Le blog de Dasola

CINEMA, LIVRES, DVD, SPECTACLES, TV - BILLETS DE BONNE ET (parfois) MAUVAISE HUMEUR. Critiques et opinions sur films, livres et spectacles. [Secrétaire de rédaction et statistiques: "ta d loi du cine"]

21 novembre 2009

A l'origine - Xavier Giannoli

Dès les premières images, j’ai été frappée par la grisaille, la tristesse de l’hiver, saison où semble se passer A l'origine (qui fut sélectionné pour le festival de Cannes 2009). On se sent oppressé. L'histoire se déroule dans un décor du style "no man’s land" entre un chantier d'autoroute à l’abandon, un motel et une petite ville sinistrée où le chômage fait des ravages. Juste avant, on vient de voir un homme dont on ne sait rien, Philippe Miller, passer son temps à escroquer des grands magasins d’outillages d’un département ou d’une région. Il va d’un endroit à l’autre avec méthode en pointant sur une carte. Se faisant passer pour un chef de chantier travaillant pour une grande entreprise, il se fait confier du gros matériel qu’il ne rend pas mais qu’il revend à son comparse joué par Gérard Depardieu à l’allure d’ogre. A un moment donné, il se retrouve donc au milieu de nulle part, attiré par un panneau annonçant un chantier d’autoroute. De fil en aiguille, les gens de la petite ville voisine croient qu’il est un contremaître venu faire des repérages, il ne les contredit pas. Avec aplomb et détermination, il décide de reprendre le chantier et les habitants le suivent. Ils n’attendaient que cela. De là se greffe une relation intime entre Philippe Miller (François Cluzet) et la maire de la ville qui est veuve (Emmanuelle Devos). J'ai aimé ce film même si j'ai trouvé quelques longueurs, dont l'histoire d'amour (qui m'a paru assez improbable bien que cela amorce un changement dans l'attitude de Philippe Miller et sa volonté de ne pas abandonner ces gens). L'apparition en truand minable de Depardieu n'était pas non plus très utile. En revanche, le reste est remarquablement montré avec ces petites gens qui reçoivent Philippe comme le Messie. On sent bien qu’ils sont broyés et démunis face à des forces multinationales qui les dépassent. Et tout à coup, ils y croient: le miracle s’accomplit. Deux kilomètres d’autoroute ont bien été construits sur du vent. Le tout a été d'y croire. Philippe est un escroc mais il a donné quelque chose d'important à tous ces gens: l’espoir et une raison de continuer. François Cluzet a un jeu intériorisé et a peu de dialogues, ce qui rend son personnage opaque (on ne sait pas ce qu’il pense). Emmanuelle Devos est lumineuse et les autres comédiens peu ou pas connus sont bien dans leur rôle. C’est le deuxième film de Xavier Giannoli que je vois après Si j'étais chanteur. C’est un réalisateur qui compte dans le cinéma français.

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19 novembre 2009

L'annonce - Marie-Hélène Lafon (+ bilan de mes lectures de la rentrée littéraire 2009)

L'annonce de Marie-Hélène Lafon, paru aux éditions Buchet Chastel, m'a attiré l'oeil de par son titre. Il s'agit en effet d'une annonce parue dans un journal, qui permet à Paul, âgé de 46 ans, agriculteur dans le Cantal (à Fridières), de trouver une compagne, Annette, 37 ans, dont la caractéristique est d'être bien "bustée" (terme que l'on ne trouve pas dans le Robert), mais il n'y a aucune grivoiserie dans le propos. Annette, qui a un fils de 11 ans, Eric, vient de Bailleul dans le Nord de la France. Ce roman de moins de 200 pages m'a beaucoup plu et je l'ai lu en moins de 48 heures. Il faut savoir entrer dans cette histoire écrite dans un style dense, du fait de l'absence de virgules et d'une ponctuation décalée dans certaines phrases. Cela donne une tonalité particulière à l'ensemble. Paul, célibataire endurci, vit avec sa soeur, Nicole, et deux oncles octogénaires qui les ont élevés. Ils vivent au milieu des vaches, des lapins et des cochons. Annette, qui a vécu des moments difficiles avec le père d'Eric, est prête pour une nouvelle vie. M.-H. Lafon ne nous dit rien de particulier sur les relations des deux personnages mais quand le roman se termine, deux ans auront passé. Elle s'attache à la vie quotidienne, au présent et au passé. Voici deux extraits du roman: au tout début, "La nuit de Fridières ne tombait pas, elle montait à l'assaut, elle prenait les maisons les bêtes et les gens, elle suintait de partout à la fois, s'insinuait, noyait d'encre les contours des choses, des corps, avalait les arbres, les pierres, effaçait les chemins, gommait, broyait."; deuxième extrait: "La demoiselle [une future infirmière] s'établirait en libéral à Fridières et sillonnerait sans faiblir les routes de ce canton où des vieillards de plus en plus nombreux et accablés d'abandon ne manqueraient pas de faire appel en foule à ses diligents services". C'est le premier roman que je lis de cette auteure et ce fut une bonne surprise.

Avec L'annonce, je viens de me rendre compte que j'avais déjà lu sept romans de la rentrée littéraire, et j'ai donc accompli le "challenge" des 1% littéraire 2009 lancé par Lavroueg. J'avoue que suis très contente de moi.

Pour mémoire, voici les autres:

La patience de Mauricette de Lucien Suel (voir mon billet du 01/08/09) - roman lu en avant-première
Le guide de l'incendiaire des maisons d'écrivains en Nouvelle-Angleterre de Brock Clarke (voir mon billet du 11/09/09)
Netherland de Joseph O'Neill (voir mon billet du 05/10/09)
Cadence de Stéphane Velut (voir mon billet du 17/10/09)
La vérité sur Marie de Jean-Philippe Toussaint (voir mon billet du 05/11/09)
M
issak de Didier Daenincks (voir mon billet du 13/11/09)

En revanche, j'ai seulement commencé Des hommes de Laurent Mauvillier: j'ai abandonné, je n'ai pas été au-delà de la page 70. Je n'y arrive pas. Je "n'accroche" pas.

Concernant les romans qui ont reçu les principaux prix littéraires en 2009, ils ne m'ont pas tentée.

Cependant, je possède encore en pile à lire Jan Karski de Yannick Haenel (Prix du roman Fnac et Interallié 2009), que je ne manquerai pas de chroniquer prochainement.

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17 novembre 2009

The Red Riding Trilogy (1974, 1980, 1983)

Ces trois films, sortis cette semaine, sont adaptés de trois romans faisant partie de la quadrilogie de David Peace, écrivain anglais du Yorkshire né en 1967: 1974, 1977, 1980 et 1983, parus en poche aux éditions Rivages Noir. Le roman 1977 n'a pas été adapté (peut-être pour des raisons budgétaires). Chaque film dure entre 1h30 et 1h40 et il est recommandé de les voir dans l'ordre. Des personnages récurrents se retrouvent dans les trois films (parfois lors de flash-back) ainsi que les intrigues proprement dites qui sont plus ou moins imbriquées entre elles. On est plongé dans la corruption, les meurtres en série, la désespérance d'une ville sinistre, la pédophilie. C'est noir et violent mais qu'est-ce que c'est bien! Pour les amateurs de films noirs comme moi, on en redemande. Le titre de la trilogie, pour les anglicistes et pour les autres, fait référence au Petit Chaperon Rouge (Red Riding Hood). En effet, il est fait référence à un loup qui mange les enfants (de manière métaphorique) et à une petite fille avec une cape et des bottes rouges.

Dans le premier film de la trilogie, 1974, réalisé par Julian Jarold, l'histoire se passe dans le West Yorkshire, en Angleterre. Un jeune journaliste, Eddy Dunford, enquête sur trois petites filles disparues entre 1972 et 1974. Le corps de l'une est retrouvée. La jeune victime a subi les derniers outrages et des ailes de cygnes ont été cousues dans son dos. En parallèle, nous faisons connaissance avec les flics locaux, tous corruptibles, pourris, assassins, tortionnaires, qui touchent des pots-de-vins d'un homme d'affaires de la région, Peter Dawson. Ce dernier veut construire un centre commercial au mépris des lois (quitte à brûler un campement de gitans pour récupérer un terrain). Peter Dawson a une belle maison en forme de cygne. Un pasteur qui officie dans le secteur console les âmes en peine. Evidemment, ces intrigues sont liées.

Dans le deuxième, 1980, réalisé par James Marsh, c'est un flic venu de l'extérieur, Peter Hunter, qui mène l'enquête sur l'assassinat de prostituées par l'éventreur du Yorkshire. Peter Hunter est en butte à l'hostilité de ses collègues, dont la plupart sont les mêmes que dans la première partie. Ils ne veulent toujours pas qu'on se mêle de leurs affaires. Parmi les crimes, l'une des victimes ne semble pas avoir été tuée par le même tueur. D'ailleurs, on apprend qu'elle n'était pas une prostituée mais un témoin gênant pour une des affaires qui s'est passée en 1974. Peter Hunter comme Eddy Dunford ont une fin de vie pour le moins brutale.

Dans le troisième, 1983, réalisé par Anand Tucker, le triste héros du film est un avocat un peu largué, John Piggott, alcoolique, enfant du pays. Cet opus qui termine la trilogie reprend des éléments des deux précédents dont la disparition des trois petites filles. En effet, une 4ème disparaît alors que le coupable présumé arrêté à la fin de 1974 est en prison.

J'ai trouvé une belle unité entre ces trois films (réalisés en 2009 par trois réalisateurs différents que je ne connais pas).
Le troisième est peut-être celui qui m'a le moins convaincue, mais l'ensemble est homogène avec des acteurs anglais remarquables comme souvent (Peter Mullan, David Morrissay, Warren Clarke, Andrew Garfield, Paddy Considine, Mark Addy). Je ne saurais trop vous conseiller d'aller voir ces films sortis dans une seule salle à Paris. Ils se donnent en alternance et les spectateurs les voient à la suite (comme moi). On sort un peu groggy. Depuis, je me suis commandé les quatre romans que je lirai dès que possible. Sinon
Rob Gordon dit beaucoup de bien de la trilogie  ici, encore ici et , ainsi que Vierasouto.

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15 novembre 2009

Films vus et non commentés depuis le 21/10/09

Voici un billet qui en suit d'autres sur trois films vus mais pas trop appréciés (c'est un euphémisme) sauf le premier, et sur lesquels je n'ai pas envie de m'attarder.

La Nana de Sébastian Silva est un film chilien qui a reçu de bonnes critiques et a été multiprimé au festival de Sundance. Je suis allée le voir car le sujet m'intéressait. Les patrons de Raquel, bonne à tout faire depuis 20 ans dans la même famille, lui fêtent son anniversaire. Raquel est une femme d'une quarantaine d'année, tout d'une pièce, qui a du caractère (certains diraient qu'elle a mauvais caractère). Raquel est fatiguée et tombe souvent dans les pommes. Elle est toute seule pour s'occuper d'une grande maisonnée, c'est pourquoi sa patronne décide de lui adjoindre une aide. Mal lui en prend. Raquel a peur qu'on la remplace et réagit (mal). Deux aides rendent leur tablier après des tours pendables que leur fait subir Raquel. En revanche, la troisième, Luc,y saura l'apprivoiser, car Lucy est la joie de vivre personnifiée. Le film est sympathique même si la réalisation est un peu maladroite, avec quelques scènes répétées et le tout manquant un peu d'invention.

Le concert de Radu Mihaileanu est un film fourre-tout poussif avec un scénario invraisemblable qui donne des situations abracadabrantes. Comme, par exemple, des musiciens qui n'ont pas joué (ou presque) pendant 30 ans et qui sont capables de rejouer une longue partition sans répétition. Autre exemple, des Russes qui, en deux jours, retrouvent du travail à Paris comme si de rien n'était. Sans compter que j'ai été gênée par les acteurs russes qui sont doublés en français avec un accent improbable ce qui ajoute au ridicule de l'ensemble Je ne sauve que le dernier quart d'heure avec le concerto pour violon opus 35 de Tchaikovski. Tout le reste est à oublier. Je n'avais pas du tout aimé Va, vis et deviens du même réalisateur. Si je m'en étais rappelée, je ne serais peut-être pas allée voir Le Concert qui rencontre un grand succès public (il paraît que des spectateurs sortent leur mouchoir et/ou applaudissent à la fin). Personnellement, je le déconseille.

Quant à The box de Richard Kelly, cette "boîte" m'a parue bien vide. L'histoire se passe en 1976 en Virginie, pas loin de bureaux de la NASA et du siège du FBI. On peut ajouter la CIA et la NSA. Par un jour d'hiver, Arlington Steward, un homme affreusement défiguré, sonne à la porte de la maison d'un jeune couple, Norma et Arthur Lewis (Cameron Diaz et James Marsden); ce dernier travaille à la NASA. Ils ont un petit garçon. La veille, une boîte creuse avec un gros bouton avait été déposée sur leur seuil. Pour résumer, Arlington leur propose un million contre une vie. Il suffit d'appuyer sur le bouton. Bien entendu, le bouton est poussé, ils ont le million de dollars, il y a bien une mort violente et le cauchemar commence pour le couple. The Box est surtout une histoire où la culpabilité, la suggestion, le conditionnement, l'hypnose et peut-être la vengeance sont les clés essentielles. [Petit indice en passant: pourquoi s'en prendre à des employés de la NASA?]. Il y a des effets spéciaux un peu risibles et qui n'ajoutent rien. Les comédiens ne sont pas en cause mais ils sont prisonniers d'un scénario alambiqué et pas crédible. J'aime bien être manipulée au cinéma mais pas dans ce cas-là. Je pense que j'essaierai de lire la nouvelle de Richard Matheson dont est tiré le film.

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13 novembre 2009

Missak - Didier Daeninckx

Je remercie Babelio et l'opération "Masse critique" (c'est la troisième fois que je participe) qui m'a permis de lire Missak, cette biographie romancée étayée par des faits historiques sur le groupe Manouchian, dont la figure emblématique est Missak Manouchian. Ce livre (paru aux éditions Perrin) est un complément intéressant me semble-t-il au film de Robert Guédiguian, L'armée du crime (dont je n'avais pas dit beaucoup de bien le 03/10/2009). A la fin de l'ouvrage, se trouve une bibliographie détaillée dont s'est servi Daeninckx. Louis Dragère (je ne sais pas si ce personnage a vraiment existé), jeune journaliste à L'Humanité en janvier 1955, est chargé par son journal de retracer le parcours de Missak Manouchian. Ceci se passe juste avant qu'une rue dans le 20ème arrondissement de Paris ne soit baptisée "rue du groupe Manouchian" (elle existe bien près de la place Saint Fargeau). En ce mois de janvier 1955, le temps est froid, neigeux, et il y a partout des inondations dans la banlieue de Paris. Cela permet à Didier Daeninckx de nous plonger dans ce Paris des années cinquante qui a disparu avec ses quelques maisons insalubres, ses boutiques, ses troquets, le métro bringuebalant, des cinémas de quartiers qui passaient des westerns ou des films noirs. L'enquête de Dragère lui fait rencontrer des personnages qui ont vraiment existé (ou qui sont encore en vie): Willy Ronis, Louis Aragon, Jacques Duclos, Henri Krasucki, quelques autres que je ne connais pas (comme Charles Tillon ou Krikor Bedikian), ainsi que les parents de Charles Aznavour et Aznavour lui même. On est plongé dans un résumé de la vie de Manouchian depuis sa naissance en 1906 en Turquie jusqu'à sa mort le 21 février 1944, fusillé au Mont Valérien. Les faits d'armes pendant la guerre sont relativement peu évoqués mais Daeninckx s'attarde sur l'enfance, le massacre des Arméniens par les Turcs, l'arrivée en France. Dans le début du récit, Louis Dragère apprend que la dernière lettre (qui est restée célèbre) de Missak (Michel) Manouchian à sa femme, Mélinée, avait été tronquée d'une ou deux phrases dans lesquelles il disait que lui et son groupe (où se trouvait aussi un certain Armenak Manoukian (avec un k) avaient été trahis. Le groupe avait été repéré et surveillé par les brigades spéciales dès début 1943. Je ne vous en dirai pas plus pour ne pas pas tout dévoiler. Le récit est bien mené, l'histoire est un peu complexe pour tout ce qui concerne les rapports entre le Parti communiste et certains membres du groupe Manouchian. Je pense avoir appris des choses sur un sujet malgré tout pas très connu du grand public français.

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11 novembre 2009

Sin nombre - Cary Fukunaga

Sin nombre (les "sans-noms") sont les centaines de candidats à l'immigration (clandestine) venant d'Amérique centrale et du Mexique et voulant partir aux Etats-Unis. Ils essaient de fuir la misère pour un monde meilleur (?). Sayra et Willly (alias Casper) se rencontrent sur le toit d'un wagon d'un long train. C'est une des techniques que les futurs émigrants utilisent pour voyager (souvent au péril de leur vie). L'introduction un peu longue montre comment Sayra quitte le Honduras avec son père et son frère pendant que Willy (alias Casper), qui fait partie d'un gang dangereux, La Mara, est mis à l'épreuve. Avec le chef du gang, Lil Mago, tatoué de la tête au pied, qui l'accompagne, ils rançonnent les voyageurs en partance. Peu de temps avant, Lil Mago, en voulant violenter la petite amie de Willy, l'a tuée par accident. En effet, les membres de ces gangs sont des hommes jeunes voire des adolescents, et sont violents. Le nombre de leurs tatouages est proportionnel aux actes violents qu'ils commettent (le meurtre en fait partie). Ils vivent selon leurs propres lois qui se résument à supprimer tous ceux qui leur cherchent des ennuis. On voit comment ils peuvent faire disparaître les corps de ceux qu'ils ont tués sans sommation. Ils règnent par la terreur. Je ne vous dirai pas comment Willy et Sayra arrivent à se cotoyer et à faire un brin de chemin ensemble. La fin est en demi-teinte: tragique pour l'un et avec l'espoir d'une nouvelle vie pour l'autre. J'ai été touchée par le destin de ces deux personnages. Ce film réalisé par un réalisateur inconnu du grand public a reçu plusieurs prix dans des festivals internationaux. Il s'est inspiré de faits réels pour nous raconter cette histoire. Cela fait un bon complément au documentaire qui est encore projeté (tout au moins à Paris): La vida loca (sorti le 30 septembre dernier) du réalisateur Christian Poveda qui s'est fait malheureusement tuer par balles par le gang salvadorien des "Maras". Son film est dans mes films à voir. En tout cas, Sin nombre mérite toute votre attention.

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09 novembre 2009

Et un p'tit tag de plus, un!

Même si je n'ai pas été "taguée", voici un petit questionnaire que j'ai découvert chez Aifelle, Mango et quelques autres (il a fait le tour de la blogosphère en peu de temps). Comme je l'ai trouvé assez intéressant et qu'il n'est pas trop long, voici mes réponses.

1) Si on vous proposait d'écrire votre biographie, vous prendriez qui pour nègre ? (et oui, tout le monde n'a pas un don pour la littérature l'écriture)

Je ne sais pas déjà si j'accepterais d'écrire ma biographie qui n'est pas spécialement passionnante. Et si je l'écrivais, je l'écrirais moi-même et me ferais aider de mon secrétaire de rédaction préféré.

2) Vous êtes en train de lire le tout dernier chapitre d'un livre, celui qui vous a fait passer une nuit blanche, la fin qui vous fait saliver (notez le jeu de mots siouplé) depuis une centaine de pages... Lorsque survient un homme, torse nu. On va dire qu'il s'appelle... Daniel Craig. Il a l'air chagrin. Il a une petite douleur à l'épaule, et est persuadé qu'un petit massage lui ferait le plus grand bien. Que faites-vous ? (PS pour les garçons : à la place de Daniel Craig, merci de comprendre... Allez, soyons fous, Scarlett Johansson, mais en bikini, pas torse nu !)

Le James Bond blond? Personnellement, il faudrait qu'il soit très malade. [A part ça, il est très bien dans d'autres rôles comme dans The Mother]. Sinon, je ne suis pas une bonne masseuse. Et puis tant qu'à faire, je préférerais Clive Owen. Là, je veux bien faire un effort: arrêter ma lecture pour passer à autre chose.

3) C'est la fin du monde. Quel livre mettriez-vous dans la capsule qui sauvegardera une trace de l'humanité ? (voudriez-vous vraiment que ce soit Orgueil et Préjugés ?)

Pas Orgueil et Préjugés, je n'ai lu aucun Jane Austen. Peut-être un dictionnaire encyclopédique.

4) Quelle est pour vous la pause lecture idéale ?

Les matins de week-ends dans mon lit. Je ne m'en lasse pas.

5) Si vous aviez le pouvoir de trucider/effacer un personnage de roman, ce serait qui ?

Je ne sais pas, peut-être le mari dans Une vie de Maupassant (mais il n'y aurait plus de roman).

6) Sauveriez-vous Voldemort, juste pour avoir un huitième tome ?

Qui est Voldemort? (Je plaisante mais je n'ai lu aucun Harry Potter - et 7 tomes ou 8, cela m'indiffère).

7) Jusqu'où êtes-vous allés pour un livre ?

Nulle part, j'ai toujours lu les livres que je voulais lire (non mais sans blague).

8) Si vous pouviez retourner dans le passé rencontrer un auteur. Ce serait qui? Quelles seraient vos toutes premières paroles ? (A part "bonjour")

Zola, je lui aurais demandé pourquoi avoir écrit des romans où les personnages sont autant frappés par le destin. C'est vrai que les gens heureux n'ont pas d'histoire mais quand même.

9) Décrivez la bibliothèque (personnelle ou pas) de vos rêves.

Une pièce, assez grande avec des rayonnages partout, je pense y arriver en 2011, année où je déménagerai; il me tarde.

10) Vous retournez dans le passé (décidément, bande de veinards !), en pleine 2ème guerre mondiale. Quel livre donneriez-vous à Hitler pour qu'il arrête de cramer des bouquins ?

Je ne lui aurais pas donné de livres, mais j'aurais brûlé devant lui tous les exemplaires de Mein Kampf.

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07 novembre 2009

Le ruban blanc - Michael Haneke

Le ruban blanc (Das Weisse Band en VO) est la Palme d'Or méritée (1) du dernier festival de Cannes. Le film de Michael Haneke est un chef-d'oeuvre visuel (le noir et blanc est une splendeur) et scénaristique, et l'interprétation est de tout premier ordre (adultes et enfants). L'histoire se passe de 1913 à l'été 1914 dans une petite communauté villageoise protestante en Prusse qui travaille essentiellement pour un baron (et sa femme) propriétaires des terres cultivables alentour. La communauté est composée de paysans mais aussi de personnalités emblématiques comme le pasteur rigoriste, le médecin (et la sage-femme), le régisseur et l'instituteur (le narrateur du film). Le pasteur comme le régisseur et les paysans sont des pères de familles nombreuses. D'ailleurs, on remarque vite ces ribambelles d'enfants ou d'adolescents tous plus blonds les uns que les autres qui se déplacent en groupe (les filles d'un côté et les garçons de l'autre). Grâce à la voix "off" vieillie de l'instituteur, on est tout de suite dans le vif du sujet: le village est en émoi à cause d'actes malveillants perpétrés contre le médecin, la femme d'un paysan victime d'un accident mortel, le petit garçon (attardé mental) de la sage-femme, le fils du baron et un nourrisson (sauvé in-extremis). Pendant ce temps, le pasteur fait régner une sorte de terreur feutrée dans sa maison. Deux de ses six enfants (un garçon et une fille) ont fait des bêtises. Ils sont obligés de porter un brassard blanc pour redevenir purs (et ils reçoivent dix coups de cravache en guise de punition). Cette vie se déroule au rythme des saisons et des moissons. L'instituteur tombe amoureux d'une jeune fille; le médecin (guéri) qui est revenu de l'hôpital se montre odieux envers la sage-femme et se permet des privautés sur sa fille; un oiseau en cage fait les frais de la colère d'une enfant; un paysan se pend; une grange brûle. C'est à ce moment-là que la guerre de 14 est déclarée. Rien n'est résolu, les crimes restent impunis (et pourtant, comme l'instituteur, on devine ce qui s'est passé). L'histoire se situe en Allemagne mais cela pourrait se passer ailleurs. Le réalisateur montre surtout les dégâts que peut faire une éducation faite de punitions et de violence mentale sur de jeune esprits et tout cela au nom de Dieu et de la recherche de la pureté. Je répète que c'est à mon avis un grand film qu'il faut voir.

(1) Les nombreux commentaires évoquant cette Palme d'Or (et notamment celui de MichCiné qui rappelle la polémique) me font souvenir que j'avais moi-même été dubitative sur ses conditions d'attribution méritée ou non dans mon billet du 26/05/09. Hé bien, maintenant que j'ai vu le film, mon opinion est faite: "chef-d'oeuvre". Dont acte.

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05 novembre 2009

La vérité sur Marie - Jean-Philippe Toussaint

C'est le deuxième roman que je lis de cet auteur (après La salle de bain, il y a déjà quelques années). J'ai acheté La vérité sur Marie (paru aux éditions de Minuit) parce qu'il fait partie de ces romans dont on parle (comme on dit) et que j'ai lu de bonnes critiques (il faisait partie des 4 finalistes du Goncourt, cette année). Mango en a fait aussi un billet. Quand on a terminé le roman, on ne sait pas grand-chose de Marie et aucune vérité n'est dévoilée. En revanche, c'est une histoire d'amour et certainement de jalousie racontée par le narrateur, qui retrouve Marie dans de tristes circonstances alors qu'ils s'étaient séparés depuis quatre mois. Le roman est divisé en trois parties. Dans la première, nous sommes dans le présent. Le narrateur qui vient de faire l'amour avec une femme appelée aussi Marie, se rend chez la Marie (du titre) qui l'a appelé en urgence. L'homme avec qui elle avait passé la nuit (Jean-Christophe de G) vient d'avoir une attaque. Comme le narrateur aime encore Marie (même si ce sentiment n'est plus partagé), il est jaloux de ce qui a pu se passer. La deuxième partie est une évocation (réinventée par le narrateur) d'un moment du passé pendant lequel Jean-Christophe de G (de son vrai prénom Jean-Baptiste) était éleveur de pur-sang. A Tokyo, un de ses chevaux, Zahir, tombe malade, alors qu'il devait participer à une course. Le récit nous décrit comment un cheval effrayé et souffrant doit prendre l'avion. C'est en effet à Tokyo que Marie avait rencontré Jean-Christophe de G. La troisième partie se passe dans le futur (l'été suivant), sur l'île d'Elbe. Marie se trouve dans la maison de son père (mort un an plus tôt). Là encore, les chevaux tiennent un rôle essentiel. Mais le feu qui détruit tout sur son passage aussi. Ce sont les vraies retrouvailles de Marie et du narrateur. Tout le texte est en discours indirect avec la présence de Marie à chaque paragraphe "Marie fait ceci", "Marie fait cela..." Mais on ne sait pas ce que pense ou dit Marie, à part une phrase qu'elle dit vers la fin du roman: "Tu sais, je n'étais pas sa maîtresse...". Même si l'histoire est très ténue, il faut lire ce roman car Jean-Philippe Toussaint est un styliste, il travaille et cisèle ses phrases (parfois longues) de telle façon que la lecture est un vrai plaisir (en tout cas en ce qui me concerne). Ce roman de 200 pages est paraît-il un prolongement de Faire l'amour et de Fuir où l'on trouve déjà le personnage de Marie. Je n'ai lu ni l'un ni l'autre mais ce n'est pas gênant pour apprécier La Vérité sur Marie.

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03 novembre 2009

Capitalism, a love story - Michael Moore

Après Sicko (cf. mon billet du 16/09/07), notre trublion préféré, Michael Moore, s'attaque au capitalisme en général et à ses conséquences sur les finances américaines et sur les vies des petites gens en particulier. Le titre Capitalism, a love story est assez ironique puisque Michael Moore n'aime pas le capitalisme et il le dit. C'est un film qui m'a plu de par ses différentes démonstrations. Par exemple, celle qui démont[r]e comment quelques individus, financiers, membres de sociétés de courtage, assureurs et surtout banquiers, ont ruiné des millions de gens aux USA. Il a bien expliqué comment l'Amérique a été insouciante dans les années 50: elle dominait tout sans concurrence, et ensuite, elle s'est retrouvée face à la concurrence internationale (il prend l'exemple de l'industrie automobile avec l'Allemagne et le Japon). Il a bien analysé les rouages du hold-up financier de Wall Street sur l'économie. Et il parle bien entendu de la collusion entre financiers et hommes politiques. La mainmise financière sur l'économie a commencé sous Reagan. Parallèlement, je suis sensible à sa manière généreuse de s'attacher aux petites gens: ceux qui se retrouvent à la rue avec un viatique de 1000 dollars. J'ai bien aimé au début la comparaison entre la chute de l'Empire romain et la chute de l'Empire américain, et aussi celle où Wall Street est un casino dans lequel quelques personnes misent sur l'argent mondial. C'est effrayant. Comme Michael Moore, je ne sais toujours pas ce qu'est un dérivé de crédit. Pour mettre une légère touche d'optimisme, il évoque une société qui est gérée par son personnel (comme une coopérative). Je ne sais pas si ce film sera un succès aux Etats-Unis. C'est là qu'il devrait avoir un impact pour que les choses changent. D'après ce que j'ai lu, Goldman Sachs continue de faire des profits vertigineux. En revanche, je pense que le film marchera en France, il le mérite, c'est vraiment bien et on apprend des choses. D'ailleurs, il faudra que j'y retourne car le film est très dense (il dure 2H00) et il y a une grande masse d'informations que je n'ai pas forcément assimilées en une fois. Sinon j'ai eu la chance de voir le film en avant-première, mardi 20 octobre 2009. Le film sort le 25 novembre prochain: allez-y! C'est mieux qu'une fiction et on sort hébété. Voici deux extraits du film: le premier et le second.

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01 novembre 2009

2 romans de Thierry Jonquet (suite)

Pour continuer dans mon hommage personnel à Thierry Jonquet, j'ai lu à la suite La Bête et la Belle et Mémoire en cage.

Je commence par La Bête et la belle, un roman qui m’a emballée parce que je n'avais pas deviné ce qui allait se passer et que j'aurais bien aimé rencontrer un des narrateurs, Léon, même s'il était vieux, sale et moche.

La bête et la belle est l'histoire d'une amitié entre Léon et un homme, professeur de collège qui est désigné pendant tout le roman sous le vocable "Le Coupable". Pour Léon, il a été le meilleur copain qu'il ait trouvé. Pour l'instant, le Coupable lutte entre la vie et la mort à l’hôpital pendant que le commissaire Gabelou essaie de reconstituer une affaire mystérieuse: il se trouve en présence de morts suspectes dont un jeune Commis boucher, un Gamin et une Vieille et le Visiteur (ce dernier a été retrouvé dans l'appartement du Coupable).
Léon nous raconte l'histoire du Coupable, professeur de collège, à partir du moment où  ils se sont rencontrés à la sortie d'un bistrot. Léon est parti vivre dans l'appartement du coupable pendant 9 mois, jusqu'à ce que la situation finisse par se dégrader. En effet, l'appartement du Coupable (qui semble avoir tué sa compagne Irène - très méchante avec lui) est rempli de sacs poubelles nauséabonds qui suintent. Pendant cette période, le Coupable est devenu paranoïaque et a sombré dans la folie. Il avait peur que l'on trouve le corps d'Irène dissimulé dans le congélateur de la cuisine. En plus des sacs poubelles, la passion du Coupable, ce sont les trains électriques. Outre les fameux sacs poubelles, tout l’appartement est envahi par les rails qui sont partout. Cela n'empêche pas que Léon se soit régalé, en compagnie du Coupable, de biftecks qu’il va chercher chez le boucher. Je ne vous raconterai pas la fin, ni certaines péripéties. Quand j'ai terminé le roman, je me suis dit: "quel talent il avait, Thierry Jonquet!". Il m'a bien eu. Il y a un vrai suspense et quelques surprises. Et l'écriture est une merveille.

Dans Mémoire en cage, on retrouve le commissaire (divisionnaire) Gabelou qui a trois cadavres sur les bras et doit faire face à trois questions: qui, pourquoi, comment. Qui a tué, pourquoi on a tué et comment on a tué Cynthia, jeune fille de presque 16 ans, devenue un "légume" à la suite d'une intervention médicale ratée, le beau-père de Cynthia et un éminent chirurgien, le docteur Morier, appelé "L'ordure" par Cynthia. Cette dernière n'était pas la débile que l'on croyait. Son intelligence et son esprit étaient intacts. Elle a su se venger en se servant d'un jeune étudiant, Alain Fornat, quelque peu obsédé sexuel. C'est un roman plus sombre, plus tragique. Mais il y a toujours un certain humour. Jonquet aimait ses personnages (même les "ordures"). Cela se sent.

Deux lectures que je conseille. Les deux romans sont parus comme presque tous les autres aux éditions Folio policier.

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31 octobre 2009

Le démon des femmes - Robert Aldrich

J'ai enfin revu un film longtemps invisible qui m'avait marquée il y a plus de 25 ans (il date de 1968). C'était au temps du cinéma de minuit sur France 3. The legend of Lylah Clare (titre original et plus parlant que "Le démon des femmes") est un des trois films qu'Aldrich a consacré à l'univers impitoyable du cinéma en général et d'Hollywood en particulier (Les autres sont The big Knife et What happened to Baby Jane?). Lylah Clare, grande star d'Hollywood, est morte il y a plus de 20 ans sous les yeux de son mari et réalisateur Lewis Zarkan. Ce dernier, qui vit retiré, rêve de faire un film sur elle. Un impresario trouve un sosie de Lylah en la personne d'Elsa Brickman (qui est rebaptisée Elsa Campbell), jeune actrice pleine de fraîcheur, d'espoirs et d'illusions (Kim Novak, magnifique, tient les deux rôles: des flash-back ponctuent l'histoire). Le tournage va pouvoir se faire. Elsa, amoureuse de Zarkan, ira jusqu'au bout de l'expérience... Bien sûr, le spectateur saura, au fur et à mesure, comment est morte Lylah Clare. Ce n'est pas un film confortable, il prend à rebrousse-poil, il est dense et étouffant. Il y a pas mal de personnages tous plus monstrueux les uns que les autres, avec la femme à la jambe artificielle rapporteuse de ragots, l'impresario mourant, le producteur avide (Ernest Borgnine), le réalisateur égocentrique et l'actrice lesbienne disparue. Aux Etats-Unis, lors de sa sortie, le film fut un échec critique et donc commercial cuisant. Il faut dire que la fin, par exemple, atteint un niveau de cynisme rarement vu: une pub télé pour pâté pour chien "barkwell" (aboie bien) qui vient juste après l'annonce d'un décès. Je vous conseille de voir ce film pour les comédiens, pour la re-création de l'univers hollywoodien d'antan (comme on peut éventuellement l'imaginer), et pour le scénario riche. Je ne regrette pas de l'avoir revu. Comme Victime, il est projeté dans une seule salle. Dans le même ordre d'idées, il y a en ce moment à Paris une rétrospective Robert Aldrich à la cinémathèque française. J'espère que cela annonce de prochaines (re)sorties en DVD.

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29 octobre 2009

Away we go - Sam Mendes

Vu dans le cadre d'une avant-première (je remercie Jérôme de Cinefeed et Cinefriends), je n'ai pas aimé (du tout!) ce film, Away we go (sortie le 4 novembre 2009), qui m'a paru sinistre à tout point de vue. Je l'ai même trouvé déplaisant par certains côtés, surtout le jeu des acteurs que j'ai trouvé outré voire insupportable (même si c'est leur rôle qui le veut); c'est flagrant pour Maggie Gyllenhaal et Alison Janney. Je ne sauverais du film que la jeune femme (Maya Rudolph, actrice pas très connue), qui irradie. Elle est belle et touchante, c'est un vrai bonheur. Pour le reste, cette vision d'adultes tous plus immatures, têtes à claques, les uns que les autres, m'a profondément énervée. Je plains les enfants qui sont avec eux. Verona et Burt, un jeune couple déjà installé ensemble (ils ont respectivement 34 et 33 ans), attendent un bébé. C'est au cours d'un dîner que les parents (un peu azimutés) de Burt annoncent qu'ils s'en vont deux ans à Anvers, en Belgique. De là, Vérona et Burt, avant de décider où s'installer pour élever le futur bébé (une fille), se rendent chez les uns ou les autres, qui sont soit des connaissances soit des membres de la famille (formant une belle brochette de fêlés ou de "disjonctés"). Ils vont de Miami à Phoenix, en passant par Madison et Montréal, pour se retrouver à la fin au bord du Mississippi. Je pense que je n'ai plus l'âge (à moins que je sois vieux-jeu) pour apprécier ce genre de film à l'humour qui me laisse de marbre (ce qui n'était pas le cas de d'une grande partie de la salle qui riait bien). Le public était jeune: 20 à 35 ans peut-être. Après Les noces rebelles qui fut une déception, Sam Mendes continue un parcours qui me laisse perplexe. J'avais tant aimé American Beauty et Jarhead... Que dire? Je ne sais pas.

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27 octobre 2009

Rien, plus rien au monde - Massimo Carlotto

Suite à un billet de Dominique, je me suis procuré ce roman noir, très noir de Massimo Carlotto (éditions Métailié). Il est très court (50 pages) et se lit en moins d'une demi-heure. Une mère vient de tuer sa fille "accidentellement" avec un couteau et tout le roman (sauf vers la fin) est un monologue intérieur que nous débite la mère frustrée, alcoolique (4 bouteilles de Vermouth par semaine), aigrie à cause de sa petite vie médiocre. Elle est pleine de rancoeur, contre sa vie (elle fait des ménages "au noir"), son mari Arturo (pas très actif au lit), métallo au chômage et maintenant magasinier (il gagne moins), et enfin sa fille qu'elle appelle "la petite", qui ne répond pas à ses attentes et qui n'avait rien trouvé de mieux que de s'amouracher d'un Tunisien (heureusement que le problème est résolu). Rien, plus rien au monde est une phrase d'une chanson que cette femme avait apprise par coeur. Elle préfère se tuer plutôt que de finir dans un hospice. "Rien, plus rien au monde [ne] m'obligera à finir ma vie au milieu d'autres vieux, tristes et pauvres" (p.29), "Rien, plus rien au monde [ne] pourra remettre les choses à leur place" (p.9). Même si cette histoire est tragique, le ton de l'ensemble est drôle. J'ai souri souvent. Le seul gros défaut de ce roman, c'est son prix: 6 euros, cela fait cher la page.

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26 octobre 2009

Invitations à une avant-première du film Rapt - Lucas Belvaux

Bonjour à tous et toutes, j'ai le plaisir d'inviter quelques fidèles de mon blog à une avant-première de Rapt (cf. mon billet du 11/10/2009) de Lucas Belvaux (sortie le 18/11/09) en présence d'Yvan Attal, le vendredi 6 novembre 2009 à 20 heures, Club de l'Etoile, 14, rue Troyon, 75008.
Si cela vous intéresse, merci de me contacter par mail ou avec un commentaire et je vous communiquerai l'adresse où vous inscrire (il y a 10 invitations et c'est 1 ou 2 par personne).

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25 octobre 2009

Katalin Varga - Peter Strickland

Katalin Varga de Peter Strickland est un film d'atmosphère, de sons, d'images de forêts profondes menaçantes ou de plaines accueillantes. C'est une histoire de vengeance (sur la fin) qui se dénoue abruptement de façon assez logique. Ce film, joué en langue hongroise, se passe en Roumanie, et plus précisément en Transylvanie, pays de Dracula où l'on trouve encore la charrette tirée par un cheval pour se déplacer. Suite à une indiscrétion sur son passé, Katalin Varga, très belle jeune femme, est contrainte de partir: son mari la chasse avec son fils, Orban. Ils s'en vont sur les routes car Katalin Varga cherche quelqu'un. Elle a été violée, il y a douze ans. De ce viol est né Orban. Sa vengeance va être terrible mais elle paiera le prix fort car elle retrouve ses deux violeurs et la femme de l'un deux qui ignorait tout. Mais au bout du compte, on ressent un certain apaisement. Quand on sort de la projection, on est sonné. La fin ne s'oublie pas, notamment une scène sur une barque pendant laquelle Katalin raconte tout sur son viol. Les comédiens sont tous remarquables, en particulier l'actrice principale dont c'est le premier film: Hilda Péter. Il serait dommage que ce film reste un succès confidentiel. S'il se donne par chez vous, allez le voir. Rob dit beaucoup de bien du film.

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23 octobre 2009

Seul le silence - R. J. Ellory

Moi aussi, j'ai d'abord cru à une faute de frappe, mais il ne s'agit effectivement pas de James Ellroy. En attendant que sorte Vendetta en poche, je viens de terminer Seul le silence, roman de presque 600 pages (Livre de Poche) de R. J. Ellory (qui a dédié son oeuvre à Truman Capote) où le narrateur Joseph est aussi le (triste) héros de l'histoire. Tout commence en 1939 et se termine en 2005. Entretemps, Joseph aura été le témoin direct ou indirect de 32 meurtres atroces de petites filles toutes âgées de 8 à 12 ans sur une période de plus de 30 ans. En 1939, en Georgie, Etat sudiste et conservateur, les étrangers sont vus d'un mauvais oeil. Une famille allemande, les Krüger, paiera un lourd tribut dans cette histoire. Joseph, 12 ans, est orphelin de père depuis longtemps. Il est très attachée à sa mère, celle-ci finit dans une institution psychiatrique. Joseph est doué pour l'écriture et encouragé par sa mère d'abord, puis par son institutrice et par quelques autres; il deviendra un écrivain reconnu. Ce long roman est rythmé (si je puis dire) par les meurtres des petites filles. On veut savoir qui est le meurtriers et pourquoi il fait cela, et pourtant toute cette histoire reste en arrière-plan. L'auteur montre les failles du système pour mener une enquête criminelle quand plusieurs circonscriptions sont concernées. Il n'y a pas de cohésion. Seul un shérif, ami de Joseph, mène l'enquête. Quant à moi, l'accumulation de malheurs sur la tête du héros narrateur me paraît un peu beaucoup à mon goût: deux femmes (enceintes de lui) qui meurent jeunes et tragiquement, 14 ans d'incarcération pour un crime qu'il n'a pas commis. Joseph semble supporter cet état de faits sans trop broncher. Il ne se révolte pas et pourtant il aurait des raisons. Surtout, ne commencez pas par lire les deux dernières pages (comme le fait souvent mon ami) car il n'y aurait plus de suspense. C'est un roman que je conseille même si je n'ai pas été complétement enthousiaste.

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21 octobre 2009

Films vus et non commentés depuis le 03/10/09

Pour continuer ma série, voici 4 films qui n'ont aucun rapport entre eux mais qui sont à voir si les histoires vous inspirent.

Mères et filles de Julie Lopes-Curval. J'y suis allée pour les actrices (surtout Marina Hands et Marie-José Croze). Je trouve Catherine Deneuve assez antipathique (c'est son rôle qui le veut). Les scènes où le passé et le présent se mêlent sont bien faites. Louise, Martine et Audrey sont respectivement la grand-mère, la mère et la fille. Louise a disparu, il y a 50 ans. Les deux autres n'arrêtent pas de se chamailler pendant tout le film. Revenue du Canada pour passer des vacances auprès de ses parents, Audrey (jeune trentenaire) est enceinte (elle ne veut pas garder le bébé). Sa mère, Martine, médecin, vit pour son travail. Tout se passe du côté du bassin d'Arcachon. Il y a 50 ans, Louise était malheureuse. Elle faisait partie de ces femmes qui devaient demander la permission à leur mari pour travailler et/ou avoir un compte en banque. Audrey devine ce qui est arrivé à sa grand-mère après quelques retournements de situation. Le scénario n'est pas mal écrit mais cela manque de quelque chose. Et surtout, j'aurais aimé qu'il y ait plus de scènes avec Louise (LE personnage intéressant de l'histoire et puis Marie-José Croze est tellement jolie, les toilettes des années 50 lui vont bien).

Les joies de la famille d'Ella Lemhagen, ou comment un couple d'homosexuels suédois mariés, Goran et Sven, se retrouve après une demande d'adoption devant un garçon de 15 ans (pré-délinquant) et non de 1,5 ans (erreur de frappe malheureuse). L'histoire se passe dans une petite ville proprette en Suède où tous les voisins se connaissent et où l'hétérosexualité est de mise. L'arrivée de Patrick provoque une crise dans le couple. Goran veut garder Patrick, l'autre s'en va (temporairement?). C'est un film sans prétention plein de fraîcheur et les comédiens sont épatants.

La proposition d'Anne Fletcher, avec Sandra Bullock. Cette dernière est éditrice dans une grande maison d'édition à New-York. Etant Canadienne, elle doit être reconduite à la frontière car elle n'a pas régularisé son permis de travail. Qu'à cela ne tienne, elle propose le mariage à son assistant / souffre-douleur. L'employé de l'immigration n'est pas dupe. Pour apprendre à se connaître, nos deux tourtereaux, Margaret et Andrew, partent en Alaska chez les parents d'Andrew qu'ils doivent aussi convaincre de leur intimité. Il s'ensuit quelques situations parfois drôles mais j'ai trouvé cette comédie un peu molle et elle ne restera pas dans les annales. En revanche, j'aimerais bien passer quelques jours dans la maison des parents. Si vous allez voir le film, vous verrez.

Je garde pour la fin...
... District 9 de Neil Blomkamp: le film dont on parle, qui est un succès public et que je suis donc allée voir. Pour être honnête, je reconnais que c'est bien fait, on y croit: ce faux reportage avec interviews en direct d'humains et d'Aliens (appelés "crevettes") parqués comme des bêtes dans des bidonvilles de Johannesburg (Afrique du Sud) qui sont "rackettés" par des gangs qui leur fournissent de la pâté pour chats (un délice pour les extra-terrestres). Wikus, membre d'une multinationale en armement, est chargé par celle-ci de faire évacuer les Aliens pour les déporter dans un autre endroit. Wikus est l'incarnation de la condescendance envers ces êtres par ailleurs intelligents et qu'on humilie. Contaminé par inadvertance par un liquide extraterrestre, le cauchemar commence pour Wikus qui mute très vite. De chasseur, il devient chassé. On en veut à ses organes. La tension et le suspense sont tenus jusqu'au bout. En devenant Alien, Wikus s'humanise. C'est le genre de film où il ne faut pas rater le début. Cela va à tout allure. L'image n'est pas très belle. Et ce que l'on contemple à l'écran n'est pas toujours ragoûtant. Ceci mis à part, on peut le voir.

19 octobre 2009

Victime - Basil Dearden

Victime est un film rare, il n'a pas été beaucoup projeté depuis 1961, date de sa sortie. L'histoire, filmée dans un beau noir et blanc, se passe Angleterre (plus précisément à Londres) où l'homosexualité (considérée comme un crime) était punie de prison. Sa dépénalisation date de 1967 dans ce pays (en 1982 en France). Le film démarre sur les chapeaux de roue. On voit un jeune homme, Barrett, qui cherche à contacter un grand avocat, Melville Farr (Dirk Bogarde), qui fut son amant. Ce dernier croit que Barrett le harcèle pour une raison quelconque. En réalité, c'est Barrett lui-même qui est victime d'un chantage à cause d'une photo, et il veut prévenir Farr. Le jeune homme se suicide après avoir été arrêté (il avait volé son entreprise pour payer le maître-chanteur). Tout cela paraît compliqué (c’est le premier quart d’heure du film), mais l’histoire se met en place par la suite. Plusieurs hommes sont aux abois: homosexuels, ils ont reçu des lettres anonymes (les mêmes que celle de Barrett) leur demandant de payer de fortes sommes. Assez vite, on sait qui est l’un des «méchants», mais la personne responsable ne sera démasquée qu’à la toute fin (personnellement, je m’en doutais un peu). Entre-temps, il y aura eu une autre mort et une fausse piste. Dirk Bogarde joue donc le rôle de l'avocat qui s’implique dans l’enquête avec la police. Il met sa réputation et donc son avenir en jeu (risquant la radiation du barreau et la prison) puisque il n'avait pas révélé son homosexualité. Seule sa femme, Laura, avait accepté cette situation. Basil Dearden a réalisé un très bon film policier haletant avec en toile de fond un fait sociologique où des hommes étaient traités, il y a encore 40 ans, comme des criminels parce qu’ils préféraient les hommes aux femmes. Il paraît que ce film, à sa sortie, aurait fait bouger les choses et provoqué un débat. Victime n’est sorti (en octobre 2009) que dans une salle à Paris. Je ne sais pas ce qu’il en est des projections en province. Avec ce billet, je voudrais remercier les éditions de films Carlotta qui nous permettent de voir des films rares et de qualité (ce fut le cas cet été pour Signore et Signori et Divorce à l'Italienne de Pietro Germi). 

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17 octobre 2009

Cadence - Stéphane Velut

Le roman Cadence (Editions Christian Bourgois, il fait partie de la rentrée littéraire 2009) pourrait être sous-titré "L'antre de la folie" (en référence au film de John Carpenter). L'histoire se passe entre février et septembre 1933, à Munich. Le Führer vient d'accéder au pouvoir. Le Narrateur (dont on ne connaîtra pas le nom) est chargé pour la gloire du Führer de peindre une représentation picturale d'une icône à la gloire de la Nouvelle Allemagne. Ce qui l'intéresse, ce n'est pas ce qu'il va dessiner, mais le modèle qui va lui servir, en la personne d'une enfant qu'on lui amène un jour. Pendant tout le roman, il ne la désignera que par les vocables "petite", "pensionnaire", "chose", "mante", "poupée". D'ailleurs, quand la petite arrive chez lui, c'est "un dépôt" pour lequel il signe un reçu. En sept mois jour pour jour exactement, il doit avoir terminé son oeuvre. En attendant, il est logé et nourri (ainsi que sa pensionnaire). Il sera payé s'il rend l'œuvre à temps. Avec la complicité de sa logeuse, et surtout d'un ami, Werner Troost (spécialiste dans l'appareillage des handicapés), la "petite" devient une "poupée" grâce à un appareillage ingénieux qui lui enserre les membres supérieurs et inférieurs. Même ses cils sont maintenus. La petite, d’humaine, devient une poupée qui s’abîme. Les appareils lui provoquent des blessures et des lésions sur tout le corps. Un système de poulie la maintient souvent contre le mur comme un insecte. Quant au Narrateur, il n’explique pas ses raisons. Il se fait plaisir. Il est heureux loin de la tempête qui s’annonce. Il n’y a aucune connotation sexuelle dans les relations entre le narrateur et la petite. Tout est décrit de façon clinique sans état d’âme. Il ne veut pas de compassion. Il ne regrette pas ce qu’il fait. J’ai été frappée par la description très distanciée des souffrances endurées par la petite comme si de rien n’était. D’ailleurs la petite ne se plaint jamais. Le roman se termine en cauchemar éveillé avec, en fond historique, la peste brune s’abattant sur Munich et l’Allemagne. Pour un premier roman, Cadence (ce titre est un mystère) est une réussite. C'est une histoire que l'on n'oublie pas.

NB (en réponse aux trois premiers commentaires [Toinette80, Rosa et Thaïs] sur le billet) : Je suis désolée que celui-ci ne donne pas envie de lire ce roman car j'ai beaucoup aimé ce conte cruel qui est une parabole sur la montée du nazisme et des cruautés qui s'ensuivirent. Felice, la logeuse du Narrateur, symbolise bien ce qu'a été le comportement de certaines personnes envers d'autres, elles étaient payées et donc exécutaient les ordres sans discuter. Sous son air de bonhomie, c'est elle, le monstre. Elle aurait pu dénoncer le narrateur. Elle ne fait que s'enfuir. J'ai apprécié l'écriture et le rythme du roman. Et cela sort vraiment de l'ordinaire.

NB2: Nanne en parle très bien.

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