Le blog de Dasola

samedi 22 septembre 2018

Les Frères Sisters - Jacques Audiard

Etant une grande admiratrice des films de Jacques Audiard (jusqu'à Le Prophète, car De Rouille et d'os et Dheepan m'avaient moins emballée), j'ai été impatiente de voir le nouveau film du réalisateur. Les Frères Sisters m'a plu même si l'histoire ne m'a pas trop parlé. Le scénario des Frères Sisters est adapté d'un roman, paru en 2012, du canadien Patrick de Witt (présent au Festival America à Vincennes cette année). Pour résumer, il s'agit d'un western qui commence par des coups de feu tirés dans la nuit. Le film débute par une très belle séquence, dans l'obscurité. On entend des voix d'hommes, celles d'Eli (John C. Reilly) et Charlie (Joaquin Phoenix) Sisters qui cernent une maison. Dans une grange à côté, un feu se déclare et un cheval en flammes galope en hennissant. La grange s'embrase avec d'autres chevaux à l'intérieur. Eli et Charlie Sisters sont des tueurs à gages payés par un certain Commodore. Leur prochaine mission est d'éliminer Warm (Riz Ahmed), un chercheur d'or qui a trouvé une formule permettant de trouver plus vite des pépites. En effet, nous sommes en 1851, en pleine fièvre aurifère. L'histoire, qui commence dans l'Etat d'Orégon, se déplace en Californie. Warm est d'abord repéré par Morris (Jake Gyllenhaal), en cheville avec les frères. Morris est détective privé et tient un journal de bord. C'est un homme lettré qui cite Thoreau. Warm va s'en faire assez vite un allié. C'est un des rebondissements du récit. Pendant ce temps, les frères Sisters qui suivent leurs traces n'arrêtent pas de se chamailler, de discuter sur leur avenir éventuel. Charlie, le cadet, est le plus dissipé, mais c'est lui le chef. Eli, le grand frère, est plus posé mais très doué dans le maniement des armes. Arrivés en Californie, ils découvrent les commodités comme l'eau courante et les toilettes. Le film est émaillé comme cela de scènes étonnantes comme celle où Eli dormant à la belle étoile avale une araignée du genre mygale qui s'est introduit dans sa bouche, ou quand Eli, toujours lui, apprend à se brosser les dents. Il faut noter que les femmes sont éphémères mais marquants: une prostituée, une patronne de saloon transgenre, et dans la séquence finale, la mère des deux frères. C'est un western intimiste qui alterne douceur et grande violence. Les quatre acteurs principaux sont remarquables et l'image est belle. A vous de voir maintenant.

Lire le billet élogieux de Pascale.

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mercredi 19 septembre 2018

Mademoiselle de Joncquières - Emmanuel Mouret

Le film Mademoiselle de Joncquières est adapté d’un épisode de Jacques le Fataliste de Diderot, le même que Robert Bresson pour les Dames du bois de Boulogne.

Mme de la Pommeraye (Cécile de France), jeune veuve qui n’a pas aimé son mari, se réjouit d’en avoir terminé avec l’amour. Riche et indépendante, elle résiste au charme du marquis des Arcis (Edouard Baer), un libertin notoire qui passe d’une conquête à l’autre. Il se lasse vite. Un jour, enfin, Mme de Pommeraye tombe dans les bras et le lit du marquis. Quelques mois passent et Mme de Pommeraye se rend compte que des Arcis s’est lassée d’elle. Il est de moins en moins présent. Mme de Pommeraye, en femme rouée et machiavélique, veut se venger de cet homme. Pour ce faire, elle va monter une machination impliquant deux femmes, une mère et sa fille (Mademoiselle de Joncquières), qui, issues de la noblesse, sont devenues des prostituées. Ce film vaut pour les décors, les costumes, les dialogues (l'histoire fait penser aux oeuvres de Choderlos de Laclos et de Marivaux) et la fluidité de la mise en scène. La seconde partie est passionnante après un début un peu long à se mettre en place. Un film à voir pour les actrices. Cécile de France est remarquable. Elle passe de la gentillesse à la cruauté en une phrase. J’ai été moins convaincue par Edouard Baer, un peu trop moderne et que je n’ai pas trouvé toujours à l’aise. En revanche, mon côté « midinette » a bien aimé l’épilogue. Lire les billets de Pascale et d'Anne.

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dimanche 16 septembre 2018

Tour de Corse 3/3

Me voici revenue à Paris après 9 jours d'un circuit en voiture du nord au sud de l'ïle de Beauté
Pour ce troisième et dernier billet après l'interlude très intéressant de ta d loi du cine, je mets des photos qui montrent une fois de plus la diversité des paysages et quelques sites à voir.

Le site archéologique protohistorique de Cucuruzzu habité à l'âge de Bronze aux environs de -2000 avant notre ère et abandonné vers -300 avant J.C. Ce site est situé en Corse-du-Sud. On a marché parmi les arbres et les blocs granitiques. De bonnes chaussures sont conseillées.

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Mon ami étant féru d'archéologie, on a aussi fait une excursion  à Aléria qui fut prise par les Romains en 279 avant J.C. Plus tard, par la volonté d'Auguste, elle deviendra la capitale de la Corse. Le site antique se visite. Seul 30% a été fouillé et mis au jour. Aléria est à l'est de l'île entre Bastia et Solenzara.Avant d'y arriver, on peut visiter le musée où sont exposés les objets que l'on a retrouvé sur place. Je vous conseille bien évidemment la lecture distrayante d'Astérix en Corse.

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Une visite de la Corse ne se conçoit pas sans aller à Bonifacio, à l'extrémité sud de l'île. Mon ami et moi n'aimant pas trop la foule, on n'est pas restés très longtemps et mais on eu une bonne vision de cette ville très touristique.

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Je termine par une merveille géologique, les aiguilles de Bavella qui dominent le col du même nom.

La route (la D268) part de Solenzara à l'est et va jusqu'à des villages comme ceux de Zonza ou Levie. C'est une route sinueuse au possible mais le paysage est magnifique.

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Je vais garder un bon souvenir de la Corse et peut-être y retournerai-je un jour car je suis loin d'avoir tout vu.

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samedi 15 septembre 2018

Tour de Corse (interlude)

Je (ta d loi du cine, squatter chez dasola) vais intercaler dans les reportages photos de la maîtresse de blog sur notre voyage en Corse quelques bavardages personnels.

Lors de ce voyage, j'aurai été un lecteur quotidien de Corse matin. Qu'est-ce que j'ai pu en retenir? J'ai particulièrement été frappé, dans les pages de la rubrique "Avis d'obsèques et remerciements" que je survolais, par, d'une part, la longueur de l'énumération des "parents et alliés" (jusqu'à 20 ou 30 patronymes différents, concernant parfois "les descendants de X..., décédé"), et d'autre part, les remerciements quasi-systématiques au personnel médical, paramédical, hospitalier etc., s'étant dévoué à la personne sujet de l'annonce. Je n'avais jamais trop eu l'occasion de relever cela dans d'autres exemples de presse régionale ("continentale") que je peux parfois parcourir. Une autre rubrique a attiré mon attention, celle des publications légales. On y découvre régulièrement telle ou telle publication d'avis de création de titres de propriété: acte de notoriété constatant une possession, correspondant aux conditions de la prescription acquisitive et aux dispositions de l'art. 2261 du Code Civil, concernant souvent des personnes décédées hors de Corse il y a quelques décennies. Il est rappelé que, conformément à l'article 1er de la loi du 6 mars 2017: "Lorsqu'un acte notarié de propriété porte sur un immeuble situé en Corse et constate une possession répondant aux conditions de la prescription acquisitive, il fait foi de la possession, sauf preuve contraitre. Il ne peut être contesté que dans un délai de 5 ans à compter de la dernière publication par voie d'affichage, sur un site internet et au service de la publicité foncière". Mon DEUG de Droit remontant à 1986, je ne connaissais pas cette loi... J'ai bien noté en tout cas les difficultés que peut rencontrer la "puissance publique" qui souhaiterait restaurer tel édifice religieux par exemple: il peut arriver que celui-ci appartienne à un propriétaire privé mais sans titre de propriété... Cela ne facilite pas le "bouclage" d'un plan de financement avant intervention. 

La Corse est un lieu où l'on peut passer en un quart d'heure de la mer à la montagne, avec des routes à flanc de précipice où coule une rivière, et parfois sans parapet. A noter, les bateaux sur leur remorque, garés en pleine montagne au milieu de nulle part (cela coûte sans doute moins cher de le stocker sur son propre terrain que d'acquitter un anneau à l'année!). Nous avons rencontré par contre assez peu de radar ou de feux rouges (sauf, à l'improviste, au motif de travaux sur la chaussée). On pourra lire incidemment, dans le compte-rendu d'un accident de la circulation à un carrefour, que le feu ne fonctionnait plus depuis quelques semaines... Dans la montagne, notre propre chemin a croisé celui de bovins divaguant "en toute liberté" (liberté d'oreille comprise). Une autre fois, sur la route, on a aussi croisé des chèvres peu pressées de s'écarter. En bord de route, j'ai aussi été surpris par la présence d'innombrables mausolées et caveaux familiaux (voire de véritables petits cimetières), en montagne surtout. Si j'ai bien compris, leur apparition remonte à 1812 avec l'interdiction d'ensevelir les morts autour des églises?

L'histoire corse et son rapport à l'étranger m'a semblé compliqué depuis (au moins) les Etrusques (d'Italie), les Phocéens (de Grèce) et les Carthaginois (issus des Phéniciens). Par exemple, lors d'un des innombrables sièges de Bonifacio, si j'ai bien compris (sans garantie), les Turcs, envoyés par le Roi de France pour prendre cette forteresse fidèle à Gènes, voyaient certains Corsi se battre à leurs côtés pour en affronter d'autres...? Aujourd'hui, dans les hôtels ou sur les sites archéologiques, on entend un peu toutes les langues: de l'italien, de l'allemand, et même du français.

Il est arrivé qu'on nous refuse une carafe d'eau au motif qu'elle n'est localement pas potable (ailleurs, une fontaine affichera "eau non conforme"). La seule fois où j'ai demandé, mes chèques déjeuner n'étaient pas acceptés (heureusement que dasola me les accepte pour mes PAF). La carte bleue ne l'est pas partout (mais on nous a expliqué que les box pouvaient griller lors d'un orage en montagne). Certains restaurants sont plus commerciaux que d'autres, que ce soit en s'étant équipé en "SumUp" ou avec un terminal classique qui fonctionne...

Je n'ai guère identifié de sites internet d'AMAP en Corse (il semble y en avoir existé au moins trois, mais sont-elles encore actives aujourd'hui?). Il me semble que pourraient pourtant s'y trouver producteurs de légumes, fruits et autres produits d'une part, consommateurs intéressés par les produits locaux d'autre part... Cela me fait penser que j'ai remarqué qu'on pouvait trouver parfois, en "grande distribution", trois catégories de produits frais: "fruits et légumes", "produits corses" (par exemple: abricots), "produits exotiques" (typiquement, "bananes")...

Ah, et, pour nos périples automobiles, je noterai que, avec un GPS, il n'existe guère que deux difficultés: le faire taire quand on a finalement décidé de s'en passer pour suivre une carte "papier"; et tâcher de lui affecter une nouvelle destination quand on décide de faire à nouveau appel à ses services... et qu'on ignore comment y entrer les coordonnées cartographiques mentionnées comme les coordonnées d'un hôtel! Et quand enfin ça marche, c'est le pauvre copilote agrippé à sa carte "papier" qui se sent inutile... Pour finir, à titre anecdotique, si vous allez en Corse à votre tour, tâchez de ne pas louer une voiture à klaxon central (au milieu du volant): cela évitera tout "pouet" intempestif lors de coups de freins en plein tournant... que la voiture en face pourrait prendre pour elle! Louez plutôt une moto.

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vendredi 14 septembre 2018

Tour de Corse 2/3

Pour faire suite au billet précédent, je continue le récit de mon périple en Corse avec Calvi, l'une des bases de la Légion étrangère (le 2ème REP y réside). La citadelle domine la ville et son port de plaisance est sympa. Le centre n'est pas très grand.

P1100008 La citadelle vue du port

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P1100016 Le port vu de la citadelle

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Une maison dans la citadelle où a habité le parrain de Napoléon. Il logea Napoléon et sa famille en mai et juin 1795.

De Calvi, on a fait une excursion vers le lieu-dit Le Fango à une vingtaine de km au sud de Calvi, où l'on peut admirer un pont génois. Ce genre de pont est assez courant en Corse. Ils enjambent des rivières dont certaines forment des vasques où se baignent les touristes.

Voici le pont qui a été rénové.

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C'est en quittant Calvi pour se diriger vers Corte qu'on est allé voir un autre pont génois datant du XVème siècle, dans les gorges de l'Asco. Pour l'admirer, cela se mérite. Il a fallu parcourir plus d'un kilomètre sous un soleil de plomb en marchant sur une route descendante (qu'il faut remonter après...).

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Concernant Corte, on n'a pas eu le temps de visiter la ville universitaire située au centre de l'Ile. Il y a plus de 4000 étudiants qui fréquentent l'université.  Sinon, la population de Corte est d'environ 6000 habitants. Comme pour Bastia, le stationnement est difficile et j'ai laissé tomber. J'ai pris une photo de loin. J'espère y retourner un jour.

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Et la faune, me direz-vous?

Depuis deux jours, on a croisé des vaches, des chèvres, trois cochons endormis et des ânes.

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Et je ne résiste par à vous présenter "Le postier", un chat qui a pris possession d'un bureau de poste d'un vlllage. Dès que le postier ouvre le bureau, le chat s'installe et il reste jusqu'à ce que le bureau ferme. Je trouve que ce chat a une belle fourrure.

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Suite et fin dans le prochain billet.

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mercredi 12 septembre 2018

Tour de Corse 1/3

En attendant de reprendre le cours normal de mes billets cinéma ou livres, voici quelques photos de l'île de Beauté où j'ai encore 4 jours à passer.

Avec mon ami, on a atterri à Bastia. Le temps était chaud mais au loin, vers la montagne, le ciel était gris. Cela ne nous a pas empêché de nous balader dans la ville (pas très grande) où la circulation est plutôt dense et les places libres pour se stationner assez rares. On effectue en effet un tour partiel de Corse en voiture.

Comme Calvi, Saint-Florent ou même Corte, Bastia qui est avant tout un port, a une citadelle.

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P1090839 Vous pouvez voir les très nombreux bateaux de plaisance. A Saint Florent, il y en a beaucoup plus.

De Bastia, on s'est dirigé vers le Cap Corse, "le doigt", dont on a fait le tour sur des routes sinueuses, et on l'a complété avec une sortie en bateau. Il faut noter le grand nombre de tours génoises au Cap Corse puisque la Corse a été génoise pendant 4 siècles du XIVème au XVIIIème siècle. Sur les 85 tours recensées entourant alors la Corse, il en reste une soixantaine dont beaucoup autour du cap Corse.

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P1090865 Cette tour a subi la foudre en 2000

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Après le cap Corse, nous sommes arrivés à Saint-Florent (le Saint-Tropez corse) avec ses centaines de bateaux sur le port de plaisance. C'est un endroit sympathique mais pas plus. Il n'y a pas de bâtiment remarquable.

P1090944 Eglise de Sainte-Lucie en contrebas de la Tour de Sénèque

P1090945 Tour de Sénèque

P1090946 Eglise de Nonza

C'est en parcourant le Cap Corse que j'ai découvert les routes sinueuses de l'ïle. Les distances ne sont pas forcément longues entre les villes mais cela prend du temps pour aller d'un endroit à un autre. Entre mer et montagne, la Corse vaut le voyage, mais que de tournants! En plus, il faut noter que les panneaux routiers indiquent les villes mais pas toujours les distances pour y arriver. On remarque aussi que les panneaux sont pour la plupart écrits en français et en corse, mais que le français est très souvent rayé à la peinture noire, et on remarque enfin des trous (de balles?) qui transpercent parfois les dits panneaux.
Cela n'empêche pas que les Corses que nous avons croisés étaient accueillants.

P1090960 Citadelle de Saint-Florent

Après le cap Corse, nous sommes arrivés à Saint-Florent (le Saint-Tropez corse) avec ses centaines de bateaux sur le port de plaisance. C'est un endroit sympathique qui n'a pas de bâtiment remarquable sauf peut-être l'ancienne cathédrale de Nebbio qui était fermée.

P1090965 Voici la façade de cette ancienne cathédrale romane pisane du XIIème siècle qui est devenue une "simple" église en 1789. Elle était close quand nous y sommes allés. Il semble que des concerts de polyphonie corse se donnent dans ce lieu.

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En revanche, avant de se diriger vers Calvi en passant par l'ïle Rousse, nous avons fait un détour par Murato (à une dizaine de km au sud de Saint-Florent) pour admirer l'église San Michele de style pisan bicolore blanc (calcaire) et vert (serpentine), l'une des plus belles de Corse selon plusieurs guides. Elle date du XIIème siècle. On n'a pu voir que l'extérieur car elle était malheureusement fermée.

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Concernant la météo, il fait beau et chaud (27° tous les jours).

Suite du voyage dans mon prochain billet. 

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dimanche 9 septembre 2018

Burning - Lee Chang-dong

Je vais essayer de faire court pour chroniquer Burning du Coréen Lee Chang-Dong ; le film, lui, dure 2H28. Jong su, un jeune homme pauvre qui travaille à temps partiel comme coursier, croise la route de Haemi, une jeune fille qui le reconnnaît. Ils ne s'étaient pas vus depuis des années. Haemi fait de l'animation commerciale à l'extérieur de magasins afin d'attirer des acheteurs éventuels. Jongsu et Haemi étaient camarades de classe alors qu'ils habitaient dans le même patelin près de la frontière avec la Corée du Nord. Après l'avoir invité dans son studio et avoir eu une relation intime avec lui, Haemi, qui part en Afrique noire, demande à Jongsu de venir nourrir son chat (que l'on ne voit pas). Très vite, Jongsu est tombé amoureux de Haemi et se languit d'elle. Quelques semaines plus tard, Haemi revient mais elle n'est pas seule. Elle a rencontré Ben qui attendait l'avion en même temps qu'elle. Ben est riche, il roule en Porsche. On sent que Jongsu est malheureux. Il vit tout seul dans la ferme familiale avec un veau comme unique bétail. Haemi ne donnera plus signe de vie après une soirée où Benn et elle s'étaient invités chez Jongsu. Haemi Elle s'est comme évaporée. Ben ne semble pas s'en soucier, mais Jongsu, si. Il se met à épier Ben. Ce dernier semble s'ennuyer (comme Gatsby le magnifique chez Fitzgerald). On ne sait pas comment il gagne sa vie mais son appartement est somptueux quoique un peu impersonnel. On ne sent aucune touche féminine. Quand Haemi "disparait", il s'est écoulé 80 minutes pendant lesquellesje me suis un peu ennuyée. Je ne me suis pas vraiment intéressée aux personnages. Mais à partir du moment où l'histoire prend un aspect "polar"("Jonsgu mène l'enquête" en quelque sorte), j'ai été nettement plus captivée. La séquence finale est terrible mais logique selon moi mais qui ne résoud rien du tout. Une expérience cinématographique que vous pouvez tenter. Je n'ai pas lu la nouvelle de Murakami intitulée "Les granges brûlées" dont le scénario du film est adapté. Lire les billets élogieux de Chris et Pascale. En revanche, ffred n'a pas beaucoup aimé.

A part ça, je suis un peu moins présente sur les blogs car je suis en vacances en Corse pour encore une semaine et je ne suis pas beaucoup devant mon ordinateur (portable).

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vendredi 7 septembre 2018

Petit traité d'intolérance / Nouveau petit traité d'intolérance - Charb

Charb n'était pas seulement dessinateur, il rédigeait aussi des chroniques régulières, titrées "Charb n'aime pas les gens", dans Charlie Hebdo. En son temps, il a aussi tenu une chronique mensuelle dans Fluide Glacial, "La fatwa de l'Ayatollah Charb". Mais si les deux livres que je (ta d loi du cine, squatter chez dasola) présente ce mois-ci sont sous-titré "Les fatwas de Charb", il n'y figure aucune indication de date ou de lieu de publication de chacun des textes y figurant.

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Quatrième de couv' pour l'un ou couverture pour l'autre annoncent respectivement 50 et 40 chroniques, or j'en ai compté en fait 59 et 47: ne sous-estimons donc pas Charb! Avant Librio (collection Idées), les deux titres avaient été publiées aux éditions Les Echappés (créées en 2008 par Riss pour éditer les auteurs de Charlie), en 2009 et 2014 (textes choisis par l'auteur, donc, sans doute parmi un "corpus" publié plus vaste?). Puis Librio a édité le premier Petit traité... en octobre 2012 (coll. Idées, N°1050, réédité en mai 2015), et le second en septembre 2016 (N°1216).

Toutes les chroniques du 1er volume sont précédées d'un dessin (j'en ai choisi deux pour illuster le présent billet), mais aucune de celles du second. Il s'agit de textes courts, le plus souvent sur 2 pages, sauf exception ("Mort aux bonnets de père Noël", qui en fait 3), et se terminant par la ritournelle "Je crois que vous en serez d'accord, il faut [ultime châtiment absolument horrifique]... Amen".

Dans ses chroniques percutantes, Charb témoigne d'une vision plutôt amère que rigolotte. Au premier abord, l'humoriste pourrait passer pour un abominable guide suprême intimant d'exterminer les cibles de sa vindicte, qu'il s'agisse d'objets, de personnes, de tendances ou d'idéologies. Mais je suppose qu'il avait foi en l'intelligence de ses lecteurs. Il les provoque, p.31, dans "Mort au vote utile", qui vise (à quel degré? Au premier, second, ...n ?) les "cons" qui le prônent ou le pratiquent sans réfléchir plus loin. C'est par contre comme un militant qu'on peut le pressentir dans la chronique révolutionnaire titrée Mort à "On lâche rien" (p.49 dans le Nouveau...): "On lâche rien!" me fout le moral à zéro. C'est "On conquiert tout" qu'il faut gueuler! (...) "On lâche rien" est un slogan qui fait totalement l'impasse sur ce qu'on a déjà lâché. C'est un slogan qui entérine le fait que, ce qu'on a perdu, on ne le retrouvera jamais. 

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Voici quelques citation choisies. Je commence par un extrait de "Mort aux lecteurs de journaux gratuits" (p.21 du 1er opus): "Faut pas laisser perdre! On serait bien con de ne pas profiter de ce qui est gratuit, même si on n'en a pas besoin. On distribuerait des coups de pied au cul à l'entrée du métro qu'ils en réclameraient tous plusieurs s'ils ont la certitude que c'est gratuit." Ou, p.63, dans "Mort aux binoclards « Tendance »": "Evidemment, le marché ne s'est pas adapté à la demande, comme trop de gens le croient encore, les gens ne demandent rien. Le seul talent du marché consiste à faire croire aux consommateurs que ce sont eux qui ont désiré les produits qu'on leur impose. Vous imaginez l'humanité se lever un jour en hurlant d'une seule voix "On veut des lunettes rectangulaires"?

Bon, il faut que j'en laisse à découvrir. P.87 du Petit..., la totalité de la chronique "Mort à la business class" vaudrait à mon avis son pesant de caviar phantasmé.

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C'est vrai que c'est difficile de choisir, mais dans "Mort aux concepteurs de portables" p.89, à propos de la multitude de fonctionnalités proposées par les [téléphones] portables sans permettre cependant les cédilles ou les accents circonflexes, je relèverais la phrase profonde: "On nous offre le futile pour nous confisquer l'essentiel".

Pour ma part, je regrette un peu l'absence de toutes autres informations que les textes eux-mêmes. Du coup, il manque les dates des chroniques, le contexte... ("les années Hollande", pour l'une d'elles [p.68 du Nouveau petit traité...], indique juste qu'on est entre mai 2012 et la date de 1ère publication, en 2014). Je me demande ce que les historiens de 2075 trouveront comme informations sur la vie quotidienne en France au début du XXe siècle dans ces opuscules. J'espère en tout cas qu'ils auront conservé la capacité d'en rire. Sur les blogs, Keisha avait parlé du Traité... en 2014, Virginie dès 2013, Petite noisette après l'attentat en 2015.

Et si je devais vraiment retenir une seule chronique sur plus de 100? Je pense que ce serait celle p.71 (Nouveau...): "Mort aux dévots incroyants". Au final, je placerais bien ce texte, en termes opératoires, à peu près au niveau du "Pari" de Pascal. Mais l'ensemble est à lire, et chacun pourra y piocher ce qui lui parlera personnellement.

Je crois que vous en serez d'accord, à partir de cette rentrée 2018, il faut introduire des morceaux choisis (par roulement) de ces Traités d'intolérance au programme du collège et du lycée. Amen.

*** Je suis Charlie ***

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mercredi 5 septembre 2018

Route 62 - Ivy Pochoda

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Parmi les romans reçus dans le cadre du prix du roman Fnac 2018, Route 62 d'Ivy Pochoda (Edition Liana Levi, 350 pages) m'a plu. Ce roman sort demain 6 septembre 2018, et Ivy Pochoda est invitée au Festival America à Vincennes fin septembre. Elle situe son histoire en 2006 et 2010, dans le désert Mojave, et à Las Vegas, Palm Spring, là où passe la route 62 pour aboutir à Los Angeles. Dans un prologue qui se déroule en 2010 à Los Angeles, un homme court nu le long des voies "rapides" très embouteillées. Tony, un automobiliste, décide de le suivre en sortant de sa voiture et il se met à courir derrière lui. On saura bien plus tard qui est le coureur. Le récit fait se croiser le destin de plusieurs personnages dont Tony, un avocat ; Britt, une joueuse de tennis qui trouve refuge dans une ferme d'élevage de poulets dirigé par Patrick, un "gourou" qui est aussi le père de jumeaux (Owen et James); Blake et Sam, un duo de gangsters en cavale pour un meurtre involontaire; Ren, un jeune noir tout juste libéré de prison, à la recherche de sa mère Laïla, droguée et gravement malade, laquellei vit dehors dans le "downtown" de Los Angeles. Sam va mourir et Blake va chercher à se venger en continuant sa route. Ren retrouve sa mère. Aucun de ces personnages n'est "remarquable", mais on s'intéresse très vite à ce qui leur arrive pendant les quatre ans du récit. A la fin, les chemins de chacun d'eux se croisent de manière évidente dans les rues du "downtown" de Los Angeles. Je suis assez admirative devant la construction du roman, à découvrir. C'est le deuxième roman de l'auteur.

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lundi 3 septembre 2018

En eaux troubles - Jon Turteltaub

En eaux troubles de John Turteltaub est une production sino-américaine distrayante qui fait peur mais pas trop. J'ai surtout noté une séquence hilarante aux trois quarts du film où l'on voit des centaines de Chinois flottant (et pas nageant) près du bord grâce à une bouée autour de leur taille. Ils sont tous serrés les uns contre les autres. A droite, sous l'eau, vous pouvez deviner ce qu'il y a... (voir la photo ci-dessous). Juste après, il y a une vue sous-marine où l'on voit des centaines de paires de jambes s'agiter dans l'eau... Mais avant ça, et pour résumer, Jonas Taylor (Jason Statham) est chargé de sauver son ex-femme coincée avec deux collègues (un Américain et un Asiatique) dans un petit sous-marin pas loin de la fosse des Mariannes dans l'océan Pacifique. Quelque chose a provoqué cet accident. Dans ces profondeurs (presque 10000 mètres) où l'homme ne va pas, vit une faune que l'on croyait disparue, dont le Megalodon, un genre de requin "mega maousse" d'une longueur de plus de 20 mètres qui croque une baleine d'un coup de dent. A la moitié du film, les hommes ont réussi à tuer le mégalodon. C'est là... qu'un deuxième spécimen apparaît. Je ne dirai rien de plus. Le film comporte quelques scènes sanglantes mais pas trop. On voit même un petit chien tombé d'un bateau, qui, à force de nager, arrive à échapper au "meg". Vous pouvez préférer Les dents de la mer - Jaws de Steven Spielberg.

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samedi 1 septembre 2018

Arythmie - Boris Khlebnikov

Suite à la suggestion du distributeur du film en France, je suis allée voir Arythmie, un film russe sorti dans quelques salles à Paris et ailleurs le 1er août dernier, et qui a eu un peu d'échos dans la presse. L'histoire se passe dans une grande ville russe. Katya et Oleg sont médecins tous les deux. Oleg est médecin urgentiste au diagnostic sûr même s’il boit pas mal de vodka avec ses collègues. Le couple qu’il forme avec Katya est en crise. Lors d’une réunion de famille (l’anniversaire de son père à elle), Katya envoie un simple SMS à Oleg qui est dans la pièce à côté. Elle dit qu’elle veut divorcer. Oleg ne répond pas tout de suite. Ils se mettent à faire lit à part (il dort sur un matelas dans la cuisine) en attendant qu'il trouve un logement ailleurs. Par ailleurs, de nouvelles mesures de rentabilité dans l’hôpital où il travaille obligent Oleg et ses collègues à consacrer de moins en moins de temps à chaque patient: 20 minutes pour chacun. Le couple formé par Oleg et Katya est très touchant. Oleg a un côté grand gamin assez irrésistible même s'il fait son métier sérieusement. La fin reste ouverte. A la différence d’autres films russes récents, le ton du film est plus léger. J’ai aimé. S'il passe par chez vous, vous pouvez aller le voir. Larroseurarrose le recommande aussi.

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jeudi 30 août 2018

Les luminaires - Eleanor Catton

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Ca y est, je viens d'arriver au bout des 1230 pages (!) en édition de poche du roman Les Luminaires (Edition Folio), oeuvre d'une jeune femme écrivain née au Canada en 1985 mais qui vit en Nouvelle-Zélande. C'est d'ailleurs dans cette région du bout du monde (pour nous) qu'elle situe son intrigue en 1865 et 1866. J'ai appris que la Nouvelle-Zélande, située à 2000 km au sud-est de l'Australie, était composée de plusieurs îles dont deux principales: l'ïle du Nord et l'ïle du Sud. Et précisément, l'histoire se passe dans l'ïle du Sud à Hokitika (un territoire maori), sur la côte ouest de l'île. Le mot "luminaires" fait référence à l'astrologie et en particulier au soleil et à la lune qui étaient considérés comme des "planètes". L'intrigue tourne autour de la ruée vers l'or. En effet, j'ai aussi appris qu'on avait trouvé de l'or en Nouvelle-Zélande. Comme dans certains romans victoriens, chaque début de chapitre donne des indications sur le déroulement de l'histoire et indique quels personnages sont impliqués. D'ailleurs, en préambule du roman, Eleanor Catton liste les 20 personnages principaux du roman avec leurs profession pour 12 d'entre eux (un chercheur d'or, un courtier, un fondeur d'or, un hôtelier, un magnat, un apothicaire, un agent maritime, un journaliste, un employé de banque, un aumônier, un "digger" solitaire, un clerc de magistrat). Ces douze personnages ont leur nom inscrit sur une carte zodiacale au début de chaque partie du roman avec le soleil qui se déplace. La position des planètes joue un rôle dans ce qui leur arrive. Pour les autres personnages, deux femmes sont essentielles au déroulé de l'histoire, qui est une suite d'événements se déroulant sur un période d'un an entre le 27 avril 1865 et le 27 avril 1866. Une malle où se trouvent cinq robes dont les replis servent à dissimuler de l'or disparaît puis réapparait après le naufrage d'un bateau ; un homme prend l'identité d'un autre ; un prospecteur est amoureux d'une prostituée opiomane ; un bateau change de propriétaire ; deux Chinois s'emploient à trouver et à fondre de l'or ; un Moaori sait où trouver de la néphrite/jade ; une grande quantité d'or trouvé dans une concession est enfouie par un homme qui disparaît peu après. On peut se demander pourquoi le roman fait autant de pages. Je ne répondrai pas à cette question car je ne l'ai pas trouvé trop long. Je ne me suis pas ennuyée une minute même si somme toute, il ne se passe pas grand-chose. On perd quelques personnages en route qu'on retrouve par la suite. Le destin de certains d'entre eux est imprécis. Quand le roman se termine, je me suis dit "tout ça pour ça". Cela n'empêche pas que j'ai pris beaucoup de plaisir à cotoyer ces personnages pas tous sympathiques. Miss Catton a un très bon sens de la narration. En revanche, j'aurais à redire sur la traduction souvent maladroite avec des tournures pas très française. Un exemple? Il voyageait "par terre". C'était ma participation au Challenge du Pavé de l'été 2018 de Brize (que je remercie encore pour son initiative). Lire des billets pas toujours enthousiastes sur ce roman: Nicole, Papillon et Xelou ont aimé comme moi. Les deux autres, Hélène et Zarline, beaucoup moins.

paveete2018

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mardi 28 août 2018

BlacKkKlansman - J'ai infiltré le Ku Klux Klan - Spike Lee

Après quelques années sans film marquant, Spike Lee revient en force avec BlacKkKlansman qui reçu le grand prix du jury au dernier festival de Cannes. En préambule, on nous annonce que c'est inspiré de "f..." faits réels. Dans les années 70, en plein "Black Power" et films "Blacksploitation", Ron Stallworth, un jeune policier noir (John David Washington [le fils de Denzel], très bien) est embauché dans un commissariat de Colorado Springs qui accepte les gens de couleur dans ses rangs. Ron est employé aux archives, loin des enquêtes de terrain. Rapidement las de cette situation, Ron convainc sa hiérarchie d'infiltrer une section du KuKluxKlan qui sévit dans la région. Pour ce faire, il demande à un de ses collègues, Philip (Flip) Zimmerman (un Juif) de se faire passer pour lui quand il faudra rencontrer les membres de la section du Klan. Pour ceux qui l'ignore, le Klan a été créé le 25 décembre 1865 par des confédérés qui n'ont pas admis leur défaite. Cette organisation suprémaciste blanche existe toujours en 2018. Elle est composée de plusieurs groupuscules. Le KKK est une entité anti-tout: Noirs, Juifs, catholiques, communistes, etc. Ils sont à la droite de la droite. Après, c'est le néant. Le film est sur le ton de la comédie tout en ayant des moments d'émotion comme la séquence où Harry Bellafonte (91 ans cette année), que j'ai mis 10 secondes à reconnaître, décrit les exactions contre les Noirs dans les années 20 et 30. Les membres du Klan sont particulièrement bêtes et dangereux. Mention spéciale à Felix (et sa femme). Le moment où Ron est chargé de la protection de David Duke, à l'époque, le responsable national du KKK, est plutôt savoureux. Le film se termine par un film sur les émeutes de Charlottesville dans l'Etat de Virginie en 2017 où l'on voit une voiture écraser des manifestants antiracistes. J'ai trouvé que le film qui dure plus de deux heures aurait gagné à être plus court. C'est surtout le début du film qui est long à démarrer. Un film à voir recommandé par Pascale, et lire le billet de princecranoir.

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dimanche 26 août 2018

Khalil - Yasmina Khadra

Suite à mon billet dans lequel je disais que j'avais été sélectionnée pour le jury du prix du roman Fnac de cette année, voiici mon premier billet sur un des romans que j'ai reçus.

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Khalil de Yasmina Khadra (Editions Julliard, 260 pages) est le prénom du narrateur et personnage principal du roman. Khalil, âgé d'une vingtaine d'années, est un membre de l'Association caritative Solidarité Fraternelle située dans un des quartiers de Bruxelles. Autrement dit, comme trois autres frères, Khalil a décidé de terminer sa vie en kamikaze à la demande de Lyès, un émir de Molenbeek. Dans la soirée du 13 novembre 2015, Khalil, Driss (son copain d'enfance) et deux autres arrivent en voiture près de Paris, aux abords du Stade de France (cela rappelle malheureusement de tristes événements). Les massacres et les explosions ont lieu, mais pour Khalil, rien ne se passe comme prévu: sa ceinture d'explosifs ne s'est pas déclenchée. Le téléphone qui devait servir de détonateur n'a pas fonctionné. Khalil est aux abois car il devra justifier son échec, et pourquoi il est encore vivant. Il réussit à retourner en Belgique pour se cacher en particulier chez sa soeur aînée, toujours pas mariée à 40 ans, et il est aidée par sa soeur jumelle, Zahra, à laquelle il est très attachée. Se déplaçant de planque en l'autre, Khalil attend sa prochaine mission qui doit avoir lieu de l'autre côté de la Méditerranée, au Maroc. Grâce au présent de narration, le roman se lit vite. J'ai été happée par l'histoire (je l'ai lu en moins de deux jours), et, sous la plume de Yasmina Khadra, on n'arrive pas à condamner Khalil malgré ses actes. C'est à vous de juger. Voici la première phrase du roman : "Nous étions quatre kamikazes; notre mission consistait à transformer la fête au Stade de France en un deuil planétaire".

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vendredi 24 août 2018

Equalizer 2 - Antoine Fuqua / Les Vieux fourneaux - Christophe Duthuron

J'avais vu en DVD le premier Equalizer (2014) déjà réalisé par Antoine Fuqua, et j'avais bien aimé le personnage de Robert McCall qui, avec un simple tire-bouchon, arrive à "dézinguer" quatre ou cinq "méchants" en moins de trente secondes chrono. Robert McCall, ancien agent de la CIA à la retraite, mène une vie relativement paisible comme chauffeur de taxi à Boston. Il a des clients fidèles. Grand lecteur (il est en train de lire A la recherche du temps perdu de Proust), il ne peut s'empêcher d'intervenir quand c'est nécessaire pour venger les plus faibles: une jeune femme violentée, ou une petite fille qui a été enlevée à sa maman par le père d'origine turque. C'est d'ailleurs le préambule du film où l'on voit Robert McCall (Denzel Washington, très sobre) dans un train quelque part en Turquie. Il est vêtu comme un Musulman. Il met au tapis quatre ou cinq hommes (des acolytes du père), et au plan d'après, la petite fille et sa maman se retrouvent réunies. Puis Robert McCall va surtout s'occuper de trouver et d'éliminer les assassins de Susan Plummer, une ancienne collègue mais d'abord une amie. Le rythme du film est trépidant même si le scénario est un peu mince. Un film à voir un samedi soir. Lire le billet d'Henri Golant.

Je passe aux Vieux fourneaux de Christophe Duthuron (un réalisateur que je ne connais pas du tout). Il s'agit de l'adaptation par Wilfrid Lupano lui-même de ses albums Les Vieux fourneaux (dont les dessins sont l'oeuvre de Paul Cauuet). En 1H30, on a un condensé des trois premiers volumes. Au début des années 2000, on fait la connaissance de Pierrot (anarchiste encore actif - Pierre Richard, inénarrable), Emile (Mimile - Eddy Mitchell), ex-globe-trotter qui se teint les cheveux, et Antoine (Roland Giraud), un ancien syndicaliste. Ils sont unis par une amitié indéfectible depuis 50 ans. Emile et Pierrot se rendent aux obsèques de Lucette, la femme d'Antoine. Antoine a eu deux fils dont l'un (que l'on ne voit pas) est le père de Sophie qui est enceinte. Sophie est le quatrième personnage essentiel de ces histoires. Elle est marionnettiste comme sa grand-mère Lucette, dont on apprend qu'elle avait eu une liaison avec Garant-Servier, le patron de l'entreprise où elle et Antoine travaillait. Le film comporte des scènes et des répliques amusantes, on peut même voir un film (d'animation) dans le film qui révèle des choses peu glorieuses sur le passé des "Vieux fourneaux". Un moment distrayant de cinéma. Lire le billet d'Henri Golant.

NB : pour ceux qui aiment Les Vieux Fourneaux en BD, le 5ème tome "Bons pour l'asile" paraîtra le 9 novembre prochain.

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mardi 21 août 2018

Membre du jury du prix du roman Fnac

Après une interruption d'un an, j'ai été sélectionnée en mai 2018 pour faire partie du jury du Prix du roman Fnac. Je suis adhérente de l'enseigne et j'achète des livres chez eux pour la bibliothèque loisir dont je m'occupe. Pour être sélectionnée, j'ai dû répondre à des questions comme mes goûts littéraires, mes écrivains préférés, etc.

Toujours est-il que fin mai début juin, j'ai reçu deux romans, deux semaines plus tard, un roman et une semaine après deux autres romans. J'ai préféré cette méthode d'envois séparés à un envoi groupé. J'ai eu l'impression d'avoir plus de temps pour lire. Chaque juré a reçu entre cinq et six romans parmi un choix d'une centaine de titres. Je les ai lus relativement vite et on a eu un peu plus  d'un mois pour donner avis. On saura qui est le lauréat tout début septembre.
En ce qui me concerne, je ne suis pas trop mal tombée. Sur les cinq romans, j'en ai bien aimé au moins deux, ce qui n'est pas si mal.

Voici en image les cinq romans:

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Je commence par mes deux préférés: Khalil de Yasmina Khadra (Editions Julliard), qui vient de paraître, et Route 62 d'Ivy Pochoda (Liana Levi) à paraiître le 6 septembre 2018. [Billets à venir]

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Je continue avec celui qui ne m'a pas déplu mais qui aurait dû s'intituler "Vodka" plutôt que Voyou, d'un jeune écrivain israélien Itamar Orlev (Editions du Seuil, paru le 16 août). J'ai renoncé à compter combien de fois le mot "vodka" est écrit, au moins deux ou trois fois par page. Cette boisson est bue en grande quantité par le père du narrateur du roman. J'ai par ailleurs trouvé le style du roman un peu lourd. [Billet à venir]

Et je n'oublie pas les deux derniers qui se lisent vite mais dont les histoires ne m'ont pas intéressée.

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L'évangile selon Youri de Tobie Nathan (Editions Stock, parution demain 22 août) et Reviens de Samuel Benchetrit, un roman "gentillet" (Editions Grasset, paru le 16 août) sont donc quant à eux, très dispensables.

samedi 18 août 2018

Le poirier sauvage - Nuri Bilge Ceylan

Le poirier sauvage du Turc Nuri Bilge Ceylan n’est pas un film facile, il est long, il dure trois heures et huit minutes, son rythme est un peu lent et il contient beaucoup de longs dialogues, mais il vaut la peine d’être vu. Sinan revient dans son village dans la province de Çanakkale où se trouve le site de Troie. Il vient de terminer ses études et doit se présenter au concours pour devenir professeur. S’il réussit, il risque malheureusement, comme beaucoup d’autres jeunes professeurs, d’être envoyé quelque part enseigné dans l’Est du pays. Juste après son retour, Sinan a une conversation avec une jeune femme qu’il a aimé et qui doit faire un mariage de convenance. Il retrouve aussi sa mère et sa sœur qui vivent dans une maison misérable où l’électricité va être coupée. En effet, Idris, le père de Sinan, qui est professeur de collège, dilapide tout son salaire dans les paris sur les courses de chevaux. Sinan est un jeune homme impatient qui a écrit un livre, « Le poirier sauvage », un « metaroman auftofictif décalé » qu’il espère faire publier. Pour cela, il va voir un entrepreneur ou le maire de la ville qui seraient intéressés mais ne donnent pas suite. Sinan, qui n’est pas un personnage très sympathique, a de longs échanges avec des personnes qu’il croise dont un écrivain ou un imam. Les relations entre Sinan et son père sont passionnantes. Malgré son addiction au jeu qui fait du mal à sa famille, on n’arrive pas à trouver Idris antipathique. Sa femme Asuman ne le condamne pas. J’ai aimé la fin où le père et le fils se retrouvent autour du creusement d’un puits. L’image du film est très belle. C’est dommage que le film soit reparti bredouille cette année de Cannes où il avait été sélectionné en compétition. Il ne faut pas être rebuté par sa longueur. Un film à voir. Lire le billet de Ritournelle.

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mercredi 15 août 2018

Détective Dee: la légende des rois célestes - Tsui Hark / Maltese - Gianluca Maria Tavarelli (mini-série)

Une fois n'est pas coutume, je vais évoquer une mini-série que j'ai vu trois dimanches de suite sur France 3, fin juillet - début août 2018, Maltese (qui n'a rien à voir avec Corto). Cela se passe en 1976, au tout début à Rome, puis en Sicile à Trapani. Pour la France, les 4 épisodes originaux ont été coupés chacun en deux pour faire 8 épisodes. J'ai trouvé la série réussie, on s'attache vite aux personnages et en particulier au commissaire Dario Maltese (Kim Stuart Rossi avec sa silhouette longiligne et ses yeux bleus), qui décide de se faire muter en Sicile pour savoir qui a assassiné son ami d'enfance Gianni Peralta (lui aussi commissaire). Deux tueurs à moto ont tiré sur Peralta et sur sa fiancée enceinte. Maltese, qui n'était pas revenu en Sicile depuis presque 25 ans, apprend que Peralta menait une enquête impliquant certains notables de la ville et la mafia locale. Maltese en profite pour remonter dans le passé, à l'époque où son père, lui-même commissaire, a été retrouvé pendu chez lui (suicide ou assassinat?). Il essaye enfin d'avoir des réponses. Au cours de sa double enquête, les cadavres vont s'accumuler, les tueurs n'ont aucune pitié. Les enjeux financiers sont trop importants. Si elle repasse un jour, vous verrez les épisodes qui durent en tout presque 7 heures sans le moindre ennui. On remarque le soin apporté aux costumes et aux décors (en particulier les voitures, très années 60-70). Je crois que tous les épisodes sont disponibles  en "replay" sur une "box". Je vous les conseille.

Si la télé ne vous tente pas, allez voir Détective Dee: la légende des rois célestes de Tsui Hark, c'est le troisième film de la série (j'espère qu'il y en aura d'autres). Nous retrouvons le juge Dee (un personnage ayant existé), qui au VIIème siècle en Chine (nous sommes sous la dynastie Tang), fait face une conjuration menaçant l’Empire et menée par des magiciens. Un dragon de feu est lâché et une épée magique (comme Excalibur) est l’objet de convoitises. Alors que sa loyauté est l’objet de soupçons de la part de l’impératrice Wu, Dee devra affronter une armée d’assassins masqués ainsi que diverses créatures fantastiques. Concernant la chronologie, l'histoire se passe après celle du Dragon des mers et avant celle de La flamme fantôme. Mais vous pouvez les voir dans n'importe quel ordre. Dans cet opus, on assiste à des moments époustouflants plein de féérie avec un gorille blanc, un jeune bonze, un gros bouddha en colère, une créature aux mille yeux. J'ai appris que le réalisateur Tsui Hark était passionné par la personnalité de l'impératrice Wu (624-705), la seule impératrice régnante de toute l'histoire de Chine (entre 690 et 705). Un film à voir sur grand écran et peut-être en 3D. Personnellement, je préfère le 2D. Et j'attends la suite.

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dimanche 12 août 2018

Mille et un classiques - présentation de Maggie (à l'occasion de son 600e commentaire chez dasola)

Voici une troisième présentation de blogueuse fidèle commentatrice du présent blog, après Dominique (de A sauts et gambades) le 28 avril 2017 et Aifelle le 25 octobre 2017. Une seconde fois sollicitée, à l'occasion de son 600e commentaire chez Dasola (après avoir décliné une invitation à se présenter à l'occasion de son 500e il y a un an), c'est Maggie [76] qui a cette fois-ci accepté de répondre à quelques-unes des questions posées. Soit dit en passant, 100 commentaires ici en même pas un an, cela mérite un petit coup de chapeau. Enfin, pour rappel, lorsque j'avais (ta d loi du cine, "squatter" et secrétaire de rédaction chez dasola) préparé ce questionnaire, je m'étais inspiré pour les questions littéraires de plusieurs blogs littéraires ayant une rubrique "interview de blogueurs / blogueuses" (Delph, de http://mespetitesidees.wordpress.com, Le bouquineur, de http://lebouquineur.hautetfort.com, Linette de http://lire-en-nuisette.fr), et pour les quelques questions cinéma posées, de celui de Martin [K], de ... Mille et une bobines.

Donc, au tour de Maggie, c'est parti!

************* 

Banniere_Maggie Bonjour Maggie [76], pour que les lecteurs comprennent qui vous êtes, pouvez-vous vous présenter ? Derrière ce pseudonyme, pouvez-vous nous livrer quelques éléments biographiques? Dans quelle tranche d’âge vous situez-vous (car un lecteur de 20 ans n’ayant pas le même ressenti qu’un de 60, cette information a son importance)? Avez-vous fait des études ou exercé une profession ayant un rapport avec la littérature ou l'art?

Bonjour Dasola et Ta d loi du ciné.
Je vais me présenter brièvement. Je n'ai pas répondu aux questions comportant des classements, des comptages, etc., ce n'est pas mon fort...
J'ai 39 ans et j'ai fait des études de Lettres et d'histoire des arts. J'ai aussi un métier en lien avec les Lettres. Merci d'avoir pensé à moi pour ce questionnaire!

* Parlons un peu de vous et de votre blog: Mille et un classiques. Dans quelles circonstances avez-vous souhaité le créer? Pourquoi la plateforme "canalblog"?

J'ai commencé ce blog par hasard. Une collègue tenait un blog, justement sur canablog et c'est pourquoi j'ai choisi cette plateforme. C'est plutôt simple à gérer.
Je me suis aperçu que j'oubliais rapidement mes lectures donc ce blog a été comme un carnet de lectures mais visible de tous. Il m'obligeait, en outre, à développer mes idées. C'était un peu un défi: serais-je capable d'exprimer correctement ce que je ressentais? Pourrais-je donner envie de lire?

* En tant que lectrice, comment vous définiriez-vous? La lecture tient-elle un rôle important dans votre vie?

Je suis une lectrice éclectique: je lis un peu de tout...
La lecture est très importante pour moi. J'aime à penser que je suis comme Simone de Beauvoir, dans les Mémoires d'une jeune fille rangée, dont la vie a été jalonnée par des romans, dans lesquels elle se projetait. De même, je vois la vie au prisme de la littérature: les personnes ou les situations m'évoquent souvent un livre (ou un film). Et puis, la lecture est importante dans ma vie pour des raisons banales: elle me permet de rire aux éclats (récemment, j'explosais de rire en lisant Ada de Bello) ou m'évader.

* Etes-vous plutôt livre papier ou liseuse électronique?

Je n'ai pas de liseuse et je n'en veux pas. Je n'ai pas l'habitude de lire de longs textes sur les écrans. De toute manière, j'ai besoin d'écrire sur mes livres, de relire des passages, de les souligner et de mettre des post-its. En revanche, j'aime beaucoup les livres audio.

* A quoi êtes-vous sensible lorsque vous avez un livre en main?

Je suis sensible à tout, au format (je préfère les livres de poche, plus maniables), à l'illustration de couverture (je me rappelle une horrible couverture des Travailleurs de la mer de V. Hugo qui me rebutait à chaque fois que je reprenais le livre... jugez par vous-même! [ci-dessous]), à l'odeur (je déteste les odeurs de vieux livres), à l'épaisseur des pages (je les aime épaisses!) et j'aimais même découper les feuilles des livres de la collection Corti - mais je digresse trop... 

Travailleurs_de_la_Mer

* S’il ne fallait en retenir qu’un? Quel livre vous a le plus profondément marquée, parmi tous ceux que vous avez pu lire?

Je suis incapable de choisir un seul roman même avec un couteau sous la gorge. J'ai été marquée aussi bien par la poésie du Spleen de Paris que par l'humour et le burlesque de Scarron. J'adore l'audace stylistique de Claude Simon mais aussi les exagération feuilletonnesque de certains auteurs etc. J'ai plutôt des toquades!

* Avez-vous un souvenir (bon ou mauvais) marquant d’une lecture enfantine ou adolescente?

Je lisais surtout des Contes de Perrault et je les relisais sans fin (j’idolâtrais Perrault, Grimm etc.) mais la lecture la plus marquante, ce devait être à 12 ans environ quand j'ai découvert Les Misérables: ce n'était sûrement pas une version intégrale car je me rappelle surtout les amours de Cosette et Marius (je n'ai peut-être lu que le tome II). Ma mère ne se souvient pas de ces deux bouquins hugoliens. Mais je sais que j'ai gardé un goût immodéré pour Hugo.
En revanche, en seconde, j'ai lu L'étranger de Camus qui m'a fait une forte impression à cause de l'absurde et Nana qui a failli me détourner de Zola!

* Vous avez aussi écrit quelques dizaines de billets sur des séries TV ou des films.
Quels seraient les dix films que vous conseilleriez? Et les dix séries?

J'ai des difficultés pour classer, ranger, calculer donc j'ai mis plus de films, qui sont classés au hasard, au lieu de 10, et je n'ai pas fait un top 10 des séries car je n'en regarde pas assez pour que ce soit significatif, je pense...

1)    Hot fuzz, E. Wrigth
2)    Taxi Téhéran, Panahi
3)    L'île aux chiens, Anderson
4)    The Host, Bong Joon Ho
5)    Black swan, Aronofsky
6)    Blade runner, R. Scott
7)    Les temps modernes, Chaplin
8)    Get out, Peele
9)    Thor, Branagh
10)    Le labyrinthe de Pan, Guillermo del Toro
11)    L'homme qui tua Don Quichotte, Gilliam
12)    Au poste!, Dupieux

* Un dernier mot pour conclure cet échange? Quelle autre question auriez-vous voulu que l'on vous pose?

"A quoi ressemble ta bibliothèque?"

Elle paraît rangée mais ce n'est qu'une illusion. Je l'aime pourtant. J'ai des livres ailleurs mais posés n'importe comment!

Bibliotheque-Maggie

Merci Maggie! 

Banniere_Maggie

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vendredi 10 août 2018

The Bacchus Lady - Lee Jae-yong / The Charmer - Milad Alami

Avec The Bacchus Lady, un film sud-coréen, j'ai appris que c'est en Corée du Sud, pays de l'OCDE, que le taux de pauvreté est le plus élevé pour les personnes à partir de 65 ans. Les femmes seules sont les plus touchées. A Séoul, dans le parc Jongmyo, des femmes vieillissantes se prostituent (alors que la prostitution est vivement réprimée) auprès de vieux messieurs après leur avoir proposé une boisson énergisante appellée "Bacchus". C'est là que l'on peut trouver Youn So-young, une femme de 65 ans qui emmène ses quelques clients dans une petite chambre d'un hôtel voisin. Lors d'une consultation à l'hôpital dont je vous passe les détails, elle prend sous son aile un petit garçon d'origine philippine dont la mère vient de poignarder un des médecins. La mère accuse l'homme d'être le père de son fils. Je m'attendais à suivre l'évolution des relations entre Youn et le petit garçon. Et ça commence comme cela. Youn vit en colocation dans un grand pavillon avec un jeune homme unijambiste et un transsexuel. Très vite, le personnage du petit garçon disparait de l'image sans raison précise et l'histoire s'attache à Youn So-young et à certains de ses clients fidèles et à d'autres qu'elle a connus. Car si la vieillesse est dure pour cette femme, les hommes ne sont pas mieux lotis. Elle revoit un homme qui a eu une attaque immobilisé dans une chambre d'hôpital, un autre qui perd la mémoire et un troisième qui ne se remet pas de la mort de sa femme. Je ne vous en dis pas plus, si ce n'est que c'est un film étrange dans le déroulement de l'histoire. La fin est inattendue. Vous pouvez vous laisser tenter car l'actrice principale, Young Yuh-jung est remarquable. Je l'avais vue dans The Housemaid en 2010 où elle jouait une grand-mère abjecte.

Je passe à The Charmer, un film danois à propos duquel j'aprouve un sentiment mitigé, à cause surtout de la fin qui m'a rendu le personnage principal antipathique. The Charmer raconte l'histoire d'Esmail, un Iranien réfugié au Danemark qui drague avec succès dans un bar "select" les femmes scandinaves. Il veut en trouver une qui soit accepte de faire un mariage "gris", soit se porte garante de lui afin qu'il obtienne des papiers qui lui permettrait d'être régularisé sur le territoire danois. Esmail exerce un travail de déménageur "au noir". Il est menacé d'être extradé d'ici peu de temps. Un soir, il recontre Sarah, une jeune Iranienne qui est née et a vécu au Danemark. Elle vit là avec Leila, sa mère, une femme respectée dans la communauté iranienne danoise. Esmaïl tombe amoureux d'elle et cela semble assez réciproque, mais des obstacles surviennent, notamment un homme dont la femme qui été la maîtresse d'Esmaïl s'est suicidée. Ces péripéties cassent un peu l'ambiance du film. Et, je le répète, j'ai été déçue par la fin. Je m'attendais à un épilogue différent. L'acteur principal dont c'est le premier film a un regard à faire fondre un iceberg même si ce n'est pas mon type d'homme.

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