaire qui devait être incarcéré dans la prison pour un hold-up, est chargé d'aller secourir le président des Etats-Unis dont l'avion personnel vient de se "crasher" quelque part dans l'île. En échange Plissken sera gracié. Il a 24 heures pour effectuer sa mission, sinon il mourra. On lui a injecté une capsule explosive. Le film est l'occasion de revoir les deux tours jumelles dominant l'île plongée dans le noir (il n'y a plus d'électricité). La loi de la jungle règne. Manhattan dévastée est devenue un "no man' land". Les détenus sont comme des ombres. On sent la menace partout mais la violence est plus suggérée que montrée. Le suspense est tenu jusqu'au bout. Outre Kurt Russell et Harry Dean Stanton, on a le plaisir de revoir les regrettés Lee Van Cleef, Ernest Borgnine (qui parcourt les rues de Manhattan à bord de son taxi) et Donald Pleasence. Ce film qui dure 1H34 se voit et se revoit volontiers. On retrouvera le personnage de Snake Plissken dans Los Angeles 2013 (1996), toujours de John Carpenter. Personnellement, je n'ai pas trop aimé cette sorte de suite.

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samedi 21 février 2015

Les merveilles - Alice Rohrwacher

Les Merveilles, ce film italien réalisé par une femme, a été récompensé du Grand prix du jury au dernier festival international du film de Cannes 2014. Il n'est pas exempt de défauts dans la mise en scène, avec une histoire qui part un peu dans tous les sens, mais il m'a plu parce que, pour une fois, le personnage central est une jeune fille, qui s'appelle Gelsomina. Agée de 14 ans, elle est l'aînée de quatre filles. Gelsomina s'occupe habilement des abeilles de 42 ruches sous la férule de son père. Les abeilles sont des personnages à part entière dans cette histoire qui se passe a priori l'été, pendant les grandes vacances, dans une région isolée d'Italie. Gelsomina, Marinella, Catarina et Luna vivent avec leurs parents Wolfgang et Angelica ainsi que Coco (une tante?) dans un grand bâtiment en mauvais état. Le père, tyrannique envers sa fille aînée, a des problème financiers. Sa fabrique de miel est menacée de fermeture faute de moyens pour se mettre aux normes obligatoires d'hygiène. L'arrivée dans la région de caméras de télévision pour une émission de télé-réalité animée par une sorte de fée à natte blanche (Monica Bellucci) va peut-être chambouler la vie de cette famille qui a accepté de s'occuper de Martin, un jeune pré-délinquant. Ce que j'ai retenu de ce film est le comportement de Gelsomina, qui est comme une "petite maman" pour ses trois soeurs. Elle-même cherche toujours la reconnaissance de son père, qui crie beaucoup et ne montre pas beaucoup de tendresse envers elle (à part lui offrir un chameau). Il est en butte aux quolibets de voisins qui le charrient de n'avoir que des filles. Cela n'empêche pas qu'on aurait souvent envie de lui dire ses quatre vérités pour son comportement vis-à-vis de Gelsomina qui est capable de garder une abeille dans la bouche sans se faire piquer. Un film que j'ai été contente de voir. La fin laisse plein de questions en suspens.

Lire les billets plus ou moins positifs de Pierrre Darracq, ffred, Pascale, Alex-6.

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mercredi 18 février 2015

Le prix à payer - Harold Crooks / Mon fils - Eran Riklis / Les jours venus - Romain Goupil

Voici trois films (dont un documentaire) dont j'attendais beaucoup et qui m'ont relativement déçue.

Je commence par Le prix à payer, un documentaire canadien d'Harold Crooks. C'est une suite de témoignages de personnes inconnues (je n'ai pas retenu leur profession) qui tente de nous expliquer comment des multinationales style G**gle, Am*z*n, Ap*le, ayant leur siège social domicilié dans des paradis fiscaux (Luxembourg, Caraïbes, Iles Caïman, Irlande) sont très peu taxées sur leurs revenus. Et on apprend dès le début du documentaire que le premier paradis fiscal est la City de Londres, un des plus importants centres financiers du monde. J'ai trouvé l'idée du documentaire pertinente, mais cette suite de témoignages avec quelques images d'archives pas très parlantes m'a assez vite ennuyée. C'est très répétitif alors que le sujet est passionnant. La seule solution que j'ai retenue, sur les possibilités de taxer ces entreprises qui engrangent des bénéfices colossaux, serait celle de taxer toutes les transactions financières au niveau mondial, et donc que tous pays s'unissent. Pour moi, c'est parfaitement utopique.

Je continue avec Mon fils d'Eran Riklis, qui est, selon moi, un film au scénario très curieux. En Israël, Eyad, un jeune arabe israélien, est accepté dans une prestigieuse école privée de commerce à Jérusalem. Jusque-là, il vivait au milieu d'une famille aimante dans un quartier arabe. Son père est très fier que son fils puisse faire des études. Eyad est assez vite en butte aux moqueries de ses camarades, mais il trouve du réconfort dans les bras de Noami, une jeune juive ashkénaze. Pendant ses temps libres, à titre bénévole, Eyad accepte de s'occuper de Jonathan, un jeune juif gravement malade. Jonathan vit avec sa mère Edna (Yaël Abecassis). Petit à petit, Eyad va prendre beaucoup de place dans la vie d'Edna et Jonathan. Je vous laisse découvrir jusqu'où. La fin de l'histoire m'a vraiment surprise. Je n'y ai pas cru. Du même réalisateur, j'avais préféré Les citronniers.

Je termine avec Les jours venus de Romain Goupil. C'est une sorte d'autofiction de Romain Goupil sur Romain Goupil (et un peu sur sa famille, ses parents, sa femme et ses fils). Vu qu'il a plus de 60 ans, Pôle emploi lui envoie un courrier: il doit préparer sa retraite et reconstituer sa carrière. C'est à cette occasion que les souvenirs affluent: mai 68, sa rencontre avec sa future femme à Sarajevo pendant la guerre de Bosnie. Il a aussi l'idée de refaire un film avant qu'il ne soit trop tard. Il ne lui reste plus beaucoup de temps car les années passent vite. Dès la scène d'ouverture, le ton est donné: un piano tombe et s'écrase dans une cour d'immeuble, manquant de justesse Romain. La banquière (qui s'appelle Mme Goupil) avec qui il a rendez-vous est tombé sous son charme. Romain discute aussi avec sa productrice puiis une jeune femme peintre qui est sa voisine d'immeuble. Au bout du compte, il ne se passe pas grand-chose, sauf durant la dernière séquence qui est savoureuse : Romain vient de mourir et à son enterrement beaucoup de ses amis sont là, dont Daniel Cohn-Bendit et André Glucksman, Arnaud Despleschin, Mathieu Amalric et Jackie Berroyer. Les parents et la femme de Romain Goupil jouent leur propre rôle. J'avoue que je m'attendais à autre chose, il manque un vrai fil conducteur. C'est léger et grave en même temps; mais je ne peux pas dire que le film qui dure 1H25 m'ait passionnée plus que cela. 

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dimanche 15 février 2015

Méchant loup - Nele Neuhaus / Les Nuits de Reykjavik - Arnaldur Indridason

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Voici deux romans policiers que je vous recommande.

Dans Méchant loup (que Dominique a beaucoup apprécié) de Nele Neuhaus (Actes noirs, 400 pages), on retrouve le duo de policiers opérant à Francfort, Pia Kirchhoff et Oliver Von Bodenstein, menant une double enquête: d'un côté une jeune femme retrouvée morte noyée dans le Main, et de l'autre, quinze jours plus tard, l'agression sauvage d'une animatrice et productrice télé qui n'a pas que des amis (c'est une femme redoutable et surtout sans état d'âme). L'histoire se déroule sur une période d'environ un mois, au début de l'été. Les policiers avancent difficilement dans la résolution de ces deux drames qui sont reliés par une épouvantable histoire de pédophilie, dans laquelle trempent de nombreux notables de la province de Hesse. Mme Neuhaus ne fait pas toujours dans la dentelle (c'est du "brutal") mais elle sait maintenir le suspens jusqu'au bout. C'est presque aussi bien que Blanche-Neige doit mourir.

Dans Les nuits de Reykjavik d'Arnaldur Indridason (Edition Métailié noir, 260 pages), j'ai été très contente de retrouver Erlendur tout jeune. Policier de 28 ans, il n'est pas encore marié (mais cela ne saurait tarder). Avec deux collègues, il "fait" les nuits comme simple policier de proximité en parcourant en voiture les rues de Reykjavik. Ils interviennent dans des incidents domestiques. Cela n'empêche pas Erlendur, qui est un homme obstiné ne "lâchant" rien, de mener, pendant son temps libre, une enquête sur la mort d'un clochard, Hannibal, avec qui il s'était un peu lié. En effet, Hannibal est retrouvé noyé dans une tourbière. Cette mort est peut-être liée à la disparition d'une jeune femme survenue à peu près en même temps. Erlandur interroge beaucoup, il reste toujours calme. Dans ce roman apparaissent les traits de caractère du commissaire qu'il est devenu dans les romans déjà parus. Et on se rend compte que les cas de disparitions le touchent beaucoup. Un bon roman "préquelle". Lire les billets de Cathulu et Clara.

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jeudi 12 février 2015

L'enquête - Vincent Garenq

J'ai choisi de voir L'enquête, de Vincent Garenq, parce que j'aime bien ce genre d'histoire, et que la bande-annonce m'a donné envie de le voir. J'avoue que je l'ai apprécié, mais je n'ai pas été aussi enthousiaste que je m'y attendais.

L'enquête de Vincent Garenq nous plonge dans l'affaire de la vente des frégates à Taïwan et dans celle de Clearstream (2001 et 2002). Je n'avais suivi que de loin ces affaires à l'époque. Il était question de plusieurs millions d'euros de commission bancaire suite à des transactions mises sur des comptes non publiés (dans le film, certaines transactions sont effacées d'un coup de souris d'ordinateur ). Tout cela s'est fait grâce à Clearstream (basée au Luxembourg, paradis fiscal bien connu) qui est une chambre de compensation (et aussi une banque). Grâce à cette chambre, les banques règlent les montants dus et reçoivent les actifs correspondants aux transactions qu'elles ont effectuées sur les marchés. L'histoire est basée sur les deux ouvrages écrits par le journaliste Denis Robert. Le rythme du film est haletant mais j'ai trouvé que tout était survolé. Le réalisateur a résumé en 1H45 une histoire très complexe. Il aurait peut-être pu s'attarder sur un point précis de cette affaire financière hors norme dans laquelle ont trempé des hommes d'affaires et des politiques à haut niveau. Je pense qu'il aurait fallu que j'étudie l'affaire avant de voir le film. Il est très bien interprété, mais il ne m'a pas vraiment permis de comprendre tous les tenants et les aboutissants de ce scandale financier.

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lundi 9 février 2015

Felix et Meira - Maxime Giroux

Voici un film sorti le 4 février 2015 qui risque de passer inaperçu. Cela serait dommage car ce film canadien raconte une histoire touchante qui se passe pour partie dans le milieu juif hassidique. Meira, mère d'une petite fille (encore bébé), Elishevah, est marié à Shulem. Elle a de plus en plus de mal à supporter le carcan de la communauté hassidique dans laquelle elle vit. Elle n'a pas le droit de dessiner ni d'écouter de la musique. Elle est douée dans la première matière et aime écouter du jazz. Felix, lui, traîne son spleen. Il vient de perdre son père et il a hérité d'une certaine somme d'argent. Il n'a pas d'attache à part sa soeur. Par hasard, il rencontre Meira dans une épicerie casher à Montréal. Ce n'est pas forcément le coup de foudre entre ces deux êtres, mais ils commencent à se parler, à se revoir. Ils sont très différents et pourtant ils vont se rapprocher. J'ai apprécié ce film tout en retenue dont l'histoire est narrée par petites touches. Les personnages sont tout en nuance particulièrement Shulem, le mari de Meira qui se révèle ne pas être aussi psychorigide qu'on pourrait le penser au début. Un joli film à voir avec tout de même une fin un peu décevante (en ce qui me concerne): à force d'êrre dans la retenue, ça se termine dans le flou sur leurs relations futures...

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vendredi 6 février 2015

Testament à l'anglaise - Jonathan Coe / Harriet - Elizabeth Jenkins

J'ai été très contente de relire Testament à l'anglaise de Jonathan Coe (Editions Folio, 678 pages), 16 ans après avoir découvert ce roman et l'écrivain par la même occasion. La lecture m'a autant enthousiasmée que dans mon souvenir. Je ne me rappellais plus du tout l'histoire, sauf le personnage de Dorothy Winshaw. Le récit a une construction à plusieurs niveaux. En 1990, une certaine Tabitha Winshaw demande à Michael Owen, un jeune écrivain peu connu, d'écrire une chronique sur la famille Winshaw, composée de personnages proches du pouvoir, très riches et surtout sans foi ni loi, cyniques, méchants (je ne trouve pas de qualificatifs assez fort pour les décrire). Michael Owen est lui-même un jeune homme mal dans sa peau, fuyant la foule. En effet, l'histoire est d'abord le récit de la vie de Michael depuis son enfance, avec quelques moments importants comme une séance de cinéma avec ses parents et sa rencontre, qui va le changer, en août 1990, avec Fiona, sa voisine de palier. Et puis, on a six chapitres écrits par Michael Owen qui évoque la vie des six derniers rejetons de la famille Winshaw à partir des années 60 jusqu'en 1990. On reste éberlués devant leur cynisme (même si j'ai trouvé que Jonathan Coe montrait une certaine compassion à leur égard). On se dit qu'heureusement, n'ayant pas d'héritiers, la dynastie Winshaw va s'éteindre (et de quelle façon!). On nous narre l'ascension d'Hilary, méprisant les autres et écrivant des articles méchants, se mêlant de politique intérieure et étrangère (souvent de manière approximative) avec une plume trempée dans le fiel. Son frère Roderick est un galériste et marchand d'art qui abuse de la naïveté de jeunes artistes féminines. Leur cousin Henry va devenir un membre conservateur du parlement et un fervent supporter de Margaret Thatcher qu'il a connue toute jeune. L'autre cousin, Thomas, est membre du conseil d'administration d'une banque d'affaires et obsédé par ses yeux. Bien entendu, c'est un voyeur invétéré épiant ses employées et des starlettes de cinéma. Je continue l'énumération avec Mark, un marchand d'armes qui fait affaire avec Saddam Hussain; et j'ai gardé pour la fin Dorothy, éleveuse de poulets aux hormones, adepte de l'élevage intensif de veaux et de cochons. En 30 pages, on assiste à un film d'horreur. Dorothy m'a fait penser au personnage de la fermière, Mrs Tweedy, dans Chicken Run de Nick Park (le créateur de Wallace et Gromit), mais en cent fois pire. Mon résumé peut paraître long mais le roman en vaut la peine. Il se lit malgré tout vite car la narration est sans temps mort. C'est un tour de force d'autant plus que le roman se termine en huit-clos saignant avec une énigme policière digne des Dix petits nègres d'Agatha Christie. Un roman que je recommande. Lire le billet de Maggie.

Je passe maintenant à Harriet d'Elizabeth Jenkins (1905-2010), paru pour la première fois en 1934 et édité en français en 2013 par les éditions Joëlle Losfeld (275 pages). Elizabeth Jenkins s'est inspirée d'un fait divers qui s'est passé entre 1875 et 1877 dans le Kent. Harriet Ogilvy, une jeune femme trentenaire, simple d'esprit mais très riche, va tomber dans les filets d'un coureur de dot, Lewis Oman. Après l'avoir enlevée, épousée, dépouillée de son argent et lui avoir fait un bébé, il va l'abandonner aux "bons soins" de son frère Patrick (homme violent et peintre raté) et de sa belle-soeur Elizabeth. Le couple va la laisser mourir de faim, la battre. Ils ne la considèrent pas comme un être humain. Pendant ce temps ,Lewis va vivre avec Alice, la soeur d'Elizabeth. Le récit épargne l'agonie de la pauvre Harriet mais on devine ce qu'elle aura souffert avant de mourir. Le récit reste relativement plat. L'histoire est terrible. Le roman est complétée par une postface intéressante écrite par Rachel Cook. Un roman à découvrir. Lire le billet de Clara.

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mardi 3 février 2015

Phoenix - Chritian Petzold / Snow Therapy - Ruben Östlund

Décidément, l'année 2015 démarre bien du point du vue cinématographique (à défaut d'autre chose...).

Voici encore deux films, l'un allemand et l'autre suédois, qui valent le déplacement.

Je commence par Phoenix de Christian Petzold, film dans lequel on retrouve Nina Hoss et Ronald Zehrfeld, les deux acteurs de Barbara du même réalisateur. Phoenix est le nom d'un cabaret dans le secteur américain de Berlin. Et c'est peut-être une allusion au phénix, l'oiseau fabuleux qui renaît de ses cendres comme l'héroïne de l'histoire qui renaît à la vie. En effet, à la fin de la 2ème guerre mondiale, dans Berlin en ruines, Nelly Lenz, d'origine juive, est une rescapée des camps de la mort. Elle vient de subir une grave opération au visage après avoir été blessée par balles. Hébergée par une amie, Nele Winter, Nelly recherche son mari, Johannes, "Johnny" qu'elle n'a pas cessé d'aimer bien qu'il l'ait peut-être trahie. Elle le retrouve, mais il ne la reconnait pas car il est sûr qu'elle est morte. Néanmoins, Johannes veut se servir d'elle comme sosie de sa femme pour s'emparer de l'héritage de cette dernière. Jusqu'au bout, Nelly veut croire que les choses vont rentrer dans l'ordre. Jusqu'au bout, Johnny refuse de croire qu'il se trouve face à sa femme. L'histoire s'achève par une chanson de Kurt Weill et Ogden Nash: Speak Low (parle bas) chantée par Nina Hoss: magnifique séquence. Je dirais que même si j'ai trouvé le film un peu long à démarrer, je l'ai beaucoup apprécié. Nina Hoss et Ronald Zehrfeld sont vraiment excellents. Lire les billets d'Alex et Ffred.

Je passe maintenant à Snow Therapy qui se passe en France, dans les Alpes, sur une période de six jours. Tomas et Ebba, un couple de Suédois, et leurs deux enfants, viennent passer une semaine au ski. Le film très bien réalisé se décompose en six journées pendant lesquelles les relations vont se déliter à l'intérieur de ce couple de "bobo" scandinaves suite à une malencontreuse avalanche. En effet, le deuxième jour, pendant qu'ils déjeunent dans un restaurant avec une terrasse panoramique, la famille assiste à une avalanche qui risque de les engloutir. Le père a le réflexe de prendre ses gants et son iphone avant de s'enfuir en courant en laissant sa femme et ses deux enfants en plan. A partir de là, imperceptiblement, l'atmosphère devient lourde. Pendant les quatre jours qui vont suivre, on perçoit qu'Ebba n'arrive pas à se remettre de ce qui est arrivé. Quand elle en parle à des personnes qui logent aussi à l'hôtel, son interprétation des faits diffère de celle son mari qui ne se sent coupable de rien. Le réalisateur a beaucoup travaillé ses plans et son cadrage. La lumière a aussi son importance ainsi que la bande-son. C'est un film visuel et sensoriel. Le film a été primé à juste titre, au festival du film de Cannes de l'année dernière, du prix du jury d'Un certain regard.

 Lire les billets enthousiastes de Chris et Ffred.

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samedi 31 janvier 2015

Imitation game - Morten Tyldum

Voici encore un film que je vous recommande. Il est sorti le 28 janvier 2015.

J'ai voulu voir Imitation game pour plusieurs raisons: d'abord pour l'acteur principal, Benedict Cumberbatch, dont le talent s'affirme de plus en plus depuis la très bonne série télé anglaise, Sherlock. J'ai été aussi attirée par le personnage principal de l'histoire, Alan Turing, dont j'ignorais l'existence jusqu'à ce que j'écoute, il y a un an, une émission de France Inter qui lui était consacrée, Rendez-vous avec X (tous les samedis à 13H30). Et en outre, fin 2013 et 2014, j’ai trouvée passionnante une série anglaise appelée Enquêtes codées qui se passe dans le début des années 50. Ce sont des jeunes femmes intelligentes, douées, ayant beaucoup de mémoire et un bon esprit d’analyse, qui mènent plusieurs enquêtes. Elles sont restées liées depuis la seconde guerre mondiale, époque où elles avaient été choisies avec d’autres pour travailler à Bletchley Park, principal site de décryptage du Royaume-Uni.

Alan Turing (1912-1954), mathématicien de génie, propose ses services dès 1940 pour percer le secret de la machine de cryptage allemande Enigma. Il va travailler dans l’enceinte de Bletchley Park. Il est aidé entre autres par un linguiste, un champion d’échec et même un agent du renseignement (il en a recruté deux dont une jeune femme, en leur faisant résoudre une grille de mots croisés en un minimum de temps), mais c’est lui qui a l’idée de mettre au point la machine qui doit percer le secret d’Enigma.

Il faut dire qu’à la fin du film, on ne sait pas trop comment marche la machine appelée « Christopher » que Turing a conçue. Mais ce qui est intéressant est qu’Imitation Game nous fait le portrait d’un homme tourmenté, ostracisé depuis l’enfance (dans un sous-titre, des gamins le traitent de "youpin"), qui a été condamné par la société parce qu’il était homosexuel. Il s’est suicidé à 41 ans après un dur traitement de castration chimique. Il fut tout simplement l’inventeur de l’ordinateur. Il a été gracié et réhabilité seulement fin 2013 par la Reine d’Angleterre.

Concernant le film proprement dit, il n’a rien d’exceptionnel, mais j’ai été embarquée par cette histoire. La distribution est irréprochable. Un bon moment de cinéma. Lire les billets d'Alex-6, Sentinelle et celui de Ffred (assez déçu). 

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mercredi 28 janvier 2015

Loin des hommes - David Oelhoffen / Discount - Louis-Julien Petit

Voilà deux films, très différents à tous points de vue, que je vous recommande.

Le scénario de Loin des hommes de David Oelhoffen est librement inspiré d'une nouvelle d'Albert Camus, L'hôte, tiré du recueil L'exil et le royaume (1957) qui rassemble six nouvelles. L'acteur Viggo Mortensen, coproducteur du film, est un grand admirateur de l'écrivain. En Algérie, en 1954, quelque part dans les montagnes de l'Atlas, Daru, un instituteur, fait la classe en français à des jeunes élèves algériens. Un jour, Daru est chargé d'escorter Mohamed, un Algérien accusé de meurtre, jusqu'à la ville voisine pour y être jugé. Daru qui a mené jusqu'ici une vie plutôt calme va se trouver au coeur de la tourmente puisque nous sommes à l'époque du début de la Guerre d'Algérie. L'histoire se déroule sur 4 ou 5 jours. Daru, d'origine espagnole et traité de "Français" par les Arabes et d'"Arabe" par les Français, se sent proche de Mohamed qui devrait payer le "prix du sang" pour son crime. J'ai beaucoup aimé le rythme un peu lent, les magnifiques paysages, et puis Viggo Mortensen avec son improbable accent français est bien.

Je passe maintenant à Discount, une très sympathique comédie française. Le maître-mot de l'histoire est "solidarité". Les héros de l'histoire sont cinq employés corvéables à merci. Ils travaillent pour un salaire en-dessous d'un SMIC mensuel dans un magasin "discount" au milieu de nulle part dans le nord de la France. Aux caisses, ils doivent être performants, accélérer les cadences entre chaque client, car il est question de remplacer l'humain par des machines. Les licenciements sont décidés. Seuls les plus rapides resteront. Ni une, ni deux, Christiane (Corinne Masiero, excellente comme d'habitude) et les autres prélèvent des produits divers et variés sans se faire voir. Certaines de ces denrées étant périmées, elles étaient destinées à être arrosées de javel dans une benne. Ces scènes de destruction de nourriture sont choquantes (et pourtant vraies), quand on pense aux gens qui meurent de faim. Je vous laisse découvrir comment les personnages font des heureux avec ces denrées. Le scénario aurait pu être un peu plus travaillé, l'ensemble est un peu décousu, mais j'ai eu beaucoup de plaisir à suivre cette histoire grâce des personnages bien campés. Je retournerai peut-être le voir avec mon ami.

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dimanche 25 janvier 2015

Je hais les petites phrases - Honoré

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Ma commande passée le 8 janvier 2015 chez l'une de mes librairies de quartier du livre d'Honoré Je hais les petites phrases, Charlie Hebdo / Editions Les Echappés (2011, 112 pages) est arrivée en fin de semaine dernière.

Extrait de la 4ème de couv': "Des petites phrases, degré zéro de la pensée, en français approximatif, creuses ou vulgaires, à l'image de la vie politique des années Sarkozy: Je hais les petites phrases dresse une galerie de portraits pris sur le vif des meilleurs paroliers du quinquennat, où le dessin révèle les sous-entendus les plus inavouables."

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) ne prêtais certainement pas assez attention aux dessins carrés d'Honoré quand j'achetais Charlie Heddo, quelques rares fois par an (à l'occasion de voyages en train, en général), et je le regrette, ô combien, aujourd'hui.

Publié avant la fin de l'unique quinquennat de Nicolas S., cette sélection de dessins publiés dans l'hebdomadaire fait la part belle aux ministres ou personnalités de droite (le Président apparaît lui-même 11 fois, suivi par Mme Lagarde (10 occurrences), Fillon (6 dessins), Woerth (5 portraits), mais aussi Boutin ou Amara (4). S'y ajoute un peu de société civile (Laurence Parisot 3), mais aussi quelques religieux catholiques (le Pape, des évêques) ou des mises en situation de musulmans voire musulmanes... Méconnu, Honoré dessinait bien en véritable iconoclaste.

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Je trouve que le style de dessin d'Honoré fait penser à de la linogravure: format du dessin carré ou rectangulaire, traits épais, décors géométriques en arrière-plan souvent composé de lignes droites. Comme on le remarque ci-dessus, les dessins sont en fait constitués de trois éléments: en haut, en rouge et entre guillements, la "petite phrase" servant de prétexte à Honoré (avec toujours son auteur crédité). Le dessin lui-même, généralement statique. Et en queue, le venin (quelques mots faussement attribués au personnage, ou un commentaire de situation...). Les types de portraits sont variés: de face ou de profil, du plan italien au plan poitrine en passant par le plan taille. On peut aussi voir deux personnages qui échangent, ou bras-dessus-bras-dessous. Parfois est caricaturée une situation outrée: Lagarde sautillante, Bayrou en écorché ou Villepin râlant au croc. Anecdotiquement, sont représentés des animaux: nounours, trois (cul de) vaches, un magnifique canard mandarin polychrome. Les vignettes de ce livre sont le plus souvent en noir et blanc, très rares sont celles comportant un applat monochrome, et seuls 3 dessins sont égayés de deux couleurs (j'ignore ce qu'il en était des parutions originales dans Charlie, ou si ces couleurs sont spécifiques au livre). On pourrait noter enfin que, à l'époque de parution, la gauche était à la portion congrue: peu visible, peu visée? Valls apparaissait dans 3 dessins peu flatteurs, Rocard 2 fois, DSK et Hollande 1 fois chacun... Je suppose que des ouvrages reprenant des dessins plus récents ne manqueront pas d'être publiés?

Pour l'anecdote, j'en profite pour signaler avoir demandé ces derniers temps, dans deux librairies différentes, pourquoi il n'y avait pas une table dédiée aux livres des six journalistes (dessinateurs ou chroniqueurs) assassinés, et avoir obtenu des réponses très similaires: "on s'est posé la question / j'y ai réfléchi; ça m'a / ça nous a mis mal à l'aise : ça aurait fait un peu... [le mot juste a un peu de mal à sortir: opportuniste? vautour? commercial]; on va laisser passer un peu de temps; si on nous en demande, on répond bien sûr; tous leurs titres ne sont pas actuellement disponibles".

En conclusion, un dernier dessin papillonnant d'Honoré, illustrant cette fois un autre livre (tout juste acheté), de Bernard Maris (Oncle Bernard), Petits principes de langue de bois économique, Bréal / Charlie Hebdo, 2008 (billet à venir).

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*** Je suis Charlie ***

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vendredi 23 janvier 2015

Retour à Little Wing - Nickolas Butler / Le tabac Tresniek - Robert Seethaler

Voici deux romans très différent et dont l'un m'a bien davantage plu que l'autre.

Je commence par Retour à Little Wing (Editions Autrement, 440 pages) le premier roman de Nickolas Butler, celui qui a pas mal plu sur les blogs mais en ce qui me concerne ne m'a pas enthousiasmée plus que cela. Cinq copains d'enfance, Hank, Beth, Lee, Kip et Ronny, tous nés à Little Wing, une bourgade du Wisconsin du "Middle West américain", prennent la parole tour à tour et nous racontent un peu de leur vie présente et passée. Hank s'est marié avec Beth, ils s'occupent d'une ferme. Lee est devenu un chanteur à succès. Ronny ne peut plus faire de rodéo (suite à un accident). Quant à Kip, il est devenu un chef d'entreprise. Je n'ai pas trouvé que les personnages avaient beaucoup de relief, et les atermoiements de l'un d'entre eux sur l'infidélité avant le mariage m'ont ennuyée. Bof. Lire les billets plus ou moins positifs de Wens, Sandrine, Eva.

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Et voici maintenant Le tabac Tresniek, de l'écrivain autrichien Robert Seethaler (Edition Sabine Wespieser, 250 pages), qui nous renvoie à la fin de l'été 1937, à Vienne, en Autriche. Le jeune Franz Huchel, 18 ans, vient travailler dans la capitale de l'Autriche dans un tabac tenu par un vieux monsieur unijambiste, Otto Tresniek (il a perdu sa jambe lors de la première guerre mondiale). Ce tabac est un lieu où la bourgeoisie juive rencontre les classes populaires. C'est là que se rend régulièrement Sigmund Freud ("le docteur des fous"), rongé par son cancer de la mâchoire mais qui continue à fumer des havanes. C'est grâce à la lecture des journaux que Franz va faire son éducation politique. En revanche, il reste totalement désemparé (malgré les conseils de Freud) quand il rencontre Anezka, une jeune femme de Bohême dont il tombe éperdument amoureux au premier regard. En arrière-plan, la montée du nazisme (l'Anschluss entre l'Allemagne et l'Autriche aura lieu en mars 1938) va bouleverser la vie du tabac et de ses occupants. Sans vous révéler la fin (ça se termine mal), Franz va prouver son courage de manière assez culottée (comprenez ce que vous voulez). C'est un roman qui se lit bien, une lecture agréable.

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mercredi 21 janvier 2015

Les nouveaux sauvages - Damien Szifron / Les souvenirs - Jean-Paul Rouve

J'ai vu Les Nouveaux sauvages, du réalisateur argentin Damien Szifron, lors d'une avant-première vers la mi-septembre 2014. Ce film est composé de six sketchs, tous détonnants, parfois drôles et politiquement pas très corrects. Rien que celui qui ouvre le film en prégénérique vaut à lui seul le détour. Dans un avion en vol, les quelques passagers embarqués découvrent au cours de leurs discussions qu'ils ont une connaissance en commun: un dénommé Pasternak, un musicien nul. Je vous laisse découvrir ce qu'il advient de l'avion et de ses passagers: l'issue est impressionnante, on s'y croirait. Le titre original du film, Relatos salvares ("les récits sauvages"), convient bien. En effet, les six sketchs montrent ce que des êtres humains de toutes conditions sont capables de faire quand ils "pètent les plombs". Tous les coups sont permis avec des dommages considérables: quelques morts, des blessés, des voitures accidentées, une soirée de mariage qui part en vrille, des comportements irresponsables. Dans le sketch que joue Ricardo Darin, on se retrouve dans un univers kafkaïen où un homme plutôt calme arrive à se servir de dynamite. Je vous laisse découvrir ce segment peut-être un peu long mais très réussi. Le film a été produit par les frères Almodovar, Pedro et Augustin. Lire les billets de Tinalakiler, ffred et Alex.

Je passe maintenant au film français Les souvenirs de Jean-Paul Rouve, d'après un roman de David Foenkinos (pas lu). C'est surtout l'occasion d'admirer la petite ville d'Etretat vue d'hélicoptère avec l'aiguille creuse: ça donne vraiment envie d'y passer un week-end. Pour le reste, l'histoire m'a donné le cafard pour des raisons personnelles. Il n'empêche que c'est une histoire touchante, celle d'une grand-mère qui enterre son mari. Peu de temps après, ne pouvant plus vivre toute seule, ses enfants la placent en maison de retraite où il y a plein de "vieux". Un jour, elle disparaît de cette maison de retraite rattrapée par ses souvenirs de quand elle était petite fille. Michel Blanc, Chantal Lauby, Annie Cordy (la grand-mère) et le jeune Mathieu Spinozi (le petit-fils) sont excellents. Un joli film à ne pas voir si vous avez un moment de déprime. Lire les billets d'Armelle et Alain.

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dimanche 18 janvier 2015

Le grand Duduche... - Cabu

Ca y est, j'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) relu mes 5 volumes (acquis dans les années '90):
Le grand Duduche, Dargaud (T.1), 1984 (1ère éd. 1967)
Le grand Duduche "il lui faudrait une bonne guerre" (T.2), Dargaud, 1974 (1ère éd. 1972)
"Passe ton bac, après on verra!"(T.5), éditions du rond-point, 1980
Le grand Duduche: à bas la mode (T.7), Dargaud, 1981
Le grand Duduche et la fille du proviseur (T.8), Dargaud, 1982

Je n'ai pas dans ma BDthèque, à ce jour, L'ennemi intérieur (1ère éd. 1973, Le Square, rééd. Dargaud, 1982), ni Le grand Duduche en vacances (1ère éd. 1974, Le Square, rééd. Dargaud, 1980), ni Maraboud'ficelle (1ère éd. 1980, Dargaud). Je les aurais bien croisés un jour ou l'autre... Au gré des bouquinistes... J'étais pas pressé... Y avait aucune raison, aucune urgence...
Pour chacun des albums ci-dessous, j'ai essayé d'évoquer d'une phrase qui me soit propre celles des planches qui ont le plus attiré mon attention à ma relecture suivie.

Le grand Duduche (tome 1)

 

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Le grand Duduche au lycée éclaté. Le grand Duduche veut casser la figure à la concurrence. Le petit Duduche est ami des bêtes. Le grand Duduche conduit mal. Le grand Duduche est végétarien. Le grand Duduche hurle à l'oreille des vieux. Le grand Duduche rit de la guerre (14-18). Le grand Duduche aime Victor Hugo. Le grand Duduche fait le flic. Le grand Duduche rend sa copie en retard [je crois]. Le grand Duduche engraisse un porc (et l'animal en perd la tête). Le grand Duduche fait chanter au suicide. Le grand Duduche sauve un noyé. Le grand Duduche rêve à l'avenir. Le grand Duduche fait voir le loup. Le grand Duduche joue au beatnik. Le grand Duduche innocent est puni. Le grand Duduche enquête sur la jeunesse. Le grand Duduche prétend danser. Le grand Duduche passe par le cimetière: "bon sang, que c'est chouette de penser que les autres sont en cours...". Le grand Duduche passe au large de la boite à bac. Le grand Duduche s'apprête à partir en vacances.

Le grand Duduche "Il lui faudrait une bonne guerre" (tome 2)

Le grand Duduche joue au chat. Le grand Duduche imite les CRS. Le grand Duduche fait l'éloge de la paresse, sauf... Le grand Duduche planche sur le stupre. Le grand Duduche examine le monde en mutation. Le grand Duduche participe au débat. Le grand Duduche est responsable (de la classe). Du balai pour le grand Duduche. Le grand Duduche veut construire un bunker (de survie). Le grand Duduche réforme l'enseignement. Le grand Duduche se met au vert. Le grand Duduche est à la porte. Le grand Duduche fan de Johnny. Le grand Duduche a tagué. Le grand Duduche compte la minute (de silence). Le grand Duduche illustre les relations profs-élèves. Le grand Duduche répète. Le grand Duduche attend les circulaires. Le grand Duduche met les pieds dans le plat (à gâteau). Le grand Duduche joue les chevaliers servants. Le grand Duduche cauchemarde.

 

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 "Passe ton bac, après on verra!" (tome 5)

 

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Préface (texte intégral - 11 lignes): "Cet ouvrage compte 64 pages sous une couverture illustrée en couleurs. Il comporte 436 dessins représentant au total 2006 personnages et animaux, dont 237 fois le Grand Duduche. Les originaux des dessins, des couleurs, des textes et de la maquette ont été conçus et réalisés à la main par Cabu. Il y a un scénario de Reiser et une préface de Delporte.
C'est un très bel album. Achetez-le."
L'irrésistible ascension du grand Duduche (en 16 dessins). Le petit Duduche fait de la bicyclette. Le petit Duduche est perdu à Paris. Le grand Duduche dans la voiture de papa. Le grand Duduche fume. Le grand Duduche varie les décors. Le grand Duduche au parloir. Le grand Duduche enregistre les maths. Le grand Duduche évoque quelques têtes de profs. Le grand Duduche écrase le tube.

Le grand Duduche: à bas la mode (tome 7)

Le grand Duduche voudrait éviter de macadamiser de bonnes terres. Le grand Duduche repasse une page rafraîchissante parue dans le T. 5. Le grand Duduche trouve que c'est dur d'être militant. Le grand Duduche manifeste au printemps confisqué. Le grand Duduche en a trop fumé. Le grand Duduche regarde passer le Tour de France. Le grand Duduche s'occupe d'handicapés. Le grand Duduche se fait sonder. Le grand Duduche veut vivre heureux, caché loin des projecteurs (c'est pas gagné). Le grand Duduche ne peut pas piffer le rock. le grand Duduche ne veut plus jouer les Ménie Grégoire. Le grand Duduche prêche la mauvaise nouvelle. Le grand Duduche a les bonnes combines pour se faire réformer. Le grand Duduche affronte le jugement dernier.

 

 

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Le grand Duduche et la fille du proviseur (tome 8)

 

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Le grand Duduche soutient la lingère du lycée. Le grand Duduche calcule la fille du proviseur. Le grand Duduche fête la victoire de la gauche. Le grand Duduche pose des problèmes au proviseur. Le grand Duduche boutonneux. Le grand Duduche avait peur d'être asocial. Le grand Duduche se convertit carrément en étudiant islamique. Le grand Duduche fait la foire. Le grand Duduche devient sectaire. Le grand Duduche en bagarre pour la politique. Le grand Duduche se heurte à "papa veut pas". Le grand Duduche rêve de SuperDuduche. Le grand Duduche ferme son entreprise. Le grand Duduche démontre que le 3e âge peut se rendre encore utile. Le grand Duduche prépare un journal de lycée.

Depuis la parution de ces albums, on croise le grand Duduche pour un dessin par-ci-par-là, ou pour toute une bande, en général dans Le Canard enchaîné. Le plus souvent, lors de ses repas de famille, le grand Duduche (contestataire) se gausse de la partie "La manif pour tous" conservatrice de celle-ci...

Voici la dernière "bande" que j'ai relevée dans ma série (Le Canard Enchaîné n°4914 du 30/12/2014, p.7).

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Le grand Duduche, c'était un peu Cabu.
Le personnage du grand Duduche est éternel.

*** Je suis Charlie ***

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vendredi 16 janvier 2015

Je suis Charlie (moi aussi)

Voici ce que l'on peut voir sur un des murs du ministère de la culture à Paris. J'ai pris la photo ce midi, le 16/01/15.

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A gauche, le nom des dix-sept victimes et à droite, les portraits (en négatif) des cinq dessinateurs de Charlie Hebdo et de l'économiste Bernard Maris.

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jeudi 15 janvier 2015

Six films vus et non commentés depuis le 01/01/15

Vu la très triste actualité de ces derniers jours, j'ai pris du retard dans mes chroniques "cinéma".

Voici un billet sur six films. Je recommande surtout et avant tout le dernier, le film sud-coréen, Hard day, assez jubilatoire.

The Riot club de Lone Scherfig: cette histoire de jeunes Oxfordiens issus de milieux très aisés et capables d'actes inqualifiable ne m'a pas plu. Les personnages ont tous un état d'esprit détestable. Si ce sont eux qui incarnent la future élite de la nation anglaise, ce n'est pas brillant. Des jeunes universitaires font partie d'un club très fermé, "The Riot Club", créé au XVIIIème siècle. Ils sont 10. Sous leurs airs proprets, ce sont des jeunes hommes redoutables, buveurs, prenant de la drogue, louant les services de prostituées. Parce qu'ils ont beaucoup d'argent, ils se sentent inatteignables. Je ne conseille pas du tout ce film réalisé par Lone Scherfig (An éducation), qui m'a vraiment mise mal à l'aise.

Astérix et le domaine des dieux d'Alexandre Astier et Louis Clichy est une réussite, tant du point de vue animation que de l'histoire. Alexandre Astier qui a écrit le scénario a ajouté des personnages, des situations, qui ne nuisent pas à l'album d'origine, bien au contraire. On voit même comment le pauvre Obélix n'est plus que l'ombre de lui-même faute de sanglier. J'espère que les prochaines adaptations des albums seront aussi convaincantes.

Les pingouins de Madagascar d'Eric Darnell et Simon J. Smith est un dessin animé plaisant, avec quatre pingouins "dans le vent" qui vont tenter de sauver leur espèce menacée par une méchante pieuvre voulant les transformer en monstres qui feraient peur aux petits enfants. L'intrique m'a fait penser, en plus enfantin, à celle de Moi, moche et méchant 2. Pas impérissable.

L'affaire SK1 de Frédéric Tellier retrace la traque et le procès assez rapide du "serial-killer" français Guy Georges, qui a violé et étranglé plusieurs femmes sur une période de presque 10 ans dans l'est parisien, avant qu'il ne soit trahi par son ADN. L'acteur qui interprète Guy George convient bien: il a un visage innocent malgré ses actes. Face à lui, Raphaël Personnaz, dans le rôle de l'inspecteur qui arrive à le démasquer, est très bien. Nathalie Baye dans celui de l'avocate est crédible quand elle recherche l'homme derrière le monstre. Mais j'ai trouvé la partie "traque" plus intéressante que la partie "procès". Film honorable. Lire le billet de ffred.

Valentin, Valentin de Pascal Thomas: après ses adaptations plus ou moins réussies d'Agatha Christie, Pascal Thomas a choisi un roman de Ruth Rendell que je ne connais pas (La maison du lys tigré). Je ne peux pas dire que cela lui réussisse beaucoup mieux. Valentin Fontaine est plutôt joli garçon. Il vit tout seul dans un grand appartement dans un immeuble peuplé de personnages atypiques, dont pas mal de femmes, jeunes ou vieilles qui ont le béguin pour lui. Il entretient une relation fougueuse avec Claudia (Marie Gillain), une femme mariée légèrement nymphomane. Sans oublier que Valentin a une mère interprétée à merveille par l'inénarrable Arielle Dombasle. Le couple de gardiens de l'immeuble joue aussi un rôle non négligeable dans l'intrigue. Dès le départ, on sait que le pauvre Valentin est mort assassiné, et une grande partie de l'intrigue consiste à savoir par qui. Gentillet mais sans plus. Marie Gillain en nymphomane n'est pas très crédible. Géraldine Chaplin en "pochetronne" m'a fait de la peine.

Je termine par Hard Day de Seong-hoon Kim, recommandé de manière très justifiée par FredMJG. Ce film m'a beaucoup plu car il ne souffre d'aucun temps mort, on est souvent surpris par l'enchaînement des événements, et il y a beaucoup d'humour. Go (détective à la police criminelle) et ses collègues sont coupables de malversations. Ils sont sous le coup d'une enquête interne. La "dure journée" du titre, Go part en voiture à l'enterrement de sa maman. Il a pas mal bu et renverse un homme qui meurt sous ses yeux. Ni une, ni deux, Go embarque le cadavre dans son coffre de voiture, et c'est à ce moment-là que les ennuis commencent. Quelqu'un l'a vu. Je ne vous en dis pas plus, mais si vous allez le voir, vous ne le regretterez pas.

lundi 12 janvier 2015

Pandas dans la brume - Tignous

En 2010, Tignous a publié Pandas dans la brume, un album de 60 pages de BD (drugstore / Glénat). Le thème (prétexte), c'est qu'il ne reste plus, en 2010, que 1600 pandas en "liberté" en Chine. Il s'agit de gags d'une planche, très rarement sur deux planches ou avec deux voire trois planches qui se répondent. L'album était en vente au salon Marjolaine en 2011, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) l'y avais acheté (le stand où j'étais bénévole était voisin de celui du WWF) [voir dédicace].

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Je me permets de citer les Directeur Général et Président (de l'époque) de WWF France ("lettrés" par Tignous en page finale): "Quand Tignous nous a proposé d'associer le WWF à son projet, nous avons tout de suite été séduits par cette idée aussi originale qu'insolite. Le WWF est une organisation scientifique caractérisée par son sérieux, traitant de sujets environnementaux (...). Mais face aux crises que nous traversons, l'humour peut parfois être un bien meilleur porte-parole. Brillant, percutant, provocateur, grinçant, insolent, choquant... Un humour décoiffant qui offre un bel hommage à nos derniers pandas. Tignous est leur ami."

Je ne vous scanne aucune planche dans le présent article. J'espère vous donner envie d'acheter l'album. Lisez-le (s'il vous plaît). Mais je vais en décrire trois, bien provocatrices.

Terre d'accueil (p.24): un panda amène une enveloppe à un autre.
"- Tiens, t'as du courrier!"
"- Ah! ... Ca vient de France!... ... ce doit être la réponse à ma demande de droit d'asile!... ... Les salauds... Regarde-moi ça!"
Monsieur, La Bambouseraie d'Anduze ne peut pas accueillir toute la misère du monde.

Jeûne (p.15): deux pandas, assis dans une bambouseraie, du bambou dans les griffes:
"- Le panda passe 14 heures par jour à bouffer", rigole l'un.
"- Qu'est-ce qu'on se ferait chier si on faisait ramadan!", rétorque l'autre.

Danger (p.36): deux pandas discutant, de dos:
"- On ne pense qu'à nous. ... Mais il y a bien d'autres espèces en voie de disparition.
"- Y a l'orang outan (...) le tapir... [longue énumération à deux voix] (...) - Le tigre - Le tapir - déjà dit!"
de face, un panda hilare à un panda courroucé:
"- ... les profs de l'enseignement public!"

*** Je suis Charlie ***

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vendredi 9 janvier 2015

8e bloganniversaire (mise à jour du Tableau) - Charlie

Pour le 8e anniversaire de création du blog de dasola, j'ai (ta d loi du cine, 'squatter") effectué une mise à jour (jusqu'au 08/01/2015 inclus) du tableau figurant dans le 1200e billet à la date du 08/09/2013 (les explications y figurent aussi). Certains chiffres ont varié à la hausse, d'autres à la baisse...  comme il est logique (et certains restent à finaliser - parce que j'ai changé de priorité).

 

A

B

C

D

E

F

G

H

I

J

2007

328

114

114

53

897

53

765

27

431

39

2008

188

254

198

117

1950

82

1735

46

1188

79

2009

178

323

202

140
142

2253

69
66


2016


40


1461

85

2010

172

348

165

144
151

2401

45
42


2199


32


1716

84
86

2011

129

291

108

108
120

2216

31
27


2067


19


1722

53
56

2012

119

277

98

95
122

2040

22
15


1904


14


1729

51
60

2013 

124
86

318
260

107
77

 142

2356
1485

24
4


1323

14
4


1289

55
51

2014 

131

253

56

242

2615

9

 

 9

 

32

2015 *

2

50

3

-

62

 -

 

 -

 

3

Total

1372
1200

-

1050
962

-

16790
13242

331
289

12009

182

9536

456

* Au 08/01/2015 (comme tous les chiffres du tableau d'ailleurs)

J'attends de pied ferme les commandes de blogueurs-euses (sous canalblog!) qui souhaiteraient que j'analyse leurs chiffres de commentaires... On arrivera bien à s'entendre sur le prix!

*****************

Par ailleurs, ci-dessous simplement la liste des quelque 45 BD, recueils de dessins de presse et autres ouvrages que j'ai accumulés (en 25 ans) de Cabu, Charb, Tignous, Wolinski (pour Honoré, ma commande est en cours), extraits un par un de ma vaste BDthèque.

La maîtresse des lieux m'autorisera bien à en chroniquer prochainement quelques-uns pour être Charlie sur le blog de dasola...

Cabu:

Le grand Duduche, Dargaud, 1984
Le grand Duduche "il lui faudrait une bonne guerre", Dargaud, 1974
A bas toutes les armées, Editions du square, 1977
Le journal de Catherine, Dargaud, 1982
Catherine saute au paf!, éditions du square, 1978
Les aventures de Madame Pompidou, Editions du square, 1979
Camille-le-camé contre mon beauf, Albin Michel / Le square, 1980
"Passe ton bac, après on verra!", éditions du rond-point, 1980
Le grand Duduche: à bas la mode, Dargaud, 1981
Le grand Duduche et la fille du proviseur, Dargaud, 1982
Votez mère Denis, Le square / Albin Michel, 1981
Showbiz, Albin Michel, 1986
A consommer avec modération (mon beauf 4), Albin Michel, 1989
Les nouveaux beaufs sont arrivés, Le cherche-midi éditeur, 1992 (préface de Cavanna)
Adieu Tonton, L'Echo des Savanes / Albin Michel, 1992
Responsables mais pas coupables!, L'Echo des Savanes / Albin Michel, 1993
Secrets d'Etat, Albin Michel, 1994
A votre bon coeur! (l'Abbé Pierre chez les exclus), L'Echo des Savanes / Albin Michel, 1995
Les aventures épatantes de Jacques Chirac, L'Echo des Savanes / Albin Michel, 1996
Chirac flippe, L'Archipel, 1996
Grossesse nerveuse, Le cherche-midi éditeur, 1995 (préface de Philippe Val)
Le retour du grand blond, L'Echo des Savanes / Albin Michel, 1997
Etre ou ne pas être beauf (manuel à l'usage des contemporains des beaufs), Editions du Layeur, 2007

Charb:

Je suis très tolérant!, Soleil, 1996
Police partout, Bichro éditions, 1998
Le capitalisme en 10 leçons, La Découverte (Zones), 2012 (texte de Michel Husson)
La vie de Mahomet (par Charb & Zineb), 1ère et 2ème parties, Hors-séries de Charlie Hebdo, 2013

Honoré:

Je hais les petites phrases, Charlie Hebdo / éditions Les échappés, 2011

Tignous:

Pourquoi faire simple..., La Découverte, 1993
Tas de pauvres, Denoël, 2000
Pandas dans la brume, Glénat / drugstore, 2010

Wolinski:

La vie compliquée de Georges le tueur!, éditions du square, 1970
C'est dur d'être patron, Editions du square, 1979
A bas l'amour copain!, Albin Michel, 1982
Mon corps est à elles, Dargaud, 1982
Junior, L'Echo des Savanes / Albin Michel, 1983
On ne connaît pas notre bonheur, Dargaud, 1983
Le programme de la droite, Denoël, 1986
Je ne pense qu'à ça!, Glénat, 1986
Bonne année, Denoël, 1987
Il n'y a plus d'hommes!, Flammarion, 1988
J'hallucine!, Flammarion, 1991
Vous en êtes encore là, vous?, Albin Michel, 1992
Scoopette (la nympho de l'info), Canal+ éditions, 1994
Trop beau pour être vrai, Albin Michel, 1998
+ quelques dessins repris dans l'album collectif 25 ans de dessins à L'Etudiant, 1975-2000

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