Le blog de Dasola

vendredi 14 décembre 2018

Une affaire de famille - Hirokazu Kore-eda

Je viens de voir le film qui a reçu la Palme d'or cette année. Peut-être est-ce parce que j'avais eu une journée fatigante, mais j'avoue que j'ai un peu piqué du nez deux ou trois fois pendant la projection d'Une affaire de famille de Hirokazu Kore-eda. Toujours est-il que je trouve que le film manque un peu de tonus, de rythme. La famille Shibata, qui est n'est pas vraiment unie par les liens du sang, vit d'expédients et de vols dans des magasins, à Tokyo. Ces larcins sont commis par Osamu, le père et Shota, le fils. Le reste de cette famille atypique réunit la grand-mère Hatsue, la mère Nobuyo, la fille et une petite fille de 5 ans, Juri qui les a rejoints après avoir été plus ou moins abandonnée par ses parents biologiques. Grâce à la grand-mère qui touche une pension, cette famille recomposée arrive à survivre et est soudée par de profonds liens affectifs. La vie est dure au Japon comme partout ailleurs: on peut être viré du jour au lendemain comme Nobuyo, parce qu'elle coûte trop cher à son employeur. Je m'attendais à être plus remuée par cette histoire. Le film d'une durée de 2H est un peu long pour ce qu'il raconte. En revanche, il nous donne l'occasion de voir pour la dernière fois l'actrice Kirin Kiki qui joue la grand-mère. Elle est décédée en septembre dernier. J'avais eu le plaisir de la voir dans plusieurs films de Hirokazu Kore-Eda et dans Les délices de Tokyo de Naomi Kawaze (très beau film que je vous recommande). Je suis contente que le réalisateur ait reçu la Palme d'or 2018, mais dommage que ce soit pour ce film-ci.

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mardi 11 décembre 2018

Pupille - Jeanne Herry / Asterix et le secret de la potion magique - Alexandre Astier

Pupille est un film touchant qui m'a plu car il n'est pas "bébé"tifiant. Une jeune femme accouche sous X (dès la naissance, elle refuse de voir son enfant). Le petit garçon appelé Théo est aussitôt pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance, le service adoption et une assistante sociale pour la préparation à son adoption. Théo est confié à un accueillant, Jean (Gilles Lellouche, magnifique), sur les conseils de Karine (Sandrine Kiberlain) qui fait partie de l'aide sociale à l'enfance. Pendant les deux mois et demi qui s'écoulent de la naissance de Théo à son adoption par Alice, on suit comment tous ces travailleurs sociaux exercent leur métier avec dévouement. Ce n'est pas simple tous les jours. Concernant Alice, elle aura attendu dix ans avant d'être choisie comme mère adoptante. La rencontre entre Théo et Alice est émouvante. J'ai apprécié que Théo soit considéré comme une personne à qui l'on parle normalement. Un film sensible qui fait du bien. Lire le billet de Pascale.

Je passe à Astérix et le secret de la potion magique d'Alexandre Astier. Il s'agit d'un scénario original et l'animation est très réussie. Panoramix chute d'un arbre pendant qu'il cueillait du gui. S'étant fait une entorse douloureuse, Panoramix se rend compte tout à coup qu'il faudrait qu'il transmette à un jeune druide la recette de la potion magique avant qu'il ne soit trop tard. Avec l'aide d'Obelix qui le porte sur son dos, d'Astérix et de tous les hommes du village, Panoramix se rend dans la forêt des Carnutes pour demander les noms de candidats potentiels. Pendant ce temps, Sulfurix, un druide renégat, se sert de tour de magie pour connaître le secret de la potion. Quant aux Romains, toujours présents, ils profitent de l'absence des hommes du village des irréductibles pour l'attaquer. Mais les femmes se défendent grâce à la potion et aux conseils d'Assurancetourix, le barde resté au village. L'histoire est pleine de trouvailles. J'ai passé un très bon moment.

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vendredi 7 décembre 2018

Nous voulons des coquelicots - Fabrice Nicolino & François Veillerette

P1100458 [sur la 4e de couv': "Ceci n'est pas un livre. C'est un manifeste. (...) l'Appel des coquelicots commence."]

D'abord, quelques mots pour présenter Fabrice Nicolino, jamais encore apparu dans mes billets d'hommages aux victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo. Né en 1955, journaliste et essayiste, il écrit des articles sur le thème de l'écologie dans Charlie Hebdo depuis janvier 2010. Présent à la Conférence de rédaction de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, il y a été blessé de trois balles dans les jambes. Si j’ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) bien compris, c’était la seconde fois qu’il était blessé lors d’un attentat (« deux fois dans une seule vie et toujours à Paris, c’est beaucoup », disait-il au téléphone à FranceinfoTV le 16 septembre 2015). Près de trente ans plus tôt, il avait reçu les éclats d’une bombe ayant explosé au cinéma Rivoli Beaubourg, lors du Festival international du cinéma juif (le 29 mars 1985, 18 blessés au total).

Ensuite, concernant le "livre du jour": paru il y a déjà presque trois mois, Nous voulons des coquelicots, Fabrice Nicolino & François Veillerette (éd. LLL / Les liens qui libèrent, sept. 2018, 126 pages), se veut le support d'un appel citoyen à l'interdiction totale des pesticides de synthèse en France. Le livre débute sur « combien vaut une luciole ? » et s’achève sur « Non, nous ne voulons plus. A aucun prix. Nous exigeons protection. Nous exigeons de nos gouvernants l’interdiction de tous les pesticides [de synthèse] en France. Assez de parole, des actes ». Entre les deux, après l’introduction, les titres des chapitres sont signifiants, jugez-en : 1. Quand le DDT était un miracle. 2. Comment le crime est apparu. 3. Quand la politique ne sert plus à rien. 4. La ridicule mise en scène du Grenelle. 5. Ecophyto, une chimère de plus. 6. L’éternel retour des poisons. Conclusion : recommencer encore ?

J’avais pris deux pleines pages de notes lors de ma relecture du livre en vue du présent billet. Finalement, je me bornerai à dire qu’il expose au grand jour, tout simplement, les tenants et aboutissants (les enjeux financiers pour les fabricants de produits chimiques) de plusieurs décennies d’agriculture menée en France (comme ailleurs) à coup d’utilisation de ces produits, qu’on les appelle ou qu’ils se nomment phytosanitaires ( !), pesticides, fongicides, SDHI, insecticides organochlorés, néonicotinoïdes ou même chlordécone (sic !). Et décrypte, "en substance", la pantalonnade du "Grenelle de l'environnement" de 2007 (le machin de Sarlozy et Borloo). Lisez donc ce livre vous-même, vous pouvez vous le procurer en librairie pour à peu près le prix d'un paquet de cigarettes (autre poison, mais ce n'est pas le sujet de mon article): 8 euros.

Je n'ai pas vraiment réussi à trouver si ce livre avait été chroniqué sur l'un ou l'autre blog littéraire (sans doute ai-je mal cherché!). Par contre, je sais qu'un certain nombre de blogs ou sites d'AMAP en parlent, dont celui de l'AMAP Réunion / Père Lachaise (75011 / 75020). Rendez-vous est donné tous les vendredi soir (nous sommes vendredi...) devant la mairie. Le compteur du site internet Nous voulons des coquelicots totalise aujourd'hui plus de 400 000 signatures de la pétition (pour un objectif de 5 millions en deux ans). Il faut certainement y ajouter quelques milliers d'autres, arrivées sous forme "papier" et pas encore comptabilisées. Personnellement, je fais davantage confiance à ce comptage-là qu'à ceux, répercutés par la presse, concernant les "gilets jaunes".

Quand j'aurai dit que Fabrice Nicolino tient son blog titré Planète sans visa depuis 2007, je pourrai m'arrêter là pour aujourd'hui.

Mais je vais quand même, in fine, me permettre de citer trois dessins de Gros (dessinateur que j'ai évoqué ici) illustrant la rubrique de Fabrice Nicolino, nommée "Santé publique" ou "Pollution", publiée dans Charlie Hebdo dans les mois qui ont suivi l'attentat: la thématique reste assez similaire...

Gros_080415 8 avril 2015, p.5   Gros_150415 15 avril 2015, p.5   Gros_180315  18 mars 2015, p.7

Quant à François Veillerette, je possède dans ma bibliothèque un ou deux autres livres co-signés par lui. Mais à ma connaissance, il n'a aucun lien avec Charlie Hebdo.

*** Je suis Charlie ***

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mercredi 5 décembre 2018

Nestor Burma en feuilleton

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Depuis au moins quatre ans, les enquêtes de Nestor Burma de Léo Malet adaptées et dessinées par Barral ou Moynot s'inspirant de l'univers de Tardi sont prépubliées en format journal, en noir et blanc en trois épisodes par les éditions Casterman. Cette année (2018), une fois n'est pas coutume, elles paraissent en quatre épisodes. Ce qui est bien avec ces prépublications, c'est la mise en perspective sous forme d'articles de l'histoire qui nous est contée. Nestor Burma, le détective privé bien connu mène l'enquête avec le journaliste Covet. Corrida aux Champs Elysées narré comme un feuilleton policier se déroule en 1956, dans le VIIIème arrondissement où vit désormais Burma. L'histoire se passe dans le monde du cinéma avec des starlettes pas farouches qui n'hésitent à donner de leur personne, où des acteurs sont sous l'emprise d'opiacés, où des actrices se jalousent entre elles. Lucie Ponceau, une actrice qui venait de faire son grand retour à l'écran, est retrouvée morte, victime d'une overdose d'opium ingéré sous forme de gâteau. J'ai trouvé l'histoire est un peu embrouillée et ça s'étire en longueur: un épisode de trop? Cela n'empêche pas que je trouve le concept très sympathique. On a par ailleurs le plaisir de lire la critique de quatre films emblématiques de 1956: Voici le temps des assassins de Julien Duvivier, Et Dieu créa la femme de Roger Vadim, La Traversée de Paris de Claude Autant-Lara et Notre-Dame de Paris de Jean Delannoy.

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dimanche 2 décembre 2018

Mille neuf centième [1900e] billet sur le blog de dasola - quelques considérations statistiques

Dans un peu plus de cinq semaines, le blog de dasola fêtera son 12e "bloganniversaire" (avec un billet à la clé j'espère). Le présent billet de "centaine" a déjà l'ambition de faire un petit bilan chiffré. Comme l'indiquent les statistiques en bas de la colonne de droite, le cap des vingt-quatre mille (24 000) commentaires a déjà été franchi (le 9 novembre 2018, pour être précis).

Je (ta d loi du cine, "squatteur", secrétaire de rédaction et statisticien du blog de dasola) constate un "changement climatique" dans le monde des blogs, avec une diminution (pour ne pas dire un effondrement) du nombre moyen de commentaires par billets, voire du nombre total de commentateurs dans l'année.

Sur la blogosphère en général, pour ce que je peux en voir, les blogs qui tournent en "circuit fermé" avec quelques dizaines de "fidèles" qui mettent systématiquement un petit mot sous chaque billet (auquel répond non moins systématiquement le propriétaire du blog) manifestent évidemment une bonne résilience. Mais ce n'est pas le fonctionnement du blog de dasola (qui n'a elle-même fait "que" 224 commentaires sur son propre blog - j'en ai fait pour ma part exactement un par mois accompli, soit 143). Et Aifelle elle-même, "recordwoman" qui en est aujourd'hui à 873 commentaires, est loin d'en avoir déposé même un seul sous chacun des désormais 1900 billets du présent blog.

Côté commentaires, le 1er passage de la 1163e commentatrice sur le blog remonte au 26/11/2018. Bien entendu, l'année 2018 n'est pas encore terminée, mais le fait est qu'ici, seules 148 personnes différentes ont laissé à ce jour, en 2018, un commentaire sur ce blog (dont seulement 16 sont venues pour la première fois cette année, une seule de ces 16 étant déjà devenue "fidèle" avec au moins 5 commentaires). Et désormais, parmi tous ceux ayant fait au moins 5 commentaires chez dasola (et répertoriés à ce titre dans la colonne de droite), le nombre de blogs "en pause" ou supprimés est supérieur à celui des blogs en activité (tous ceux-ci n'ayant pas forcément fait un commentaire cette année pour autant!).

En ce qui concerne l'activité rédactionnelle du blog, ces 11 mois ont donné lieu de la part de la propriétaire du blog à 31 billets "Livres", 70 "billets Cinéma", 11 billets "Divers - culture", 3 billets classés en "Humeur", 1 billet "Théâtre" et un "Télévision"; ce qui, avec les 15 miens, doit donner un total de 132 billets pour le moment. A noter, en 2018, deux nouvelles présentations de blogueur ou blogueuse - il s'agissait de Ffred et de Maggie - ayant passé le cap des 500 commentaires chez dasola (ce qui porte à 4 le nombre des interviewés, totalisant aujourd'hui 2620 commentaires [pas loin de 11% du total!]).

Pour arriver au "top 10" de ces commentateurs fidèles, les 6 actifs suivants totalisent juste 2400 commentaires, soit encore 10% (pour Alex-6, le curseur s'est définitivement arrêté à 445 en août 2017...). A noter que l'on n'est pas non plus, sur le blog de dasola, dans le système des "dialogues" que l'on peut voir chez d'autres blogs, où quelques "happy fiews" se répondent entre eux, en quelques dizaines de commentaires, sous un seul et même billet.

Je peux encore démontrer cet effet de concentration en remarquant que le "top 10" ci-dessus cité totalisait à lui seul, sur les 11 premiers mois de l'année 2018, 505 commentaires sur 1756 (soit près de 29%). Petit cou(cou)p de chapeau pour conclure, donc, à (par ordre antialphabétique): MatchingPoint, Maggie, Keisha, Ffred, Dominique (Nuage et vents), Dominique (à sauts et gambades), Alice in Oliver, Alex-mot-à-mot, Aifelle, A_girl_from_earth. Pour toutes autres informations plus détaillées sur les situations individuelles, merci de vous reporter à la colonne de droite.

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samedi 1 décembre 2018

Les veuves - Steve McQueen

Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Steve McQueen n'est pas l'acteur de Bullit revenu d'entre les morts, mais un réalisateur anglais noir qui s'est fait connaître avec Hunger, Shame et 12 year a slave. Avec Les Veuves, il s'attaque au genre "policier". Les Veuves est un "remake" condensé d'une mini-série britannique de 1983 écrite par Linda La Plante. Steve McQueen et Gillian Flynn sont co-scénaristes du film. La séquence d'ouverture est assez remarquable. Il y a une alternance de plans entre une scène intime (un homme et une femme s'embrassent) et une course-poursuite suite à un braquage qui se termine mal. L'histoire se passe de nos jours à Chicago. Quatre malfrats sont morts dans un fourgon et l'argent volé a disparu. Des élections municipales approchent et parmi les candidats qui s'affrontent, il y a Jamal Manning qui vient menacer Veronica, la veuve d'Harry, l'un des malfrats décédés. Il veut récupérer l'argent qu'Harry lui devait. Veronica, une syndicaliste enseignante qui ignorait le gros des activités de son mari, convainc les deux autres veuves du braquage dont Alice (une très jolie grande bringue d'1m90) de l'aider dans un nouveau "coup" qui lui permettrait de rembourser la dette de son mari et des autres. A la différence des braqueuses d'Ocean's 8, Veronica et les trois autres ne pratiquent le hold-up par plaisir. C'est pour sauver leur peau. Issues de milieu social différent, elles vont former une équipe soudée et aller jusqu'au bout. J'ai aimé ce film bien mené et bien interprété avec un ou deux coups de théâtre. Et la fin qui évoque la reconstruction d'une bibliothèque dans une école grâce à une somme pas forcément bien acquise m'a plu. Pascale est nettement moins emballée que moi.

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mercredi 28 novembre 2018

Cold war - Pawel Pawlikowski / Les animaux fantastiques- Les crimes de Grindelwald - David Yates

Cold War bénéficie d'une très belle image en noir en blanc. Le réalisateur polonais s'est semble-t-il inspiré de la vie de ses parents, tout au moins pour les prénoms des deux personnages principaux. En 1949, en Pologne, Zula qui chante bien est choisie pour faire partie d'un groupe folklorique dont Wiktor,  compositeur et pianiste, est l'un des fondateurs. Il est immédiatement tombé sous le charme de la jeune femme. A partir de là, Zula et Wiktor vont vivre des amours compliquées qui s'étendront sur plus de 15 ans. Wiktor passe à l'ouest et s'installe à Paris où il devient pianiste de jazz, tandis que Zula, qui ne veut pas tout quitter, se produit avec la troupe dans les pays communistes, dont la Russie. Elle va même danser et chanter devant Staline. A la fin des années 50, Zula vient en tournée à Paris et elle renoue avec Wiktor pendant quelque temps avant de repartir. Le couple n'arrêtera pas de se croiser jusqu'à ce que... Le film permet l'évocation de Paris dans les années 50 et 60 dans un noir et blanc somptueux. La blonde Joanna Kulig qui incarne Zula est magnifique. Elle forme un beau couple avec Tomasz Kot. Un film qui sort de l'ordinaire avec un charme certain, même si le scénario n'est pas totalement convaincant. Lire le billet de Pascale.

Je voudrais maintenant évoquer un film sorti depuis deux semaines Les animaux fantastiques - Les crimes de Grindelwald, le deuxième volet des Animaux fantastiques qui fait partie de la franchise du monde des sorciers imaginé par JK Rowling. J'avais apprécié le premier volet avec son humour et son côté ludique où des créatures fantastiques faisaient des tours pendables autour d'eux après s'être échappés d'une valise à malices portée par Norbert Dragonneau (Newt Scamander en VO). Dans ce deuxième volet, Gellert Grindelwald (Johnny Depp teint en blond) s'échappe de sa prison en s'envolant dans les airs avec un carosse. Il décide de vivre à Paris où il essaye de rassembler les sorciers de "sang pur" afin qu'ils puissent dominer les "non magiques". Dragonneau et quelques autres vont-ils arriver à empêcher les sombres desseins de Grindelwald? Je ne vous dirai rien de plus car je me suis passablement ennuyée et j'ai un peu somnolé durant la projection. L'histoire très sombre, à propos de laquelle je n'ai pas tout compris, m'a paru embrouillée. J'ai trouvé l'ensemble assez violent. En revanche, les responsables des effets pyrotechniques par ordinateur s'en sont donné à coeur joie. Il paraît qu'il y a encore trois volets qui doivent être tournés. Je ne suis pas sûre de me précipiter pour aller les voir.

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dimanche 25 novembre 2018

Amanda - Mikhaël Hers

Amanda a 7 ans, c'est une petite fille rieuse qui aime manger des Paris-Brest une fois tous les deux jours juste avant de dîner. Amanda vit avec sa maman Sandrine dans le XIIème arrondissement de Paris. Sandrine, professeur d'anglais, élève seule sa fille. Elle a souvent recours, pour aller chercher Amanda à l'école, à son jeune frère David, âgé de 24 ans, qui travaille au service des espaces verts de la Ville de Paris. Il complète ses revenus en servant d'intermédiaire entre un propriétaire foncier de plusieurs studios et des locataires. David est un jeune homme qui se cherche encore. Il prend la vie comme elle vient jusqu'au jour où Sandrine meurt brutalement. La séquence où l'on voit des corps ensanglantés sans vie sur l'herbe est marquante. Le chagrin s'abat sur David et Amanda. David ne sait pas quoi faire. Etant pratiquement le seul parent d'Amanda, il décide de devenir son tuteur. Avant la tragédie, on a appris à connaître David et sa soeur qui sont proches. A cause de tout de ce qui arrive, David va renouer, au moins le temps d'un match de tennis, avec sa mère anglaise qui avaient abandonnés ses enfants 20 ans auparavant. C'est un film plein de pudeur où l'on voit David et Amanda pleurer (pas en même temps) pour différentes raisons, et c'est beau. Amanda de Mikhaël Hers vaut la peine d'être vu au moins pour Vincent Lacoste qui s'affirme de plus en plus comme un très bon acteur. Sinon, je n'ai pas été autant émue que Pascale. Lire aussi les billets de Strum et de mymp.

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jeudi 22 novembre 2018

Sale temps à l'hôtel El Royale - Drew Goddard

J'ai pris un plaisir fou devant Sale temps à l'hôtel El Royale dont l'histoire respecte à peu de chose près l'unité de temps, d'action et de lieu. A la toute fin des années 50, on voit un homme arriver dans une chambre dont il s'empresse d'enlever et puis de remettre le parquet. A l'arrivée d'une nouvelle personne dans cette chambre, il est abattu d'un coup de fusil. 10 ans plus tard, quelques personnages arrivent dans ce même hôtel "El Royale" qui a la particularité d'être bâti à cheval entre la Californie et le Nevada. Une grande bande rouge par terre délimite la frontière entre les deux états. Un prêtre puis une chanteuse entrent dans le hall désert ou presque. Un homme, un père de famille, est déjà là qui attend qu'on lui donne sa clé de chambre. L'hôtel étant inoccupé, chacun peut choisir sa chambre. Le réceptionniste, qui surgit enfin, essaye de dissuader le prêtre de rester en lui disant que ce n'est pas un endroit pour lui. Le bâtiment est à peu près entretenu, même si la clientèle se fait rare. Un peu plus tard, une jeune femme se présente. Par la suite, à l'abri des regards, elle sort une jeune femme baillonnée qui était cachée dans le coffre de la voiture qu'elle a conduit pour venir et elle la fait entrer dans sa chambre. A partir de là, les choses deviennent étranges car on comprend que les personnages sont là pour des raisons plus ou moins avouables ou précises. Le père de famille est en réalité un agent du FBI, le prêtre n'en n'est pas un et il souffre de problème de mémoire, le réceptionniste qui est drogué a un comportement agité. La chanteuse est trop pauvre pour se payer un hôtel plus cher avant un concert. Et les deux jeunes femmes, dernière arrivées, sont soeurs. Un septième personnage s'invitera plus tard. Je m'arrête là pour l'histoire qui a fait penser à du Tarantino à mon ami et à Henri Golant. Pour moi, le film m'a plutôt fait penser aux premiers films des frères Coen comme Blood Simple, Arizona junior ou même Barton Fink. En tout cas, j'ai apprécié ce huis-clos avec une histoire vue sous différents angles. Les rebondissements sont multiples - tout comme les cadavres.

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lundi 19 novembre 2018

Trois BD : Lucky Luke - Un cowboy à Paris / Les Vieux Fourneaux 5 / Blake et Mortimer - La vallée des immortels

A défaut d'autre chose, novembre 2018 aura été un mois faste pour les sorties BD.

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Je commence par Lucky Luke, Un Cow-boy à Paris, dessins d'Achdé, texte de Jul d'après Morris (Editions Lucky Comics), 46 pages. Sur le chemin du pénitencier de Cross Junction, après que Lucky Luke a arrêté pour la enième fois les 4 frères Dalton, ils vont croiser des Indiens qui sont prêts de scalper Auguste Bartholdi. Bartholdi souhaite faire connaître aux Américains son projet de statue. Il veut faire une levée de fonds pour la construction du socle. Pour ce faire, Bartholdi présente la main tenant la torche. Pour lui, il considère son oeuvre comme l'incarnation de la Liberté. Un mot honni par Locker, le directeur du pénitencier qui va tout faire pour que la statue ne soit jamais érigée au large de l'ïle de Manhattan. Heureusement que Lucky Luke veille. Il accompagne Bartholdi jusqu'à Paris malgré son mal de mer. L'album est très plaisant à lire. Un bon cru à mon avis.

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Je passe maintenant au 5ème tome des Vieux fourneaux - Bons pour l'asile (Editions Dargaud, 56 pages). J'ai retrouvé avec grand plaisir Pierrot, Antoine et Emile (et les autres). L'histoire se passe entièrement à Paris où Pierrot et toute une bande de "vieux"se retrouvent au poste de police après s'être fait remarquer devant un organisme suisse. Pendant ce temps-là, Emile et Antoine, son arrière-petite fille Juliette (qui a bien grandi) descendent d'un train. Antoine doit ramener Juliette auprès de sa maman, Sophie, avant de partir au Stade de France avec Emile pour assister à un match de rugby " "France-Australie". Bien entendu rien ne se passe comme prévu puisqu'à la place de Sophie, c'est le fils d'Antoine qui arrive. C'est un stratagème de Sophie qui souhaiterait que les deux hommes se réconcilient. Pierrot est retenu plus longtemps que prévu au poste de police, tandis qu'Emile se dirige vers l'immeuble de l'ïle de la tordue (voir le tome 2, Bonny et Pierrot), devenu un refuge pour "vioques" et "migrants clandestins" avec une plaque professionnelle qui dévoile tout.

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C'est un album politiquement incorrect mais irrésistiblement drôle. Avec la mention "Fin de l'épisode", je me doute qu'un sixième tome est prévu.

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Je termine avec La vallée des immortels - Tome 1 d'Yves Sente, Teun Berserik et Peter Van Dongen (Editions Blake et Mortimer, 56 pages). Yves Sente reprend la plume pour la 8ème fois comme scénariste de la saga de Blake et Mortimer. C'est le 25 album de la série créée par Edgar P. Jacobs (disparu en 1987). Yves Sente situe cette nouvelle histoire (en deux tomes) juste après Le secret de l'espadon. La capitale du Tibet est détruite, tout le monde est mort sauf Olrik qui en réchappe. En Chine, les rivalités se font entre Nationalistes de Taïwan, les Communistes, fidèles à Mao, et un Seigneur de la Guerre à la recherche d'une partie d'un texte disparu prouvant qu'il pourrait être le descendant d'un héritier du premier empereur de Chine (la dynastie Qin), il y a quelques 2200 ans. Blake travaille toujours au Foreign Office, tandis que Mortimer part à Hong-Kong pour le travail, il a conçu un nouvel engin volant, le "Skylantern". Olrik, quant à lui, se vend au plus offrant et cherche une fois encore à se venger de Blake et Mortimer. Il faut noter les clins d'oeil à Hergé et à son Lotus bleu : la couverture par exemple et la mention de William Gibbons, l'une des fripouilles qui cherchent à nuire à Tintin dans la concession internationale de Shangaï.

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J'attends le deuxième tome avec impatience.

Des albums à s'offrir et à offrir, à lire et à relire.

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vendredi 16 novembre 2018

La vigne écarlate - Vincent Borel

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Le roman La vigne écarlate de Vincent Borel (Edition Sabine Wespieser, 210 pages prenantes) m'a été conseillé par un libraire enthousiaste et je ne le regrette pas. Il s'agit d'une biographie romancée de l'Autrichien Anton Brückner (1824-1896). Je ne connaissais pas bien l'oeuvre ni la vie de cet homme qui eut comme élèves et disciples Gustav Mähler et Hugo Wolf. Anton Brückner, né en Haute-Autriche d'un père maître d'école mort à 46 ans, développe très jeune des talents musicaux. Il deviendra un virtuose de l'orgue et il apprendra la théorie musicale. Après la mort de son père, il est envoyé par sa mère dans une abbaye où il restera trois ans. Une expérience qui lui laissera de bons souvenirs. Devenu très pieux, il a composé de la musique liturgique et 9 symphonies. La 9ème, dédiée à Dieu, restera inachevée. La 3ème symphonie est dédiée à Richard Wagner qu'il a rencontré à Bayreuth et à qui il voue une grande admiration. Il semble que Brückner ait par ailleurs eu une vie sentimentale inexistante même si les jeunes femmes ne le laissaient pas indifférent. Il a proposé le mariage à quelques-unes d'entre elles mais sans succès. C'est un homme qui a souffert un temps d'une grave dépression. Pendant plus de trois mois, il a été interné. Par ailleurs, il souffrait de "toc" (troubles obsessionnels compulsifs). Il n'arrêtait pas de compter les fenêtres, les façades. Il a aussi essayé de vider le Danube avec une petite cuillère, sans succès semble-t-il. Un roman composé de courts chapitres qui se lit très bien.

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mercredi 14 novembre 2018

Un amour impossible - Catherine Corsini

N'ayant pas lu le roman autobiographique de Christine Angot Un amour impossible, je ne connaissais pas l'intrigue. Tout commence dans les années 50, à Châteauroux. Rachel Steiner est une jeune femme d'un milieu modeste. Elle est dactylo à la sécurité sociale (ou dans un garage selon Pascale). Lors d'un bal, elle rencontre Philippe Arnold, issu de la grande bourgeoisie. Ils vont s'aimer pendant des mois et Rachel (Virginie Efira, magnifique) tombe enceinte. Philippe lui annonce très vite qu'il l'aime en effet mais qu'il ne se mariera pas avec elle. Si elle avait été riche, il en aurait été autrement. Quand leur fille Chantal naît, elle porte le nom de famille de Rachel et est déclarée née de père inconnu, Philipppe refusant de la reconnaître. Il quitte Rachel et se marie avec une autre, une Allemande d'une famille aisée. Rachel va élever sa fille seule sans se plaindre, mais elle n'aura de cesse que Philippe reconnaisse Chantal. Elle le harcèle lors de visites épisodiques. On se rend compte très vite que Philippe est un goujat doublé d'un être abject, en un mot "une ordure". Je m'arrête là pour l'histoire qui se déroule sur 40 ans, pendant lesquelles Rachel a des relations de plus en plus compliquées avec sa fille (et pour cause!). Et donc rien que pour la présence et le jeu d'actrice de Virginie Efira, le film mérite d'être vu. En mère courage et très digne, elle crève l'écran. J'espère qu'elle sera nommée aux César l'année prochaine. Je trouve que Catherine Corsini, la réalisatrice et co-scénariste, s'en tire honnêtement. La reconstitution des années 50 et 60 est, me semble-t-il, assez réussie tant du point de vue des décors que des costumes. L'ensemble est néanmoins un peu long sur la fin car trop explicatif. Lire aussi le billet de Ffred.

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dimanche 11 novembre 2018

Silvio et les autres - Paolo Sorrentino

Avant qu'il ne disparaisse des écrans (on était peu nombreux à la séance à laquelle j'assistais), je voudrais évoquer Silvio et les autres de Paolo Sorrentino avec l'immense Toni Servillo, qui n'apparaît qu'au bout de 3/4 d'heure du film. Par rapport aux Italiens, on est lésé. Le film a été diffusé en deux partie de 100 minutes chacune en Italie. En France, la version projetée en une partie ne dure que 150 minutes. Il manque donc environ 50 minutes. C'est peut-être pour cela qu'on a une impression de scénario un peu décousu, mais cela ne m'a pas dérangée. Si vous avez aimé La grande Bellezza (comme moi), vous devriez apprécier Silvio et les autres, qui commence par une scène surréaliste. Un mouton blanc entre dans une belle villa vide au bord de la mer en Sardaigne. La télé marche et l'air conditionné commence à s'affoler. La température descend à 0° et le mouton tombe raide mort: première scène marquante. Elle n'a aucun rapport avec ce qui suit mais ça donne le ton du film parfois théâtral (Toni Servillo a beaucoup de texte et il est génial avec son éternel sourire de façade). Il y a un mélange de cruauté, de mauvais goût, de désenchantement, mais le réalisateur (qui est aussi co-scénariste) n'est jamais méprisant. J'ai trouvé l'image belle. Les nombreuses femmes qui apparaissent à l'écran sont bien faites, pas forcément idiotes ni faciles. Tout comme Sergio Mora (Riccardo Scarmacio) qui espère pouvoir travailler pour Silvo, on attend l'apparition de ce dernier et l'on n'est pas déçu. Il porte des vêtements féminins et est maquillé. Silvio n'exerce plus le pouvoir en Italie mais il reste un personnage qui fascine. Il est entouré de beaucoup de personnes qui vivent à travers lui. De temps en temps, Silvio chante et on l'écoute. J'ai aimé le personnage de l'épouse de Silvio, une femme intelligente et forte. Il n'y a pas vraiment une histoire linéaire mais une succession de scènes comme la dernière où l'on voit des pompiers sortir un Christ intact des décombres d'une église après un tremblement de terre au large de la Méditerranée. J'espère que je verrai un jour les deux parties complètes. Je trouve que Sorrentino lorgne de plus en plus vers l'univers de Fellini en plus moderne, et ça lui réussit.

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vendredi 9 novembre 2018

Habemus piratam - Pierre Raufast

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Grâce à Pierre Raufast j'ai passé un bon moment de lecture. Il y a beaucoup d'humour et une certaine férocité dans Habemus piratam (Alma Editeur, 225 pages jubilatoires et cybernétiques). A Chantebrie, une petite ville du Cantal, Francis, un prêtre, reçoit les confessions de vieilles dames qui trichent au scrabble. Un jour, un inconnu vient se confesser en disant qu'il va bientôt mourir. A la demande du Père Francis, il déroule jour après jour, l'un après l'autre les dix commandements qu'il a enfreints. Cet inconnu, un très bon informaticien spécialisé dans la sécurité informatique, est devenu un excellent hacker (un mercenaire numérique) se vendant au plus offrant pour une poignée de bitcoins. Dans de courts chapitres, on suit les pérégrinations de l'informaticien qui grâce à ses connaissances informatiques a privé Toulouse d'électricité pendant une nuit pour faire plaisir à un ami astronome, a volé un roman pas encore publié, a volé un Corot au Louvre, a influencé des élections présidentielles et siphonné les comptes d'un milliardaire qui en a lésé un autre. Ce chapitre sur le siphonnage des comptes  est juste à la moitié du roman. Il nous apprend comment voler les données numériques d'un ordinateur portable pas directement connecté à Internet. "Les données sortantes se font via satellite privé, des pare-feu de différentes marques en enfilade et des communications chiffrées de bout en bout avec des clés longues comme un jour sans pain" (p120). A la fin du roman, il y a un glossaire simplifié qui définit ce qu'est une DDOS, black hat, botnet, key logger, honeypot, buffer overflow, SSL (Secure sockets layer) etc. Pierre Raufast explique, en post scriptum, qu'après trois romans dans des univers fictifs (La fractale des raviolis, La variante chilienne et La baleine thébaïde), il a eu envie d'écrire une histoire proche de son métier. Il a consacré vingt ans de sa vie à l'informatique. Un roman que je vous recommande absolument.

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mercredi 7 novembre 2018

Marx, ô Marx, pourquoi m'as-tu abandonné? - Bernard Maris

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Cela faisait longtemps que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) n'avais plus mis Oncle Bernard à l'honneur dans mes hommages aux morts de Charlie Hebdo. Avec la reprise universitaire, il est temps de proposer aux étudiants une autre voie en économie que celle des classiques libéraux.

Ce livre de Bernard Maris au titre torturé (Marx, ô Marx, pourquoi m'as-tu abandonné?) a été édité pour la première fois en 2010 aux éditions Les Echappés, puis réédité en 2012 chez Flammarion (coll. Champs actuel n°1058 - le volume que j'ai entre les mains).

Il n'est pas facile de présenter cet ouvrage. Sa présentation matérielle (sinon matérialiste?) m'a fait penser à celle des Pensées de Pascal: de courts paragraphes numérotés... avec parfois des envolées hugoliennes.

J'en extraierais "arbitrairement" quelques citations (de Bernard Maris, et non de Karl Marx), en vrac.

Je commence par relever l'évocation de la "parabole des égoïsmes" provenant d'Adam Smith (p.59): "Ce n'est pas de l'altruisme du boulanger que je tire mon pain, c'est de son égoïsme et de sa cupidité".

Selon Maris, "très vite, [Marx] jugea qu'il n'existe pas d'être plus abominable sur terre que l'économiste" (p.17), et "la question de savoir si Marx déteste les philosophes plus que les économistes reste ouverte; et les philosophes marxistes sont aussi méprisable que les autres" (p.18). Notre Oncle Bernard, plutôt mordant ici, règlerait-il quelque compte personnel?

p.17: "Karl Marx ne souhaitait que l'abolition de ce qui fait notre vie de tous les jours, avec ses lancinantes chansons sur la croissance, l'emploi et le reste: l'économie." p. 33: "Le capitalisme est aussi ce bref moment de l'histoire où les hommes sont productifs. Le jardinier d'une entreprise est productif, le jardinier qui travaille directement pour un consommateur, improductif. Le tailleur privé est improductif, le tailleur de la grande entreprise qui travaille douze heures et n'est payé que six est productif. L'artisan est improductif, car il ne fait que se reproduire sans passer par l'exploitation du travail. Il est proche de l'autoconsommation, de l'autarcie, sa production équivaut à sa consommation, il ne génère pas de plus-value. Aucun capitaliste ne produit pour consommer son produit". [parenthèse: décidément, à cette aune-là, je (ta d loi du cine) ne suis sûrement pas un capitaliste, si je dis vive les AMAP et les SEL...].

"Qu'est-ce que le minimum vital nécessaire au producteur? En 1836, quand Karl dédie des poèmes brûlants à Jenny von Westphalen, le minimum est un bol de soupe et une litière de paille, ce que gagne le journalier agricole qui construit les murets de pierre. En 2010, le minimum inclut une voiture et un portable, sinon le prolétaire ne peut travailler" (p.69). Comme ne le dit pas exactement Bernard Maris: "tu parles, Karl!".

Pour finir, je partage aussi une analyse critique du marxisme revu à l'aune de notre "société de consommation" contemporaine (p.65): Les ouvriers doivent consommer les objets qu'ils fabriquent. Mais que se passe-t-il s'ils n'en veulent pas? On objectera, à juste titre, que les besoins sont imposés, fabriqués par la pub, dont le miracle perpétuellement renouvelé est de faire acheter à celui qui n'en a pas les moyens ce dont il n'a pas besoin. Et en contrepoint: "A qui les capitalistes vendront-ils les marchandises produites par les robots?" (p.78).

Ce que je retiens donc de ce livre? Que Marx a brillamment analysé le passé et le présent dont il était contemporain, mais que ses prévisions, 135 ans (désormais) après sa mort, se sont révélées erronées à ce jour: il avait sous-estimé la "résilience" du capitalisme et l'adaptabilité des capitalistes.

On pourra consulter plusieurs blogs ou articles qui ont mentionné ce livre: Bibliothèque farenheit 451, un billet de Denis Clerc, Ludovic (en quelques phrases sur son blog-notes sous-titré "une opinion parmi d'autres"), ou Le prolétariat universel, un blog plus "politique" et qui a fait une critique plutôt acerbe (à mon avis), reprochant à Bernard Maris de ne rien proposer pour "dépasser" Marx (si j'ai bien compris)..

Pour ma part, en ce qui concerne Bernard Maris, il me reste encore pas mal de ses livres à lire avant de pouvoir définir le "marisme".

*** Je suis Charlie ***

Une anecdote sans rapport avec la chronique de ce mois en particulier. J'ai aperçu un jour, il y a déjà quelque temps, un "migrant" sous la ligne de métro 2 (à une des stations où se tient la vente à la sauvette de "Malboro-Malboro-Malboro"...). Il portait un T-shirt "Je suis Charlie". Ca m'a fait gamberger. Je doute qu'il l'ait acheté lui-même en janvier 2015. Sait-il seulement la signification de ce qu'il arbore? Est-il croyant ou mécréant? Et du coup, je me suis dit que c'était peut-être un T-shirt qui avait été donné à une association venant en aide aux migrants, ou encore un don dont il aurait bénéficié en direct. Mais quid du donateur? A quoi a-t-il pensé? Etait-il conscient, ou non, du symbole? Y a-t-il vu malice ou non? Pour ma part, je n'aurais pas fait don d'un tel T-shirt, mais l'aurais conservé pour moi.

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lundi 5 novembre 2018

Films et non commentés depuis début octobre 2018

J'ai voulu voir The Predator de Shane Blake car je suis fan de l'alien aux dreadlocks, que j'avais découvert dans Predator de John McTiernan, et que je recommande vivement. Ce film de 1987 est une référence. Shane Blake, qui réalise la version de 2018, interprétait un des personnages du film de McTiernan. On est loin de la qualité du premier. Dans un crash de vaisseau spatial, un predator perd son masque et un de ses brassards avec lesquels il communique avec d'autres predators dans l'espace. C'est Rory, un petit garçon atteint du syndrome d'Asperger et fils de Quinn McKenna, membre d'un commando des forces spéciales, qui récupère le masque et le brassard. Il arrive très vite à faire fonctionner ces deux objets et à entrer en communication avec d'autres predators dans l'espace, qui se lancent à sa poursuite avec des molosses extra-terrestres. Le film est une suite de poursuites, d'explosions, de plans totalement invraisemblables. Il y des humains un peu félés, d'autres pas gentils de tout. Les predators sont des machines à tuer. Il y avait un vrai suspense dans le film de McTiernan, une tension. C'était haletant. Là, on se désintéresse de l'histoire assez vite: tout est très bruyant, trop rapide et très violent. On peut s'en dispenser.

Je passe au film Voyez comme on danse de Michel Blanc, qui est la suite d'Embrassez qui vous voudrez (2002), que je n'ai pas vu. Le film est plaisant à voir pour les acteurs. L'histoire se passe dans un milieu aisé, Julien (Jean-Paul Rouve) est marié à Lucie (Carole Bouquet), propriétaire d'un restaurant; Elisabeth (Charlotte Rampling) apprend que Bertrand (Jacques Dutronc) est emprisonné pour fraude fiscale ; Véro (Karine Viard) fait partie d'une classe plus modeste. Véro est au bord de l'hystérie quand elle apprend que sa fille de 17 ans est enceinte. Julien trompe sa femme et sent une présence hostile qui le suit en permanence. Lucie en a assez des frasques de Julien et le vire de chez elle. Véro trouve un petit boulot grâce à Elisabeth. On ne sait pas grand-chose du passé des personnages. Le spectateur prend l'histoire en route. La scène finale se passe dans un mobile home où Bertrand partage l'espace avec des poules. Dutronc reste imperturbable et très pince-sans-rire. J'aurais préféré le voir dans un rôle plus consistant. Vous pouvez attendre de voir le film à la télé.

En Liberté! de Pierre Salvadori est loué par les critiques et je me demande bien pourquoi, car, personnellement, j'ai eu l'impression de perdre mon temps en le voyant. Dès la première séquence très violente (une fusillade dans un appartement), j'ai su que je n'aimerai pas ce film qui ne m'a pas fait rire une seule fois. Les acteurs ne sont pas en cause, Adèle Haenel et Audrey Tautou ont les plus belles scènes et les meilleures répliques. Mais je suis restée perplexe devant l'histoire rocambolesque d'une femme flic, Yvonne Santi, apprenant par hasard que son mari policier n'était pas un héros mais un ripou. En tant que bouc-émissaire, Antoine (Pio Marmaï) a purgé huit ans de prison à la place de Santi. Yvonne  se met en tête de tout faire pour aider Antoine qui semble perturbé. J'ai trouvé que le film manquait de rythme et certaines situations loufoques m'ont laissée de marbre. Après Dans la cour et Hors de prix, je me dis que décidément, le cinéma de Salvadori ne me touche pas. Lire le billet de Pascale.

Johnny English de David Kerr est un film sans autre prétention que de faire rire, et c'est réussi. J'ai eu le plaisir de retrouver Rowan Atkinson dans le rôle de Johnny English, un agent secret britannique qui enseigne dans un collège (dans le genre de celui d'Harry Potter). Il apprend à ses élèves l'art de se fondre dans le décor, comment faire une bombe avec une allumette, comment se comporte un agent secret, etc. Pendant ce temps, la patrie est en danger. Un méchant "hacker" fait du chantage à la "Prime Minister" (Emma Thompson, impeccable même quand elle dit des gros mots) après avoir dévoilé la liste des agents secrets britanniques en activité. C'est pourquoi, on fait appel à Johnny English et à trois autres retirés du service pour démasquer le "hacker". Grâce à une bévue de Johnny English, les trois retraités sont mis "hors service" (séquence hilarante). Johnny English aidé par un ami appelé "Bough", va faire des merveilles (avec quelques dommages collatéraux) pour lutter contre l'as de l'informatique. L'histoire n'a aucune importance, car le film est une suite de gags souvent très amusants (un bon pastiche de J... B...). Moi et mon ami, on a passé un très bon moment.

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vendredi 2 novembre 2018

Les enquêtes de Murdoch

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Pour une fois, je vais évoquer une série canadienne, Les enquêtes de Murdoch, dont je suis fan avec mon ami depuis le premier épisode de la première saison, qui date de 2008. La diffusion de la saison 11 s'est terminée il y a 2 semaines sur une chaîne publique française, tandis que la saison 12 a commencé à être diffusée fin septembre au Canada. William Murdoch est inspecteur du poste de police n°4 de la ville de Toronto au tout début du XXème siècle. Murdoch est un personnage intelligent et passionné par les sciences et les découvertes de son temps dont il se sert pour ses enquêtes. L'inspecteur n'est pas seul, il est épaulé par son chef, l'inspecteur principal Thomas Brackenreid qui aime bien le whisky (il est d'origine écossaise), la charmante médécin légiste Julia Ogden (qui deviendra sa femme), l'agent George Crabtree, écrivain à ses heures (qui va subir des déboires amoureux), et l'agent Higgins, un peu ahuri mais sympa. Chaque épisode peut se voir indépendamment mais certaines enquêtes sont en deux parties. Parallèlement aux enquêtes, on suit dans des "arcs narratifs" plus longs l'évolution personnelle de chaque personnage: Julia Ogden, par exemple, va abandonner un temps la médecine légale et être remplacée par le docteur Emilie Grace, qui elle-même sera remplacée pour Rebecca James, une jeune femme noire. Je trouve que la série est bien jouée, et les voix françaises conviennent bien. En raison de son succès, on est passé de 13 épisodes dans les six premières saisons à 18 épisodes dans les saisons suivantes. Ce qui me convient tout à fait. Le dernier épisode de chaque saison laisse le spectateur dans l'expectative car  les scénaristes mettent certains protagonistes dans de fâcheuses situations. La fin de la saison 10 en est un bon exemple. Que dire de plus ? Murdoch aura croisé Mark Twain, le président des Etats-Unis Théodore Roosevelt à qui il va sauver la vie par deux fois, Sir Conan Doyle (que l'on voit au moins dans deux épisodes), Houdini, Nicolas Tesla, Jack London... Je suis totalement accro et j'attends déjà la saison 12 avec impatience (à partir d'août 2019 ?). Pour ceux qui regardent la série, qu'en pensez-vous?

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mardi 30 octobre 2018

Le mystère Jérôme Bosch - Peter Dempf

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Je vous conseille Le mystère Jérôme Bosch de Peter Dempf, (Editions Pocket, 541 pages), que j'ai trouvé passionnant. Je l'avais repéré dans une ou deux librairies que je fréquente. Je dis tout de suite que je suis une grande admiratrice de l'oeuvre du peintre flamand Jérôme Bosch né Jheronimus van Aken à Bois le duc (‘s-Hertogenbosch en néerlandais - d'où son pseudonyme) en 1450 et mort en 1516.
En 2013, à Madrid au musée du Prado, un prêtre illuminé asperge de quelques gouttes d'acide Le Jardin des délices, une des oeuvres (un tryptique) les plus célèbres du peintre (cette peinture à l'huile sur bois est datée d'entre 1494 et 1505). Un restaurateur allemand, Michael Keie est appelé au chevet de l'oeuvre. Il découvre assez vite qu'aux endroits qui ont été altérés, il y a des symboles cachés. Baerle, le prêtre responsable de la dépradation du tableau, ne parle pas aux femmes, et il refuse donc de dire à la thérapeute Grit Vanderwerf qui s'occupe de lui pourquoi il a vandalisé la toile. En revanche, il est content d'avoir un auditoire masculin en la personne de Keie et d'Antonio, un vieil historien d'art qui exerce au musée. Il leur explique qu'il a trouvé dans son couvent de Salamanque un manuscrit écrit en 1511 par un certain Petronius Oris, qui avait reçu l'ordre du grand inquisiteur en place d'écrire son histoire. Et nous voilà transportés dans le passé aux alentours de 1500: Petronius arrive d'Augsbourg avec des lettres de recommandation de Dürer et de Jörg Breu. Bosch l'embauche comme portraitiste. Très vite, Petronius ne se sent pas à l'aise à Bois le Duc car les bûchers de l'Inquisition sont dressés tous les jours aux abords de la ville. Il se sent surveillé et menacé. Les Dominicains font la chasse aux Adamistes et tous ceux qui ont des pensées hérétiques. Quand Petronius commence à travailler pour Bosch, le maître a déjà peint la partie gauche du tryptique. Il semble que le thème du jardin des délices est subversif pour l'église catholique. Je vous laisse découvrir pourquoi. De nombreuses péripéties émaillent le récit, où un Juif converti, Jacob Van Almaengien, joue un rôle important. Le pauvre Petronius va subir plusieurs agressions physiques et se retrouver entre les mains de l'inquisition. Heureusement qu'il a quelques alliés, dont Zita, dont il va tomber amoureux. Un récit haletant et bien mené qui donne envie d'étudier de plus près Le Jardin des délices de Jérôme Bosch.

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samedi 27 octobre 2018

Le jeu - Fred Cavayé / Le grand bain - Gilles Lellouche

Pour les deux films que je présente, je commence avec celui que j'ai préféré et de loin: Le jeu de Fred Cavayé, qui raconte le dîner entre amis de trois couples et un homme seul - et sept smartphones. Les conversations démarrent gentiment quand quelqu'un propose que chaque invité dépose son smartphone au milieu de la table. Dès que l'un d'eux sonnera, toute la tablée prendra connaissance de qui appelle et/ou connaîtra le contenu du "sms" reçu. A partir de là, les événement se précipitent car certains appels ou sms sont gênants et peuvent compromettre la paix des ménages. C'est souvent drôle, parfois grave. Certaines situations s'enveniment, les masques tombent. On arrive au bord de l'implosion mais il y a un coup de théâtre final que je ne vous dévoile pas. Le film bénéficie d'un bon scénario et d'un rythme sans temps mort. Ce huis-clos permet de voir de très bons acteurs venus d'univers différents: Bérénice Bejo, Stéphane de Groodt, Vincent Elbaz, Doria Tillier, Roschdy Zem, Suzanne Clément et l'excellent Grégory Gadebois. Le film est un remake d'un film italien de 2016 (Perfetti sconociuti) pas sorti en France. Allez le voir. Il est également recommandé par Pascale, Matchingpoints et ffred.

Je passe au film Le grand bain de Gilles Lellouche. Même si les critiques que j'ai lues sont bonnes, personnellement, je m'attendais à autre chose de ce film après avoir vu la bande-annonce très amusante. J'ai été un peu déprimée de voir sept bonhommes un peu avachis entre 45 et 62 ans faisant partie d'une équipe de nage synchronisée. Un huitième plus jeune se joint à eux par la suite. J'ai eu du mal à croire qu'ils puissent concourir au championnat du Monde. Toujours est-il que Gilles Lellouche qui est co-scénariste s'est attaché à la personnalité de cinq d'entre eux joués par Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde, Philippe Katherine et Jean-Hugues Anglade. Le premier est dépressif, le deuxième a des problèmes relationnels avec son fils, le troisième est gérant d'un magasin au bord de la faillite, le quatrième est un doux rêveur et le cinquième, un compositeur plutôt raté qui cherche l'affection de sa fille. Côté femmes, les personnages ne sont pas très gâtés par la caméra. En particulier Virginie Efira, la co-entraîneuse de l'équipe avec Leila Bekhti. Dans le film, Virginie Efira est alcoolique. Il y a un gros plan où elle est bouffi sans maquillage, cela m'a fait de la peine. Je dirais que la bande-annonce est ce qu'il y a de mieux dans le film qui dure deux heures... Lire le billet très enthousiaste de Chris.

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jeudi 25 octobre 2018

Dilili à Paris - Michel Ocelot

Dilili à Paris de Michel Ocelot est un dessin animé épatant qui m'a conquise. A la fin du XIXème siècle ou au début du XXème siècle, Dilili, une petite fille née d'un père français et d'une mère kanak, a eu comme préceptrice Louise Michel. Orpheline, Dilili vit désormais chez une comtesse. C'est une petite fille très bien élevée et au langage châtié. Elle fait la connaissance d'Orel, un beau jeune homme qui se déplace en triporteur et connaît Paris comme sa poche. Nous sommes aux alentours de 1900 et Paris est en émoi, des petites filles disparaissent. Dilili et Orel vont mener l'enquête. Cela leur permet de croiser le chemin de gens célèbres: Marie Curie (et ses filles), Louis Pasteur, Modigliani, Toulouse-Lautrec, Marcel Proust et Céleste Albaret, Erik Satie, Claude Debussy, Monet, Renoir, Rodin et Camille Claudel, etc, qui leur donnent des indices ou des conseils. On saura à la fin pourquoi les "méchants" de l'histoire, les "mâles-maîtres" enlèvent les petites filles. Ce film est d'abord un enchantement des yeux et des oreilles. C'est un très bel hommage à Paris et à ses monuments emblématiques comme la Tour Eiffel ou le Sacré-Coeur. Une partie de l'histoire se passe aussi dans les souterrains de l'Opéra de Paris. Les images alternent le dessin pur et l'incrustation de photos de lieux parisiens. Le tout est remarquablement fait. Un film qui ravit, semble-t-il, petits et grands. Lire le billet très enthousiaste de larroseurarrose.

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