Le blog de Dasola

mardi 7 juillet 2015

Le trou - Jacques Becker / Valley of Love - Guillaume Nicloux / Le monde de Nathan - Morgan Matthews

J'aurais pu écrire un billet sur Valley of Love, de Guillaume Nicloux, avec Depardieu et Huppert, mais je n'ai pas grand-chose à en dire si ce n'est que Depardieu qui déborde de partout est touchant face à Huppert qui semble physiquement bien frêle. J'ai compris que dans la Vallée de la mort en Californie, il fait très très chaud. C'est un film qui parle de la difficulté de faire son deuil d'un être cher. Ici, il s'agit le fils du couple formé par Depardieu et Huppert. J'ai été un peu perplexe sur le côté surnaturel vers la fin. Je mets en lien Tinalakiller et ffred qui parlent très bien de ce film.

J'aurais pu aussi écrire un billet sur Le Monde de Nathan (X + Y en VO) de Morgan Matthews, qui raconte l'histoire de Nathan, un jeune autiste surdoué en mathématiques. Il écrit des maths à longueur de journée et se sent très proche de son père. Malheureusement, ce dernier meurt dans un accident de voiture (Nathan était sur le siège passager). L'existence de Nathan est chamboulé car il tolère tout juste sa mère qu'il trouve nulle en maths. J'ai trouvé que Nathan n'était pas gentil avec sa mère. Cette dernière est une brave femme qui fait tout pour lui. Grâce à une olympiade internationale en mathématiques, Nathan va s'ouvrir aux autres et se lier d'amitié et certainement plus avec une jeune Chinoise. Le film m'avait été conseillé par une collègue que je remercie. J'ai moins été emballée qu'elle.

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J'en arrive au film de Jacques Becker (revu en DVD) dont j'avais déjà fait un billet (commenté seulement 3 fois) il y a plus de 7 ans et demi (je l'avais pratiquement oublié). Le trou, dont le tournage s'est terminé début 1960, fut le dernier du réalisateur qui mourut peu de temps après d'une crise cardiaque. Pendant les 2H12 passionnantes que dure le film qui ressemble à un documentaire, on fait la connaissance de cinq détenus dans une cellule spartiate dans la prison de la Santé à Paris. Nous sommes en 1947. Ils s'apprêtent à creuser un trou dans le plancher de leur cellule afin de s'évader. Parmi les cinq, quatre d'entre eux en détention préventive, se connaissent bien (ils risquent chacun une lourde peine). Quant au cinquième, Claude Gaspard, il vient d'être transféré dans leur cellule. Il est vite mis au parfum sur l'évasion et accepte de participer à l'opération. Aucune musique ne trouble l'action que l'on suit avec grand intérêt. C'est du grand cinéma avec une réalisation remarquable. Plus de la moitié du film se passe dans la cellule. On espère qu'ils vont arriver à s'évader. On admire les ressources de Roland (Jean Keraudy) pour arriver à ses fins, c'est du grand art. Il se sert de tout ce qu'il trouve pour fabriquer une clé passe-partout, scier un barreau, fabriquer un sablier, etc. Il ne perd jamais son sang-froid. Il n'y aucune violence. Le scénario est tiré d'un roman de José Giovanni qui a été co-détenu avec Jean Keraudy (pseudonyme de Roland Barbat). Cet homme, le cerveau du plan d'évasion dans le film, fut réellement impliqué dans la tentative d'évasion de 1947, et c'est lui qui introduit le film au tout début avant le générique. Un film à voir et à revoir.

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samedi 4 juillet 2015

Vice-Versa - Pete Docter et Ronaldo del Carmen

Vice-Versa de Pete Docter et Ronaldo del Carmen est la nouvelle production des studios Pixar sous la houlette de Disney. Riley, une petite fille, vient de naître. A l'intérieur de son cerveau, ses émotions, Joie (jolie fille en robe jaune et cheveux bleus), Tristesse (bleu) , Colère (rouge), Peur (violet) et Dégoût (vert) se mettent aux commandes. Au fil des ans, les souvenirs gais ou tristes s'emmagasinent dans des boules de différentes couleurs. Heureusement que Joie est là pour empêcher que Tristesse ne commette trop de bévues. Riley grandit et elle arrive à l'âge difficile de la puberté (11 ans+). Une période où le père et la mère prennent la décision de déménager du Minnesota et son climat rude vers la Californie et San Francisco. C'est un véritable déracinement pour Riley: un nouveau départ, une page qui se tourne, une nouvelle maison (triste), de nouveaux camarades d'école, etc. Dans son cerveau, les émotions, les pensées (représentées par un train au dessus du ravin de l'oubli), les centres d'intérêts (des îlots en équilibre instable), l'insconcient et un ami imaginaire rose à trompe appelé Bing Bong sont bien chahutés, rien ne va plus dans ce petit monde où Joie faisait régner l'harmonie. J'ai trouvé ce dessin animé réussi du point de vue animation, en particulier la séquence quand Joie, Tristesse et Bing Bong prennent le raccourci de l'inconscient: ils sont déconstruits en quatre étapes pour devenir des abstractions avant de reprendre leur forme d'origne. C'est très intelligemment fait. Pour le reste, les personnages humains m'ont paru assez simplistes face aux émotions de Riley qui est une petite fille somme toute, pas très sympathique (c'est l'âge bête comme on dit). Un film à voir mais ne vous attendez pas rire beaucoup. Lire le billet très complet de Princecranoir (très enthousiate) et celui de ffred (nettement plus réservé). Je me situe entre les deux.

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mercredi 1 juillet 2015

Livres lus et non commentés depuis le 09/06/15 (suite)

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Duane est amoureux de Larry McMurtry (Editions Sonatine, 233 pages) est la suite (et fin) de Duane est dépressif. On retrouve Duane qui revient de son séjour en Egypte. Dès son retour dans sa ville de Thalia au Texas, il fait la connaissance d'Annie Cameron, une jeune géologue à la poitrine avantageuse qui a été engagée dans l'entreprise pétrolifère familiale par le fils de Duane. Duane se remet un peu au vélo mais il abandonne assez vite car son coeur donne des signes de faiblesse. Cela ne l'empêche toutefois pas de vivre une liaison charnelle assez intense avec sa psy Honor Carmichael (je rappelle que cette dernière est lesbienne). Le roman est relativement court. C'est sympathique à lire mais j'avais préféré Duane est dépressif.

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Meurtre chez les Magdaléniens de Sophie Marvaud (Nouveau monde éditions, 275 pages) m'a été offert par mon ami qui l'avait repéré dans la publication Archéologie quoi de neuf?. L'histoire est résumée dans le titre. Dans ce polar préhistorique, Sophie Marvaud nous fait remonter très loin dans le temps, il y a 15000 ans. La France d'alors bénéficie d'un climat agréable, sec et ensoleillé. Les rennes, les bisons, les rhinocéros, les loups sont les animaux que l'on rencontre. Ils sont chassés par des petits groupes nomades. Au début du roman, l'auteur nous fait une liste assez complète des personnages de l'histoire. Ils appartiennent tous au Clan des Grandes-Mains-Blanches, des chasseurs-cueilleurs qui peuplent ce qui est maintenant la Dordogne. Les noms sont évocateurs: Vitesse-de-Bison, Générosité-d'Aurochs, Fierté-de-Mégacéros, Agilité-de-Bouquetin, etc., qui font tous partie du groupe familial des Quatre-Encoches. Ce groupe guidé par une chamane appelée Puissance-de-licorne vient d'atteindre l'Océan-du-bout-monde (l'Océan Atlantique). Là, Iranie, une jeune fille du clan, meurt soudainement. Elle semble s'être noyée. Puissance-de-licorne qui voulait en faire son élève devine très vite qu'Iranie a été assassinée. Sur le chemin du retour vers la Vézère se déroulent pas mal de péripéties que je ne vous raconterai pas. J'ai trouvé le roman plaisant, assez original vu le contexte, mais je n'ai pas arrêté de me référer à la liste des personnages au début du livre, car ce n'est pas facile de retenir "qui est qui" avec ces noms à rallonge. En tout cas, avec ce roman, on prend conscience que les passions humaines (luxure, colère, envie, orgueil) pouvaient déjà exister plausiblement il y a 15 000 ans.

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Je termine avec La fille du train de Paula Jenkins (Editions Sonatine, 380 pages), qui  est recommandé par quelques grandes enseignes de librairies, et dont Spielberg a acheté les droits pour une adaptation au cinéma. J'avoue, pour ma part, que je m'attendais à autre chose. J'ai eu une impression de déjà vu. Je dis "vu" car j'ai vu au moins un téléfilm américain qui traitait du même sujet. Rachel prend régulièrement le même train entre Londres et la banlieue. Elle a l'habitude pour se distraire de regarder par la vitre, lors d'un arrêt, une maison où vit un jeune couple. Elle s'imagine plein de choses sur eux. Elle leur donne des prénoms. Un jour la jeune femme du couple (qui s'appelle Megan) disparaît. L'histoire est racontée à la première personne par des femmes, Rachel, Megan, puis Anna (je vous laisse découvrir qui c'est). C'est surtout Rachel qui est le personnage central, elle est le détonateur. Mais Rachel est une alcoolique, elle n'arrête pas de boire tout le temps (on comprend pourquoi à la fin): je dois dire que c'est un peu lassant et répétitif comme ressort dramatique. Pour moi, ce n'est pas le polar de l'année. A vous de voir.

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dimanche 28 juin 2015

Une seconde mère - Anna Muylaert

Ce mercredi 24 juin 2015 est sorti un film brésilien que je vous recommande. Une seconde mère d'Anna Muylaert est pratiquement un huis-clos se déroulant de nos jours à Sao Paulo au Brésil, dans une grande maison cernée par des hauts murs dans laquelle Val, la cinquantaine, officie depuis 15 ans. Elle est logée, nourrie et en échange, elle s'occupe de la maison et de Fabinho, le fils de la famille qu'elle a pratiquement élevé. C'est une seconde maman pour ce garçon qui est presque adulte. L'attitude condescendante de Barbara et Carlos, les maîtres des lieux, envers Val, est criante assez vite. Val n'est qu'une domestique. Elle ne fait pas partie du même monde. Elle doit rester à sa place (surtout la cuisine) en toutes circonstances. L'arrivée de Jessica, la fille de Val (elle n'a pas eu de nouvelles d'elle depuis 10 ans), va créer une révolution dans la vie de Val. Jessica est une jeune femme émancipée douée pour le dessin. Elle vient à Sao Paulo pour tenter le concours d'entrée dans une école d'architecture. En attendant, elle s'installe dans la chambre de Val qui est située presque en sous-sol. Jessica n'est pas aussi timorée que sa mère. Elle se considère l'égale de Carlos et de Barbara, qui considère Jessica comme une rivale. Je vous laisse découvrir comment les choses vont évoluer pour Val. J'ai aimé le souffle d'optimisme qui se dégage de ce film interprété par une actrice formidable que je ne connaissais pas, Regina Casé. Lire le billet de Miriam.

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jeudi 25 juin 2015

Livres lus et non commentés depuis le 09/06/15

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Le bourreau de Gaudí d'Aro Sáinz de la Maza (Actes noirs, 660 pages) a attiré mon attention quand Dominique en a fait un billet. Dans ce roman que j'ai trouvé un peu long, c'est surtout Barcelone et Gaudí qui sont les personnages principaux de l'histoire. Ca m'a donné envie de revoir la capitale catalane où j'ai séjourné trop brièvement. Milo Malart, un inspecteur de police qui a été mis à pied par mesure disciplinaire, est réintégré pour ses talents d'enquêteur. La police en a bien besoin. On lui adjoint Rebecca Mercader, une jeune fliquette formée aux méthodes américaines. En 2010, à un mois de la venue de Benoît XVI qui doit consacrer la Sagrada Familia, un homme est retrouvé pendu et carbonisé à un balcon de la casa Milà (la Pedrera), un des bâtiments emblématiques contruit par Gaudí. Un deuxième crime ne tarde pas à se produire: un notable barcelonais a été attaché et brulé vif dans le parc Guëll. Puis un journaliste de la télé subit le même sort; et enfin une juge d'instruction est enlevée et sequestrée. L'enquête piétine et le lecteur s'impatiente. Il y a pas mal de digressions en rapport avec la vie personnelle de Milo, ce qui ralentit le rythme de l'histoire. C'est tout de même un roman qui se lit bien. On découvre au fur et à mesure les motivations des assassins (il y en a deux), en apprenant que des crimes annexes se sont déroulés tous les 10 juin (jour de la mort de Gaudí) depuis plus de 20 ans. Je ne vous en dit pas plus. Le roman aurait gagné à faire 200 pages de moins,

 

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Collusion de Stuart Neville (Rivages noir, 460 pages,) est la suite et fin des Fantômes de Belfast. On y retrouve Gerry Fegan, un ex-tueur de l'IRA, réfugié aux Etats-Unis. Apprenant qu'il est recherché par un homme qui lui en veut beaucoup, il revient à Belfast. Là, il croise la route de Jack Lennon, un policier catholique, qui, lui, espère retrouver sa fille Ellen âgée de six ans. La maman d'Ellen a des liens de famille avec ceux qui en veulent à Fegan. Par ailleurs, un tueur appelé "Le Voyageur" (on ne saura jamais son nom) est aux trousses de Fegan. Lennon et Fegan vont s'allier bien malgré eux contre des ennemis de tous bords: catholiques et protestants, flics et truands. Le récit est haletant avec la traque de Fegan par "Le Voyageur". C'est un roman qui se lit vite et qui confirme le talent de narrateur de Neville...

..., talent que l'on retrouve dans Ratlines (Rivages/Thriller, 390 pages) qui se passe en 1963 à Dublin. 18 ans ont passé depuis la fin de la seconde guerre mondiale, mais on apprend par ce roman que d'anciens nazis ont trouvé refuge en Irlande (pays resté neutre mais plutôt en faveur des alliés pendant le conflit). Neville a choisi de prendre des personnes ayant existé pour narrer cette histoire d'exfiltration d'anciens nazis où tous les coups sont permis. Albert Ryan, un lieutenant qui travaille dans le renseignement, est chargé par le ministre de la justice de l'époque, Charles Haughey (1925-2006), d'enquêter sur l'assassinat d'un de ces anciens nazis vivant sur le sol irlandais. Il va se retrouver à affronter Otto Skorzeny (1908-1975), une fripouille qui a été un proche d'Hitler et qui a aidé à l'évasion de Mussolini en 1943. La mission de Ryan est très risquée. Je ne vous dirai pas comment il s'en sort, d'autant plus qu'un agent du Mossad s'en mêle. Un roman qui m'a plu.



lundi 22 juin 2015

Spy - Paul Feig

Si vous voulez vous distraire sans arrière-pensée, vous pouvez aller voir Spy de Paul Feig, dans lequel Melissa McCarthy (Les flingueuses) démontre à nouveau son talent comique (moi, j'aime). Spy (espion en anglais) est un genre de pastiche des films de James Bond. Quand le film commence, on voit Susan Cooper (Melissa McCarthy), une analyste de la CIA très sédentaire (elle ne bouge jamais de son siège) téléguider à distance Bradley Fine (Jude Law), "'l'espion vedette maison". Lors de cette mission, Bradley échoue et c'est Susan qui prend le relais. Elle doit empêcher qu'une arme nucléaire soit revendue à de méchants terroristes. Pour mener à bien sa mission, Susan prend différentes identités très improbables et elle doit porter des vêtements qui ne mettent pas en valeur ses formes arrondies. Son adversaire est une femme redoutable (Rose Byrne). Susan doit aussi affronter Rick Ford (Jason Statham), un espion free lance vexé que l'on ne l'ait pas choisi pour cette mission. C'est un "macho" qui provoque des catastrophes. De Paris à Budapest en passant par Rome, Susan démontre qu'elle a un grand sens de l'observation et beaucoup de perspicacité. Elle n'a pas peur de se battre. Elle ose tout. L'humour n'est pas toujours très léger mais ça ne m'a pas dérangée. Un très bon film de divertissement qui dure 2H.

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vendredi 19 juin 2015

Mustang - Deniz Gamze Eurgüven

Si, dans les jours qui viennent, vous voulez aller au cinéma, ne ratez surtout pas Mustang de la réalisatrice turque Deniz Gamze Ergüven, qui est sorti mercredi 17 juin 2015. Ce film réalisé par une femme (c'est son premier long-métrage) ne peut que vous toucher et vous plaire. Cinq soeurs unies comme les doigts de la main sont libres et rebelles comme des chevaux sauvages. Elles s'habillent en jean, ont des portables et les cheveux longs sur les épaules. Orphelines, elles ont été élevées par leur grand-mère et leur oncle dans un petit village au bord de la Mer Noire au nord de la Turquie, à près de 1000 km d'Istanbul. A la fin de l'année scolaire, en revenant du collège ou de l'école, elles provoquent un scandale quand on les voit s'amuser avec de jeunes hommes de leur âge au bord de la mer. A partir de là, et après avoir profité d'une relative liberté, Lale (la plus jeune) et ses quatre soeurs ont interdiction de sortir. On les oblige à porter des robes grises informes. On leur donne des cours de cuisine car elles sont destinées à être de bonnes futures épouses. Mais Lale, la plus déterminée, veut à tout prix s'échapper de cette maison devenue une prison. Des barreaux aux fenêtres ont été installés. Dans cette société partriarcale, les femmes n'ont qu'à obéir et surtout arriver vierges au mariage. D'ailleurs, la grand-mère et l'oncle n'ont plus qu'un but: marier ces jeunes filles. Ce sont des mariages arrangés conclus très vite. Heureusement que, pour l'aînée, l'homme qu'elle épouse est bien l'homme qu'elle aime. Pour les trois suivantes, c'est une autre histoire. Les cinq jeunes actrices sont magnifiques, on arrive à croire qu'elles sont soeurs. Le film oscille entre tragédie et comédie (il y a des moments assez jubilatoires) et au bout du compte on voit poindre l'espoir. Courez voir ce film, je parie que vous ne le regretterez pas. A l'avant-première à laquelle j'ai assisté, les spectateurs ont applaudi à la fin. Lire les billets de Chris et Alex qui partagent mon enthousiame.

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mardi 16 juin 2015

Jurassic World - Colin Trevorrow

Et voici, les dinosaures sont de retour, toutes grosses quenottes dehors. Ce film, Jurassic World (le 4ème de la franchise) réalisé par Colin Trevorrow et qui a été produit par Steven Spielberg est une suite avérée du premier Jurassic Park sorti en 1993. L'histoire se passe 20 ans après. Le parc Jurassic a réouvert au même endroit sous l'impulsion d'un laboratoire qui fait naître des animaux préhistoriques en les clonant ou en les créant de toutes pièces, comme l'Indominus Rex. Une grosse bête de 15 m de long, plus grande, plus forte, plus intelligente, plus dangereuse aussi, en un mot "meilleure". Mais les hommes ont oublié qu'on ne joue pas inpunément avec la nature. Dans ce parc visité par plus de 20 000 visiteurs, l'Indominus Rex s'évade de son parc de confinement (je vous laisse découvrir comment). Cet être hybride (mélange de raptor, tyrannosaure, seiche et grenouille) va semer la terreur, croquer quelques personnes au passage et provoquer le chaos. Heureusement qu'Owen Grady, employé du parc (il dresse les raptors) et Claire Dearing (c'est elle qui supervise tout ce qui se passe dans le parc) vont essayer d'affronter le monstre. Comme dans Jurassic Park, deux enfants sont essentiels à l'histoire. Là, il s'agit des deux neveux de Claire qui vont se retrouver face à face avec le monstre. Je n'en dit pas plus sur l'intrigue de ce film très bien fait (les effets spéciaux sont remarquables, on voit les progrès dans l'animation depuis 20 ans - je me suis précipité sur le DVD du 1er Jurassic Park avec mon ami dès notre retour du cinéma). J'ai eu souvent peur. La "French touch" est représentée par Omar Sy même si son rôle n'est pas très conséquent. Inutile de vous dire qu'une suite est envisageable. Le film remplit son contrat à nous distraire.

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samedi 13 juin 2015

Films vus et non commentés depuis le 03 juin 2015

Je commence par Manglehorn de David Gordon Green, dans lequel Al Pacino, qui est un acteur que  j'apprécie beaucoup, joue le rôle d'un serrurier qui vit en compagnie de Fannie, une chatte blanche. Manglehorn (Al Pacino) parle beaucoup tout seul, il ressasse sans arrêt son amour perdu, une jeune femme (qui n'était pas son épouse) dont il a gardé des photos. Il a une pièce à l'arrière de sa maison qui est devenue une sorte de mausolée en son honneur. Manglehorn s'est replié sur lui-même. Il revient un peu à la réalité quand il emmène sa petite-fille au parc ou qu'il échange quelques mots chaque semaine (le vendredi) avec Dawn (merveilleuse Holly Hunter), l'employée de banque à qui il remet sa recette. C'est un film assez déconcertant qui part un peu dans tous les sens. Il y a un arc narratif mais pas vraiment d'histoire. Des personnages secondaires comme le fils de Manglehorn, Jacob ou bien Gary, un ancien toxicomane font des apparitions mais il n'y pas de suites. Si vous aimez Pacino, vous pouvez voir le film. Sinon, passez votre chemin. Lire le billet de ffred.

Je passe maintenant à Comme un avion de Bruno Podalydès, qui reçoit les éloges des critiques et des blogs. Et bien, je vais faire la mouche du coche: je n'ai pas beaucoup aimé. Je me suis même passablement ennuyée comme pour tous les autres films que j'ai vus de ce réalisateur. Bruno Podalydès, pour une fois, s'est choisi pour interpréter le personnage principal de cette histoire. Mais Denis (dans un petit rôle) n'est tout de même pas très loin. Michel (Bruno Podalydès), la cinquantaine rêveuse, passionné par l'épopée de l'Aéropostale, porte la même veste que Jean Mermoz. Qu'à cela ne tienne, il choisit de se mettre au kayak (qui comme sexes est un palindrome). Soutenu dans son entreprise par sa femme Rachelle (Sandrine Kiberlain, lumineuse), Michel se met à "kayaker" (avec un matériel de survie assez considérable) sur une rivière qui doit l'emmener jusqu'à la mer. La balade s'arrête assez vite quand il accoste près d'une auberge guinguette située sur un large terrain. Là, Michel faire la connaissance de plusieurs personnage,s dont la désirable patronne du lieu (Agnès Jaoui). Tout cela m'a paru gentillet. L'histoire fait du surplace. Les interventions du pêcheur qui ressemble à Pierre Arditi ne m'ont pas divertie. J'ai entendu des spectateurs (tous de ma génération ou un peu plus âgés) rire dans la salle pendant la projection: et bien, moi pas. Lire les billets de ffred, Alex-6, Pascale.

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jeudi 11 juin 2015

Dracula est mort

Et oui, Christopher Lee vient de décéder à l'âge vénérable de 93 ans. Pour moi, il restera le Dracula des films réalisés par les studios Hammer à la fin des années 50 début 60. Le cauchemar de Dracula de Terence Fisher (1958) est un film qui m'a beaucoup marquée. Plus récemment, on a pu le voir dans Le seigneur des annneaux dans le rôle de Saroumane. Tel un vampire, je l'ai cru immortel, ce  n'est pas le cas. R.I.P.

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mardi 9 juin 2015

L'Enfer de Church Street - Jake Hinkson

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Repéré chez  La petite souris, L'enfer de Church Street de Jake Hinkson nous conte une histoire violente et sanglante mais où transparaît un peu de douceur par moment. Ce roman de 230 pages fait partie d'une nouvelle collection en semi-poche, Neo noir, éditée par Gallmeister (Sept titres sont déjà parus ou vont paraître). Malgré la noirceur du sujet, je me suis attaché au personnage de Geoffrey Webb, un homme très obèse, au bout du rouleau, dont on fait la connaissance quand il est braqué par un malfrat dans une station-service en Oklahoma. Qu'à cela ne tienne, Geoffrey Webb ne se laisse pas faire. Il seulement besoin de compagnie pendant son trajet qui doit l'emmener à Little Rock en Arkansas. Pour ce faire, il promet au braqueur 3000 dollars pour qu'il l'écoute pendant les 3 ou 4 heures du voyage. Goeffrey raconte sa vie qui a été une descente aux enfers dès sa naissance (son père alcoolique le battait). Devenu aumonier au sein de l'Eglise Baptiste pour Une Vie Meilleure, Geoffrey se rend compte qu'il est à l'aise pour prendre la parole en public. Il découvre "une des vérités fondamentale de cette vie: la plupart des gens veulent seulement que vous leur disiez ce qu'ils ont envie d'entendre". Il sait manipuler les gens par la parole. Peu de temps après son arrivée dans l'Eglise Baptiste, Goeffrey, âgé d'une vingtaine d'années, croise pour la première fois Angela, seize ans, la fille du pasteur. Il en tombe amoureux au premier regard et à partir de là tout va de travers. Les morts s'accumulent. Mais on n'arrive pas à détester Geoffrey devenu un tueur suite à un enchaînement d'événements malheureux. Je n'ai pas réussi à le condamner malgré ses actes meurtriers. En arrière-plan, l'écrivain brosse un portrait grinçant de l'Eglise Baptiste. Un roman que je vous conseille.

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samedi 6 juin 2015

Les douze tribus d'Hattie - Ayana Mathis

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J'avoue tout de suite que je m'attendais à autre chose du premier roman "éblouissant" (dixit la 4ème de couverture) d'Ayana Mathis (Editions Gallmeister, 300 pages). Hattie est une afro-américaine qui, en 1925, vient d'avoir des jumeaux à 17 ans. Arrivée de Georgie en 1923, elle s'est installée à Philadelphie avec son mari August. Les titres de chapitre qui composent le roman se réfèrent aux prénoms des onze enfants (cinq garçons et six filles) et une petite-fille d'Hattie. En 1925, les deux jumeaux d'Hattie, Philadelphia et Jubilee (un garçon et une fille), âgés de sept mois, souffrent d'un refroidissement. Ils sont gravement malades. Dans le chapitre suivant, en 1948, il est question de Floyd, joueur de trompette dans un "jazz band" à la sexualité trouble: il aime autant les garçons que les filles (situation pas évidente pour un Noir, à cette époque, aux Etats-Unis). Puis nous passons à Six, un garçon de quinze ans qui en 1950 va devenir un rêvérend prêcheur dans une église baptiste. Je m'arrête là, ne voulant pas évoquer chacun des chapitres. L'histoire s'arrête en 1980 avec Sala, la petite-fille d'Hattie. Hattie est réellement le personnage central de cette histoire, une femme, une mère et une épouse déçue par son mari. Elle restera marquée par la disparition de ses deux premiers enfants. Elle ne croit pas vraiment en Dieu et elle considère que le monde n'est pas gentil. Elle a un caractère difficile, effrayant parfois ses enfants quand ils sont petits. Elle ne semble pas très maternelle mais ses enfants ont été tout pour elle. Hattie a dû se battre jour après jour pour donner à manger aux siens. Le reproche principal que je ferais au roman est que tout est survolé. On ne sait pas ce que deviennent les enfants d'Hattie, les années passant. D'un chapitre à l'autre, on n'entend plus parler d'eux ou presque. Et certains chapitres ne m'ont pas touchée plus que cela. Enfin, j'ai trouvé que l'écriture d'Ayana Mathis n'avait rien d'exceptionnel. Une lecture pas vraiment indispensable selon moi. Lire les billets d'Alex-mot-à-mots, d'Anne, d'Evalire.

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mercredi 3 juin 2015

Loin de la foule déchaînée - Thomas Vinterberg

Je n'ai jamais vu la version de 1967, réalisée par John Schlesinger avec Terence Stamp et Julie Christie dans les deux rôles principaux. Loin de la foule déchainée réalisé par Thomas Vinterberg qui sort aujourd'hui, 3 juin 2015, et que j'ai vu en avant-première, m'a fait passer un très agréable moment en tant que spectatrice. Il s'agit de l'adaption du roman homonyme de Thomas Hardy (1840-1928) qui date de 1874: c'est le deuxième roman de l'écrivain, écrit juste avant Tess et Jude l'obscur. Le tournage du film a eu lieu dans le sud ouest de l'Angleterre, dans le Dorset, région natale de l'écrivain. On fait la connaissance de Bathsheba Everdene (Carey Mulligan), une jeune femme pas riche mais pleine de fougue à l'esprit indépendant. Elle refuse au tout début de l'histoire d'épouser un berger, Gabriel Oak (Matthias Schoenaerts). Elle ne se considère pas assez riche pour se marier avec lui. Qu'à cela ne tienne, Gabriel, qui est tombé amoureux au premier regard, veillera sur elle de loin. Peu de temps après, suite à un héritage, Bathsheba va devenir propriétaire d'un riche domaine et avoir des prétendants. Et pour son malheur, elle tombe amoureuse de Franck Troy, un soldat assez beau de sa personne mais aux motivations troubles. Elle a jeté son dévolu sur celui qu'il ne fallait pas. Je n'ai pas lu le roman qui doit faire environ 500 pages, mais je subodore que les scénaristes ont fait des coupes sombres dans le déroulement de l'histoire. Mais cela n'empêche pas de regarder ce film de deux heures avec plaisir. Les acteurs sont très bons. et les paysages du Dorset sont beaux. Lire le billet de ffred.

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dimanche 31 mai 2015

L''ombre des femmes - Philippe Garrel

De mémoire, il me semble que L'ombre des femmes (sorti le 27 mai* 2015) est le premier film que je vois du réalisateur Philippe Garrel. J'y suis allée suite aux critiques positives que j'ai lues dans les journaux et parce que j'étais contente de revoir Clotilde Courau qui se fait rare sur les écrans de cinéma. L'ombre des femmes a été le film d'ouverture de la section "La quinzaine des réalisateurs" au dernier festival international du film de Cannes 2015. Mon introduction est un peu longue mais le film, lui, ne l'est pas. Il dure seulement 1H13. Filmé en format 35mm (et non en numérique) dans un très beau noir et blanc, le film nous conte l'histoire d'un couple dans la tourmente de l'infidélité conjugale. La quarantaine tous les deux, Pierre (Stanislas Merhar) est documentariste, et sa femme Manon (Clotilde Courau) est son assistante. Ils vivent de manière précaire, ayant du mal à joindre les deux bouts. Leur logement aurait besoin d'être rénové. A l'occasion d'une recherche documentaire sur la deuxième guerre mondiale, Pierre fait la connaissance d'Elisabeth, une stagiaire. Ils entament une liaison car comme dit la voix off (Louis Garrel) qui ponctue le film, Pierre étant un homme, il n'éprouve aucune gêne de tromper sa femme. Cette situation d'avoir une femme et une maîtresse lui convient bien. En revanche, à partir du moment où il apprend par Elisabeth (Lina Paugam) que Manon a un amant, c'est une autre histoire. Il se sent trahi car il aime Manon. Le sujet est traité de manière relativement légère. Manon, Elisabeth et la mère de Manon sont les personnages les plus intéressants. Ce sont des femmes vivantes et vibrantes face à Pierre plutôt atone. Ce n'est pas un film désagréable à voir (pour les actrices), mais je ne peux dire que j'ai eu le coup de foudre.

*et non juin comme me l'a fait remarquer Rock07.

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jeudi 28 mai 2015

Meursault, contre-enquête - Kamel Daoud

 

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Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud (Actes sud, 150 pages) est un roman intelligent, riche et très bien écrit qui m'a beaucoup plu. C'est un livre écrit par un "Arabe", un Algérien qui fait honneur à la langue et à la littérature françaises. Journaliste vivant à Oran, Kamel Daoud, né en 1970, est un écrivain sur lequel on devra compter (enfin je l'espère). Ce roman (le premier de l'écrivain), publié d'abord en Algérie en 2013, évoque des thèmes qui ont créé une polémique en Algérie. En revanche, dans ce pays où les livres sont peu diffusés, Meursault, contre-enquête a été vendu à près de 6000 exemplaires (un vrai succès). Le titre très évocateur renvoie bien évidemment au Meursault dans l'Etranger de Albert Camus qui (dans ce roman camusien) tue en 1942 sur une plage, près d'Oran, un Arabe dont on ne sait jamais le nom. Dans le roman de Daoud, le narrateur de l'histoire s'appelle Haroun, il s'agit du frère de l'"Arabe". Avec sa mère M'ma, Haroun a vécu dans le souvenir de cette tragédie. 68 ans après, Haroun, devenu un vieil homme en attendant peut-être la mort, revient sur ces événements. Grâce à lui, on apprend que son frère l'"Arabe" s'appelait Moussa. Haroun ne s'est jamais marié mais il a néanmoins aimé. Devenu fonctionnaire à l'inspection des domaines, il a mené une vie terne en vivant au côté de sa mère. Ce roman permet surtout à Kamel Daoud d'évoquer l'Algérie plus contemporaine qui n'a pas su se moderniser, où la religion prime sur tout le reste. Haroun, qui est devenu athée, déteste la religion qui est pour lui "... un transport collectif que je ne prends pas. J'aime aller vers ce Dieu, à pied s'il le faut mais pas en voyage organisé...". Je le fais rarement, mais j'ai lu une partie du texte à haute voix pour m'en imprégner. Un roman passionnant (qui a été récompensé du Goncourt du 1er roman 2015 et du Prix François Mauriac 2014) que je vous conseille. Il faut noter la première phrase de chacun des deux romans. Dans L'Etranger, « Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. » Dans Meursault, contre-enquête, « Aujourd'hui, M'ma est encore vivante ».

Lire le billet plus négatif de Malika.

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lundi 25 mai 2015

Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l'existence - Roy Andersson

Voici un film singulier sorti le 24 avril 2015 qui peut rebuter beaucoup de spectateurs. Un pigeon perché sur une branche... du réalisateur suédois Roy Andersson clôt une trilogie commencée avec Chansons du deuxième étage (2002) et Nous les vivants (2007). Le film se compose d'une suite de saynètes avec comme fil rouge éventuel la présence de deux VRP spécialisés dans les farces et attrapes (ils souhaitent que les gens s'amusent et soient gais). Dans une petite valise sont rassemblés des dents de vampire dont des canines ultra-longues, un genre de coussin rieur et un masque en caoutchouc représentant un "pépé édenté". Le réalisateur commence très fort avec trois rencontres avec la mort: un homme s'effondre sur le sol de sa salle à manger pendant que sa femme est à la cuisine. Dans une cafétéria, devant un cadavre gisant, la caissière demande si la bière et le sandwich payés par le décédé peuvent intéresser une des personnes présentes. Enfin une vieille femme agonisante à l'hôpital ne veut pas lâcher un sac à main que ses enfants essayent de lui retirer. On peut trouver les scènes inégalesn mais certaines m'ont marquée: la prof de danse de flamenco assez rubiconde qui palpe un des danseurs, la tenancière d'un pub à Göteborg dans les années 40 qui se fait payer avec des baisers, l'évocation de la défaite en 1709 du roi Charles XII de Suède face aux Russes (on le voit arriver dans un bistrot pour aller aux toilettes). Le film se compose de 39 scènes filmées en plan fixe des décors dans des couleurs tirant sur le beige. Les personnage ont l'air aussi lugubres que ces décors. Personnellement, j'ai adhéré au parti pris du réalisateur: pas de vrai scénario mais des plans très travaillés du point de vue visuel et sonore. Ce sont des compositions picturales. Le film dure 1H40; aurait-il été plus long que cela ne m'aurait pas dérangée. Le film, qui n'est déjà presque plus projeté à Paris, a reçu le Lion d'or au dernier festival de Venise en septembre 2014.

Lire les billets d'Alex-6 et Pascale.

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vendredi 22 mai 2015

Le jardin de bronze - Gustavo Malajovich

Estimant que les sorties cinématographiques intéressantes se font rares en ce moment, je n'ai jamais autant lu. Les périodes de "pont" du mois de mai m'ont aussi beaucoup aidée.

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J'ai trouvé Le jardin de bronze (Actes noirs / Actes Sud, 2014) de l'Argentin Gustavo Malajvich très réussi. Quand on commence ce roman bien construit, on ne le lâche plus, j'ai été captivée par ses 500 pages sans temps mort. L'intrigue, au suspense haletant, nous entraîne de Buenos Aires en Argentine jusqu'à Parana dans la province d'Entre Rios, à 470 km au nord de la capitale. Tout commence en avril 1999: Fabian, qui est architecte, son épouse Lila et leur petite fille Moira âgée de quatre ans mènent une vie a priori tranquille.... jusqu'à ce que Moira et sa baby-sitter péruvienne Cecilia disparaissent sur le parcours qui devaient les mener à un goûter d'anniversaire d'une copine de Moira. L'enquête policière piétine très vite. Mais grâce à l'aide de César Doberti, un enquêteur privé, Fabian reprend espoir malgré des fausses pistes et pas mal d'impasses dont une tragique. On découvre le cadavre de Cecilia tuée avec une arme étrange que je vous laisse découvrir. Pendant presque dix ans, Fabian convaincu que Moira est toujours vivante, va continuer de vivre vaille que vaille, on ne peut pas en dire autant de Lila... Une petite araignée en bronze et son alliage très particulier parmi les affaires de Moira va faire avancer l'enquête qui prend un tournant décisif. A Parana, un homme mystérieux, sculpteur de grand talent mais à l'esprit dérangé vit reclus dans une demeure au milieu d'un jardin fait de statues de bronze. Ces statues représentent une femme, toujours la même. J'espère vous avoir convaincus de lire ce roman qui semble avoir été peu chroniqué sur les blogs. Voici néanmoins deux avis, celui de Richard et celui de La petite souris, qui partagent mon enthousiasme. J'attends avec intérêt de lire le prochain roman de cet écrivain. Le jardin de bronze est le premier d'une série.

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mardi 19 mai 2015

La tête haute - Emmanuelle Bercot / La loi du marché - Stéphane Brizé

Voici deux des films français qui sont en compétition au festival international du film de Cannes de cette année. Je vous les recommande tous les deux, surtout le deuxième dont le thème m'a davantage concernée et m'a fait penser à Discount (en plus sombre).

La tête haute de la réalisatrice Emmanuelle Bercot a été choisi pour faire l'ouverture du festival. Dès les premières images, on est tout de suite dans le vif du sujet: on entend des cris, des pleurs et des paroles violentes. Malony, un garçonnet de 6 ans soit-disant insupportable et ingérable, est abandonné par sa mère Séverine dans le bureau de Florence Blaque, un juge pour enfants. Dix plus tard, on retrouve Malony, petit délinquant, n'arrêtant de dire des gros mots et ne tenant pas en place, dans le bureau de la même juge. Il est passé de foyer en foyer sans perdre le lien très fort qu'il a pour sa mère, qui est tout pour lui. Malony va avoir 16 ans et il sait à peine lire et écrire, étant en rupture scolaire. La juge essaie de faire au mieux pour le bien de Malony, quitte même à l'envoyer en prison pour qu'il prenne conscience qu'on veut l'aider. Le film est très bien interprété par Catherine Deneuve en juge pour enfant (on y croit). Sara Forestier dans le rôle de la maman de Malony n'a pas un rôle facile. Personnellement, j'ai trouvé le rôle de Séverine insupportable. On a envie de lui flanquer une gifle. Mais la révélation du film, c'est le jeune Rod Paradot. Il est impressionnant dans le rôle de Malony. C'est son premier film, j'espère qu'on le reverra. Pour ma part, j'ai trouvé La tête haute réussi sauf la fin qui m'a paru un brin optimiste. Lire le billet de ffred.

Le ton optimiste n'est par contre pas de mise dans le film La loi du marché, le quatrième film de Stéphane Brizé, dans lequel Vincent Lindon joue le rôle principal, face à des acteurs non-professionnels tous étonnants. Le film, en compétition officielle à Cannes, est sorti lundi 18 mai 2015,dans beaucoup de salles, le même jour que sa projection sur la Croisette. J'ai trouvé que ce film, par son ton et sa forme, tendait vers le documentaire. Les personnages sont filmés au plus près. Dès la premère séquence, on se retrouve tout de suite dans l'ambiance: Thierry, dans un bureau de Pôle Emploi, explique à son conseiller que le dernier stage qu'il vient d'effectuer comme grutier n'a servi à rien. Depuis vingt mois, il est au chômage. Dans neuf mois, il ne touchera plus que 500 euros par mois. Il argumente qu'il n'a rien contre le fait de faire des stages, mais il faut que ça aboutisse à un emploi. Dans le plan suivant, Thierry dîne dans sa cuisine en compagnie de sa femme et de son fils. Celui-ci est gravement handicapé moteur. On sent que le trio est soudé. Dans une autre séquence, Thierry a rendez-vous avec sa conseillère de clientèle qui essaye de lui vendre une assurance décès en pensant à l'avenir (?) de ses proches (J'ai trouvé qu'il y avait de l'ironie à associer la mort avec l'avenir). D'autres séquences m'ont marquée dont l'entretien d'embauche par skype, qui se se conclut par le fait que la candidature de Thierry ne sera pas retenue. Puis tout de même, on retrouve Thierry travaillant, en costume cravate, dans une grande surface: il doit appréhender les voleurs et les fraudeurs grâce à 80 caméras disséminées dans tout le magasin. Ces caméras servent aussi à espionner les employés (les caissières). Je pourrais vous raconter tout le film mais je m'arrête là. Vincent Lindon est remarquable, il se fond dans le décor, dans son personnage. Il n'écrase pas les autres. Un très grand film où le misérabilisme est absent. En revanche, je n'ai trouvé aucun espoir quand le film se termine, le constat est assez amer. Lire le billet d'Alex-6.

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samedi 16 mai 2015

Plus haut que la mer - Francesca Melandri / Je refuse - Per Pettersson

Voici encore deux romans que je n'aurais certainement pas lus d'autres si blogs avant moi n'en avaient pas fait des éloges.

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Je commence par le plus récent, paru en janvier 2015, Plus haut que la mer de l'Italienne Francesca Melandri (Editions Gallimard, 200 pages), chaudement recommandé (une fois de plus) par Dominique. Il aurait pu être sous-titré "Drôle d'endroit pour une rencontre". Luisa et Paolo prennent un ferry qui les emmène vers une île où se trouve une prison de haute sécurité. Le mari de Luisa et le fils de Paolo y sont incarcérés pour y purger de lourdes peines et ils sont considérés comme dangereux. Luisa, une paysanne qui élève ses cinq enfants est presque soulagée de voir son mari violent derrière les barreaux. Paolo, professeur de philosophie à la retraite culpabilise devant les actes de terreur commis par son fils. Il se sent responsable. L'histoire se situe pendant les "années de plomb". A la fin de la visite, au moment de reprendre le ferry, le mistral s'est levé, la mer est démontée et Luisa et Paolo sont obligés de passer la nuit sur l'île sous l'oeil vigilant mais bienveillant d'un gardien, Pierfrancesco Nitti. Ces personnages vont converser, se confesser. Luisa et Paolo vont se tenir la main. Ils partageront la même cabine sur le chemin du retour. J'ai trouvé cette histoire lumineuse pleine de pudeur et d'empathie. Personne n'est jugé. Un très beau roman.

 

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Je passe à Je refuse du Norvégien Per Petterson (Editions Gallimard, 265 pages) dont on a écrit beaucoup de bien sur quelques blogs, dont ceux d'Aifelle, Eeguab et Clara.

En 2006, Jim et Tommy, deux amis d’enfance, se revoient par hasard trente-cinq ans après s’être perdus de vue. Ils sont nés à deux mois d’intervalle en 1952. Employé habituellement dans une bibliothèque, Jim est en arrêt maladie depuis plus d’un an: il souffre d’une grave dépression chronique. Tommy, lui, a réussi dans la finance, il est trader. Tommy a des problèmes avec l’alcool. Quant à Jim, il fume trop. Les retrouvailles éphémères entre Tommy et Jim font ressurgir des souvenirs s’étalant de 1966 à 1971. Des fragments de la vie de Jim et Tommy nous sont révélés. Jim qui n’a pas connu son père, a été choyé par sa mère, qui n’a jamais levé la main sur lui. En revanche, Tommy, ainé de quatre enfants, a été battu par son père, abandonné par sa mère et séparé de ses trois sœurs, Siri et deux jumelles, quand le père a disparu à son tour du jour au lendemain. Jamais Tommy ou Jim ne s’apitoient sur eux-mêmes malgré les aléas de leur vie. Composé en courts chapitres, le texte est pour la plus grande part écrit à la première personne, ce qui rend les personnages proches du lecteur. C’est peut-être pour cela que j’ai éprouvé de la tristesse et un sentiment de pesanteur quand j'ai terminé ma lecture. Un roman que je conseille malgré tout.

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mercredi 13 mai 2015

Les terrasses - Merzak Allouache

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Je vous recommande le film franco-algérien Les Terrasses du réalisateur Merzak Allouache (sorti dans seulement trois salles à Paris le mercredi 6 mai 2015). Le réalisateur nous conte cinq histoires assez sombres de violence ordinaire. Il a pris comme décor cinq terrasses (souvent des lieux d'habitation) situées dans cinq quartiers historiques d'Alger: La Casbah, Bab el Oued, Belcourt, Notre-Dame d'Afrique et Telemly. De l'aube à la nuit, au rythme des cinq appels à la prière journalière des muezzins (une musique d'ambiance comme une autre), ces histoires indépendantes, qui s'enchevêtrent par moment, constituent des huis-clos à ciel ouvert.

Par petites touches, le réalisateur qui est aussi le scénariste passe de personnage en personnage sans s'apesantir. On croise une mère âgée rejetée par sa famille qui vit seule avec son fils et sa fille, adultes, l'un drogué, l'autre mutique; une petite fille qui apporte de la nourriture à son oncle "fou", enfermé comme un chien dans une niche; de jeunes musiciens en quête d'un lieu pour jouer, un prédicateur abuseur, un homme qui torture un autre homme (on apprendra à la fin quel est le lien qui les unit), un trio de jeunes cinéastes... Ce qui m'a le plus frappée dans ce film, c'est le contraste entre la décrépitude et la saleté de la ville défigurée par les centaines d'antennes paraboliques et le panorama magnifique de la baie et de la mer. S'il passe par chez vous, allez voir Les Terrasses que j'ai vu dans le beau cinéma Le Louxor à Barbès, Paris Xème. La salle était pleine.

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