Le blog de Dasola

mercredi 24 avril 2019

Les oiseaux de passage - Ciro Guerra et Cristina Gallego

Avant qu'il ne disparaisse des écrans, je veux évoquer le film colombien Les oiseaux de passage de Ciro Guerra et Cristinal Gallego que je vous conseille comme Princecranoir. Juste avant l'émergence des cartels de la drogue en Colombie dans les années 80, les premières personnes à tirer avantage de la culture de la marijuana et à faire fortune en vendant du cannabis aux gringos de la fin des années 60 au début des années 80, étaient des membres de tribus vivant dans l'arrière-pays. Les Wayyu (une tribu amérindienne) sont les protagonistes de cette histoire, où les croyances, sortilèges et présages dans les airs ou sur terre guident leur vie. Ils font parler les os des défunts, qu'ils déterrent pour prévoir l'avenir. Un peu par hasard, ils vont faire partie de ceux qui prospéreront grâce à la culture de la marijuana (Bonanza (prospérité en espagnol) Marihuana). Chez les Wayyu, certaines femmes commandent, comme par exemple Ursula, une maîtresse-femme, un peu sorcière, celle qui donne sa fille Zaida en mariage à Rapayet lors d'une cérémonie tribale, au tout début du film. C'est la même Ursula qui, à la fin, récupérera le corps de son petit-fils au milieu d'hommes armés qui pourraient tirer sur elle. C'est une femme sans pitié qui fait passer sa famille avant tout. Le film est découpés en cinq chapitres. La violence va crescendo. On presssent que l'histoire se terminera en tragédie pour ces tribus de Wayyu qui se font la guerre entre eux. Le film est visuellement superbe avec un rythme soutenu. A voir avant qu'il ne soit trop tard.

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dimanche 21 avril 2019

El Reino - Rodrigo Sorogoyen

Le film m'a tellement plu que je l'ai vu deux fois. Et la deuxième vision m'a éclairée sur certains passages que je n'avais pas forcément compris. El Reino (Le règne) est un film de suspense qui va crescendo. La musique de fond très syncopée renforce le côté tendu de cette histoire d'hommes d'un parti politique espagnol dont on ne connaît pas la tendance. On apprend très vite que certains de ces hommes sont corrompus, qu'ils sont coupables de s'être enrichis sur le dos de l'Europe et et des contribuables, d'avoir des comptes en Suisse ou en Andorre, de prévarication. etc. Parmi ces hommes, on se concentre sur Manuel Lopez-Vidal qui va est au coeur du scandale mis au jour par une commission d'enquête. La caméra ne le lâche pratiquement pas. Il est de tous les plans, de dos ou de face. Antonio de la Torre qui joue Perez-Vidal est impressionnant de bout en bout. Le réalisateur a un grand sens de la narration. Cela n'empêche pas quelques ellipses. Tout ne nous est pas expliqué et ces zone d'ombres sont bienvenues. Le film se distingue par quelques séquences d'anthologie: une conversation révélatrice sur un balcon, une recherche de carnets compromettants dans une maison, un accident de voiture tout phares éteints et la séquence finale entre une journaliste, Amaia, et Manuel, sur un plateau de télévision. Le spectateur est scotché à son fauteuil. Un très bon film que je recommande tout comme Pascale. Il faut noter que le réalisateur est connu en France pour Que Dios nos perdone que je recommande de nouveau.

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jeudi 18 avril 2019

Pas dupe - Yves Ravey / Le dernier bain - Gwenaële Robert

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Le dernier bain (Les passe-murailles / Robert Laffont, 231 pages) de Gwenaële Robert évoque de manière romancée les trois derniers jours de la vie de Jean-Paul Marat, "l'Ami du peuple" assassiné par Charlotte Corday le 13 juillet 1793. Paris est assommée par la chaleur. Le roi a été guillotiné six mois auparavant et la Reine, ses enfants et sa belle-soeur vivent désormais dans la prison du Temple. Théodose, un moine qui a renié sa foi et qui est devenu écrivain public (il écrit surtout des lettres de délation), observe de loin Jane, une jeune Anglaise arrivée depuis peu à Paris afin d'approcher Marat. Elle y arrive en portant les fioles pleines de vinaigre ou de soufre pour soulager l'horrible maladie de peau dont souffre Marat, qui vit dans sa baignoire. Marthe Brisseau, la lingère de Marie-Antoinette au Temple, demande à Théodose d'écrire une lettre à Marat à qui elle exige réparation le jugeant responsable d'avoir mis sa fille enceinte après l'avoir soignée. Rappelons que Marat avait fait des études de médecine et avait même exercé en Angleterre.  Pendant ce temps-là, Charlotte fraîchement débarquée de Normandie, achète un couteau et s'apprête à commettre son crime. Il faut noter que Mme Robert n'a pas beaucoup de sympathie pour Marat. J'ai aimé ce roman pour l'histoire et la manière dont Mme Robert mélange la fiction et les faits historiques. Grâce à elle, j'ai donc appris que David (le peintre), grand ami de Marat, avait voté la mort du roi. La photo de la couverture représente le célèbre tableau de David, "Marat mort dans sa baignoire". Le tableau se trouve au musée des Beaux-Arts de Bruxelles. Et la baignoire-sabot de Marat se trouve au musée Grévin depuis 1886.

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Avec Pas dupe (Editions de Minuit), j'ai retrouvé avec plaisir le style d'Yves Ravey, qui, en 140 pages, nous narre l'histoire de Meyer, qui vient de perdre sa femme Tippi dans un accident de voiture. La voiture et Tippi se sont retrouvées au fond d'un ravin. Pour l'anecdote, Tippi avait un amant depuis longtemps. Cet accident amène de nombreuses interrogations. Meyer était l'employé de son beau-père, lui-même, le père de Tippi. Il est surprenant que cette jeune femme portant un très beau collier sorte à l'aube pour prendre sa voiture. L'inspecteur Costa Martin-Lopez, qui m'a beaucoup fait penser à l'inspecteur Columbo, n'arrête pas d'interroger Meyer, il pose des questions sur plusieurs détails. Bien entendu, on comprend vite que cet "accident" est un crime et on comprend dès le premier paragraphie qui est le coupable. On a toutes les explications dans les dernières pages. Un roman plaisant.

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Sinon, depuis lundi, je suis toute "bouleversifiée" par l'incendie de Notre-Dame, la cathédrale de dentelle avec ses rosaces magnifiques. Je n'ai pas encore osé aller la voir et pourtant je ne travaille pas très loin à pied. Vivement qu'on la rebâtisse!

Une photo prise en août 2013 depuis le théâtre du Châtelet.

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lundi 15 avril 2019

Tel Aviv on Fire - Sameh Zoabi / Le vent de la liberté - Michael Herbig

Je suis allée voir Tel Aviv on Fire de Sameh Zoabi, ayant aperçu la bande-annonce. Il s'agit d'une comédie qui se passe entre Jérusalem et Ramallah, en zone palestinienne. Salam, un Palestinien qui vit à Jérusalem, passe tout les matins par le même "check-point" pour aller travailler comme stagiaire à Ramallah, sur le plateau d'une série à succès, "Tel Aviv on Fire", qu'Israéliens et Palestiniens regardent avec le même intérêt. Un jour, Salam se fait arrêter au "check-point" par Assi, un officier israélien zélé et très fan de la série. Assi commence à vouloir mettre son "grain de sel" et donner des idées pour le scénario de la série qui est écrit au jour le jour. En effet, Salam fait croire qu'il est le scénariste de la série. J'ai trouvé l'idée de départ très sympa, mais que c'est "mou"! Il n'y a aucun rythme. J'ai été déçue et je pense que je n'étais pas la seule. Lire le billet de ffred qui a beaucoup plus aimé le film que moi.

J'ai nettement préféré Le vent de la liberté de Michael Herbig. Le scénario est tiré d'une histoire vraie qui s'est passée en 1979 dans l'ex-Allemagne de l'Est. Une famile de quatre personnes décide de passer à l'Ouest en montgolfière. Avec un couple d'amis, ils ont fabriqué un ballon qui s'envole une nuit et qui malheureusement retombe à proximité de la frontière avec l'Ouest. A partir de là, un suspense s'installe entre la Stasi, la police d'Etat qui retrouve le ballon et veut retrouver les fuyards, et cette famille qui décide de refaire une tentative en emmenant, cette fois-ci, leurs amis. L'ensemble est haletant avec de très bons acteurs. L'atmosphère pesante qui devait régner à cette époque où tout le monde surveillait tout le monde est plutôt bien rendue. Un bon film qui a aussi plu à ffred et Pascale.

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vendredi 12 avril 2019

La flor - Mariano Llinás

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J'ai terminé de voir La Flor de Mariano Llinás, cet ovni cinématographique argentin de plus de 13 h (dont 1/2 heure de générique de fin!). Je pense que ce film n'est projeté pratiquement qu'à Paris (dans trois salles). Le film est sorti en quatre parties, d'une durée d'environ 3h20 chacune, à une semaine d'intervalle, depuis début mars 2019. La Flor, film inclassable et irracontable, comporte six épisodes d'inégales longueurs: le troisième épisode à lui seul dure presque 5h30. En revanche, le sixième épisode ne dure que 30 minutes. Ces six épisodes sont six histoires correspondant peut-être à un genre cinématographique. Les quatre premiers épisodes ont un début mais pas de fin. Le cinquième épisode tourné en noir et blanc et sans aucun son est un hommage au film Partie de campagne de Jean Renoir. Le sixième épisode, très court par rapport aux autres et filmé de loin avec une image vaguement floue, n'a pas de début, mais on assiste à l'épilogue. Mais me direz-vous, on peut se demander comment je n'ai pas calé avant la fin car honnêtement j'aurais pu. Hé bien, étant une spectatrice curieuse (comme d'autres), j'ai voulu savoir ce qui allait se passer puisque les trois premières parties se terminent avec un laconique "à suivre". Ce qui m'a donné envie d'aller voir les quatre parties de ce film, ce sont les quatre actrices principales, issues du théâtre argentin (elles ont formé une compagnie théâtrale). Je les ai trouvé remarquables. Dans chaque épisode, elles jouent des rôles très différents plus ou moins importants, à part le 5ème épisode où elles ne sont pas présentes. J'avoue que j'ai trouvé l'ensemble un peu inégal. Je recommande tout particulièrement les deux premiers épisodes qui composent la première partie. Dans le premier, une momie très "Rascar Capac", comme dans Tintin, a des pouvoirs maléfiques qui rend fou ceux qui s'en approchent. Dans le deuxième épisode, mon préféré et je pense le plus réussi, on assiste à un mélo musical. Il s'agit d'une chanson qui ne parvient pas à se faire, parce qu’un duo de stars de la variété, couple en voie de séparation, refuse de se trouver en présence dans le même studio d’enregistrement. A partir du troisième (celui qui dure plus de 5 heures), je trouve que cela se gâte un peu avec une vague histoire d'espionnage pendant la Guerre Froide et ce qui s'ensuit après (il y a des longueurs). Ce qui est amusant, c'est que les trois quarts du dialogue est en français. On retrouve nos quatre actrices / espionnes poursuivies par des tueuses engagées par un certain Casterman (comme l'éditeur de Tintin). Dans le 4ème épisode, elle sont tour à tour des sorcières ou des actrices qui jouent dans un film pendant que le réalisateur décide de filmer des arbres. J'ai déjà parlé du cinquième épisode. Quant au sixième, on voit des femmes (les quatre actrices) au bord d'une rivière. Je n'ai pas forcément compris ce qui se passait, à part qu'elles allaient être libérées. Voilà, je pense que mon billet prendra moins de temps à lire que je n'en ai passé (plus de 13 heures!) dans une salle de cinéma pleine. Si vous en avez la possibilité, allez voir au moins la première partie, Flor 1, comprenant les deux premiers épisodes, qui vous donneront envie de continuer. 

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mardi 9 avril 2019

Vilhelm Hammershøi - Musée Jacquemart-André

Etant en congés trois jours, je suis allée voir la très belle exposition d'une quarantaine de toiles de Vilhelm Hammershøi, un peintre danois (1864-1916), au Musée Jacquemart-André, boulevard Haussmann (qui a servi de décor pour des scènes de Fedora, le dernier film de Billy Wilder, en 1978). J'avoue que je ne connaissais pas du tout l'oeuvre de ce peintre danois* dont je n'avais jamais entendu parler. Il y a 30 ans, ses tableaux avaient été exposés pour la première fois en France au Petit Palais, et puis une autre exposition avait eu lieu au musée d'Orsay en 1997. Pour mettre en perspective l'oeuvre de Vilhelm Hammershøi, il y a des tableaux de son frère Svend, de son beau-frère Peter Ilsted (le frère de sa femme), et d'un ami, Carl Holsøe. Vilhelm Hammershøi a pris comme modèle ses proches, dont sa femme souvent peinte de dos, ou sa mère. Les tableaux sont dans des gammes de gris et blanc avec parfois des couleurs chaudes. Il représente des intérieurs vides ou parfois occupés par une silhouette féminine. Cette exposition qui dure jusqu'au 22 juillet 2019 m'a beaucoup plu. Le musée, dans un très bel hôtel particulier qui se visite, est ouvert tous les jours de 10h à 18h, et fait nocturne le lundi soir jusqu'à 20 heures 30. Et j'ajouterai que l'on peut prendre les tableaux en photo. J'en ai profité.

20190408_135802 Peter Ilsted : Mère et enfant

20190408_135620 La mère de Villhelm Hammershøi

20190408_135526 Ilda Ilsted La future épouse d'Hammershøi. Il a pas mal travaillé d'après une photo car à l'époque c'était mal vu qu'une jeune femme pose pendant des heures pour un peintre, fut-il son futur mari.

20190408_135508 Autoportrait

20190408_134807 Intérieur (Musée d'Orsay)

20190408_134546 Intérieur avec un pot de fleur

20190408_134442 Intérieur

20190408_134308 Intérieur avec rayon de soleil sur le sol

20190408_134124 Intérieur

20190408_134100 Intérieur avec une femme de dos

20190408_133944 Intérieur avec une femme arrangeant des fleurs dans un vase

20190408_133744 Superbe tableau qui se trouve au Musée d'Orsay. On sent le relâchement de la femme assise. Titre : Hvile ou Repos

20190408_133643 Intérieur avec coin de salle à manger

20190408_133609 Intérieur avec une femme debout

20190408_133515 Cour intérieure de la maison où habitait le peintre

20190408_132901 Cathédrale de Copenhague

20190408_132800 Paysage : très sobre

20190408_132731 Paysage

20190408_132648 La mère du peintre Vilhelm Hammershøi

20190408_132531 Etude d'une femme vue de dos

20190408_132323 Carl Holsøe : Femme de l'artiste dressant la table

20190408_132221 Intérieur avec un jeune homme lisant (Svend Hammershøi)

 * et non hollandais comme je l'avais écrit par erreur (merci Keisha).

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dimanche 7 avril 2019

L'avenir du capitalisme - Bernard Maris

Avec L'avenir du capitalisme, voici une quatrième chronique concernant Oncle Bernard dans le cadre des hommages que je (ta d loi du cine, squatter chez dasola) rends aux morts de Charlie Hebdo.

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Ce petit ouvrage (67 pages) est paru à titre posthume aux éditions LLL (Les Liens qui Libèrent) en 2016. Le texte de Bernard Maris commence p.15. Le livre reprend le texte d'une conférence prononcée par Bernard Maris, à Paris, le 11 janvier 2010, à l'Institut Diderot. Dominique Lecourt, qui dirige ce laboratoire d'idées français lancé le 19 octobre 2009, explique dans une émouvante préface les circonstances de la rédaction de ces quelques dizaines de pages. J'y relève une citation: "En l'écoutant [Bernard Maris] sur France Inter, on était frappé de ce qu'il ne coupait jamais la parole à ceux dont il ne partageait pas les opinions".

Concernant ce questionnement sur l'avenir du capitalisme, la réponse qu'il tente ici d'y apporter (comme on "tente" une performance, dirais-je) se place d'abord d'un point de vue économique, bien sûr, - puisqu'il était économiste -, mais aussi avec des références historiques, sociologiques et peut-être un petit peu philosophiques. Il en appelle à Karl Marx évidemment, mais aussi à Max Weber, et à [John Maynard] Keynes...

L'ouvrage est divisé en deux parties. D'abord, "le capitalisme est-il moderne"? Pour parler de l'avenir, il commence bien entendu par évoquer le passé et l'apparition de longue date d'éléments isolés (grand commerce [à longue distance], prédation, comptabilité...). Si j'ai bien compris, le capitalisme apparaît quand les "travailleurs" l'emportent sur les "guerriers" et les "prêtres"(pour reprendre les trois fonctions dont parle Georges Dumézil pour les épopées des sociétés indo-européennes), et lorsque apparaît la notion de "surplus" et d'accumulation.

Bernard Maris égrène et expose quatre éléments qui manquaient aux époques pré-capitalistiques et que ce "jeune homme" (le capitalisme) va amener. Puis sa démonstration respectera ces quatre parties annoncées p.23: le travail (et le marché du travail); le crédit (la taille des marchés et la production de masse); le machinisme (et la soumission de la technique à la science); le rapport au temps (le temps linéaire qui se substitue au temps cyclique). Je cite (p.24): "le capitalisme naît lorsque l'esprit du capitalisme habite la majorité des dirigeants, et bientôt la société tout entière, à travers le travail et la techno-science." Je mentionnerai que le sous-entendu que les paysans travaillaient moins, en 1914, qu'aujourd'hui, m'a d'abord fait sauter au plafond (p.45)... avant que je comprenne mon malentendu: Bernard Maris parlait bien de prise en compte du travail "marchand" (rémunéré), et non du travail en autarcie.

Pour ma part, autant j'adhère aux explications historiques, autant les explications du capitalisme en lien avec la psychanalyse (le bourgeois qui refuse de jouir...) me paraissent personnellement superflues (comme on le sait, ce n'est pas ma tasse de thé). Il me suffit que soit énoncé que le capitalisme est un système qui fonctionne sur la frustration et la servitude. Ne vaut-il pas mieux que les entrepreneurs capitalistes exercent leur tyrannie sur leur compte en banque que sur leurs compatriotes? La réponse ne me semble pas si évidente. Le capitalisme se présente aussi avec le masque d'un jeu où tout le monde serait gagnant: l'échange créant davantage de richesse(s) qu'il n'y en avait au départ. Le problème est que cette "richesse" est devenue, exclusivement, financière. La violence du capitalisme s'est aussi (re)portée sur l'environnement. Comment l'Homme s'en sortira-t-il?

Et l'avenir du capitalisme (abordé en seconde partie, p.49)? j'ai trouvé qu'aucune des différentes possibilités qu'il balaie n'incite à l'optimisme... Le verrons-nous avoir tort? Par exemple, la Chine verrait bien, d'un côté, les salaires de ses travailleurs augmenter; mais de l'autre, l'immensité de son propre marché intérieur lui garantirait des économies d'échelle, "ce qui fait qu'on [l'Europe?] est mal barrés". Le progrès technique n'est sans doute pas une solution en raison de l'impossibilité de la croissance dans un monde fini. La solution (en conclusion) pourrait venir de l'économie de l'altruisme, l'économie sociale et solidaire (j'adhère!).

Un rapide coup d'oeil sur la blogosphère ne m'a pas permis de trouver beaucoup de mentions de cet ouvrage, à part sur des blogs de librairies. Mention spéciale pour le blog de Ludovic (sous-titré "une opinion parmi d'autres"), qui a à la fois parlé du livre et mis en ligne la vidéo de la conférence

Au final, la version rédigée, construite, condensée, du livre, est bien évidemment différente de la version improvisée, semble-t-il, d'après quelques notes jetées sur des feuilles (improvisations touffues sur un sujet sur lequel il travaillait depuis des décennies, bien entendu). J'ai été un peu dérouté par le décalage entre le son et les mouvements des lèvres? Mais j'ai pioché des éléments pour le présent billet indifféremment dans l'un et dans l'autre, même s'il est difficile de résumer 56 minutes ou 52 pages en quelques lignes. Je vous invite donc à consulter les deux! En ce qui me concerne, j'ai apprécié le sens de la formule de Bernard Maris. Bizarement, j'ai eu l'impression de connaître isolément beaucoup des éléments épars qu'il cite, mais sans jamais en avoir auparavant fait la synthèse, la "mise en relation", pour arriver à la démonstration qu'il apporte avec sa pensée construite. N'est-ce pas ce que l'on attend d'un érudit, d'un intellectuel, d'un "spécialiste" ou d'un "expert"?

Pour la suite, je pense que ma prochaine chronique d'un ouvrage d'Oncle Bernard portera, d'ici quelques mois, sur sa Lettre ouverte aux gourous de l'économie qui nous prennent pour des imbéciles.

*** Je suis Charlie ***

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jeudi 4 avril 2019

Le hibou - Samuel Bjørk / Art et décès - Sophie Henaff

Pour ceux qui ont lu et aimé Poulets grillés et Rester groupés, vous risquez d'être déçus, comme je le suis, par Art et Décès de Sophie Henaff (309 pages, Albin Michel). On retrouve la brigade de police commandée par le commissaire Anne Capestan, qui a accouché d'une petite Joséphine qui capte toute l'attention de sa maman. J'ai trouvé que l'intrigue ne cassait pas trois pattes à un canard. La capitaine de police Eva Rosière, un membre du groupe, a pu enfin vendre un de ses scénarios et un film est en train d'être tourné. Manque de chance, un jour, le réalisateur est retrouvé mort à l'heure du déjeuner, un poignard entre les omoplates. Bien entendu Capestan et son groupe vont mener l'enquête dans le studio où s'est déroulé le meurtre. Et Eva est la première suspecte pour diverses raisons. Moi qui avais souvent souri en lisant les deux précédents, je n'ai pas retrouvé l'humour des deux précédents. Les membres de la brigade manquent de relief. Et pour ceux qui n'ont pas lu les tomes précédents, on a dû mal à comprendre ce qui fait leur personnalité. Sophie Henaff, ou l'éditeur (?), y a d'ailleurs pensé car à la fin du volume, il y a des extraits choisis des deux volumes précédents sur les "poulets grillés".

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 Je passe à Le Hibou de Samuel Bjørk (Pocket, 470 pages), un excellent thriller norvégien qui m'a captivée de bout en bout (hi!). Une jeune fille est retrouvée assassinée dans un clairière. Son corps est recouvert de plumes d'oiseaux (de hibou). L'enquêteur criminel Holder Munch aidé par Mia Krüger, une jeune femme un peu traumatisée mais très intelligente, vont mener l'enquête ,dont une partie se déroule dans une exploitation horticole où vivent des jeunes en rupture avec leur famille. Les suspects sont nombreux mais le nom du ou la coupable ne nous est révélé qu'à la toute fin. J'ai trouvé que l'intrigue tenait debout et elle tient en haleine. J'ai tellement aimé que je compte lire le roman précédent de l'écrivain, Je voyage seule.                                                               

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lundi 1 avril 2019

Rosie Davis - Paddy Breathnach

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Je ne suis pas allée voir tout de suite Rosie Davis, un film irlandais sorti le 13 mars. Aujourd'hui le 1er avril 2019, soit 3 semaines après sa sortie, il n'est plus programmé que dans 3 ou 4 salles à Paris et même pas à toutes les séances. Retrospectivement, j'aurais été déçue de ne pas l'avoir vu. C'est un film qui vous secoue dès les premières images. La caméra ne quitte pratiquement pas le visage de Rosie Davis (Sarah Greene, une actrice que je ne connaissais pas et qui est sensationnelle), une jeune femme courageuse d'une trentaine d'années.

En guise de préambule, en "voix off", un journaliste dans une émission de radio fait mention que l'Irlande est le pays d'Europe où les SDF sont les plus nombreux par rapport à la population irlandaise.

Depuis deux semaines, Rosie, une mère de quatre enfants dont trois en bas âge, appelle des hôtels les uns derrière les autres en demandant s'il y aurait une possiblité de trouver une chambre pendant une nuitée ou plus. Elle suit une liste que lui a communiqué la mairie qui se porte garante et paye pour les personnes comme cette famille qui vit dans leur voiture. En effet, ils ont été expulsés de leur maison dans laquelle ils vivaient depuis sept ans, le propriétaire ayant repris son bien pour le vendre, Rosie et son compagnon John Paul ont bien entendu été dans l'incapacité de l'acheter. Pendant que son compagnon travaille dans un restaurant à Dublin, Rosie accompagne ses enfants à l'école et n'arrête pas d'appeler encore et toujours. Les enfant un peu turbulents souffrent de cette situation mais Rosie est là, patiente envers eux, faisant son possible pour ne pas "craquer". A la fin, on sent qu'un immense amour est le ciment cette famille qui se lave dans les toilettes de bar et qui a faim. Les corn flakes et les frites, au bout d'un moment, ce n'est pas nourrissant. Le film dure 1h20 et se passe beaucoup dans l'habitacle de la voiture. Rosie ne veut pas que l'on dise qu'elle est SDF mais qu'elle est enfermée dehors avec sa famille. Personnellement, je ne sais pas comment je réagirai si j'étais dans cette situation. Un film que je vous recommande absolument, tout comme Aurore.

Dans la brochure que j'ai trouvée dans le cinéma où je l'ai vu, il est fait mention qu'en France, il y a 4 millions de personnes mal-logées ou privées de domicile (d'après la Fondation Abbé Pierre).

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vendredi 29 mars 2019

Agnès Varda est décédée aujourd'hui, 29 mars 2019

Je viens d'apprendre cette très mauvaise nouvelle. Je connaissais peu le cinéma d'Agnès Varda (1928-2019), oui, je l'avoue, mais son dernier film Visages, village est une pure merveille que je vous recommande. Un remède à la mélancolie (pour reprendre le titre d'une émission de radio que j'aime bien). Elle va rejoindre Jacques (Demy). Tristesse pour ceux qui restent.

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jeudi 28 mars 2019

Convoi exceptionnel - Bertrand Blier

Le nouveau Bertrand Blier, Convoi exceptionnel m'a plu pour ses dialogues absurdes, souvent drôles, un peu crus, mais dits avec talent par Gérard Depardieu (Taupin) et Christian Clavier (Foster), les deux personnages principaux. Ils sont entourés d'une pleiade de comédiens, tous épatants comme Alex Lutz, Audrey Dana, Alexandra Lamy ou Philippe Magnan. Il n'y a pas vraiment d'histoire car les personnages vont d'un endroit à un autre, font des choses (même commettre un meurtre), en attendant que des personnes arrivés "par hasard" leur donnent des pages d'un scénario. Ils le suivent à la lettre avec les dialogues, même s'ils ne savent pas pourquoi. Le film dure 1H20. J'ai passé un bon moment, surtout vers la fin quand Depardieu, toujours gourmet, mange du foie gras en énonçant une recette pour cuire du poulet qui donne l'eau à la bouche. Et puis, une scène du fim m'a donné envie de revoir Quai des Orfèvres de Clouzot pour une chanson que chante Suzy Delair, Danse avec moi. C'est que j'ai fait en rentrant chez moi. Merci M. Blier. Lire les billets de Pascale et Ffred.

PS : Pour rebondir sur ce qu'a écrit Miss Fujii dans son commentaire, dans la salle où j'étais, on n'était pas nombreux et au moins trois personnes (dont un couple à côté de moi) sont partis avant la fin. En résumé, "ça passe ou ça casse". C'est dommage parce que j'ai bien aimé la fin.

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mardi 26 mars 2019

La transparence du temps - Leonardo Padura

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Avant que j'évoque des polars plus ou moins réussis, je veux vous convaincre de lire le nouveau Leonardo Padura, La transparence du temps (428 pages, Editions Métailié) dans lequel on retrouve Mario Conde, l'ancien policier devenu un commerçant de livres anciens. Le roman se déroule entre le 4 septembre et le 9 octobre 2014 (le jour des 60 ans de Conde), et un épilogue se passe le 17 décembre 2014 (le jour où Obama et Raùl Castro ont entamé des négociations pour la normalisation des relations entre les USA et Cuba et la restauration des relations diplomatiques). Comme Keisha, j'ai eu beaucoup de plaisir à retrouver Conde qui rêve toujours de boire du bon café, qui fume des cigarettes et ne boit pas toujours du bon rhum. Entouré de ses amis fidèles et de son amoureuse Tamara, ainsi que son chien Basura II, Conde va reprendre son métier d'enquêteur pour rendre service à Bobby, un ancien camarade de lycée. Bobby, amateur d'art, s'est fait plaquer par son petit ami Raydel qui en a profité pour vider l'appartement qu'ils partageaient. lI a en particulier dérobé une très ancienne vierge noire en bois de grande valeur, importée d'Europe au moment de la guerre civile espagnole dans les années 30. Cette vierge va malheureusement provoquer quelques morts violentes. Pour Padura, ce roman est surtout l'occasion de faire une description de Cuba et de ses habitants en pleine décrépitude où la richesse côtoie la misère. Même pour Conde et ses proches, les produits de première nécessité manquent. Pour se déplacer, Conde prend les taxis collectifs ou marche longtemps. Il y a des descriptions de quartiers où les maisons sont des simples assemblages de tôles. Le récit est ponctué par l'histoire de la vierge noire et ses origines datant au moins de la chute de Saint-Jean d'Acre en 1291. Un magnifique roman avec un Conde un peu bougon qui n'est pas pressé de fêter ses 60 ans. Lire aussi le billet de Clara.

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samedi 23 mars 2019

Jusqu'ici tout va bien - Mohamed Hamidi / Rebelles - Allan Mauduit

Je chronique deux films vus l'un à la suite de l'autre.

J'ai trouvé Jusqu'ici tout va bien, de Mohamed Hamidi, très plaisant. Une petite agence de com, dirigée par Fred Bartel (Gilles Lellouche, en grande forme), vient de remporter un gros marché, mais dans le même temps, rien ne va plus avec le fisc. En effet, à cause d'une malheureuse domicilation non respectée, l'agence aurait dû être implantée dans le 93 à La Courneuve, dans une zone franche et non en plein Paris, Fred Bartel est redevable de plus d'1,7 millions au Trésor public. Pour éviter cette grosse amende, Fred et toute son équipe s'installent donc à La Courneuve où des bandes de gamins font du racket et les trafiquants de drogue prospèrent. Le ton du film est très "bon enfant". Tout ce petit monde s'entend plutôt bien. Bartel arrive même à trouver une grosse somme d'argent (sans l'aide des banques) pour faire face à une demande d'un client. Les personnages sont sympathiques même s'ils manquent un peu d'épaisseur. J'ai passé un bon moment. Lire le billet de Matchingpoints.

Je passe à Rebelles d'Allan Mauduit, un western urbain qui se passe à Boulogne sur Mer. Sandra (Cécile de France, que je n'ai pas reconnue immédiatement), ex-Miss Pas-de-Calais avec un coquard à l'oeil, revient chez sa mère qui vit dans un bangalow. Sandra trouve un travail dans la conserverie de poissons de la ville. Le travail est dur et astreignant et Jean-Michel, le chef d'équipe, un peu trop entreprenant. D'ailleurs, un soir, lors d'une astreinte, Sandra blesse grièvement Jean-Michel après que celui-ci ait cherché à la violer. Deux collègues, Nadine (Yolande Moreau, impayable) et Marilyn (Audrey Lamy, très bien), témoins du drame, veulent d'abord appeler les secours, mais y renoncent après qu'elles aient trouvé un sac rempli d'argent dans l'armoire du futur défunt. Je vous laisse découvrir comment les trois femmes vont se débarrasser du corps et prendre l'argent. Bien entendu, les ennuis commencent car l'argent appartient à quelqu'un. Le rythme du film est trépidant. J'ai souri et parfois ri devant une scène un peu "gore" dans le début du film. La séquence de la fusillade dans une maison vers la fin est digne d'un western d'antan. Les méchants sont plus bêtes qu'autre chose. On n'oublie pas de sitôt Sandra, Nadine et Marilyn, des femmes pleines de ressources avec du caractère, du culot et du courage qu'elles payent parfois assez cher. Un film sympa, pas très moral mais ce n'est pas grave. Lire les billets de ffred et Pascale.

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mercredi 20 mars 2019

Salon du livre 2019 à Paris

Ayant eu une invitation par une collègue, je me suis décidée à aller au salon du livre de cette année. J'y suis restée relativement peu de temps: la foule et la chaleur m'incommodent assez vite. J'ai déambulé dans les allées. J'ai vu des files d'attente pour des dédicaces. J'ai aperçu Daniel Pennac conversant avec Guillaume Gallienne tandis que l'écrivain turc Orhan Pamuk quittait le stand Gallimard entouré de gardes du corps. J'ai aussi vu Bernard Minier, Jean-Louis Debré et Katherine Pancol. Point d'Amélie Nothomb, mais j'ai eu le plaisir d'avoir une gentille dédicace de Javier Cercas, un homme très sympathique. Lire le billet de Marilyne sur cet écrivain.

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Comme l'a mentionné Marilyne, cette année, c'était l'Europe qui était à l'honneur. J'ai trouvé l'initiative excellente.

J'ai acheté seulement trois livres: un de J.-H. Rosny Aîné, l'énigme de Givreuse et autres contes, collection Les orpailleurs science-fiction, édité par la BNF (j'ai été attirée par la couverture), Les Limousins à vol d'oiseau d'Onésime Reclus (le frère d'Elisée et Elie) et Les soldats de Salamine de Javier Cercas.

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Je ne regrette pas ma visite même si elle fut courte.

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dimanche 17 mars 2019

Mon bébé - Lisa Azuelos

Mon bébé de Lisa Azuelos est un film sympathique dominé par l'interprétation de Sandrine Kiberlain qui joue Héloïse, une mère divorcée aimante qui a beaucoup sacrifié de sa vie personnelle pour ses trois enfants. Les deux aînés ont quitté le nid et Jade, la troisième, interprétée par Thaïs Alessandrin (la fille de la réalisatrice), âgée de presque 18 ans, vient de recevoir son admission dans une université canadienne. Elle partira au Canada si elle est reçue au baccalauréat dans les prochaines semaines. Bien entendu, Héloïse, pour qui une page se tourne, est la dernière prévenue. Elle va se retrouver seule. Pour conserver des souvenirs de Jade, elle se met à prendre des photos et des films avec son smartphone. Jade est une jeune fille qui connaît ses premiers émois amoureux avec le meilleur copain de son frère. Je repète: le film est sympathique et le rythme enlevé, et Sandrine Kiberlain est vraiment bien. Je conseille.

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Ceci n'ayant rien à voir avec cela, aujourd'hui dimanche 17 mars, je vais faire un tour au salon du livre de Paris dans l'après-midi. Je ne sais pas si je rencontrerai des blogueuses.

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jeudi 14 mars 2019

4 3 2 1 - Paul Auster

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Pour ce roman de 1015 pages, je ne vais pas en écrire trop long. J'ai mis presque un mois et demi à lire 4 3 2 1 (Edition Actes Sud) de l'Américain francophone Paul Auster. Ce n'est pas qu'il soit difficile, mais il est très dense. Il ne s'agit pas du genre de roman qu'on lit en diagonale. Il faut saluer le travail remarquable du traducteur. 4 3 2 1 met en scène Archie Ferguson, un "double" de Paul Auster. Pourquoi 4 3 2 1? Si vous êtes impatient de le savoir, vous le saurez en lisant les quatre dernières pages du roman. Après une introduction sur les grand-parents d'Archie Ferguson venus de Minsk, l'histoire se décompose en quatre variations de la vie d'Archie Ferguson, né en 1947, la même année que Paul Auster. Chaque Archie (diminutif d'Archibald, d'après Archibald Leach [le vrai nom de Cary Grant]) aura une vie courte mais intense grâce des rencontres et des amours diverses. En compagnie d'Archie, on côtoie beaucoup de personnages recurrents que l'on retrouve dans les récits, comme Amy Schneiderman, une cousine d'Archie, ou Rose, la mère de ce dernier. Chaque récit est exposé l'un après l'autre sans qu'ils soient toujours synchro dans le temps. Le roman permet une évocation de l'Amérique (et de la France) des années 60. Archie, qui est un fan de cinéma et de base-ball, deviendra écrivain après des études universitaires. Il va d'ailleurs jouer un rôle dans les mouvements étudiants de l'époque. Le personnage d'Archie auquel on s'attache tout de suite fait que le lecteur ne lâche pas le roman bien construit. On ne se perd pas dans les méandres des différents récits. Il faut noter qu'Auster a dédié son roman à sa femme, l'écrivain Siri Hustvedt. Si vous n'avez pas peur d'un roman de 1000 pages,  je le conseille.

Lire les billets de Krol, Papillon, Kathel, Keisha (qui a lu le roman en VO).

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mardi 12 mars 2019

Sibel - Guillaume Giovanetti et Çagla Zencirci / Exfiltrés - Emmanuel Hamon

Sibel, c'est le prénom du personnage principal d'un film turc que je recommande. Sibel a des yeux verts magnifiques qui lui mangent le visage. Elle vit comme une sauvageonne, le fusil à l'épaule, prête à tirer sur un loup vivant dans la forêt. J'ignorais que la Turquie avait une telle forêt située à l'est de la Mer Noire. Sibel vit, ainsi que sa petite soeur, dans un village dont son père veuf est le maire. Sibel ne parle pas, mais elle siffle pour s'exprimer. Son père la comprend ainsi que quelques villageois. Il s'agit d'une langue sifflée ancestrale de la région. Un jour, dans la forêt, Sibel tombe non pas sur un loup mais sur un homme jeune, hirsute qui vient de se blesser. Il est une sorte de déserteur qui n'a pas voulu s'enrôler dans l'armée turque. Sibel le soigne et s'attache à lui. Pendant ce temps-là, sa soeur cadette est promise à un garçon, car, en Turquie, les mariages sont encore arrangés, les femmes portent le foulard sur la tête (sauf Sibel) et le poids des traditions est lourd. Sibel n'est pas vue d'un bon oeil par les villageois qui l'épient. J'espère que je vous aurais donné envie de découvrir ce film où Sibel est présente de la première à la dernière image avec une caméra au plus près d'elle.

Je passe à Exfiltrés d'Emmanuel Hamon que j'ai eu envie de voir grâce à la bande-annonce. J'ai trouvé le film dur dans son propos. Faustine, une jeune mère de famille d'origine africaine convertie à l'Islam depuis peu, part en "mission" pour 15 jours avec Noah, son petit garçon métis de 5 ans, en Turquie laissant Sylvain (Swann Arlaud), son mari, infirmier en chirurgie. Assistante sociale, elle veut aider. Elle avait tout prévue. Elle passe clandestinement la frontière turco-syrienne et elle se retrouve à Rakka, fief de Daech. L'histoire est inspirée d'une histoire vraie qui s'est déroulée en 2015. J'avoue que j'ai été un peu étonnée par le comportement de cette femme (l'actrice est un peu terne). Elle n"est pas fanatique mais elle se jette dans la gueule du loup. Très vite, elle se rend compte dans le piège où elle est tombée. Heureusement que des amis vont l'aider: son mari qui veut revoir son fils, le patron de Sylvain qui est chirugien, ainsi que Gabriel, le fils de ce dernier qui travaille dans une ONG en Turquie. Les trois derniers quart d'heure sont assez angoissants car on se demande si Faustine va arriver à s'échapper. Un film qui se laisse voir éventuellement ,mais j'ai trouvé certains moments assez pénibles et parfois "clichés" par rapport à des reportages que l'on a pu voir.

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samedi 9 mars 2019

Le mystère Henri Pick - Rémi Bezançon

Le mystère Henri Pick de Rémi Bezançon est un film qui devrait rencontrer un certain succès. Cette sympathique enquête littéraire nous raconte l'histoire de Daphné Despéro, une jeune éditrice chez Grasset (l'éditeur est nommément cité dans le film) qui découvre par hasard un manuscrit dans une arrière-salle de la bibliothèque de Crozon en Bretagne. Dans cette salle sont réunis depuis des années, par les soins d'un bibliothécaire, des manuscrits refusés par les éditeurs. Le manuscrit est signé par Henri Pick, un pizzaiolo breton décédé qui vivait à Crozon (1er indice). Pour Daphné, il s'agit d'un chef d'oeuvre qu'elle décide d'éditer. Et en effet, le roman rencontre un succès phénoménal. La veuve de Pick et Joséphine, la fille de ce dernier, sont invitées à la télévision à l'émission littéraire de Jean-Michel Rouche (Luchini, excellent). C'est là qu'il les provoque en insinuant que Pick n'a pas écrit une seule ligne de ce roman. A partir de là, Rouche n'a plus d'autre alternative que de mener l'enquête comme Sherlock Holmes. Il vient d'être virer de l'émission et comme un malheur n'arrive jamais seul, sa femme le quitte. En compagnie de Joséphine, il fait des recherches à Crozon, puis revient sur Paris et je n'en dirais pas plus. Ce jeu de piste a un côté ludique qui tient en haleine. Une vieille machine à écrire joue un rôle non négligeable. Et je vous dévoilerai pas s'il y a imposture ou non. Le couple formé par Luchini et Cottin est irrésistible. Un bon film de divertissement qui donne envie d'aller passer une semaine en Bretagne. Lire les billets de Pascale et Aurore.

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jeudi 7 mars 2019

Mémé, femme pratique - Riss

Je me suis aperçu récemment, après une grosse trentaine de billets d'hommages publiés depuis 4 ans, que je (ta d loi du cine, "squatteur" chez dasola) n'ai pratiquement jamais mentionné Riss, à l'unique exception près d'un dessin dans Petits principes de langue de bois économique, de Bernard Maris. Or, non seulement Riss a été blessé (omoplate fracassée en petits morceaux par balle...) lors du massacre du 7 janvier 2015, mais encore il est, depuis, "Président [de la SAS Rotative], Directeur de la publication" de Charlie Hebdo, poste qui, vraisemblablement, ne lui donne guère le loisir de veiller à la publication d'albums ou de livres à partir de ses propres oeuvres. Riss avait été co-dirigeant de Charlie Hebdo avec Charb après le départ de Philippe Val, il en a été un temps, je crois, actionnaire largement majoritaire (sans minorité de blocage face à lui), je n'ai pas vérifié si c'est toujours le cas aujourd'hui. Comme Gotlib une fois que celui-ci a été à la tête de Fluide glacial, il ne publie plus guère d'albums - même s'il dessine, y compris régulièrement la couv' de l'hebdomadaire (selon wikipedia, dernier livre co-écrit en 2016, avant-dernier en 2014...).

Pour combler vite fait ce manque, j'ai choisi de disséquer l'un des anciens albums de lui que je possède (je pense que dasola se serait opposée à ce que je rédige un billet complet sur l'autre), acheté le 27/01/2015 dans une bouquinerie que je fréquente. Voici donc Mémé et ses pratiques infâmes.

P1100653 Le Cherche midi éditeur, 1999.

Telle une héroïne de cartoon, elle peut infliger les pires sévices à son entourage (ou en subir - il lui arrive de se voir arracher successivement les quatre membres - voire pire), avant de repartir, regonflée à neuf et à bloc, dans la planche suivante, comme si de rien n'était (aucun passage par la case "prison"!), vers de nouvelles aventures. J'ai choisi d'en citer quelques dessins "parlants" et en résonnance avec l'actualité contemporaine (20 ans après).

P1100657 p.48: mais qui a eu cette idée folle un jour d'inventer... (un dessin qui avait dû peiner Luce Lapin)? L214 n'existait pas encore en 1999...

P1100660 p.40-41: nos amis les paysans... C'était bien après la découverte du trou dans la couche d'ozone, mais bien avant le Grenelle de l'environnement.

Et la page précédente, tout d'même: P1100661 (est-ce plus clair?)

P1100656 p.30: le bourreau n'aime pas les morpions? (il ne sait pas jouer...).

P1100655 p.15: Mémé chevalière du ciel à la guerre de 14-18 (!)? L'autre ne levait-il pas les bras au bout de son parachute? Quelle connerie la guerre...

P1100654 p.8: ça vaut bien les bagnoles électriques - même si la dictature de Mémé n'a rien à envier à celle du Bretzelberg!

P1100658 p.18-19: maison de retraite "comme son nom l'indique" Beauséjour (EHPAD, comme on ne disait sans doute pas encore au XXe s.?). 

P1100659_vaches p.26-27: vaches en chaleur (un gros manque en page de droite: aucune ne monte sur une autre! Personne n'est parfait...).

Enfin, un dessin relativement récent avec le personnage de Mémé: P1100684 (extrait de la double page centrale [p.8-9] titrée "Cahier de doléance des gilets jaunes" du N°1376 du 05/12/2018, p.9).

PS: et le second album de Riss que je possède, me direz-vous? Je l'avais acheté le 07/01/2015 (... après). En voici, tout de même, la couverture:

P1100686 Dépôt légal: novembre 2014

*** Je suis Charlie ***

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mardi 5 mars 2019

Le chant du loup - Antonin Baudry

Pour un premier film, Le chant du loup d'Antonin Baudry (l'auteur de Quai d'Orsay) est une réussite. Le scénario est plutôt original. L'histoire se situe dans un avenir plus ou moins proche. Enfin on ne l'espère pas. Presque toute l'action se passe dans des sous-marin. D'abord dans les eaux au large de la Syrie. Un sous-marin français doit récupérer des soldats en tenue de camouflage, pas loin d'une zone de combat. Dans le sous-marin, tout le monde est à son poste. En particulier, Chanteraide, l'"oreille d'or" du bâtiment. Son oreille lui permet de qualifier les moindres résonances et sons détectés sous l'eau. Mais Chanteraide n'est pas infaillible et une erreur de diagnostic manque de provoquer une catastrophe au moment du sauvetage des soldats. Quelque temps après, on apprend que la Russie, en crise avec la Finlande (l'Europe est inquiète), vient de lancer un missile qui semble viser la France. Le Président de la République française s'apprête à riposter avec un missile tiré d'un sous-marin SNLE (sous-marin nucléaire lanceur d'engin). Entretemps, il y aura eu une escale à terre où Chanteraide, en quête d'un ouvrage sur l'acoustique, se retrouve dans les bras d'une jolie libraire au délicieux accent allemand (Paula Beer, vue dans Frantz de François Ozon). Mon ami qui était avec moi a cru qu'elle jouait une espionne (et bien non). Cette partie à terre n'est pas la plus passionnante, mais elle permet de reprendre notre respiration avant de replonger dans les eaux de l'Atlantique. Et là, on est dans un film de suspense dans un contexte de pré-apocalypse. Il faut noter que les acteurs sont tous très bien (même Omar Sy). Un très bon film qui a bénéficié d'un budget conséquent. A voir. Pascale, ffred et Princecranoir le conseillent, Henri Golant est un peu déçu.

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