Le blog de Dasola

mardi 21 novembre 2017

Je suis un récidiviste - Petros Markaris

Me voici de retour afin de reprendre les rênes du blog après 10 jours inoubliables au Chili avec l'Ile de Pâques.

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Avant quelques billets sur ce voyage, voici un billet sur un livre de Petros Markaris lu juste avant mon départ et que j'ai découvert par hasard au rayon polar d'une grande surface. Il a été écrit en 2006. Une postface écrite en 2016 conclut l'ouvrage. Je suis un récidiviste de Petros Markaris (Editions L'échoppe, 110 pages) permet de mieux connaître l'écrivain, né en 1937 à Istanbul, "La Ville", d'un père arménien et d'une mère grecque. Je l'ai pour ma part découvert grâce à ses romans policiers, dont "la trilogie de la crise" (Liquidations à la grecque, Le justicier d'Athènes, Pain, éducation, liberté) et un Epilogue (Epilogue meurtrier). Dans ces romans policiers et ceux écrits antérieurement, Journal de nuit (son premier roman  que je suis en train de terminer), Le Che s'est suicidé, L'empoisonneuse d'Istanbul ou Actionnaire principal, le commissaire Kostas Charitos mène des enquêtes à Athènes ou aux environs. Charitos est marié à Adriani et père de Katerina (Markaris a aussi une fille, qui, elle, vit à Istanbul). Adriani est une très bonne cuisinière, comme la femme de Brunetti ou celle de Maigret. C'est grâce à Charitos que Markaris a choisi d'écrire des romans. Et Markaris qui est trilingue (grec, allemand et turc) a choisi la langue grecque pour écrire, c'était naturel pour lui. Il explique comment il a choisi le quartier d'Athènes dans lequel il fait vivre Charitos, d'origine petite-bourgoise. Charitos, un policier attachant (qui aime lire les définitions du dictionnaire et qui conduit une voiture Mirafiori) n'est pas un personnage excentrique comme le sont Poirot ou Holmes. Markaris préfère Miss Marple ou même l'inspecteur Rebus de Ian Rankin. Pour résumer, Markaris est un Arménien hellénisé élevé dans la langue allemande qui a longtemps vécu dans La Ville (Istanbul). J'ai aussi appris que Markaris était traducteur de Goethe et qu'il avait une passion pour Bertold Brecht. De même, qu'il a été scénariste. Il a co-écrit avec Theo Angelopoulos L'Eternité et un jour (1998). Le livre comporte des photos d'Athènes en noir et blan prises en février 2017 et quelques-unes avec Petros Markaris chez lui. Un écrivain intéressant dont je recommande tous les romans avec Charitos si vous ne les connaissez pas encore.

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dimanche 19 novembre 2017

Rêveries du bachelier solidaire - Résultats du Tag du Bac

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) me suis inscrit récemment pour passer le Bac. C'est la troisième année consécutive que je le fais. Mais pour trois Bac différents. Trois Bac professionnels, en fait. On n'a pas le droit de s'inscrire à plus d'un par an. Il en existe pas loin d'une centaine de spécialités (davantage si l'on compte les options), j'ai donc encore de quoi m'occuper, surtout si je vis centenaire. Mes deux premiers de cette lubie, je les ai obtenus avec mention. Suis-je masochiste? Qu'est-ce que cela m'a rapporté? D'abord, d'entretenir ma mémoire (quel est le prénom d'Alzheimer, déjà? Mnémosyne? Non, Alois). Et quelques sous par des banques généreuses avec les bacheliers (si, il y en a! Mais je ne donnerai pas de nom ici).

Je devais bien m'attendre à ce que cela devienne de plus en plus dur de m'en tirer avec de la culture générale, l'expérience professionnelle piochée dans ma vaste besace, et du bachotage livresque: dans certains cas, il faudra faire preuve de savoir-faire et de "tours de main" que je ne saurais guère maîtriser... Cette fois-ci, me voilà donc condamné à huit semaines de stage dans l'année! Peut-être vous en reparlerai-je à l'occasion... Mais assez parlé de moi pour le moment.

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Même si ça remonte déjà au mois de juin 2017 (5 mois, une éternité, pour la jeunesse!), je vais aussi repasser les plats (et pas seulement le bac).

Ci-dessous donc une petite recension, comme il m'est déjà arrivé d'en faire, mais cette fois-ci sur une centaine de blogs ayant répondu au "Tag du Bac" (je ne compte pas les quelques "liens morts" - billets non rédigés ou blogs supprimés), entre le 12 juin et le 7 août 2017 (je semble avoir été le dernier de la classe lorsque j'y avais moi-même répondu). Evidemment, le plus souvent, leurs rédactrices (écrasante majorité - nous sommes très peu de rédacteurs!) ne jouent pas dans la même "classe d'âge" que dasola ou moi ou nos commentateurs/trices les plus assidu(e)s? Et elles sont sur les plateformes les plus "visibles" aujourd'hui: Wordpress et Blogspot (très peu d'Overblog, Canalblog, Hautetfort...). J'ai tâché d'en commenter la plupart, toutes ces jeunes blogueuses ne pratiquent peut-être pas la publications des commentaires sous leurs billets? Ou bien il a pu y avoir des soucis techniques... je ne vais donc pas reprendre la catégorisation que j'avais faite en 2012! Juste quelques statistiques: sur 103 blogs, 45 utilisent wordpress, 32 blogspot, 7 canalblog, 2 jimdo, 1 over-blog, 1 wixsite, une quinzaine d'autres ont leur propre nom de domaine (indépendamment de la plateforme utilisée que je n'ai pas cherché à connaître).

J'assume le fait de ne pas avoir cité les quelques réponses en vidéo que l'on peut trouver sur Youtube: je parle bien uniquement de blogs et de réponses par écrit que l'ont peut lire sans avoir à les écouter ou les visionner.

Je pourrais bien sûr m'amuser à / J'aurais sans doute toutes les compétences pour faire un "palmarès" des livres cités (mathématiquement, onze cents items)... mais j'attendrai qu'on me paye pour me lancer dans ce boulot (hein, PKJ ;-))

Et enfin, je signale que deux des blogs ne jouaient pas dans la même catégorie pour leur propre "tag du bac" (je suis tombé dessus par hasard, sans faire de recherche  systématique pour en trouver encore plus): saurez-vous les identifier? Oh allez, je vends la mêche: il s'agit de billets de ... 2013!

Avant de passer à la liste, je précise ne pas prétendre avoir été exhaustif ni exempt d'erreurs; il reste bien entendu possible de faire rajouter d'autres billets, ou de faire modifier voire supprimer les informations déjà répertoriées.

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0/ PKJ (Editions Pocket Jeunesse) [12/06/2017] : Tag du Bac

1/ 4ever_fantasy (For ever fantasy) [07/07/2017]
2/ Aileebooks ( - ) [06/07/2017]
3/ Alice (Les lectures d' - ) [20/06/2017]
4/ Alissia (Aliss and Books) [26/07/2017]
5/ Allmenmustreadblog (All Men Must Read) [15/06/2017]
6/ Amandineisreading (Amandine is reading) [15/06/2017]
7/ Angelakoala (Le blog d' - ) [14/06/2017]
8/ Anna Shaw (Des paillettes dans la bibliothèque (!)) [04/07/2017]
9/ Arcaebook ( - ) [24/06/2017]
10/ Audrey (Lectures de - ) [14/06/2017]
11/ Audrey (Les petites bulles de papier) [16/06/2017]
12/ Bella Belloula (Rêves de lectrice) [17/06/2017]
13/ Bettierose (BettieRose Books) [12/06/2017]
14/ Blog de mère ( - ) [05/07/2013]
15/ Bookscoblog ( - ) [06/07/2017]
16/ Cammy (I Believe in Pixie Dust - Mon blog lecture, agrémenté de poussière de fée) [14/06/2017]
17/ Carole94p (My-BoOks) [12/06/2017]
18/ Cécile (Une pause livresque - Book blog... and more) [27/06/2017]
19/ Celeb_Angel (A portée de plume - Blog littéraire d’une jeune femme exubérante) [13/06/2017]
20/ Chani (De Livres & d'Epice) [14/06/2017]
21/ Charlotte (Le thé littéraire - Come on, share a tea with - ) [07/07/2017]
22/ Chloé (Culture & Cup of Coffee) [12/06/2017]
23/ Choukette (Le marque-page de - ) [24/06/2017]
24/ Chouquette [alias Gwendoline] (Nos folies littéraires) [23/06/2017]
25/ Dal_eg (Le temps presse) [12/06/2017]
26/ Desmotsauxlivres [Manon] (Des mots aux livres) [16/06/2017]
27/ Die Erdnuss (Le journal de Cacahuète) [12/06/2017]
28/ Doriane (Les chroniques books de Lou) [24/07/2017]
29/ Dylan (L’antre livresque) [27/07/2017]
30/ Enora (L’Ecume des mots) [16/06/2017]
31/ Estelle (Sur un air de Bohème) [23/06/2017]
32/ Ewylyn (La citadelle d’ - ) [18/06/2017]
33/ FabledHeartless (Book Pearl - Chroniques littéraires d'une étudiante en lettres) [12/06/2017]
34/ Fairchildslibrary (Fairchild's Library) [18/06/2017]
35/ Featured review (Tell us wath you read - Blog littéraire) [13/06/2017]
36/ Fofie lit ( - …) [13/06/2017]
37/ Gggaelle (Mon petit salon de thé) [16/06/2017]
38/ Gwladys Langelus (Un livre sur mon lit) [07/07/2017]
39/ Imane (Minaland- Un blog imaginaire) [05/07/2017]
40/ Iminlovewithfour (Les lectures de Doris) [20/06/2017]
41/ Jabbertheblogger (Jabber the Reader) [19/08/2017]
42/ Julie (Des mots à la vie - Le blog littéraire de - ) [21/06/2017]
43/ Junko [Bérangère] (Les mots de Junko) [13/06/2017]
44/ Kiriitiblog [Pauline] (Kiriiti’s Blog - ) [15/06/2017]
45/ Ladiescolocblog ( - [[3 colocs]]) [16/06/2017]
46/ Laetitiamorduedelivres ( - ) [15/06/2017]
47/ Laurapassage (Laura-Passage) [28/06/2017]
48/ Laure (La cueillette d’une roussette - Si je ne suis pas moi, qui le sera?) [07/08/2017]
49/ Le bar à livres ( - ) [24/06/2017]
50/ Le coin d’Audrey ( - , blogueuse littéraire) [13/06/2017]
51/ Le goût du risque [Quitterie] (Le goût du risque, l'amour des livres) [13/06/2017]
52/ Léa Lectureavie (Lecture à vie) [22/06/2017]
53/ Lecture de Petite Plume ( - ) [28/06/2017]
54/ Lecturenfantparent [Adely] (Nos lectures pour les enfants et pour les parents) [17/06/2017]
55/ Lemartienroux (The Ginger Alien) [17/06/2017]
56/ Léna Bubi (Un univers de livres, et plus!) [08/07/2017]
57/ Les lectures de Feflie ( - ) [26/07/2017]
58/ Leslivresderose (Les livres de Rose) [16/06/2017]
59/ Lespagesquitournent (Les pages qui tournent - Blog littéraire de L-Bookine et Saywhisper) [15/06/2017]
60/ Lex [1 des 3 rédactrices du blog] (La bibliothèque aux merveilles) [15/06/2017]
61/ Lia (Le monde de - ) [04/07/2017]
62/ Lil (L’univers de - ) [13/06/2017]
63/ Lire à la folie ( - ) [13/06/2017]
64/ Loïs (Les lectures de - ) [14/06/2017]
65/ Loucat (De pages en séries) [03/08/2017]
66/ Lubies en folie ( - ) [12/06/2017]
67/ Lubies en folie ( - ) [12/06/2017]
68/ Lunabookaddict [Audrey] (Libertea - A book lover blog) [19/06/2017]
69/ Lutin82 (Albédo - Univers Imaginaires) [30/06/2017]
70/ Maëlle's Books (Maëlle’s Books) [21/06/2017]
71/ Maguisa (Les chroniques de - ) [26/06/2017]
72/ Marie G (A chaque jour sa plume) [11/07/2017]
73/ Marine.M.lire (L’antre littéraire de Marine) [16/06/2017]
74/ Marion (Les Mots de - ) [19/06/2017]
75/ Mathilde Littéraire ( - ) [21/06/2017]
76/ Mayumi (Vibrations littéraires) [24/06/2017]
77/ Méli & Mélo (Méli mélo de lectures [[2 blogueuses]]) [25/06/2017]
78/ MJ (M.J. is reading) [22/06/2017]
79/ Mon p’tit boudoir ( - ) [08/07/2013]
80/ Mot envolé ( - ) [23/06/2017]
81/ Myuncoveredbooks (My Uncovered Books) [22/06/2017]
82/ Nymphadora ( - 's Books) [12/06/2017]
83/ Nyx Shadow (Les lectures de Nyx - Just one more chapter) [15/06/2017]
84/ Oli (La couleur des mots) [13/06/2017]
85/ Pauline (Dans les yeux d'une L) [23/06/2017]
86/ Pauline (Je lis donc je suis) [24/06/2017]
87/ Petite_etoile_livresque ( - ) [18/06/2017]
88/ Plouf ( - qui lit [n’amasse pas mousse]) [05/07/2017]
89/ Plume (Mes livres ouverts - Le blog littéraire de - ) [22/06/2017]
90/ Plume bleue ( - [blog à 4 plumes]) [22/06/2017]
91/ Rêver de bouquins en livres ( - ) [16/06/2017]
92/ Rêveuse Eveillée ( - ) [12/06/2017]
93/ Sherlock Momo ( - ’s blog / Solum omnium lumen) [17/06/2017]
94/ Soline (MilkyWay) [15/06/2017]
95/ Sue-Ricette (Graine de Souris / Le blog de - ) [28/07/2017]
96/ Ta d loi du cine (Le blog de dasola) [15/08/2017]
97/ Totorotsuniko (Les chroniques de Tototo / “Reading - Traveling - Takin pictures”) [13/07/2017]
98/ Un chat dans la ville ( - ) [15/06/2017]
99/ Unelectricecompulsive (Everything starts with a book) [12/06/2017]
100/ Vairo Laurine (Les trésors Livresques de Laurine) [20/06/2017]
101/ Victoire (Romanesquement vôtre - Des livres, deux copines, une passion) [22/06/2017]
102/ Voyageaugredesmots (Voyages au gré des mots - La lecture, une porte ouverte sur un monde enchanté) [22/06/2017]
103/ Xiou (Caprices de - ) [05/07/2017]
104/ Xoxo (Faith in words) [14/06/2017]
105/ Zyle (Blog d’une fangirl) [28/06/2017]

... Et si ce petit inventaire réussit à susciter des découvertes mutuelles et intergénérationnelles entre blogueuses (surtout) [et même blogueurs (sait-on jamais?)], j'en serai heureux!

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vendredi 17 novembre 2017

Encore un peu de pub: les AMAP, quésako ?

Encore un billet qu'est "conso", me direz-vous? Sachant qu'il y a peut-être 250 000 amapiens et amapiennes en France, quelles sont les chances pour qu'il en figure parmi les lectrices et lecteurs de ce blog? Ma foi, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vais compter dessus... AMAP, pour les autres, c'est l'acronyme de "Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne" (certains ajoutent "de Proximité"): des "circuits courts", inscrits dans l'économie solidaire et sociale (ESS). Si vous ne voyez toujours pas de quoi il s'agit, une recherche sur la Toile vous donnera plein d'informations pertinentes. Ceux qui suivent de près (mais alors, vraiment attentivement et depuis longtemps) mes "squats" sur le présent blog se rappeleront que j'y ai déjà fait allusion.

Bref, sur le blog de l'AMAP dont je fais partie (et dont dasola nous cuisine les légumes), je rédige (bénévolement!) des chroniques depuis début 2017. Ma première série portait sur le thème des financements solidaires applicables à l'agriculture (8 articles). Depuis le 19 avril, je présente chaque semaine tels ou tels blogs ou sites, que j'estime "notables", d'AMAP d'le-de-France et d'ailleurs (même si je n'ai pas encore abordé les régions de langue occitane): ceux pouvant intéresser d'autres lecteurs que leurs seuls membres. On peut y trouver notamment des recettes, de l'activité associative locale, des tranches de vie, des informations plus ou moins militantes sur la bio et l'écologie, des photos de légumes, et encore des recettes...

Pour voir toutes ces pistes intéressantes, cliquez ici.

Et enfin, pour celles et ceux qui voudraient plutôt avoir du grain à moudre sous forme de livres à lire, j'ai compilé une première petite bibliographie sur le sujet .

Bonne(s) lecture(s) sur les AMAP...

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mercredi 15 novembre 2017

15 séries "manga" qui valent la peine d'être lues: un tag?

En prolongement logique du billet sur 15 séries de BD rédigé naguère, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) voudrais lister cette fois 15 séries de manga, en vue d'un "tag". Encore une fois, sur le modèle du "tag des 15 auteurs" (qui ramène toujours plusieurs dizaines de blogs différents quand on fait une recherche sur G**gle...), il s'agit de donner, sur votre blog, "votre" liste de 15 séries "manga" favorites, théoriquement sans y passer plus de 15 minutes, et héroïquement de repasser le bébé à 15 autres blogueurs nommément cités en les mettant au défi d'en faire autant. Un "tag", quoi.

J'ai dans ces "coups de coeur" une majorité de "seinen manga" (séries prépubliées dans des revues japonaises ciblant plutôt les jeunes adultes masculins), seulement deux "shonen manga" (public d'adolescents) et un "shojo manga" (public d'adolescentes). Si la plupart des séries sont aujourd'hui terminées voire remontent à plusieurs dizaines d'années parfois, certaines sont encore en cours de publication tant en France que même au Japon. Ce sont, pour la plupart, des séries réalistes (les lycéennes qui sauvent le monde en luttant contre des démons surhumains, boarf... très peu pour moi!) - en tout cas sur le plan du dessin. Les nouveautés que l'on me prête pour me les faire découvrir correspondent en général à mes goûts. Mais pour que je prenne la peine de les acquérir, il faut que je veuille, soit les lire et relire, soit... les prêter moi-même! Et la place restant disponible sur mes rayonnages joue aussi. Les choix ont été difficiles à faire: parmi mes quelque 3 ou 4000 BD, il y a quand même... un peu d'autres série mangas (et j'en lis donc par ailleurs).

Le classement des 15 séries manga ci-dessous est effectué dans l'ordre antialphabétique de titre (sans tenir compte de l'article), histoire de varier un peu. Pour les mangaka (auteurs de manga), je mets en premier le patronyme (en majuscules), à la japonaise. Si certaines séries sont (comme déjà dit) encore en cours de publication, d'autres sont épuisées depuis belle lurette et ne pourront être dénichées qu'en occasion ou en bibliothèque.

Vinland saga
Série historique scénarisée et dessinée depuis 2005 par YUKIMURA Makoto (et son "atelier"). Toujours en cours, elle est publiée en albums depuis 2006 au Japon et 2009 en France (chez Kurokawa). 19 volumes parus (l'édition française a désormais rattrapé l'édition japonaise), la découverte de l'Amérique semble encore très loin pour ces Vikings...

Thermae Romae
6 volumes (série terminée). J'ai bien apprécié cette série historique mâtinée de "science-fiction" scénarisée et dessinée par la mangaka (auteur de manga) YAMAZAKI Mari. Prépublié de 2008 à 2013, publié en album, au Japon, à partir de 2009, et en France depuis 2012 chez Casterman.

Survivant
10 volumes (pour l'édition que je possède). Oeuvre de SAITÔ Takao, publiée à partir de 1976, rééditée en volumes au Japon à partir de 2001, et en France entre 2006 et 2008 chez Kankô, un label des éditions Milan. Un adolescent (14 ans) doit apprendre à survivre (si, si!) après une catastrophe planétaire.

Strain
5 volumes (série terminée). Textes de BUROSON (également connu sous le pseudonyme de FUMIMURA Sho, son vrai nom étant OKAMURA Yoshiyuki), dessins de IKEGAMI Ryoichi. Publié en 2002 en France chez l'éphémère label Akuma des éditions SEEBD (disparues en 2008), on ne peut le trouver que d'occasion. Un jeune homme tue sur gages: 5 dollars la vie (cela ne vaut pas davantage, selon lui)... 

Space brothers
20 volumes en France, 31 au Japon, au moment où j'écris, pour ce manga de KOYAMA Chûya publié au Japon depuis 2008. Anticipation: l'action se déroule en 2025 et les années suivantes, quand s'établit une station permanente sur la lune, avec deux frères japonais rêvant d'être astronautes depuis leur enfance... Le CNES (Centre national d'études spatiales) est partenaire de l'édition française (chez Pika depuis 2013).

Silver Spoon
13 volumes parus en France depuis 2013, 14 au Japon (depuis 2011) pour ce Shonen à suivre. Quand un collégien fait un "burn out" lié à la pression pour réussir à être le meilleur de la classe dans son collège, que faire? Rejoindre un lycée agricole, en espérant que ce sera plus facile... Le rythme de parution a fortement ralenti depuis 2015 au Japon, il semble que la mangaka ARAKAWA Hiromu ait entamé en parallèle une autre série, ce qui explique peut-être pourquoi, en France, on attend désespérément le 14e tome (éditions Kurokawa).

Sanctuary
12 volumes. Une autre oeuvre de BUROSON & IKEGAMI Ryoichi, parue au Japon de 1990 à 1995. Le politique et le yakuza... La lumière et l'obscurité... le tout pour une même vision partagée entre deux jeunes hommes! Série complète publié en France en 2004-05 chez Kabuto (encore un label des éditions SEEBD), et non réédité à ce jour.

Poison City
2 volumes et c'est fini! J'ai déjà parlé de cette oeuvre pessimiste de TSUTSUI Tetsuya ici. Se déroulant en 2019, elle a été éditée en 2014 au Japon et en 2015 en France chez Ki-oon.

Nobles paysans
4 volumes. Shojo manga plus ou moins autobiographique de la mangaka ARAKAWA Hiromu: sa jeunesse passée à la ferme chez ses parents lui aurait forgé tant santé que caractère (elle se représentait en génisse). Humoristique et truffé d'anecdotes. Publié au Japon depuis 2009, et en France depuis 2013 chez Kurokawa.

Nausicaä de la vallée du vent
7 volumes pour ce "Shonen". Poétique, fantastique... et politique. Publié entre 1982 et 1994, il s'agit du seul manga de MIYAZAKI Hayao, puisqu'il préfère se consacrer au dessin animé avec ses studios Ghibli créés en 1985. En France, il est paru de 2000 à 2002 puis a été réédité de 2009 à 2011, chez Glénat.

Ikigami (préavis de mort)
10 volumes. MASE Motorô a conçu un thriller d'anticipation publié au Japon entre 2005 et 2012, en France chez Kaze manga à partir de 2009. Quoi de tel, pour vous faire aimer la vie, que de savoir que vous avez une chance sur mille de mourir avant vos 25 ans (vous l'apprendrez 24 heures avant, entre 18 et 24 ans - chacun réagit différemment)? Mais attention, hein, c'est très bien organisé, dans la société d'un pays asiatique imaginaire... Encore une (société) où je n'aimerais pas vivre, personnellement!

Heat
En France sont parus seulement les premiers 12 volumes, de 2005 à fin 2007 (encore chez Kabuto, qui a subi le sort des éditions SEEBD). Cette série de BURONSO & IKEGAMI Ryoichi sur l'univers des yakusas (publiée au Japon de 1999 à 2004) en comporte 17, mais apprendre le japonais ne rentre pas dans mes projets d'études de cette année!

Les gouttes de Dieu (etc.)
44 volumes (édités en France chez Glénat de 2008 à 2015) pour cette série que j'ai présentée ici. De 2004 à 2014, la dessinatrice OKIMOTO Shu et les deux scénaristes qui utilisent le pseudonyme AGI Tadashi ont réalisé une belle saga sur le vin... Et la suite, Mariage, tire depuis 2015 la série vers la gastronomie (le 6e tome paraît en France dans quelques jours, 9 sont déjà sortis au Japon). On peut aussi y rajouter la mini-"série dérivée" Signé Le Vin (2 volumes) parue chez Pika en 2016 (au Japon en 2014).

Les fils de la terre
3 volumes parus au Japon en 2002 puis en France chez Delcourt en 2007-08. Cette série dessinée par HATAJI Hideaki narre, dans le contexte de l'exode rural, la rencontre entre un jeune fonctionnaire naïf (expédié "au vert" par un politicien qui prône l'autosuffisance alimentaire du Japon) et des agriculteurs. Son scénariste MÔRI Jinpachi, ancien journaliste, est décédé en novembre 2015 (à 57 ans) d'un cancer de l'oesophage.

L'école emportée
6 volumes. Un classique du mangaka UMEZU Kazuo, publié entre 1972 et 1974, paru en album au Japon en 1974-75 et en France chez Glénat en 2004-05. Toute une école se retrouve téléportée dans un futur apocalyptique.

Pour terminer, trois références:

- un petit ouvrage pédagogique pour comprendre les multiples facettes de ce phénomène d'édition et de société: Le manga, Stéphane Ferrand & Sébastien Langevin, Les essentiels Milan, 2006 (épuisé).

- un site "de référence" sur la BD asiatique (etc.): Manga-news.com (non, je ne suis pas payé pour la pub que je leur fais!).

- un réseau national de librairies BD: Canal BD et son périodique CanalBD manga mag (idem).

...Et vous, quelles seraient vos séries manga favorites?

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lundi 13 novembre 2017

Démaquillez-vous! (par le durable et par l'écologique)

Encore un billet du squatteur (ta d loi du cine)...

Un an après, je voudrais (oui messieurs!) tirer le bilan d'une expérience que j'ai réussi à convaincre dasola de mener.

Par contre, elle a toujours refusé avec la dernière énergie d'écrire elle-même un billet conso ("et d'abord, c'est mon blog, et j'y fais ce que je veux, et j'étais pas demandeuse!"): il m'a donc fallu lui arracher bribe à bribe des informations pour pouvoir rédiger quelque chose... et "profiter" de ce qu'elle soit absente pour le publier!

Au Salon Marjolaine de 2016, j'avais été intrigué par plusieurs stands qui proposaient des produits bio sous forme de lingettes diverses et variées. Et d'autre part, j'assistais parfois à l'utilisation de "cotons jetables" à la maison... Alors je me suis dit: "pourquoi pas?" - d'autant plus facilement que je n'étais pas personnellement concerné par le produit!

Quelques éléments de calcul (ça, c'est un peu plus ma partie!): un paquet de 70 "cotons jetables" coûte 2,80 euros au Fr*nprix (et dure donc un peu plus d'un mois). Cela fait qu'un "disque" revient à 4 cents, et qu'il faut compter un budget annuel de 14,60 euros (un peu plus les années bissextiles), et même 16,80 euros si l'on considère qu'on achètera 6 paquets entiers. Mais avec du "lavable", il suffit de mettre le disque utilisé (une seule fois, sinon les bactéries auront proliféré... donc, changez de disque!) dans la machine, et on lancera le lavage du linge comme d'habitude avec juste ce petit supplément de poids (lavage à 40 degrés de préférence): ça ne consommera pas beaucoup plus d'eau ni de lessive. Bien entretenu (bien étendu et séché), un disque dure 3 ans. Mais, m'a-t-on maintes fois fait remarquer, que de manutention - et ces petits disques qui tombent sans vouloir rester sagement sur les fils...! Pour d'autres côtés négatifs, encore, dixit la maîtresse de blog: ça absorbe différemment les liquides par rapport aux "cotons" dont elle avait l'habitude (il faut donc davantage de produit?), puisqu'en fait elle ne les utlise pas pour se démaquiller mais pour appliquer sa lotion du soir (???).

Par ailleurs, c'est vrai que c'est un investissement de départ plus onéreux que plusieurs paquets de "cotons jetables". Donc, mesdames et mesdemoiselles (je suis attachée à cette dernière locution, même si elle n'a plus cours légal), un bon truc: ne vous achetez pas vos disques durables, mais... faites-vous les offrir! En plus, ça aura peut-être pour effet de sensibiliser aussi la personne en question aux bons gestes pour sauver la planète... (enfin, pour permettre à l'homme de continuer à vivre sur cette planeète, pour être précis - elle ne se porterait pas plus mal [voire mieux?] sans nous!).

Et en voyage, pour finir? De toutes manières, c'est (non négociable): "je reste sur mes cotons, bien sûr!".

Quelques arguments supplémentaires ici

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samedi 11 novembre 2017

Bricks (film) / Les briques rouges (livre) - Quentin Ravelli

... Et hop, le squatteur débarque en l'absence de la propriétaire du blog!

Vendredi 20 octobre 2017, j'avais (ta d loi du cine) convaincu dasola de venir voir une projection de documentaire suivie d'un débat avec le réalisateur au cinéma Les Trois Luxembourg, au Quartier latin à Paris (que je fréquente beaucoup moins depuis que je ne suis plus étudiant...). Le film en question est titré Bricks. Le fait qu'on puisse encore le voir à Paris cette semaine (dans une unique salle, un seul jour, à une seule séance!) me pousse à finaliser le présent billet. j'y prends en compte le visionnage du film, le débat d'après (avec le réalisateur, Quentin Ravelli, sociologue et chargé de recherches au CNRS, et Marguerite Vappereau, aujourd'hui enseignante en cinéma à l'Université de Paris I Panthéon-Sorbonne sauf erreur de ma part), mais aussi la lecture du matériel de promotion (notamment l'entretien de Quentin Ravelli avec Arnaud Hée du 13 janvier 2017 dans le dossier de presse) et enfin celle du livre Les briques rouges, disponible le soir de la séance (avec dédicace de l'auteur).

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Le film aurait pu, à mon avis, s'appeler "Casse-briques" (pour y réintroduire un jeu de mots signifiants). Quentin Ravelli nous a expliqué après la séance que "Ladrillo" (en espagnol) ou "Briques" (en français) n'aurait pas été assez "accrocheur" ou porteur de sens. Or, dans ce documentaire, le sens symbolique est important. Si l'on y visite à plusieurs reprises des usines de briques, si l'on voit agir ceux qui les fabriquent ou les vendent (dans la mesure du possible), elles servent surtout de fil rouge à une description sociologique de la crise immobilière en Espagne. Celle-ci est née de l'explosion d'une "bulle immobilière" qui reposait sur un mirage: faire miroiter à de pauvres gens l'espoir de s'acheter leur maison à crédit (prêts à taux variable). Conséquence: arrêt brutal des constructions de logement (de + de 600 000 en 2006 à moins de 30 000 en 2013 - officiellement), renchérissement des remboursements, insolvabilité, expulsions et pertes de logement... Pas grand-chose de nouveau depuis La jungle d'Upton Sinclair, si ce n'est l'émergence d'une nouvelle forme d'action collective, non-syndicale mais sous l'égide d'une "plateforme" (terme utilisé en Espagne pour désigner tout collectif de lutte). Le collectif aide les victimes de crédits à risque (manifestations de soutien au moment où sont prévues les expulsions, occupation d'agences bancaires afin de négocier le départ de l'appartement au paiement inachevé contre l'annulation de la dette restant à courir, aide au relogement par "squat" d'appartements vacants...). La crise immobilière a aussi provoqué des bouleversements électoraux, et nous suivons ainsi un maire qui s'efforce de revitaliser une "ville nouvelle" quelque peu fantômatique (sans argent, les "services publics" ont du mal à être mis en place), Valdeluz. Le film s'achève par une séquence artistique: des briques sont utilisées pour modeler des têtes géantes ensuite coulées en bronze.

Une fois la lumière revenue, le documentariste a livré quelques éléments, partie en monologue et partie en réponse aux questions du public (clairsemé): 5 ans de travail  (depuis 2012) pour ce projet, avec d'abord de longs repérages et cquelques images en "équipe légère", puis une accélération pour l'essentiel du tournage en quelques mois en 2015, dans de bonnes conditions techniques une fois le plan de financement bouclé, 200 heures de rushes pour 1H23 de plans montés, des "angles" à choisir en fonction de ce qui avait pu être capté "sur le vif"... J'en ai retenu les impondérables techniques (micro qui ne fonctionnaient pas pour des scènes de foule), des choix assumés par le réalisateur (qui aurait sûrement pu faire tel ou tel film "différent"). Dans le livre, il est fait plusieurs fois référence au DVD et aux "bonus" qu'il contiendra. Mais Les briques rouges peut évidemment donner à "décrypter" davantage de statistiques et d'explications que le film, tant sur le "matériau" brique que sur la construction ou le secteur économique que représente l'immobilier.

Pour ma part, j'ai posé quelques questions: le lien imaginable entre le "phalanstère" du XIXe siècle dans la même région, dont il est fugitivement question dans le film, et l'utopie sociale d'un Godin et de son "Familistère de Guise" (en France); l'attitude des "militants" de la plateforme face à la démarche de ce film; et la place des "bruits" de ces usines de fabrication de briques.

En ce qui concerne le phalanstère, il se rattachait plutôt au genre des cités ouvrières construites via un paternalisme patronal d'inspiration chrétienne. Aucun rapport avec un mouvement de type coopératif ou socialiste. D'autre part, la plateforme pour les victimes du crédit avait fort bien compris l'importance des vidéos en ligne pour promouvoir leur cause, et l'équipe de Bricks n'était donc pas seule à filmer les scènes fortes que l'on peut y découvrir. Au contraire, "mettre en scène" les parties plus intimistes n'a pas été simple, entre l'immigrée équatorienne qui pouvait avoir tendance à "surjouer" pour faire plaisir au documentariste, les ouvriers qui n'avaient pas prévu de déjeuner ensemble le jour où la scène figurait sur le plan de tournage, ou le maire hors d'état de témoigner... et a nécessité des choix du réalisateur, privilégiant ici le réalisme sur l'émotion.

Spontanément, les scènes dans l'usine de briques, puis le fait que le réalisateur ait parlé du "bruitage" (briques achetées chez LeroyMerlin et martyrisées pour en tirer des sons crissants pour la BO) m'avaient fait penser au documentaire C'est quoi ce travail? que j'avais chroniqué il y a 2 ans. Lorsque j'ai donc posé une question en ce sens, c'est cette fois l'enseignante en cinéma qui a répondu, pour préciser et recadrer, en disant que l'angle principal dans Bricks n'était pas "musical", mais avait plutôt choisi le produit "brique" (produit originellement dans l'usine) comme fil rouge et comme symbole de construction-déconstruction d'une bulle spéculative immobilière (je surinterprète sa réponse).

De tout ce qui a encore été dit, je retiendrais seulement que les policiers pouvaient se montrer compréhensifs lors des procédures d'expulsion, car eux aussi ont parfois des crédits sur le dos... Le public était ensuite convié à prendre un verre, mais dasola et moi en sommes restés là.

Pour dire quelques mots sur Les briques rouges (sous titre "Logement, dettes et luttes sociales en Espagne", éditions Amsterdam, août 2017, 192 pages), que j'ai lu en quelques jours, je dirais qu'il complète bien le film, sans le paraphraser. Il comporte 13 chapitres, une trentaine de pages de notes et 7 pages de bibliographie.

Voir aussi le billet sur le blog Persistence rétinienne.

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jeudi 9 novembre 2017

Carbone - Olivier Marchal / Logan Lucky - Steven Soderbergh / Hommage

Avant de m'envoler aujourd'hui pour le Chili pendant une dizaine de jours, je voulais chroniquer deux films. 

Je commence par Carbone d'Oliver Marchal, que je résumerai par "bof". Je n'ai rien compris à la fraude à la taxe carbone qui a fait perdre à la France plus d'un milliard d'euros en 2008-2009. En revanche, le film permet à Dani de trouver un rôle intéressant. Laura Smet dit à peine trois mots et joue les utilités en étant très maltraitée. Depardieu, en patriarche juif qui veut avoir la garde de son petit-fils, est égal à lui-même. Quant à Benoît Magimel, dont on connait le destin dès l'ouverture du film, on a l'impression qu'il souffre beaucoup. C'est un film violent qui n'apporte pas grand-chose. Lire le billet de Pascale plus enthousiaste que moi.

J'ai nettement préféré Logan Lucky de Steven Soderbergh, dans lequel Daniel Craig (James Bond) joue le rôle d'un taulard que deux frères font évader afin qu'il les aide à faire un casse: siphonner les recettes d'une course automobile sur un circuit fréquentés par des milliers de gens. Les deux frères Logan, l'un manchot, l'autre boiteux, avaient connu jusqu'au casse de méchants coups du sort. Les choses vont peut-être enfin s'arranger. Ce film sympathique a un rythme lent au début, puis tout s'accélère dans la dernière demi-heure. Il n'y a ni violence ni armes, mais les compiices, volontaires ou non, sont nombreux. Le casse est bien organisé. Les coupables seront-ils punis? Je vous laisse le découvrir.

Et enfin, je voulais rendre un petit hommage à un blogueur disparu cet été (je l'ai appris par l'intermédiaire de chez Sentinelle). Depuis le 17 août 2017, il n'écrivait plus de billet. Il est décédé le 22 août. Pour ma part, j'avais échangé avec lui quelques mois auparavant. Il m'avait envoyé le manuscrit d'un roman policier qu'il avait écrit en demandant mon avis. Il s'agit d'Alex-6, son blog "Y a quoi à chercher" est encore ouvert. Une nouvelle qui m'a rendue très triste.

Sur ce, je vous dis à bientôt avec plein de photos.

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mercredi 8 novembre 2017

L'intérêt de l'enfant - Ian McEwan

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J'ai hésité à lire L'intérêt de l'enfant de Ian McEwan (230 pages, Editions Gallimard), car j'ai eu peur du sujet assez sombre. Eh bien j'ai beaucoup aimé ce roman dans lequel Fiona, juge aux affaires familiales, est totalement dévouée à son travail. A 59 ans, mariée, elle n'a pas eu d'enfant et elle est en train de vivre quelques problèmes de couple. Appréciée par ses pairs, elle essaye avant tout, pour chaque affaire, de prendre une décision dans l'intérêt des enfants. C'est une femme au jugement sûr. Elle aussi une pianiste amateur plutôt douée. Un jour, elle doit rendre un jugement délicat. Pour mieux statuer et se rendre compte par elle-même, elle se rend à l'hôpital au chevet d'Adam, un jeune homme, âgé de 17 ans et 9 mois, atteint de leucémie. Il doit être transfusé pour être sauvé. Les croyances religeuses d'Adam et surtout celles de ses parents interdisent les transfusions sanguines. Ils sont témoins de Jehovah. Dans l'intérêt de l'enfant, puisqu'Adam n'a pas encore atteint sa majorité, Fiona rend un jugement. Je vous laisse découvrir lequel, avec toutes les conséquences qui s'ensuivent. J'ai été très touchée par Fiona. On sent que McEwan aime son personnage. Un roman qui se lit vite. Je vous le conseille.

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mardi 7 novembre 2017

Le street art et CHARLIE - Collectif / Marie Christian

Ce mois-ci mon hommage aux tués de Charlie Hebdo est particulier, puisque la présente chronique (signée ta d loi du cine, squatter chez dasola) n'est pas consacrée à l'un de leurs livres ou albums, mais à un recueil d'hommages, Le street art et CHARLIE, sous-titré "La mémoire des murs" (éditions Omniscience, avril 2015, 128 pages, 230 illustrations, rassemblées par Marie Christian).

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Extrait de l'Avant-propos des éditions Omniscience: "Dans les jours qui suivirent les événements dramatiques du mois de janvier 2015 une évidence s'imposait à nous: il fallait faire un livre. (...) pour conserver une trace des innombrables messages, peintures et dessins posés dans la rue par tant d'anonymes et d'artistes du street art." Extrait du texte de 4ème de couv': "Ce livre forme un précieux inventaire de ce qui a été exprimé dans l'urgence, dans l'émotion, sur les murs des villes. C'est aussi et surtout un livre de combat contre toute forme de fanatisme." Je suis bien entendu en accord avec une citation que je relève p.5: "Assassiner pour un dessin qui raille et qui déplaît, une religion qui n'est pas la sienne. Ne nous habituons pas à cela. Jamais." Les photos sont celles d'affiches, tags, pochoirs, et d'autres oeuvres éphémères, avec des motifs liés aux attentats.

On peut trouver des définitions du "street art" sur un site spécialisé ou sur wikipedia bien sûr. Le livre a bénéficié d'un financement participatif: 5614 euros apportés par 171 contributeurs pour une demande initiale de 3300 euros (couverte, donc, à 170%) via KissKissBankBank. Les droits d'auteurs de cet ouvrage sont versés à l'association Les Bâtisseuses de paix

La sélection d'illustrations que j'en tire ci-dessous est bien plus étriquée que le vaste contenu du livre, car je ne cite ci-après (pour rappel, les droits des illustrations appartiennent aux éditions Omniscience ou aux artistes concernés) que ce qui m'a vraiment semblé représenter les dessinateurs assassinés à Charlie hebdo. Même si la Toussaint est passée depuis quelques jours, ils n'en sont plus à cela près je pense. Je n'ai pas repris toutes les oeuvres représentant Cabu (qui a souvent symbolisé l'ensemble des artistes et journalistes assassinés).

P1050599 Ces portaits magnifiques sont dûs à Morèje.

P1050598 Jef Aérosol a rendu hommage à toutes les victimes (connues ou anonymes) de ces jours massacrants.

P1050597 Cabu et Wolinski sont représentés par Big Ben comme rigolant de voir Hollande tagué par un pigeon le 11 janvier 2015...

P1050600 Pochoir de Nice Art ("on a assassiné mon Grand Duduche (...) [qui] pour moi est comme un cousin.").

Mon ressenti, à la lecture de ce que disent les artistes qui ont pu s'exprimer dans le livre, c'est que les trois jours d'attentats sont parfois entrés en résonnance avec les causes qui, chacun et chacune, leur tiennent à coeur, au-delà de Charlie Hebdo. Par ailleurs, j'ai aussi trouvé quelques autres oeuvres (non répertoriés dans le livre sauf erreur de ma part) sur le blog Piwee

Pour l'anecdote, ce livre, dasola me l'a offert lors de notre visite au Musée de l'Homme (qui porte notamment des thématiques humanistes et anti-racistes). Il figurait parmi les titres proposés par leur petite librairie, dont j'ai trouvé la sélection fort pertinente. Le Musée de l'Homme, inauguré en 1938 et rénové de 2009 à 2015, conserve aujourd'hui "l'objectif de présenter une synthèse de l’histoire de l’espèce humaine par un discours allant du biologique au culturel et de l’universel au particulier. (...) Il aborde aussi bien l’étude des périodes les plus anciennes que la période contemporaine qui questionne le devenir de l’Homme", selon son site internet.

Pour en revenir au livre, en conclusion, j'ai été frappé par le témoignage d'un artiste, qui dit (p.116) travailler "depuis deux ans sur un projet contre le racisme et l'incompréhension entre communautés. (...) En ce moment je travaille avec des jeunes en difficulté. (...) J'ai essayé de leur faire comprendre qu'on ne tue pas les gens avec qui ont n'est pas d'accord. Ils ont peu à peu modifié leur raisonnement, et ils ont été touchés à leur tour". Misère de misère! Tout ça pour ça! Et qu'en sera-t-il des milliers et milliers d'autres "jeunes", qui, eux, ne bénéficient pas d'un tel programme de sensibilisation, certainement financés par des fonds publics (qui se font rares à l'heure actuelle)? Ne risquent-ils pas de ne jamais "modifier leur raisonnement"?

*** Je suis Charlie ***

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samedi 4 novembre 2017

Au revoir là-haut - Albert Dupontel

Je dis tout de suite que je n'ai toujours pas lu le roman de Pierre Lemaître, Au revoir là-haut (prix Goncourt 2013), mais j'avais lu la BD parue en 2015 (non chroniquée). C'est Pierre Lemaître qui a réalisé l'adaptation, et Christian de Metter a fait les dessins.

Pour en revenir au film d'Albert Dupontel qui interprète l'un des deux rôles principaux, les premières scènes dans les tranchées, la couleur et l'image m'ont fait penser A un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet (2004). Le 9 novembre 1918, les soldats français, dont Albert Maillard et Edouard Pericourt, attendent l'armistice avec impatience. Malheureusement, le lieutenant d'Aulnay-Pradelle qui commande ces soldats ordonne à deux d'entre eux d'aller vers la tranchée adverse. Ils sont abattus d'une balle dans le dos. Et les canons allemands se mettent à envoyer un déluge d'obus. Albert est enseveli avec un cheval mort, et Edouard est défiguré. Il devient une "gueule cassée". Désormais, revenu à la vie civile, il porte différents masques pour dissimuler son visage. Par ailleurs, grâce à Albert qui s'en est sorti, il prend l'identité d'un soldat mort, ne pouvant se résoudre à retourner dans sa famille avec son visage abîmé. Edouard, très doué en dessin, est le fils d'un riche banquier. Albert fait tout pour l'aider du mieux qu'il peut. Tous les deux, en compagnie d'une jeune orpheline, ils mettent au point une escroquerie aux monuments aux morts. Pendant ce temps là, d'Aulnay-Pradelle se fait de l'argent sur le dos des morts au combat. Il dirige un genre d'entreprise de pompes funèbres qui déterre les corps des soldats enterrés dans des tombes de fortune sur les champs de bataille et les inhument à nouveau dans des cimetières militaires. Parfois les corps étaient intervertis. Par ailleurs, d'Aulnay-Pradelle, qui est un ignoble personnage, s'est marié avec la soeur d'Edouard. Je m'arrête là pour l'histoire. C'est un film très bien joué jusqu'aux petits rôles. Arestrup en père d'Edouard est bouleversant. Mention spéciale au jeune Nahuel Pérez Biscayart qui, derrière ses masques en plumes ou en carton, a un regard qui vous chavire. La réalisation est virevoltante. Je ne m'attendais pas à une telle maîtrise de la part d'Albert Dupontel dont je n'ai pas aimé certains films. Le sujet l'a vraiment inspiré. Un film à voir. Lire les billets de Pascale et de ffred.

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mercredi 1 novembre 2017

La soif - Jo Nesbø

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Ayant quitté Harry Hole dans Police, j'étais impatiente de retrouver le grand gaillard blond cabossé. Les lecteurs auront attendu trois ans avant de revoir Harry grâce à La soif (Editions Gallimard, 600 pages). Harry Hole est devenu instructeur à l'Ecole supérieure de police. Il est apaisé, heureux en ménage (il a épousé Rakel) et il s'entend bien avec son beau-fils Oleg qui veut lui-même devenir policier. Un soir, en rentrant chez elle, Elise, une jeune femme, se fait assassiner en se faisant mordre dans le cou. Elle s'est entièrement vidée de son sang. Juste avant de mourir, ele reconnait le visage de l'assassin qui était abonné comme elle à un site de rencontres sur le web. Mickael Bellman, le chef de la police qui a des ambitions politiques veut que cet assassinat soit résolu le plus vite possible. Il décide de faire appel à Harry Hole bien qu'il le haïsse. Harry ne peut pas refuser devant un certain chantage de Bellman. Par ailleurs, on sait vite quelle est l'arme du crime: des dents de fer rouillées montées en dentier. On nous révèle bien avant la fin le nom de l'assassin qui est lui-même manipulé par quelqu'un d'autre. Les 600 pages se lisent presque d'une traite grâce aux nombreux rebondissements de l'histoire dans laquelle le sang joue un rôle central. Il est aussi beaucoup question de vampirisme. Pour moi, ce n'est pas le meilleur "Harry Hole" car j'avais préféré Le léopard, Fantôme ou Les cafards mais j'ai été très contente de retrouver Harry qui une fois de plus va finir assez amoché. J'espère que, pour le tome suivant, Nesbø nous fera moins attendre.

Lire le billet de baz'art.

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dimanche 29 octobre 2017

La belle et la meute - Kaouther Ben Hania / The Square - Ruben Östlund

La belle et la meute de Kaouther Ben Hania est inspirée d'une histoire vraie. Toute l'action se déroule pendant une soirée et une nuit. En Tunisie, Mariam, une très jolie jeune femme âgée de 21 ans et célibataire, va subir un viol (hors champ). Elle a perdu son portable et son sac à main avec ses papiers. Elle était en train de se promener au bord de la plage avec Youssef, un homme rencontré à une soirée dans un dancing. C'est lui qui va la pousser à porter plainte. A partir de là, une sorte de calvaire commence pour Mariam. Elle se rend dans une clinique proche où elle est mal accueillie. N'ayant plus de papier d'identité, la réceptionniste affirme que l'on ne peut rien pour elle. Dans un autre hôpital, on lui dit qu'il faut d'abord qu'elle porte plainte à la police. Arrivée au poste, elle est insultée, menacée. Il faut dire que ceux qu'elle accuse de l'avoir violée sont des policiers. Mariam, pas très grande mais volontaire ne s'en laisse pas compter. Elle a du courage face à cette meute qui espère qu'elle rentre chez elle se reposer et puis c'est tout. Pour eux, un viol, ce n'est rien ou presque, pourquoi veut-elle se plaindre? Les hommes n'ont pas le beau rôle, à part peut-être un vieux policier à cheveux blancs qui semble moins borné et moins bête que les autres. J'ai trouvé en revanche qu'il n'y avait pas beaucoup de solidarité entre les femmes. Une réceptionniste obtuse, une gynéco, une femme policier: les trois la considèrent avec mépris ou indifférence. Un film prenant jusqu'au bout. La fin se termine sur le lever du jour... Un film qui m'a plu malgré quelques maladresses de scénario. Lire le billet de Pascale.

Je n'en dirai pas autant concernant The Square, le film suédois de Ruben Östlund, Palme d'or au dernier festival de Cannes en 2017. Je suis sortie perplexe. Je pense que je n'ai pas compris ce que le réalisateur qui est aussi le scénariste a voulu nous dire ou nous montrer. Personnellement, je me suis forcée à aller voir The Square parce qu'il a reçu une Palme d'or. Comme j'avais des a priori négatifs après avoir vu la bande-annonce, mon jugement a peut-être été faussé. J'ai trouvé ce film ni drôle, ni intéressant. Je trouve que ce qui pêche, c'est le scénario. Il y a des scènes pleine de "non sense" comme on dit en anglais. Un chimpanzé dans un salon qui se met du rouge à lèvres, un homme qui imite un chimpanzé et terrorise toute une assemblée à table. J'ai aussi trouvé que de se moquer de quelqu'un atteint de la maladie de Gilles de la Tourette n'était pas du meilleur goût. On est dans la surenchère et au bout du compte, cela m'a laissé indifférente. Le film dure presque 2H30 qui passent relativement vite. L'acteur principal, Claes Bang, que je ne connaissais pas mais à qui j'aurais donné le prix d'interprétation masculine, est très bien et plutôt bel homme. Il joue avec un détachement de bon aloi. Il y a de très beaux plans avec un travail sur les cadrages. Je suis pour ma part passée à côté de cette Palme. Lire les billets de Pascale, Tinalakiller et ffred qui racontent beaucoup mieux que moi le film.

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jeudi 26 octobre 2017

La nuit des béguines - Alicie Kiner

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J'ai lu La nuit des béguines d'Alice Kiner (Editions Liana Levi, 321 pages), qui fait partie des romans de la rentrée littéraire 2017, car j'aime beaucoup les histoires qui se passent au Moyen-Age. En lisant ce livre, j'ai appris l'existence d'une institution unique en France, le grand béguinage de Paris, fondé par Louis IX, Saint-Louis. Il se situait dans le quartier du Marais. Des femmes indépendantes et libres (ce qui les rend suspectes aux yeux des ecclésiastiques), appartenant à une communauté religieuse laïque, y ont vécu pendant plus d'un siècle, entre le XIIIème et le XIVème siècle. Le livre se déroule entre janvier 1310 et mai 1315. En préambule du livre, il est fait allusion au 1er juin 1310, jour où, place de Grève à Paris, Marguerite Porete, une béguine, est brûlée vive pour avoir écrit un texte, "Le miroir des âmes simples et anéanties", qui critique les clercs et les théologiens en prônant une fusion amoureuse avec le Créateur sans besoin de l'intercession de l'Eglise. Avant d'être condamnée au bûcher, elle avait été mise à disposition de la justice papale et de l'inquisition. Il ne faut pas oublier qu'on est en pleine période de procès des Templiers. Mais le livre se concentre plus particulièrement sur le destin de quelques béguines, jeunes et moins jeunes, dans l'enceinte de ce lieu clos où les hommes ne sont pas admis. La vieille Ysabel fait office de médecin en composant des remèdes à base de plantes, elle accepte de recueillir Maheut, à la chevelure rousse, enceinte, qui fuit son mari. Agnès est l'intendante d'Ysabel. Elle a fui son mari violent et dépensier qui a ruiné sa famille. Je m'arrête là pour les présentations. Le béguinage était composé de maisonnettes séparées les unes des autres dans un grand enclos fermé la nuit. Ces cinq ans en compagnie de ces béguines m'ont beaucoup intéressée. Un livre à découvrir. Lire le billet d'Edyta.

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mercredi 25 octobre 2017

Le goût des livres - présentation d'Aifelle (à l'occasion de ses 750 commentaires chez Dasola)

Voici une deuxième présentation de blogueuse fidèle commentatrice du présent blog, après Dominique de A sauts et gambades le 28 avril 2017. Sollicitée par moi (ta d loi du cine, squatter chez dasola) quand elle avait passé le cap des 500 commentaires sur le Blog de dasola (fin août 2014), Aifelle n'avait pas alors souhaité inaugurer la présente rubrique. Elle a eu la gentillesse de prendre un peu de hauteur pour répondre à son tour au questionnaire, après avoir passé son... 750e commentaire ici. Nous le publions aujourd'hui, exactement 9 ans après sa première manifestation chez dasola!

Banniere_blog_AIFELLE

Bonjour Aifelle, pour que les lecteurs comprennent qui vous êtes, pouvez-vous vous présenter ? Derrière ce pseudonyme, pouvez-vous nous livrer quelques éléments biographiques? Dans quelle tranche d’âge vous situez-vous (car un lecteur de 20 ans n’ayant pas le même ressenti qu’un de 60, cette information a son importance)? Avez-vous fait des études ou exercé une profession ayant un rapport avec la littérature ?

J’aurais dû répondre au questionnaire plus tôt. J’aurais encore pu être dans la tranche soixante. C’est fini depuis cette année (et ça ne me fait pas plaisir).

Non aux deux questions. Je n’ai pas fait d’études et je n’ai pas exercé de métier proche de la littérature. Mes goûts se sont forgés au petit bonheur la chance d’abord, puis se sont affinés au fil des années.

* Parlons un peu de vous et de votre site: Le goût des livres. Quand et pourquoi avez-vous souhaité le créer?

J’ai commencé à fréquenter la blogosphère il y a une dizaine d’années ; je suis tombée par hasard sur le site de Cathulu (toujours parmi nous) et j’ai ouvert la boite de Pandore en suivant ses liens. Toutes ces passionnées de lecture, c’était inespéré. J’ai d’abord laissé des commentaires à droite à gauche pendant un an avant de me lancer moi-même (sous la pression amicale de quelques-unes qui se reconnaîtront)

* Malgré son titre, vous y parlez d'autre chose que de livres (avec des billets cinéma, photos, des vidéo musicales): pourquoi?

Je n’ai pas un rythme de lecture effréné, je prends mon temps et je pensais au début que mon blog n’était pas assez alimenté. Comme je fréquentais aussi des blogs ciné et photos, tout naturellement j’ai inclus quelques billets plus diversifiés. J’ai d’ailleurs remarqué que j’avais davantage de commentaires sur les billets photos que sur les autres. Au fil du temps j’ai ralenti et maintenant les billets viennent comme ils veulent et comme je peux.

* En ce qui concerne la lecture: quel est votre but avec ce blog ? Débroussailler le champ immense des lectures possibles, faire partager vos émotions de lectures…?

Mon souhait était surtout d’échanger sur mes lectures et d’élargir mon horizon. Objectif pleinement rempli, surtout au début, les échanges étaient vifs et porteurs. Je déplore depuis quelque temps le peu de retour sur les blogs, peu de commentaires et peu de réponses aux commentaires. Les échanges se tarissent. La faute à Facebook, Twitter, Instagram et autre??

Un point positif que je ne voyais pas au départ est que je me sers aussi du blog comme aide-mémoire !

* En moyenne et à titre indicatif, combien lisez-vous de bouquins par mois? Et pour rester dans les chiffres, quelle est la moyenne de fréquentation de votre blog par jour? Suivez-vous les statistiques de votre blog? Avez-vous une idée du nombre de vos visiteurs?

Je suis fâchée avec les chiffres et avec les statistiques! Je ne vais jamais les regarder. Je lis à peu près 5-6 livres par mois, évidemment ça dépend de leur nombre de pages. Je ne cherche pas à faire plus ou moins. J’ai en général deux lectures en cours. Un broché chez moi, un poche pour mes sorties (ne jamais sortir sans un livre, on ne sait jamais...).

* En tant que lectrice, comment vous définiriez-vous? La lecture tient-elle un rôle important dans votre vie?

La lecture a toujours tenu un rôle important dans ma vie. Je crois que l’apprentissage de la lecture a été un moment merveilleux pour moi. Je n’avais pas de livres à ma disposition à la maison. En primaire, j’ai lu 5 ou 6 fois la bibliothèque de l’école, assez restreinte à l’époque. Dès que j’ai gagné quelques sous, j’ai acheté des livres. Je me souviens encore de mes deux premiers achats en livre de poche: L’adieu aux armes d’Hemingway et Vipère au poing d’Hervé Bazin, en poche. L’un m’a marquée plus que l’autre, je vous laisse deviner lequel.

* Combien de temps consacrez-vous à la lecture chaque jour?

Je lis à peu près deux heures par jour, réparties sur la journée. Evidemment, c’est variable selon mon emploi du temps. Contrairement aux idées reçues, je ne lis pas davantage depuis que je suis à la retraite, je lis autrement.

* Salons du livre, rencontres avec les auteurs et séances de dédicaces … Les recherchez-vous?

Les blogs m’ont donné l’idée d’aller dans les salons du livre, ce que je ne faisais pas avant. Je fuis la foule, mais je ne déteste pas l’effervescence autour de la chose littéraire de temps en temps. Et c’est surtout l’occasion de rencontrer en vrai des blogueuses (pardon aux Messieurs qui sont très rares) et de faire plus ample connaissance. J’avais par contre déjà l’habitude d’aller aux rencontres organisées par ma librairie. Je les trouve en générale intéressantes, même les auteurs que je n’ai pas l’intention de lire. Et j’ai quelquefois de belles surprises.

* Votre endroit favori pour lire?

Je suis capable de lire partout (sauf dans ma chambre). Dedans, dehors, dans les transports en commun, dans les cafés, dans les jardins, dans les salles d’attente.

* Etes-vous plutôt livre papier ou liseuse électronique?

Je suis résolument papier. J’ai fait un essai de liseuse lorsque j’ai été opérée des yeux. J’ai apprécié les gros caractères et de pouvoir continuer à lire, mais je me suis empressée de la rendre à la bibliothèque lorsque j’ai pu reprendre la lecture normale. Il est possible que je revienne vers la liseuse quand mes articulations ne pourront plus supporter le poids des pavés, mais ce ne sera pas de gaîté de cœur.

* Comment choisissez-vous vos lectures? (bouche-à-oreille, cadeau, article de presse, hasard…)? Avez-vous un genre favori? Un auteur – vraiment – préféré?

Je ne sais pas si je choisis mes lectures ou si ce sont elles qui me choisissent maintenant. Je suis une grande fan de radio et j’y entends constamment des auteurs et des thèmes qui me font fébrilement noter. Ces temps-ci je reviens davantage vers des récits de vie ou de voyage, j’aime les alterner avec des romans. Je ne peux pas dire que j’ai un auteur préféré, j’ai des goûts éclectiques; j’essaie de suivre les auteurs que j’aime, le problème c’est qu’ils se multiplient au fil des années et je n’y arrive plus.

* A quoi êtes-vous sensible lorsque vous avez un livre en main?

J’aime les livres qui se tiennent bien en main, au format pratique, je suis sensible aussi à la qualité du papier (qui se fait rare). Lorsque le texte est aussi de qualité, c’est un plaisir total.

* Offrez-vous des livres? Si oui comment les choisissez-vous?

Il m’arrive d’offrir des livres; je les choisis soigneusement en fonction de ce que je sais de mon interlocuteur. Mais j’ai hélas peu de vrais lecteurs dans mon entourage immédiat.

* S’il ne fallait en retenir qu’un? Quel livre vous a le plus profondément marquée, parmi tous ceux que avez pu lire? Pourquoi celui-ci?

Retenir un seul livre ? Ça me paraît impossible. Un livre cependant que je voudrais relire tellement il m’avait secouée: Une vie bouleversée d’Etty Hillesum. Il ne peut pas s’explorer en une seule fois. C’est  un témoignage sur la vie des juifs à Amsterdam dans les années 40, une recherche spirituelle, une réflexion sur les camps où elle est morte à 27 ans, sur l’humain en général.

* Avez-vous un souvenir (bon ou mauvais) marquant d’une lecture enfantine ou adolescente?

Dans mes lectures enfantines, j’ai été déchirée par l’épopée de Rémy, le petit orphelin d’Hector Malot. Ah là là, qu’est-ce que j’ai pu l’aimer celui-là et le relire indéfiniment. Je n’ose pas l’aborder maintenant, j’ai peur de ne rien y retrouver de mes émotions d’enfant.

SansFamille

* Comme d’autres «dévoreuses de bouquins», êtes-vous vous aussi tentée par l’écriture?

Je ne suis pas tentée du tout par l’écriture, je sais que je ne suis pas douée pour cela. J’ai écrit quelquefois pour moi, plus pour clarifier certaines situations que pour le plaisir pur d’écrire.

* Un dernier mot pour conclure cet échange? Quelle question auriez-vous voulu que l'on vous pose?

La question qui se pose régulièrement: vais-je continuer le blog? Je suis dans l’expectative, si les échanges continuent à se raréfier, aura-t-il encore un intérêt? Je réfléchis. Pour le moment il est urgent d’attendre...

Merci Aifelle!

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Prochaine présentation: ... 1 de celles et ceux qui ont d'ores et déjà franchi le cap des 400 commentaires, sans doute!

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lundi 23 octobre 2017

Numéro Une - Tonie Marshall / Taxi Sofia - Stephan Komandarev

Numéro Une de Tonie Marshall est un film réussi, même si je l'ai trouvé un peu sage. Il est classique et sobre. Il donne la part belle aux acteurs et permet de revoir avec plaisir Francine Bergé et Sami Frey peu présents sur les grands écrans depuis un moment. Numéro Une raconte comment Emmanuelle Blachey (Emmanuelle Devos) va parvenir à la tête d'une entreprise du CAC 40. L'histoire est librement inspirée de celle d'Anne Lauvergeon et d'Areva. Emmanuelle Blachey est une brillante ingénieure à qui on propose cette opportunité grâce à un réseau de femmes influentes bien organisées qui se battent avec les mêmes armes que les hommes: le sexe, le pouvoir et l'argent. Tous les coups sont permis dans ce milieu misogyne. La pression est énorme. Emmanuelle a un peu mal à concilier vie personnelle et vie professionnelle. Son père (Sami Frey), ancien professeur d'université, est à l'hôpital. Gary, le mari d'Emmanuelle, est obligé de démissionner de son emploi. Même si on sait comment le film se termine, on suit avec intérêt les différentes péripéties qui permettent à Emmanuelle de parvenir à la présidence d'Anthéa (nom fictif). En sortant de la salle, on se dit que, malheureusement, ce n'est que de la fiction. Suzanne Clément, Benjamin Biolay, Bernard Verley et Richard Berry (en méchant) complètent une distribution homogène. J'aurais aimé un peu plus d'audace. Lire les billets de Pascale, ffred et Colette.

Je passe à Taxi Sofia de Stephan Komandarev que je n'ai pas encore vu beaucoup chroniqué sur les blogs (je trouvais cela dommage - mon ami m'a déniché Aurore). L'histoire se passe à Sofia, capitale de la Bulgarie. Pendant vingt-quatre heures, plusieurs taxis vont se croiser dans la ville au bord de la crise de nerf. On sent que la ville et ses habitants vont mal. En tout cas, ceux qui restent et qui prennent un taxi. « La Bulgarie est le pays des optimistes : tous les dépressifs et les pessimistes sont partis depuis longtemps. » « c'est un pays "que Dieu a depuis longtemps quitté avec un tiers de la population" ». Micho, un chauffeur de taxi (un petit entrepreneur), après avoir déposé sa fille de 12 ans au collège et s'être fait insulté par une fille de 16 déguisée en "call-girl", part à un rendez-vous avec son banquier qui pour lui débloquer un prêt multiplie par deux le pot-de vin demandé. Micho abat le banquier et se tire une balle dans la tête. Plus tard, on voit un vieux chauffeur malmené par un couple adultère. Il vient de perdre son fils de maladie et on le retrouvera plus tard sur le bord d'une route en train de raconter la mort de son fils à un chien amateur de pizza. Un troisième chauffeur de taxi plutôt dragueur sauve un suicidaire qui voulait se jeter d'un pont. C'est le cinquième de l'année qu'il sauve! Puis il y aussi une femme, chauffeur de taxi, qui prend en charge des jeunes ivres, puis plus tard, un homme qu'elle a jadis connu (je vous laisse découvrir ce qui arrive). Il ne faut pas oublier le chauffeur pope qui a des doutes sur l'existence de Dieu et enfin un chauffeur qui voulant escroquer un client connait une fin tragique. J'ai apprécié l'humour noir de film dont le rythme est rapide et intense. Il s'agit du premier film du réalisateur (un ancien pédo-psychiatre) qui est distribué en France. Peut-être parce qu'il a été sélectionné dans la section "Un certain Regard" au Festival de Cannes de cette année 2017.

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vendredi 20 octobre 2017

Detroit - Kathryn Bigelow

Pendant deux heures vingt minutes, le spectateur se trouve à Detroit, en juillet 1967. Cette ville, berceau du label de chansons Motown et capitale de l'industrie automobile vit des émeutes sanglantes. Tout part, pendant une soirée, d'un cercle de jeu clandestin où une fête est organisée pour célébrer le retour d'un soldat noir du Vietnam. La police interrompt cette fête. Les gens se dispersent pour éviter l'affrontement avec les forces de l'ordre. Un ou deux jours plus tard, c'est l'état de siège dans Detroit. Les magasins sont pillés. Dans une salle de spectacle, un concert où se succèdent des chanteurs de "soul" est interrompu. The Dramatics, un groupe de cinq chanteurs noirs qui s'apprêtaient à monter sur scène pour la première fois, se retrouve dans la rue et se réfugie dans un motel voisin, The Algiers Motel, en évitant les arrestations de masse. Fin de la première partie. A partir de là, tout dérape, un Afro-américain logeant dans le motel a la très mauvaise idée de tirer avec un pistolet d'alarme en direction des militaires stationnés dans la rue. Les autres Afro-américains et deux jeune femmes blanches présents sur les lieux essuient des tirs de riposte. Le motel est bientôt investi par les gardes nationaux et surtout par des policiers dont le meneur s'appelle Krauss, un nazillon de la pire espèce qu'on avait croisé au début du film. Durant plus d'une heure dans un huis-clos étouffant, on assiste à l'humiliation et au tabassage des afro-américains et des deux jeunes femmes qui sont agressées et ceci en tout impunité. Trois noirs sont tués. Melvin, le seul vigile noir arrivé en renfort, n'a pu rien pu faire. Fin de la deuxième partie. Dans la troisième partie qui sert aussi d'épilogue, on voit les policiers blancs traduits en justice. Les jurés et le juge sont blancs. Donc vous pouvez deviner que les prévenus vont s'en sortir. C'est un film asphyxiant. On sort chamboulés et révoltés. La caméra suit les acteurs de très près. On ne sort pas indemne de Detroit (film réalisé par Kathryn Bigelow), qui ne peut pas laisser indifférent, qu'on l'aime ou pas. Lire les billets de Pascale, Aurore et Chris,

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jeudi 19 octobre 2017

Danielle Darrieux (1917-2017)

Encore une disparition, Danielle Darrieux nous a quittés à l'âge de 100 ans. Née à Bordeaux, le 1er mai 1917, elle avait commencé sa carrière dans les années 30. Je l'avais appréciée dans Madame D. de Max Ophüls (1953), dans L'affaire Cicéron de Joseph Mankiewicz et La vérité sur Bébé Donge (1952) d'Henri Decoin (qui fut son mari), dans Le Rouge et le Noir de Claude Autant-Lara (1954) où elle interprétait Mme de Rénal. On peut aussi retenir Marie-Octobre de Julien Duvivier (1959) et plus récemment Les demoiselles de Rochefort de Jacques Demy (1967). François Ozon l'a fait tourner dans 8 femmes en 2002 et et Pascal Thomas dans L'heure zéro en 2007 (d'après Agatha Christie). Après Jeanne Moreau et Jean Rochefort, Gisèle Casadesus, le cinéma français est en deuil une nouvelle fois.

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mardi 17 octobre 2017

Le garçon - Marcus Malte

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Le garçon de Marcus Malte (Editions Zulma, 534 pages) a été récompensé par le prix Fémina en 2016. Je trouve ce prix mérité. C'est le premier roman de l'auteur que je lis, et il m'a beaucoup plu. Je l'ai trouvé lyrique, ample et très bien écrit. Le garçon ne porte pas de nom, il ne parle non plus. Quand le roman commence, le garçon a 14 ans, nous sommes en 1908. Il porte le corps de sa mère qui vient de mourir. Elle paraissait 60 ans alors qu'elle en avait 30. Le garçon marche en se dirigeant vers la mer. Il se retrouve à l'étang de Berre. Après avoir dressé un bûcher pour brûler le corps de sa mère, le garçon se met à marcher vers le nord. Il est recueilli pendant quelques mois dans un hameau. Mais après en avoir été chassé, il continue son périple à bord d'une roulotte conduite par Brabek, "l'ogre des Carpathes", un ancien artiste de cirque qui a fait rouler sa bosse aux Etats-Unis. Brabek étant mort subitement, le garçon va arriver pas loin de Paris. Là, il a un accident de circulation causée par Emma, une jeune femme qui va l'aimer d'une manière absolue pendant 4 ans. Elle prénomme le garçon Félix. Pendant presque 130 pages, on se retrouve dans la vie intime sensuelle et érotique d'Emma et Felix. Puis, en 1914, tout s'arrête. La guerre est déclarée et Felix devenu Mazeppa part au front. Il survit à tous les combats avant d'être blessé vers la fin de la guerre. Condamné pour un délit au bagne de Cayenne pendant 7 ans, il termine sa vie dans la cordillère des Andes. J'ai tout dit et rien dit en même temps sur la vie de ce Garçon que je vous conseille de découvrir. Oncle Paul, Ingannmic, L'or des livres, zazymuth et The cannibal lecteur sont aussi enthousiastes que moi.

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samedi 14 octobre 2017

Le jeune Karl Marx - Raoul Peck / Confident royal - Stephen Frears

Le jeune Karl Marx du réalisateur haïtien Raoul Peck m'a beaucoup plu. C'est après avoir lu le billet de Pascale que j'ai eu envie de le voir. J'ai surtout apprécié d'entendre les deux acteurs, trilingues, qui donnent une certaine authenticité à l'ensemble. Le réalisateur a choisi de retracer la vie et l'oeuvre de Marx entre 1844 et 1848, années pendant lesquelles Marx va de Paris à Bruxelles et puis Londres. En septembre 1844, à Paris, Karl Marx (August Diehl, très bien), gagne chichement sa vie en écrivant des articles. Il est marié à Jenny Von Westphalen depuis un an. C'est à Paris qu'il rencontre Engels, fils d'un riche industriel allemand vivant et possédant une usine en Angleterre. Entre Marx et Engels, c'est le début d'une profonde amitié qui durera jusqu'à la mort de Karl Marx. Ensemble, ils se mettent à écrire des livres en commun. Ils rencontrent Proudhon (célèbre pour la phrase "La propriété, c'est le vol"). Etant en désaccord avec la pensée de Proudhon, ils continuent d'écrire. A cause de leurs écrits, ils sont chassés de France, puis de Belgique et ils s'installent en Angleterre. C'est là qu'ils écriront Le manifeste du Parti communiste publié en février 1848. J'ai trouvé le film intéressant car il n'est pas didactique. Les acteurs sont tous bien dans leur rôle. Et je pense avoir appris des choses. S'il passe par chez vous, vous pouvez aller le voir. 

Je vous conseille aussi d'aller voir Confident Royal de Stephen Frears, rien que pour Judi Dench en reine Victoria. Elle est impériale en reine d'Angleterre et impératrice des Indes. Le réalisateur, qui n'est pas tendre avec les us et coutumes de la royauté anglaise, nous raconte une histoire vraie pour l'essentiel. En 1887 pour le jubilé célébrant les 50 ans de la Reine Victoria, une médaille (mohar) est offerte à Victoria par deux Indiens qu'on a fait venir spécialement du "sous continent" britannique. En effet, l'Inde est sous domination britannique depuis 29 ans. Malgré les instructions très strictes faites à Abdul Karim, l'un des deux Indiens, sur le fait de ne pas croiser le regard de la Reine, il ne peut s'empêcher de le faire et Victoria, âgée de presque 70 ans, à l'époque trouve cet homme très beau. De là, commence une amitié entre la reine et l'Indien qui ne plaît pas du tout à l'entourage royal. Je n'en dirai pas plus, sauf pour saluer encore le talent de Mme Dench. J'ai retenu son monologue percutant où elle parle de ses divers problèmes de santé, concluant qu'elle n'est certainement pas folle. 

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mercredi 11 octobre 2017

L'ordre du jour - Eric Vuillard

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L'ordre du jour d'Eric Vuillard (Editions Actes Sud) est un récit de 150 pages évoquant le 20 février 1933 et ce qui s'ensuivit en Allemagne. Vingt-quatre hommes, dont Vuillard dresse la liste, sont présents dans le petit salon du président du Reichstag. Hermann Goering les accueille, leur parle d'un ton enjôleur. A l'issue de cette conversation, il demande à ces vingt-quatre hommes de "passer à la caisse" car le 5 mars, il y a les élections et les finances du parti nazi sont au plus bas. Qu'à cela ne tienne, ces vingt-quatre messieurs représentant les sociétés allemandes les plus prospères de l'époque (et encore de nos jours) vont donner des sommes substantielles. Vuillard les désigne nommément: BASF, IG Farben, Krupp, Opel, Telefunkun, Siemens, Allianz, Bayer. C'est donc grâce à eux et aux fonds qu'ils ont levés que les nazis ont semé la mort pendant 12 ans. Vuillard évoque l'Anschluss et Schuschnigg, le chancelier d'Autriche entre 1934 et 1938 qui a laissé les Nazis envahir son pays. Eric Vuillard a une plume remarquable qu'il trempe souvent dans le vitriol quand il évoque certaines personnes ou certains faits comme le recrutement de déportés (de la main d'oeuvre gratuite) pendant la guerre. Ils travaillaient dans les sociétés énumérées plus haut. Ce fut une affaire rentable. Un livre que je vous conseille tout comme Dominique et le Merydien. La photo de couverture représente Gustav Krupp von Bohlen und Halbach.

Addendum : Ce roman a été récompensé par le Prix Goncourt 2017 le 6 novembre 2017.

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