Le blog de Dasola

dimanche 20 avril 2014

The best offer - Giuseppe Tornatore / Tom à la ferme - Xavier Dolan

Voici deux films vus pendant ce week-end de Pâques 2014.

Je voudrais d'abord évoquer The Best offer du réalisateur italien Giuseppe Tornatore qui a aussi écrit le scénario. Il semble que ce film n'a pas eu beaucoup d'échos dans la presse bien qu'il soit sorti dans pas mal de salles (à Paris et ailleurs). Le héros de l'histoire que j'ai trouvé cruelle et tragique s'appelle Virgil Oldman, la cinquantaine finissante et célibataire endurci. Commissaire-priseur réputé et lui-même riche collectionneur de tableaux (des portraits de femme), il tombe amoureux d'une femme, Claire Ibbetson, qui lui demande d'expertiser et de vendre divers biens plus ou moins précieux entreposés dans une demeure à l'abandon. C'est dans une aile de cette maison qui tombe en ruine que Claire, souffrant d'agoraphobie, vit recluse. Pendant longtemps, il n'y aura que des échanges téléphoniques entre Virgil et Claire. J'ai aimé l'atmosphère délétère qui se dégage de ce film (peut-être un peu long: 2H10). Goeffrey Rush qui interprète Virgil est remarquable jusqu'au bout. J'ai eu de la peine pour le personnage de Virgil (il ne méritait vraiment pas ce qui lui arrive), mais je ne vous dirais pas quoi ni pourquoi, ne voulant pas trop dévoiler de l'histoire dans laquelle un automate datant du XVIIIème siècle fabriqué par Jacques Vaucanson a un rôle à part. J'ai trouvé la musique du film écrite par Ennio Morricone très belle. Un film que je vous conseille.

Maintenant je passe à Tom à la ferme du Québécois Xavier Dolan (il est âgé de 25 ans) qui joue aussi le rôle principal de Tom. Venant de Montréal, Tom arrive à la ferme de la mère et du frère de Guillaume qui a été son petit ami. Guillaume vient de mourir et Tom vient assister à l'enterrement. Agathe, la mère de Guillaume, ignore que son fils était homosexuel. En revanche, Francis, le frère de Guillaume, le savait, et il commence à le faire payer très cher à Tom en le martyrisant. Car, dans cette province québécoise, l'homosexualité semble un sujet tabou. Francis est un "pauvre type" peu sûr de lui et violent. J'avoue que j'ai eu du mal à comprendre le personnage de Tom qui change d'attitude d'un plan à l'autre. Il ne sait pas ce qu'il veut ou pas. Je ne comprends pas pourquoi il se laisse humilier et frapper par Francis. Psychologiquement, ce personnage est un mystère. A part ça, j'aurais aimé que l'on voit davantage Agathe (la mère) et Sarah, une amie de Tom et Guillaume qui apporte de la fraicheur. Sans avoir aimé tout à fait Tom à la ferme, je le conseillerais tout de même car il y a de beau moment, dont la séquence d'ouverture avec en fond sonore l'interprétation a cappella de Les moulins de mon coeur de Michel Legrand. Lire les billets d'Alex-6 et ffred.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : , , ,

jeudi 17 avril 2014

Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu? - Philippe de Chauveron

C'est la bande-annonce hilarante qui m'a donné envie de voir ce film. Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu? (sorti hier, 16 avril 2014) ne m'a pas déçue. Avec mon ami avec qui je l'ai vu en avant-première, nous avons en effet beaucoup ri. Dans les cinq premières minutes du film, nous assistons à trois mariages successifs à quelques mois d'intervalle, cérémonies au cours desquelles on remarque deux personnes qui ne sourient pas du tout pour la photo. Claude et Marie Verneuil marient leurs filles, la première avec un Asiatique (bouddhiste?), la deuxième avec un Musulman et la troisième avec un Juif. Comme dirait l'un des trois gendres, pour Claude et Marie, c'est Fukushima. Claude Verneuil (Christian Clavier qui n'en fait pas des tonnes) est notaire, gaulliste, va à la messe. Il vit dans une très belle demeure à la campagne dans la région de Chinon aux côtés de sa femme Marie (Chantal Lauby, très bien). Parents de quatre filles, ils voudraient bien que Ségolène, leur petite dernière, épouse un catholique. Qu'à cela ne tienne, elle leur annonce qu'elle se marie avec un catholique mais il est noir de Côte d'Ivoire. Le film est une suite de situations parfois convenues mais la plupart du temps très très drôle. La salle riait aux éclats. C'est un film qui montre la France multi-ethniques où un Juif peut commercialiser du "bio halal". J'ai retenu la séquence de la messe de minuit et celle où Marie pour ne froisser personne a cuisiné trois dindes: une halal, une casher et une laquée. Je pense que le film va rencontrer un certain succès. Je pense aussi que vous pouvez y aller pour vous divertir.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags : ,
lundi 14 avril 2014

Quatre romans lus et non commentés depuis courant mars 2014

Ayant été assez occupée ces temps-ci, j'ai été assez flemmarde sur la rédaction d'un billet "livres". J'ai attendu, attendu, et pourtant j'ai pas mal lu la mi-mars 2014.

 Je commencerai par Les Chiens de Belfast (Editions du Seuil, 264 pages) de Sam Millar. Après Poussière tu seras, Sam Millar nous raconte une histoire très noire. Cela se passe à Belfast. Il y a peu de mention de lieux de cette ville, l'histoire pourrait se passer ailleurs. Suzy, une jeune femme, prend pour cibles quelques hommes. Elle leur fait subir des morts raffinées. Elle exerce une vengeance dont on connaîtra les motifs (qui remontent loin dans le temps) à la toute fin du roman. Face à elle, Karl Kane, un détective privé qui souffre d'hémorroïdes, entre en scène. Il devra aussi lutter contre certains flics "pourris". Ce roman est le premier d'une trilogie où l'on retrouvera Karl Kane. Je ne sais pas si je lirai les deux autres. Lire les billets de Cathe et de Claude Le Nocher

 

P1000015

 

Avec La confrérie des chasseurs de livres (Actes sud, 315 pages) de Raphaël Jérusalmy (lire le billet de Dominique qui m'avait donné envie de découvrir ce roman), l'écrivain nous invente une suite à la vie de François Villon, disparu (et donc présumé mort) le 5 janvier 1463 à l'âge de 31 ans. Louis XI cherche à affaiblir le pouvoir du Vatican et à renforcer le sien en faisant développer l'imprimerie en France. Cela permettrait la diffusion de textes et d'idées progressistes. Villon et son acolyte Colin sont chargés de convaincre un imprimeur allemand de s'installer en France. Puis Villon va traverser les mers jusqu'à Jérusalem et Saint Jean d'Acre afin d'acquérir des textes rares; il est fin lettré sous ses airs de voyou et il va se trouver confronté à une mystérieuse confrérie de chasseurs de livres qui essayent de cacher certains textes. Le rythme du roman est trépidant, on s'y perd un peu mais la lecture est agréable.

P1000013

 

Un notaire peu ordinaire d'Yves Ravey (Les éditions de Minuit, 100 pages) est un court roman glaçant dont la fin m'a surprise. Je ne m'attendais pas au retournement de situation final. Le narrateur qui est un témoin neutre de l'histoire (il ne prend pas part à l'action) nous raconte de manière détachée l'histoire de Freddy, le cousin de sa mère, sorti depuis peu de prison. Freddy avait été accusé de viol sur mineure. Madame Rebernak, la mère du narrateur, ne veut pas que Freddy s'installe trop près de chez elle. Elle craint pour sa fille Clémence. Elle se confie au notaire de la famille, Maître Montussaint, qui offre de l'aider à éloigner Freddy. J'ai beaucoup aimé le style minimaliste mais très évocateur du roman. Lire les billets de Keisha et de Sandrine.

P1000014

 

Je termine avec un roman léger et fondant, Le théorème du homard de Graeme Simsion (Editions NiL., 380 pages sympathiques). En Australie, à Melbourne, Don Tillman, qui vient d'avoir quarante ans et reste toujours célibataire, est un excellent professeur de génétique mais complètement "à côté de la plaque" pour la vie en société. C'est pourquoi il décide de mener à bien son "Projet Epouse" en établissant un questionnaire détaillé qui doit éliminer beaucoup de candidates potentielles. Don Tillman est un maniaque de l'exactitude, il ne fume pas, il mange du homard tous les mardis, etc. Sa vie réglée va se retrouver chamboulée quand il rencontre Rosie, une jeune étudiante, barmaid dans un bar gay la nuit. Rosie veut découvrir qui est son père et Don grâce à l'ADN et la génétique va l'aider dans son "Opération Père". C'est un roman charmant qui fait du bien. Je conseille, tout comme Leiloona et Syl.

 P1000018

 

 Et très prochainement, la suite de mes lectures...

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [22] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
vendredi 11 avril 2014

I am Divine - Jason Schwarz / De toutes nos forces - Niels Tavernier

I am Divine est un documentaire américain de Jason Schwarz qui rend un hommage sage à un homme qui ne l'était pas. Cet homme, c'était Harris Glen Milstead, devenu Divine (1945-1988) pour le public. Il s'est rendu célèbre en se travestissant en femme alors qu'il était d'une corpulence imposante. Il s'habillait avec des tenues moulantes. Il a été rendu célèbre par les films du réalisateur John Waters qui fait partie de ceux qui interviennent dans ce documentaire alternant témoignages (dont la mère de Divine à qui est dédié le film) et images d'archives. Divine, personnage "trash" hors norme, était né à Baltimore. Enfant martyrisé par ses camarades, il prendra une sorte de revanche par la vie qu'il va mener, où le bon goût n'est pas de mise. J'ai trouvé cet homme touchant. Il est connu pour avoir joué dans les films Polyester, Hairspray, Pink Flamingo et Female Trouble, tous réalisés par John Waters. Divine est mort d'une crise cardiaque à 42 ans. Pour ma part, je l'avais découvert dans le seul film où il interprétait le rôle d'un homme, dans Trouble in mind (1985 - Wanda's Café, en VF) d'Alan Rudolph. Lire les billets de Neil et de ffred.

Et maintenant un film complètement différent: De toutes nos forces de Niels Tavernier (le fils de Bertrand), qui a aussi écrit le scénario (il s'est inspiré d'une histoire vraie). Julien Amblard, un jeune homme, souffre d'une paralysie cérébrale. Cloué dans une fauteuil roulant, il arrive à convaincre son père, Paul (Jacques Gamblin), qui semble se désintéresser de lui, pour qu'ils concourent ensemble dans un triathlon à Nice. Sans dévoiler la fin que l'on peut deviner, cette histoire montre surtout comment une famille arrive à se retrouver et à se ressouder face à ce défi sportif. Presque un tiers du film nous permet de suivre l'épreuve sportive, cela n'est pas "de la tarte" pour les concurrents. Pour Paul, l'exploit est d'autant plus remarquable qu'il a son fils (qui est presque un poids mort) avec lui. Film qui dégage beaucoup de chaleur humaine. Lire le billet de Géraldine.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
mardi 8 avril 2014

Lire à Limoges 2014

Comme l'année dernière (où je n'avais pas fait de billet, mon dernier remonte à 2011), je me suis rendue au salon "Lire à Limoges" où Françoise Chandernagor était l'invitée d'honneur. Cette manifestation s'est déroulée du 4 au 6 avril 2014. L'entrée est libre. Sous un grand barnum, les auteurs sont rassemblés côte à côte autour de stands. Je m'y suis rendue à deux reprises, le samedi 5 avril. D'abord en matinée où l'affluence était raisonnable. Là, j'ai pu parler quelques instants avec Pierrette Fleutiaux très souriante et sympathique. Elle m'a dédicacée deux de ses romans, Des phrases courtes, ma chérie et Les amants imparfaits.

P1040827

P1040841

Assise tout à côté, il y avait Françoise Chandernagor, tout aussi souriante même si ce n'est pas évident sur la photo.

P1040832

Sinon, de nombreux lecteurs attendaient leur tour pour avoir une dédicace de Katherine Pancol. Cette dernière prenait même la peine d'échanger quelques mots avec les gens.

P1040834


Après déjeuner, accompagnée par ma cousine, nous nous sommes rendues de nouveau sous le Barnum et là, l'affluence était à son comble et il faisait très chaud. Ce salon permet de découvrir des éditeurs et des auteurs régionaux. Un stand était consacré au Moulin du Got. Sinon, j'avais espéré faire dédicacer Mauvais genre par Chloé Cruchaudet qui devait venir. Malheureusement, s'étant coincé le dos, elle n'était pas là.
Selon le quotidien régional, Le Populaire du Centre, le succès a été au rendez-vous pour cette manifestation à l'atmosphère bon enfant.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags :


samedi 5 avril 2014

Nebraska - Alexander Payne

Je vous recommande tout particulièrement Nebraska d'Alexander Payne, un film sorti le 2 avril 2014. Pour son interprétation de Woody Grant, Bruce Dern a reçu un prix d'interprétation mérité au dernier festival de Cannes de 2013 (mais le prix aurait pu être décerné à l'ensemble de la distribution). Woody Grant, un vieux monsieur septuagénaire entêté, porté sur la bière, qui vit à Billings dans le Montana (USA) avec sa femme et ses deux fils, semble souffrir de confusion mentale. Il s'est mis en tête d'aller dans la ville de Lincoln dans le Nebraska (distante de plus de 1500 km) pour récupérer son gain d'un million de dollars (il a reçu une lettre publicitaire en ce sens). David, le fils cadet de la famille, finit par accepter d'accompagner son père, qui était prêt à y aller à pied s'il l'avait fallu. Sur la route, ils vont s'arrêter devant le Mont Rushmore ainsi que dans la ville de Hawthorne où ils logent chez le frère de Woody. Bien évidemment, le gain éventuel fait bien des envieux. Des scènes touchantes ou drôles émaillent ce "road movie" empreint d'humanité où les acteurs ont la part belle. L'actrice June Squibb, que je ne connaissais pas et qui joue la femme de Woody, est sensationnelle. Filmé dans un très beau noir et blanc, ce film élégant est le film à voir cette semaine. Lire les billets de ffred, d'Alex-6 et Mymp.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags : ,
mercredi 2 avril 2014

Braddock America - Jean-Loïc Portron et Gabriella Kessler

P1040826

Comme je n'ai pas trouvé pas beaucoup de films de fiction qui m'ont tentée en mars 2014, j'ai été contente de voir un documentaire. Donc, avant qu'il ne soit trop tard, je voulais évoquer Braddock (sorti dans 1 ou 2 salles à Paris, le 12 mars 2014 qui a été réalisé par deux français qui se sont rendus aux USA, en Pennsylvanie dans les environs de Pittsburgh, dans la ville berceau de l'industrie de l'acier. Braddock est désormais une ville sinistrée, victime de la désindustrialisation et de la mondialisaton, les quatre aciéries ayant fermé. Les habitants réduits au chômage sont partis dans la ville voisine, abandonnant des centaines de maisons qui ne trouvent pas preneur. La ville est en friche. L'hôpital, pas assez rentable, a été détruit comme les maisons. Ces démolitions sont une lourde charge financière pour cette petite ville, où les habitants qui restent se confient aux documentaristes, qui, eux, n'interviennent pas. Ce film donne priorité aux voix, à l'humain, au policier qui recense les maisons abandonnées, à d'anciens ouvriers des aciéries qui ont des sanglots dans la voix. Mais l'ensemble reste digne. Dans ce pays très individualiste, une certaine solidarité est née entre ces personnes qui font tout pour que Braddock ne devienne pas une ville morte. Un documentaire vraiment intéressant.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , ,
dimanche 30 mars 2014

La fin du monde a du retard - J.M. Erre

P1040814

Grâce à Clara, j"ai eu le plaisir de constater que le J.M. Erre nouveau était paru. Lu en un week-end, courant février 2014, La fin du monde a du retard (Editions Buchet-Chastel, 400 pages) est plutôt amusant. On retrouve la verve stylisque de l'écrivain qui fait tout le sel de cette lecture. Je suis peut-être un tout petit moins enthousiaste sur l'histoire elle-même, qui m'a parue encore plus loufoque que celles des romans précédents. Julius et Alice, deux amnésiques de 30 ans et 25 ans, s'enfuient d'un hôpital psychiatrique du nord de Paris où ils étaient pensionnaires depuis quelques mois. Alice est la seule survivante de la cérémonie de son mariage dans laquelle plus de 200 personnes ont trouvé la mort suite à un court-circuit. Quant à Julius, il croit que la fin du monde est proche. Un pigeon à collerette blanche, borgne, laid et à qui il manque une patte et des plumes joue un rôle essentiel dans cette histoire de course-poursuite entre les deux aliénés poursuivis par des paparazzi appelés Albert et Raoul Volfoni (hommage à Georges Lautner et ses Tontons flingueurs? Bernard Blier et Jean Lefèvre incarnent les frères Raoul et Paul Volfoni dans le film), puis par Joseph Gaboriau, un commissaire à 6 jours de la retraite et son adjoint Matozzi. J'avoue que j'ai trouvé que le roman qui dure donc 400 pages s'étire un peu en longueur, mais on ne boude pas son plaisir en lisant certains paragraphes, comme par exemple [Julius et Alice sont dans une librairie]:
"Sur la gauche, une étagère consacrée à la poésie attendait depuis cinq ans, sept mois et quatorze jours qu'un lecteur s'approche.
Le libraire apparut, un casque de chantier sur la tête, une énorme masse à la main et un badge "Espèce en voie de disparition" sur la poitrine.
- Excusez-moi, fit l'homme, j'étais en train de mettre au pilon un carton de liseuses qu'on m'a livrées par erreur. Il n'y a rien de plus revigorant qu'une petite extermination d'ebooks de bon matin. Je peux faire quelque chose pour vous?
- Qu'est ce que c'est que ça? demanda Julius, furibard, en brandissant un exemplaire du Codex de Tiresias.
- Je savais bien qu'on finirait par me poser cette question un jour, fit l'homme en soupirant, mais je ne croyais pas que ce moment arriverait si tôt. Ca s'appelle un livre. L-I-V-R-E. C'est fait avec du papier."

 Lire les billets enthousiastes de Sharon, Cuné, Un autre endroit et Cathulu.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [22] - Permalien [#]
Tags : ,
jeudi 27 mars 2014

Aimer, boire et chanter - Alain Resnais

Je viens de voir Aimer, boire et chanter, l'ultime film d'Alain Resnais (décédé le 1er mars 2014). J'avoue que je n'ai pas été convaincue plus que cela. J'ai été d'autant plus déçue que la bande-annonce m'avait plu et fait rire. On y parle beaucoup de George. Et bien la bande-annonce est ce qu'il y a de mieux du film, qui est une adaptation d'une pièce de théâtre britannique d'Alan Ayckbourn. La pièce se déroule dans le Yorkshire mais elle pourrait se dérouler ailleurs. Le film dure 1H50 et, sans être ennuyeux, il est lent, un peu statique. Il ne se passe pas grand-chose et l'ensemble manque de fantaisie, de rythme. Les acteurs ne jouent pas très bien sauf Catherine Sihol qui joue Tamara, une bourgeoise (actrice amateur à ses heures). Dans le film, Tamara est mariée à Jack (Michel Vuillermoz) qui la trompe avec une autre femme. Kathryn (Sabine Azéma), réceptionniste dans un cabinet dentaire, répète une pièce avec Colin, son mari médecin (Hippolyte Girardot). Quant à Monica (Sandrine Kiberlain), encore mariée à George, elle partage la vie de Simeon, un agriculteur (André Dussolier qui joue les "utilités"). L'histoire tourne donc autour de George Riley, instituteur et acteur amateur que l'on ne voit jamais et qui va bientôt mourir. Dès la scène d'ouverture, j'ai eu eu des craintes qui se sont plus ou moins justifiées par la suite. C'est une histoire mortifère et un film testament (dans tous les sens du terme), qui se termine sur un cercueil et une représentation de la mort par-dessus. Pour résumer, je pense que ceux qui ne connaissent pas l'oeuvre d'Alain Resnais doivent commencer par un autre film que celui-ci.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [28] - Permalien [#]
Tags : ,
lundi 24 mars 2014

Diplomatie - Volker Schlöndorff

Voilà deux semaines que je n'avais pas été au cinéma pour diverses raisons.

En un après-midi, je viens de voir deux films dont Diplomatie de Volker Schlöndorff qui est l'adaptation cinéma de la pièce que j'avais vue, jouée par les deux mêmes acteurs. Il semble que ce film rencontre un certain succès mérité. Il est symptomatique que ce soit un réalisateur allemand francophone et francophile qui ait réalisé ce film, aussi court que la pièce (1H20). La confrontation entre Raoul Nordlung et le général von Choltitz est intéressante. A Paris, dans la nuit du 24 au 25 août 1944, le diplomate suédois Raoul Nordlung (André Dussollier, impeccable) arrive par une porte dérobée dans la suite qu'occupent le général von Choltitz (Niels Arestrup, que j'ai trouvé meilleur que sur scène) et ses collaborateurs à l'Hôtel Meurice, rue de Rivoli. Von Choltitz, devenu gouverneur général de Paris, s'apprête à donner l'ordre de faire sauter Paris (en commençant par les ponts et en continuant par des monuments symboliques comme l'Arc de Triomphe, l'obélisque de la Concorde, Notre-Dame, l'Opéra et la Tour Eiffel). L'affrontement ne s'éternise pas. Le diplomate arrive à ses fins en convainquant Von Choltitz de renoncer au projet de destruction voulue par Himmler et Hitler. Je vous laisse découvrir comment. Le cinéaste renonce au huis-clos de la pièce en filmant des extérieurs. On en oublie que c'est une pièce de théâtre. C'est plutôt réussi. Un film à voir.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
vendredi 21 mars 2014

Salon du livre 2014 de Paris

J'ai eu l'occasion d'aller à l'inauguration du salon du livre à Paris, hier après-midi, jeudi 20 mars 2014 entre 17H et 22H. A Paris, on se serait cru au mois de juin, il faisait chaud. Peu d'écrivains présents (il me semble) mais beaucoup de gens de la profession qui discutaient autour de bouteilles de champagne, de tranches de saucisson et autres petits fours. D'ailleurs on repérait tout de suite où se trouvaient les victuailles au vu de l'affluence ou non à certains stands. Pour une soirée d'inauguration, j'ai trouvé qu'il y avait pas mal de monde. Les éditeurs très connus sont présents, d'autres toujours absents, comme José Corti (par exemple). On trouve plus de 800 exposants dont le pavillon Argentine (pays invité de de cette année) et Shanghaï. Le livre numérique n'est pas oublié.

P1040809

Pour donner une idée du nombre de bouteilles de champagnes consommées (rien qu'à un seul stand).

P1040810

Des "book seats" de toute les couleurs à vendre (amical clin d'oeil à Dominique)

P1040808

Shanghaï, ville invitée

P1040807

P1040813

P1040812

Juste à côté de Shanghaï, le pavillon de l'Argentine où Julio Cortazar est à l'écrivain à l'honneur

P1040805

Une allée

Je suis revenue avec un roman de Kenneth Cook et deux BD pour mon ami.

J'attends bien évidemment les comptes-rendus de ceux et celles qui se rendront au Salon.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [23] - Permalien [#]
Tags :
jeudi 20 mars 2014

I am Spartacus! - Kirk Douglas

[Attention, ce n'est pas un billet de Dasola, mais le 28e billet de ta d loi du ciné, «squatter» sur son blog.]

J'ai acheté et lu récemment I am Spartacus !, de Kirk Douglas (192 pages, éditions Capricci, 2013, traduction française Marie-Bathilde Burdeau, édition américaine 2012 par Bryna [la société de KD]). Kirk Douglas est aujourd’hui âgé de quatre-vingt-dix-sept ans (il est né en décembre 1916).

Plus d’un demi-siècle après, l’auteur/acteur/producteur s’est replongé dans l’aventure de ce film qui a duré près de 3 ans : 1ère découverte par lui du roman de Howard Fast, Spartacus, le 9 décembre 1957, sortie du film en octobre 1960. Mais il nous raconte également l’histoire de la Commission sur les activités anti-américaines (HUAC) qui a amené la création des «listes noires» à Hollywood prévoyant l’exclusion de tout sympathisant communiste (juste après l’inculpation des «10 de Hollywood»: scénaristes, auteurs et réalisateurs – dont Dalton Trumbo – qui ont finalement été condamnés à une peine de prison et une amende).

Dans le 1er volume des mémoires de Kirk Douglas (Le fils du chiffonnier, publié en 1988, et que j’avais acheté en «poche» en 1994), la partie concernant Spartacus occupe 40 pages (sur 640). Après y avoir habillé Stanley Kubrick pour l'hiver, il termine le chapitre consacré à cette oeuvre en remarquant que faire le film Spartacus a occupé 3 ans de sa vie... davantage de temps que n'en passa le véritable Spartacus à affronter Rome. La «monographie 2012» est beaucoup plus détaillée et documentée. Kirk Douglas nous fait toucher du doigt la difficulté qu’il a eue à mener à bien ce projet. Acteur célèbre, ayant créé sa propre maison de production, bien introduit dans le milieu, il lui a fallu cependant trouver un scénariste (à partir du constat définitif que l’auteur d’un roman est toujours incapable d’en faire lui-même un film); des acteurs (en leur faisant lire à chacun un projet de scénario «personnalisé» pour le convaincre); un réalisateur… et finalement passer sous les fourches caudines de la censure, la « final cut » revenant à Universal Pictures (co-producteur et distributeur).

I am Spartacus nous décrit en détail l'accueil et le "vécu" du film. Kirk Douglas raconte ainsi "par le menu" (comment l'a-t-il appris?) le visionnage par Kennedy du film Spartacus en 1962 (il n'était pas si évident que cela, pour le Président des Etats-Unis, d'aller "incognito" voir un film au cinéma). Au final, c'est seulement en 1991 que la fameuse scène "des huitres et des escargots" a été réintégrée dans le film, du vivant donc de Stanley Kubrick (qui, malgré tout, a toujours plus ou moins désavoué ce film qui ne lui était pas "personnel").

Pour ma part, la première fois que j’ai vu Spartacus au cinéma, c’est mon père qui m’y avait emmené, je m’en souviens parce que c’était le soir de la première élection de Mitterrand comme Président de la République. Je n’avais pas encore le droit de vote. En sortant de la séance, on a demandé qui était le vainqueur… C’était (donc) le 10 mai 1981. Ca ne nous rajeunit pas.

Je terminerai en signalant avoir pu apprécier une citation du film Spartacus dans le récent dessin animé Mr Peabody & Sherman: je me demande ce qu'en a pensé Kirk? Je suppose que toutes les autorisations nécessaires avaient été demandées... Est-ce qu'il a fallu payer des droits aussi? Ca sera peut-être évoqué dans le prochain bouquin de KD... Pour son centenaire!

P1040481

Posté par tadloiducine à 01:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , ,
lundi 17 mars 2014

Pain, éducation, liberté - Petros Markaris

P1040802

Après Liquidations à la grecque et Le Justicier d'Athènes, Petros Markaris termine sa trilogie de la crise grecque avec Pain, éducation, liberté (Editions du Seuil, 250 pages vite lues). Le roman, écrit à l'origine en 2012, verse presque dans la science-fiction. En effet, l'histoire commence le 31 janvier 2013, au moment où la Grèce revient à la drachme, tout comme l'Italie à la lire et l'Espagne à la peseta. Les finances grecques sont tellement catastrophiques que les fonctionnaires tels que le commissaire Charitos et ses collègues ne vont plus percevoir de salaires pendant trois mois (minimum). A Athènes, les manifestations se succèdent. Pendant ce temps, un tueur se met à sévir en s'en prenant à au moins trois anciens étudiants de l'école Polytechnique d'Athènes. Les étudiants de cette grande école avaient été à l'origine du début de la fin de la dictature militaire en Grèce en 1973. Les trois victimes visées ont quelque peu renié leurs idéaux par la suite en ayant des carrières fulgurantes par des moyens pas toujours orthodoxes. Chacun des meurtres est accompagné d'un message enregistré sur le portable des victimes: Pain, éducation, liberté. Comme dans les volumes précédents, on retrouve donc avec plaisir le commissaire Charitos, sa femme Adriani (qui ne veut même plus regarder les informations à la télé), sa fille Katérina et son gendre Phanis qui se partagent les frais de bouche car tout est cher et rationné. L'intrigue est plutôt bien menée. Un roman agréable que je vous conseille comme les deux autres. Ils peuvent se lire éventuellement dans le désordre.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags : , , ,
vendredi 14 mars 2014

Dans l'ombre de Mary, la promesse de Walt Disney - John Hancock

J'ai beaucoup aimé ce film dont l'histoire m'a émue. Le film alterne deux périodes et deux histoires. D'abord, en 1906, Helen et sa famille vivent dans une bourgade loin de tout en Australie. Le père, Travers Lyndon Goff, directeur de banque, aime tendrement toute sa petite famille (sa fille ainée, Helen, est en adoration devant lui). Malheureusement, en proie à des problèmes d'alcool dont il mourra, il fait souffrir toute sa famille et en particulier la maman aux tendances suicidaires. En 1961, Helen, devenue Pamela Lyndon Travers, connaît des difficultés financière. Depuis plus de 10 ans, elle est en négociation pour laisser les droits cinématographiques de son oeuvre à Walt Disney qui fait tout pour l'amadouer. En effet, depuis le début, elle n'est pas vraiment d'accord avec la vision édulcorée et musicale de ce que veut en faire le producteur. Ce dernier a promis à ses filles d'arriver à ses fins (que le film existe).  Mary Poppins, qui comporte pas mal d'éléments biographiques sur l'écrivain, sortira en 1964. Julie Andrews gagnera un Oscar pour son interprétation. Le film de John Hancock bénéficie d'une distribution impeccable avec Emma Thompson dans le rôle de P. L. Travers, parfaite en anglaise coincée qui n'a pas oublié son enfance difficile, face à Tom Hanks, très crédible dans le rôle de Walt Disney. Colin Farrell dans le rôle de Travers montre une fois de plus qu'il est un bon acteur. Pendant le film, on entend pas mal la musique et quelques bribes des chansons du film. Et cela m'a donné vraiment envie de le revoir. Je le conseille tout comme ffred et Alex-6.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [22] - Permalien [#]
Tags : ,
mardi 11 mars 2014

The Grand Budapest Hotel - Wes Anderson / Bethleem - Yuval Adler / Un week-end à Paris - Roger Michell

Voici trois films que j'ai vus tout récemment. Je conseille éventuellement le premier; quant aux deux autres, je vous laisse juge.

The Grand Budapest Hotel est le deuxième film de Wes Anderson que je vois et j'avoue n'avoir pas éprouvé le même coup de coeur que pour Moonrise Kingdom. L'histoire se passe dans les années 30 dans un pays imaginaire de la "MittelEuropa". Mustapha Zero nous raconte ce que fut sa jeunesse comme groom dans un Grand hôtel situé dans des montagnes enneigées. Il exerce sous l'oeil bienveillant de M. Gustave H. Ce dernier hérite d'un tableau de valeur suite au décès d'une vieille cliente qui s'était pris d'affection pour lui. La famille de la défunte n'est pas de cet avis. La plus grande partie de l'histoire consiste en une suite de courses-poursuites, d'évasions et d'échanges de coups de poing et de coups de feu (des doigts sont coupés). Les pâtisseries crémeuses font aussi leur apparition. J'ai lu et entendu que l'on pouvait comparer ce film aux aventures de Tintin. Pour ma part, je trouve qu'on est loin de l'univers d'Hergé. Les acteurs ont l'air de beaucoup s'amuser (Ralph Fiennes en tête est excellent). Juste avant le générique de fin, il est dit que Wes Anderson rend hommage à l'oeuvre de Stefan Zweig. Je m'interroge... Lire le billet positif de Leunamme, celui de très mauvaise foi mais amusant de Mymp et celui mitigé d'Alex-6.

Pour Bethléem, j'ai eu dès le départ du mal à me repérer parmi tous les personnages. L'action part dans tous les sens. On comprend assez vite que les palestiniens n'ont pas le beau rôle en observant leur lutte fratricide entre clans ou tribus. La fin qui est très violente m'a laissé perplexe. Razi, un officier des services secrets israéliens, se sert de Sanfur, un jeune informateur palestinien, pour traquer un chef terroriste palestinien responsable d'un attentat. On sent assez vite que tout va très mal se terminer. C'est le genre de film dont on sort déprimé. Lire le billet positif de Chris.

Concernant Un week-end à Paris (Le Week-end [en VO]) de Roger Michell, je me suis ennuyée en compagnie de Meg et Nick, ce couple sexagénaire, (mariés depuis 30 ans, ils essaient avec ce voyage à Paris de retrouver une certaine flamme dans leur relation). Leurs atermoiements m'ont vraiment enquiquinée. C'est surtout Meg que j'ai trouvé crispante. Elle n'arrête pas d'asticoter son mari. L'hôtel dans lequel ils avaient passé leur nuit de noce ne lui convient plus (la chambre est trop beige). Après s'être installés dans une très belle suite au Plaza Athénée, avenue Montaigne, avec vue imprenable sur la Tour Eiffel, ils ne font pas grand-chose dans la ville lumière, à part aller dans un ou deux restaurants d'où ils s'esquivent sans payer (ils ont très peu d'argent). Les temps sont vraiment durs pour ce couple. Et ce n'est pas leur rencontre avec Morgan (l'inénarrable Jeff Goldblum) qui va arranger les choses. Dès les premières images, je n'ai vraiment pas accroché. Peut-être est-ce la faute des deux acteurs principaux pas très bien assortis (Jim Broadbent et Lindsay Duncan). Le couple qu'ils interprètent n'est ni sympathique, ni drôle, ni touchant. Je regrette d'autant plus d'avoir été déçue par ce film car il a été écrit et réalisé par les mêmes que The Mother (2003), c'est-à-dire l'écrivain Hanif Kureishi pour le scénario et Roger Michell à la réalisation. The Mother, voilà un film qui m'avait beaucoup plu, lui.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [30] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
samedi 8 mars 2014

Des Fleurs pour Algernon - Daniel Keyes

P1040801

Ayant lu et entendu des comptes-rendus élogieux sur cette pièce, j'ai été heureuse de pouvoir aller assister à une représentation de la pièce Des fleurs pour Algernon au Théâtre Hébertot à Paris. Le texte est tiré du roman d'anticipation de Daniel Keyes paru en 1959. Les représentations se donnent jusqu'à fin mars 2014. Charles Gordon (extraordinaire Grégory Gadebois) nous raconte son histoire. Au début de la pièce, c'est un homme qui a du mal à s'exprimer. Arriéré mental, il explique qu'il a accepté de subir une opération du cerveau qui le rendra intelligent. L'opération est un succès tant sur lui que sur une souris de laboratoire appelée Algernon. Au fur et à mesure, la parole devient claire et assurée. Charles s'exprime comme un vrai savant jusqu'à la régression qui commence. Pendant 1H30, on voit un acteur, Grégory Gadebois, face au public dans un décor minimaliste, seul en scène, et qui captive son auditoire avec sa voix. Si vous passez par Paris, allez voir cette pièce, vous ne le regretterez pas.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : ,
jeudi 6 mars 2014

Les nouvelles aventures de Vidocq - Marcel Bluwal

P1040800

Il y a déjà un moment que je voulais l'évoquer...
Quand j'ai su qu'un coffret réunissant les 13 épisodes de la série "Vidocq" allait enfin sortir à la fin de 2013, je me suis réjouie. Cette série qui date de 1971 (pour les 6 premiers épisodes) et de 1973 (pour les 7 suivants) fait partie de mes grands plaisirs télévisuels de mon enfance, une de mes petites madeleines. Et je trouve que ça vieillit honorablement. Bien écrit, très bien interprétée, cette série vaut la peine d'être vue et revue. Les affrontements du chef de la Sûreté Vidocq et de la baronne de Saint-Gély, plus exactement François et Roxane, autrement dit encore Claude Brasseur et Danièle Lebrun, sont jubilatoires. Surtout qu'ils tombent régulièrement dans les bras l'un de l'autre à la fin de chaque épisode alors qu'ils sont censés être des ennemis mortels. François Vidocq, évadé du bagne de Toulon, est devenu le Chef de la Sûreté en ces temps troublés du premier Empire et de la Restauration entre 1810 et 1820. Flanqué d'acolytes (tel Desfossés [Jacques Seiler]) ex-bagnards comme lui, François Vidocq va déjouer des complots divers et variés. Il est aussi assisté par Flambard (Marc Dudicourt, inénarrable), un inspecteur de police zélé, le souffre-douleur de toute l'équipe. Au fil des épisodes, on peut noter le soin apportés aux décors (beaucoup d'extérieurs ont été tournés à Senlis), aux costumes, aux dialogues. C'était un temps où la télévision française ne lésinait pas sur les moyens. Les acteurs et les télespectateurs sont à la fête. Faites-vous offrir le coffret des 13 épisodes, vous ne le regretterez pas. En bonus, il y a des entretiens avec Claude Brasseur, Danièle Lebrun, Marc Dudicourt et Marcel Bluwal.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags : , ,
mardi 4 mars 2014

Trois romans policiers lus et non commentés depuis début février 2014

J'aime beaucoup lire des romans policiers très différents et écrits par des écrivains de toutes origines. Je dois dire qu'en ce moment, j'en lis pas mal.

 

P1040752

Je commencerai donc par le lauréat du prix du Quai des orfèvres 2014 (le gagnant reçoit comme prix un chèque de 777 euros, montant inchangé depuis plusieurs années, et les éditions Fayard publient le roman récompensé). Le sang de la trahison (430 pages) d'Hervé Jourdain (de son métier capitaine de police au sein de la brigade criminelle) se passe au sein du "36" (quai des Orfèvres) à Paris, sur l'île de la Cité. Quelques magistrats et journalistes sont assassinés avec un vieux pistolet. Sur eux, l'assassin a laissé des morceaux de sucre, des cartes postales (représentant des vues de Paris) ou des romans policiers (comme ceux écrits par Gaboriau ou Simenon) et encore des recueils de poèmes. Zoé Dechaume, jeune "brigadier" qui vient d'être nommée à la brigade criminelle, enquête avec l'inspecteur Bonnot et le capitaine Desgranges. L'histoire est rondement menée. Ce n'est pas trop mal écrit même si ce n'est pas de la grande littérature. Pour faire plus authentique, Hervé Jourdain utilise des termes d'argot de la police. Je ne trouve pas que cela rajoute grand-chose. Roman idéal à lire dans les transports.

 

P1040711

Maintenant, je passe à Une canaille et demie (Edition Liana Levi, 220 pages) de Iain Levinson. C'est le quatrième roman que je lis de cet auteur. L'histoire se passe dans l'est des Etats-Unis, Dixon, fraîchement libéré de prison, braque une banque avec quelques comparses. Rien ne se passe comme prévu (surtout pour le lecteur), car Dixon en cavale va retenir plus ou moins en otage un universitaire, Elias White, très porté sur les jeunes filles et et qui ne cache pas ses sympathie pour le Troisième Reich. Un troisième personnage apparaît, une femme, Denise Lupo, agent du FBI qui en a plus qu'assez du machisme au sein du bureau. L'avancement qu'elle peut espérer se fait attendre car elle est une femme. Je ne vous en dirais pas plus sur ce roman qui ne se termine pas du tout de la façon que j'avais imaginé. Je conseille.

 

P1040753

Après L'hiver du commissaire Ricciardi, nous retrouvons le commissaire Luigi Alfredo Ricciardi dans Le printemps du commissaire Ricciardi (Rivages noir, 420 pages), enquêtant toujours à Naples en avril 1931 (quelques semaines après l'histoire précédente). Avec son adjoint, le brigadier Raffaele Maione, il enquête sur la mort de Carmela Calie, une usurière qui est aussi cartomancienne, sauvagement assassinée. Le commissaire, lui-même, a un don pour voir les morts, surtout les décédés de morts violentes. Dans ce roman, j'avoue avoir été un peu perdue au début avec la grande quantité de personnages, suspects potentiels. Maurizio de Giovanni passe très vite d'un personnage à l'autre, à chaque paragraphe. Ce sont tous des suspects potentiels avec des mobiles. Il faut vraiment attendre la toute fin pour découvrir le coupable qui est un être perturbé. Comme dans L'hiver..., le monde du théâtre et les acteurs sont des éléments essentiels dans l'histoire. J'espère que Maurizio de Giovanni ne s'arrêtera pas là.

samedi 1 mars 2014

Films vus et non commentés depuis le 1er janvier 2014

Ayant déjà vu 22 films depuis le début de l'année, je ne les ai pas encore tous chroniqués; avec ce billet, je vais essayer de réparer quelques oublis.

Pompéi de Paul W. S. Anderson est un film agréable à voir même si la fin de l'histoire (que tout le monde connaît) est tragique. On prend le temps de s'attacher aux personnages, dont deux gladiateurs et une jeune femme de Pompéi. Pour ceux qui l'ignorerait encore, Pompéi, Herculanum et au moins deux autres petites villes furent détruites en 79 après J.-C. suite à l'éruption du Vésuve situé dans la province de Campanie, proche de Naples. Les effets spéciaux sont assez spectaculaires, un bon film de genre.

The Ryan initiative de Kenneth Branagh n'est pas à mon avis un film indispensable car il a le gros défaut d'avoir comme acteur principal Chris Pine (inconnu au bataillon et aussi charismatique que mon genou). Le scénario n'est pas tiré d'un des romans de Tom Clancy, mais les scénaristes se sont basés sur le personnage de Jack Ryan. L'histoire se passe à Moscou. Le méchant est interprété par Kenneth Branagh lui-même. Je ne sais pas ce qui lui a pris de tourner ce film.

Mea culpa de Fred Cavayé. C'est le troisième long-métrage du réalisateur que je vois (après Pour elle et A bout portant). Le réalisateur a le sens du rythme (un peu trop d'ailleurs). Un flic, Franck (Gilles Lellouche), et un ex-flic, Simon (Vincent Lindon), n'arrêtent pas de courir et de tirer tous azimuts contre des méchants qui en veulent au petit garçon de Simon. L'enfant a assisté à une scène violente (un homme a été tué). L'histoire se passe entre Toulon et Marseille. Il faut noter les dernières séquences qui se passe dans un TGV. Le pauvre train subit les derniers outrages, il est durement touché. Film pas non plus indispensable.

Mr Peabody et Sherman de Rob Minkoff avec, comme voix française pour Mr Peabody, Guillaume Gallienne. Mr Peabody est un chien intelligent, diplômé et inventeur de génie. Et il a adopté Sherman, un petit garçon qui n'en fait qu'à sa tête et n'est pas très obéissant (les choses vont s'arranger par la suite). Grâce à une machine à remonter le temps que Mr Peabody a fabriqué, ils vont voyager dans le temps, se retrouver au début en 1789, au début de la Révolution Française, puis sous la Terreur, puis pendant le siège de Troie, puis sous le règne de Toutankhamon et enfin au temps de la Renaissance à Florence chez Léonard de Vinci. Je vous passe toutes les péripéties qui les ont entraînés dans ces aventures. C'est distrayant pour les enfants (un petit garçon dans la salle faisait des remarques amusantes). Mais les Américains ont une vision simpliste de la révolution avec une Marie-Antoinette grassouillette qui aime la brioche, ou Robespierre, un vrai "Rouge". Et je pense qu'Homère doit se retourner dans sa tombe en voyant ce que sont devenus Achille, Menelas et les autres. Nous faisons aussi la connaissance de la vraie Mona Lisa et de son célèbre sourire. Tout cela est bien gentillet. A vous de voir si ce film vous tente.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
mercredi 26 février 2014

Only lovers left alive - Jim Jarmusch

Only lovers left alive de Jim Jarmusch, qui a été en compétition au dernier festival international de Cannes, nous plonge dès le début dans une atmosphère hors du temps accompagnée d'une musique planante, underground. Le film bénéficie d'un très beau travail sur la lumière et la photo. Certains plans sont sublimes. L'histoire se passe entièrement de nuit. Detroit apparaît comme une ville fantômatique vide de ses habitants. Tanger est vue comme un dédale de ruelles. Et puis il y a Eve et Adam, Adam et Eve, mariés trois fois. Vampires depuis plus de 500 ans, ils traînent leur spleen: Adam qui est musicien n'est pas optimiste sur l'avenir des humains qu'il surnomme "les zombies". Le couple boit le sang dans des verres tout en éprouvant un sentiment de plénitude. Je vous laisse découvrir leur manière de se procurer du sang. Ce sont des vampires civilisés qui côtoient par exemple, Christopher Marlowe contemporain de Shakespeare. Ce dernier, devenu un vampire vieillissant, révèle qu'il est bien l'auteur d'Hamlet. En revanche Ava, la petite soeur d'Eve, arrivée inopinément, va semer le désordre. Grâce à ce film, la spectatrice que je suis a fait un voyage "hors du temps". Cela change des productions courantes que l'on voit habituellement. Le film prend son temps mais ce n'est pas désagréable. Tilda Swinton (Eve) et Tom Hiddleston (Adam) sont magnifiques. Un très très beau film qui ne plaira cependant pas à tout le monde.

Lire les billets de Pierre D., Alex-6, Wilyrah, Chris, Mymp et Neil.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [29] - Permalien [#]
Tags : ,


Fin »