Le blog de Dasola

mercredi 28 janvier 2015

Loin des hommes - David Oelhoffen / Discount - Louis-Julien Petit

Voilà deux films, très différents à tous points de vue, que je vous recommande.

Le scénario de Loin des hommes de David Oelhoffen est librement inspiré d'une nouvelle d'Albert Camus, L'hôte, tiré du recueil L'exil et le royaume (1957) qui rassemble six nouvelles. L'acteur Viggo Mortensen, coproducteur du film, est un grand admirateur de l'écrivain. En Algérie, en 1954, quelque part dans les montagnes de l'Atlas, Daru, un instituteur, fait la classe en français à des jeunes élèves algériens. Un jour, Daru est chargé d'escorter Mohamed, un Algérien accusé de meurtre, jusqu'à la ville voisine pour y être jugé. Daru qui a mené jusqu'ici une vie plutôt calme va se trouver au coeur de la tourmente puisque nous sommes à l'époque du début de la Guerre d'Algérie. L'histoire se déroule sur 4 ou 5 jours. Daru, d'origine espagnole et traité de "Français" par les Arabes et d'"Arabe" par les Français, se sent proche de Mohamed qui devrait payer le "prix du sang" pour son crime. J'ai beaucoup aimé le rythme un peu lent, les magnifiques paysages, et puis Viggo Mortensen avec son improbable accent français est bien.

Je passe maintenant à Discount, une très sympathique comédie française. Le maître-mot de l'histoire est "solidarité". Les héros de l'histoire sont cinq employés corvéables à merci. Ils travaillent pour un salaire en-dessous du SMIC dans un magasin "discount" au milieu de nulle part dans le nord de la France. Aux caisses, ils doivent être performants, accélérer les cadences entre chaque client, car il est question de remplacer l'humain par des machines. Les licenciements sont décidés. Seuls les plus rapides resteront. Ni une, ni deux, Christiane (Corinne Masiero, excellente comme d'habitude) et les autres prélèvent des produits divers et variés sans se faire voir. Certaines de ces denrées étant périmées, elles étaient destinées à être arrosées de javel dans une benne. Ces scènes de destruction de nourriture sont choquantes (et pourtant vraies), quand on pense aux gens qui meurent de faim. Je vous laisse découvrir comment les personnages font des heureux avec ces denrées. Le scénario aurait pu être un peu plus travaillé, l'ensemble est un peu décousu, mais j'ai eu beaucoup de plaisir à suivre cette histoire grâce des personnages bien campés. Je retournerai peut-être le voir avec mon ami.

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dimanche 25 janvier 2015

Je hais les petites phrases - Honoré

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Ma commande passée le 8 janvier 2015 chez l'une de mes librairies de quartier du livre d'Honoré Je hais les petites phrases, Charlie Hebdo / Editions Les Echappés, 2011, 112 pages, est arrivée en fin de semaine dernière.

Extrait de la 4ème de couv': "Des petites phrases, degré zéro de la pensée, en français approximatif, creuses ou vulgaires, à l'image de la vie politique des années Sarkozy: Je hais les petites phrases dresse une galerie de portraits pris sur le vif des meilleurs paroliers du quinquennat, où le dessin révèle les sous-entendus les plus inavouables."

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) ne prêtais certainement pas assez attention aux dessins carrés d'Honoré quand j'achetais Charlie Heddo, quelques rares fois par an (à l'occasion de voyages en train, en général), et je le regrette, ô combien, aujourd'hui.

Publié avant la fin de l'unique quinquennat de Nicolas S., cette sélection de dessins publiés dans l'hebdomadaire fait la part belle aux ministres ou personnalités de droite (le Président apparaît lui-même 11 fois, suivi par Mme Lagarde (10 occurrences), Fillon (6 dessins), Woerth (5 portraits), mais aussi Boutin ou Amara (4). S'y ajoute un peu de société civile (Laurence Parisot 3), mais aussi quelques religieux catholiques (le Pape, des évêques) ou des mises en situation de musulmans voire musulmanes... Méconnu, Honoré dessinait bien en véritable iconoclaste.

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Je trouve que le style de dessin d'Honoré fait penser à de la linogravure: format du dessin carré ou rectangulaire, traits épais, décors géométriques en arrière-plan souvent composé de lignes droites. Comme on le remarque ci-dessus, les dessins sont en fait constitués de trois éléments: en haut, en rouge et entre guillements, la "petite phrase" servant de prétexte à Honoré (avec toujours son auteur crédité). Le dessin lui-même, généralement statique. Et en queue, le venin (quelques mots faussement attribués au personnage, ou un commentaire de situation...). Les types de portraits sont variés: de face ou de profil, du plan italien au plan poitrine en passant par le plan taille. On peut aussi voir deux personnages qui échangent, ou bras-dessus-bras-dessous. Parfois est caricaturée une situation outrée: Lagarde sautillante, Bayrou en écorché ou Villepin râlant au croc. Anecdotiquement, sont représentés des animaux: nounours, trois (cul de) vaches, un magnifique canard mandarin polychrome. Les vignettes de ce livre sont le plus souvent en noir et blanc, très rares sont celles comportant un applat monochrome, et seuls 3 dessins sont égayés de deux couleurs (j'ignore ce qu'il en était des parutions originales dans Charlie, ou si ces couleurs sont spécifiques au livre). On pourrait noter enfin que, à l'époque de parution, la gauche était à la portion congrue: peu visible, peu visée? Valls apparaissait dans 3 dessins peu flatteurs, Rocard 2 fois, DSK et Hollande 1 fois chacun... Je suppose que des ouvrages reprenant des dessins plus récents ne manqueront pas d'être publiés?

Pour l'anecdote, j'en profite pour signaler avoir demandé ces derniers temps, dans deux librairies différentes, pourquoi il n'y avait pas une table dédiée aux livres des six journalistes (dessinateurs ou chroniqueurs) assassinés, et avoir obtenu des réponses très similaires: "on s'est posé la question / j'y ai réfléchi; ça m'a / ça nous a mis mal à l'aise : ça aurait fait un peu... [le mot juste a un peu de mal à sortir: opportuniste? vautour? commercial]; on va laisser passer un peu de temps; si on nous en demande, on répond bien sûr; tous leurs titres ne sont pas actuellement disponibles".

En conclusion, un dernier dessin papillonnant d'Honoré, illustrant cette fois un autre livre (tout juste acheté), de Bernard Maris (Oncle Bernard), Petits principes de langue de bois économique, Bréal / Charlie Hebdo, 2008 (billet à venir).

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*** Je suis Charlie ***

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vendredi 23 janvier 2015

Retour à Little Wing - Nikolas Butler / Le tabac Tresniek - Robert Seethaler

Voici deux romans très différent et dont l'un m'a bien davantage plu que l'autre.

Je commence par Retour à Little Wing (Editions Autrement, 440 pages) le premier roman de Nikolas Butler, celui qui a pas mal plu sur les blogs mais en ce qui me concerne ne m'a pas enthousiasmée plus que cela. Cinq copains d'enfance, Hank, Beth, Lee, Kip et Ronny, tous nés à Little Wing, une bourgade du Wisconsin du "Middle West américain", prennent la parole tour à tour et nous racontent un peu de leur vie présente et passée. Hank s'est marié avec Beth, ils s'occupent d'une ferme. Lee est devenu un chanteur à succès. Ronny ne peut plus faire de rodéo (suite à un accident). Quant à Kip, il est devenu un chef d'entreprise. Je n'ai pas trouvé que les personnages avaient beaucoup de relief, et les atermoiements de l'un d'entre eux sur l'infidélité avant le mariage m'ont ennuyée. Bof. Lire les billets plus ou moins positifs de Wens, Sandrine, Eva.

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Et voici maintenant Le tabac Tresniek, de l'écrivain autrichien Robert Seethaler (Edition Sabine Wespieser, 250 pages), qui nous renvoie à la fin de l'été 1937, à Vienne, en Autriche. Le jeune Franz Huchel, 18 ans, vient travailler dans la capitale de l'Autriche dans un tabac tenu par un vieux monsieur unijambiste, Otto Tresniek (il a perdu sa jambe lors de la première guerre mondiale). Ce tabac est un lieu où la bourgeoisie juive rencontre les classes populaires. C'est là que se rend régulièrement Sigmund Freud ("le docteur des fous"), rongé par son cancer de la mâchoire mais qui continue à fumer des havanes. C'est grâce à la lecture des journaux que Franz va faire son éducation politique. En revanche, il reste totalement désemparé (malgré les conseils de Freud) quand il rencontre Anezka, une jeune femme de Bohême dont il tombe éperdument amoureux au premier regard. En arrière-plan, la montée du nazisme (l'Anschluss entre l'Allemagne et l'Autriche aura lieu en mars 1938) va bouleverser la vie du tabac et de ses occupants. Sans vous révéler la fin (ça se termine mal), Franz va prouver son courage de manière assez culottée (comprenez ce que vous voulez). C'est un roman qui se lit bien, une lecture agréable.

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mercredi 21 janvier 2015

Les nouveaux sauvages - Damien Szifron / Les souvenirs - Jean-Paul Rouve

J'ai vu Les Nouveaux sauvages, du réalisateur argentin Damien Szifron, lors d'une avant-première vers la mi-septembre 2014. Ce film est composé de six sketchs, tous détonnants, parfois drôles et politiquement pas très corrects. Rien que celui qui ouvre le film en prégénérique vaut à lui seul le détour. Dans un avion en vol, les quelques passagers embarqués découvrent au cours de leurs discussions qu'ils ont une connaissance en commun: un dénommé Pasternak, un musicien nul. Je vous laisse découvrir ce qu'il advient de l'avion et de ses passagers: l'issue est impressionnante, on s'y croirait. Le titre original du film, Relatos salvares ("les récits sauvages"), convient bien. En effet, les six sketchs montrent ce que des êtres humains de toutes conditions sont capables de faire quand ils "pètent les plombs". Tous les coups sont permis avec des dommages considérables: quelques morts, des blessés, des voitures accidentées, une soirée de mariage qui part en vrille, des comportements irresponsables. Dans le sketch que joue Ricardo Darin, on se retrouve dans un univers kafkaïen où un homme plutôt calme arrive à se servir de dynamite. Je vous laisse découvrir ce segment peut-être un peu long mais très réussi. Le film a été produit par les frères Almodovar, Pedro et Augustin. Lire les billets de Tinalakiler, ffred et Alex.

Je passe maintenant au film français Les souvenirs de Jean-Paul Rouve, d'après un roman de David Foenkinos (pas lu). C'est surtout l'occasion d'admirer la petite ville d'Etretat vue d'hélicoptère avec l'aiguille creuse: ça donne vraiment envie d'y passer un week-end. Pour le reste, l'histoire m'a donné le cafard pour des raisons personnelles. Il n'empêche que c'est une histoire touchante, celle d'une grand-mère qui enterre son mari. Peu de temps après, ne pouvant plus vivre toute seule, ses enfants la placent en maison de retraite où il y a plein de "vieux". Un jour, elle disparaît de cette maison de retraite rattrapée par ses souvenirs de quand elle était petite fille. Michel Blanc, Chantal Lauby, Annie Cordy (la grand-mère) et le jeune Mathieu Spinozi (le petit-fils) sont excellents. Un joli film à ne pas voir si vous avez un moment de déprime. Lire les billets d'Armelle et Alain.

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dimanche 18 janvier 2015

Le grand Duduche... - Cabu

Ca y est, j'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) relu mes 5 volumes (acquis dans les années '90):
Le grand Duduche, Dargaud (T.1), 1984 (1ère éd. 1967)
Le grand Duduche "il lui faudrait une bonne guerre" (T.2), Dargaud, 1974 (1ère éd. 1972)
"Passe ton bac, après on verra!"(T.5), éditions du rond-point, 1980
Le grand Duduche: à bas la mode (T.7), Dargaud, 1981
Le grand Duduche et la fille du proviseur (T.8), Dargaud, 1982

Je n'ai pas dans ma BDthèque, à ce jour, L'ennemi intérieur (1ère éd. 1973, Le Square, rééd. Dargaud, 1982), ni Le grand Duduche en vacances (1ère éd. 1974, Le Square, rééd. Dargaud, 1980), ni Maraboud'ficelle (1ère éd. 1980, Dargaud). Je les aurais bien croisés un jour ou l'autre... Au gré des bouquinistes... J'étais pas pressé... Y avait aucune raison, aucune urgence...
Pour chacun des albums ci-dessous, j'ai essayé d'évoquer d'une phrase qui me soit propre celles des planches qui ont le plus attiré mon attention à ma relecture suivie.

Le grand Duduche (tome 1)

 

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Le grand Duduche au lycée éclaté. Le grand Duduche veut casser la figure à la concurrence. Le petit Duduche est ami des bêtes. Le grand Duduche conduit mal. Le grand Duduche est végétarien. Le grand Duduche hurle à l'oreille des vieux. Le grand Duduche rit de la guerre (14-18). Le grand Duduche aime Victor Hugo. Le grand Duduche fait le flic. Le grand Duduche rend sa copie en retard [je crois]. Le grand Duduche engraisse un porc (et l'animal en perd la tête). Le grand Duduche fait chanter au suicide. Le grand Duduche sauve un noyé. Le grand Duduche rêve à l'avenir. Le grand Duduche fait voir le loup. Le grand Duduche joue au beatnik. Le grand Duduche innocent est puni. Le grand Duduche enquête sur la jeunesse. Le grand Duduche prétend danser. Le grand Duduche passe par le cimetière: "bon sang, que c'est chouette de penser que les autres sont en cours...". Le grand Duduche passe au large de la boite à bac. Le grand Duduche s'apprête à partir en vacances.

Le grand Duduche "Il lui faudrait une bonne guerre" (tome 2)

Le grand Duduche joue au chat. Le grand Duduche imite les CRS. Le grand Duduche fait l'éloge de la paresse, sauf... Le grand Duduche planche sur le stupre. Le grand Duduche examine le monde en mutation. Le grand Duduche participe au débat. Le grand Duduche est responsable (de la classe). Du balai pour le grand Duduche. Le grand Duduche veut construire un bunker (de survie). Le grand Duduche réforme l'enseignement. Le grand Duduche se met au vert. Le grand Duduche est à la porte. Le grand Duduche fan de Johnny. Le grand Duduche a tagué. Le grand Duduche compte la minute (de silence). Le grand Duduche illustre les relations profs-élèves. Le grand Duduche répète. Le grand Duduche attend les circulaires. Le grand Duduche met les pieds dans le plat (à gâteau). Le grand Duduche joue les chevaliers servants. Le grand Duduche cauchemarde.

 

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 "Passe ton bac, après on verra!" (tome 5)

 

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Préface (texte intégral - 11 lignes): "Cet ouvrage compte 64 pages sous une couverture illustrée en couleurs. Il comporte 436 dessins représentant au total 2006 personnages et animaux, dont 237 fois le Grand Duduche. Les originaux des dessins, des couleurs, des textes et de la maquette ont été conçus et réalisés à la main par Cabu. Il y a un scénario de Reiser et une préface de Delporte.
C'est un très bel album. Achetez-le."
L'irrésistible ascension du grand Duduche (en 16 dessins). Le petit Duduche fait de la bicyclette. Le petit Duduche est perdu à Paris. Le grand Duduche dans la voiture de papa. Le grand Duduche fume. Le grand Duduche varie les décors. Le grand Duduche au parloir. Le grand Duduche enregistre les maths. Le grand Duduche évoque quelques têtes de profs. Le grand Duduche écrase le tube.

Le grand Duduche: à bas la mode (tome 7)

Le grand Duduche voudrait éviter de macadamiser de bonnes terres. Le grand Duduche repasse une page rafraichissante parue dans le T. 5. Le grand Duduche trouve que c'est dur d'être militant. Le grand Duduche manifeste au printemps confisqué. Le grand Duduche en a trop fumé. Le grand Duduche regarde passer le Tour de France. Le grand Duduche s'occupe d'handicapés. Le grand Duduche se fait sonder. Le grand Duduche veut vivre heureux, caché loin des projecteurs (c'est pas gagné). Le grand Duduche ne peut pas piffer le rock. le grand Duduche ne veut plus jouer les Ménie Grégoire. Le grand Duduche prêche la mauvaise nouvelle. Le grand Duduche a les bonnes combines pour se faire réformer. Le grand Duduche affronte le jugement dernier.

 

 

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Le grand Duduche et la fille du proviseur (tome 8)

 

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Le grand Duduche soutient la lingère du lycée. Le grand Duduche calcule la fille du proviseur. Le grand Duduche fête la victoire de la gauche. Le grand Duduche pose des problèmes au proviseur. Le grand Duduche boutonneux. Le grand Duduche avait peur d'être asocial. Le grand Duduche se convertit carrément en étudiant islamique. Le grand Duduche fait la foire. Le grand Duduche devient sectaire. Le grand Duduche en bagarre pour la politique. Le grand Duduche se heurte à "papa veut pas". Le grand Duduche rêve de SuperDuduche. Le grand Duduche ferme son entreprise. Le grand Duduche démontre que le 3e âge peut se rendre encore utile. Le grand Duduche prépare un journal de lycée.

Depuis la parution de ces albums, on croise le grand Duduche pour un dessin par-ci-par-là, ou pour toute une bande, en général dans Le Canard enchaîné. Le plus souvent, lors de ses repas de famille, le grand Duduche (contestataire) se gausse de la partie "La manif pour tous" conservatrice de celle-ci...

Voici la dernière "bande" que j'ai relevée dans ma série (Le Canard Enchaîné n°4914 du 30/12/2014, p.7).

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Le grand Duduche, c'était un peu Cabu.
Le personnage du grand Duduche est éternel.

*** Je suis Charlie ***

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vendredi 16 janvier 2015

Je suis Charlie (moi aussi)

Voici ce que l'on peut voir sur un des murs du ministère de la culture à Paris. J'ai pris la photo ce midi, le 16/01/15.

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A gauche, le nom des dix-sept victimes et à droite, les portraits (en négatif) des cinq dessinateurs de Charlie Hebdo et de l'économiste Bernard Maris.

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jeudi 15 janvier 2015

Six films vus et non commentés depuis le 01/01/15

Vu la très triste actualité de ces derniers jours, j'ai pris du retard dans mes chroniques "cinéma".

Voici un billet sur six films. Je recommande surtout et avant tout le dernier, le film sud-coréen, Hard day, assez jubilatoire.

The Riot club de Lone Scherfig: cette histoire de jeunes Oxfordiens issus de milieux très aisés et capables d'actes inqualifiable ne m'a pas plu. Les personnages ont tous un état d'esprit détestable. Si ce sont eux qui incarnent la future élite de la nation anglaise, ce n'est pas brillant. Des jeunes universitaires font partie d'un club très fermé, "The Riot Club", créé au XVIIIème siècle. Ils sont 10. Sous leurs airs proprets, ce sont des jeunes hommes redoutables, buveurs, prenant de la drogue, louant les services de prostituées. Parce qu'ils ont beaucoup d'argent, ils se sentent inatteignables. Je ne conseille pas du tout ce film réalisé par Lone Scherfig (An éducation), qui m'a vraiment mise mal à l'aise.

Astérix et le domaine des dieux d'Alexandre Astier et Louis Clichy est une réussite, tant du point de vue animation que de l'histoire. Alexandre Astier qui a écrit le scénario a ajouté des personnages, des situations, qui ne nuisent pas à l'album d'origine, bien au contraire. On voit même comment le pauvre Obélix n'est plus que l'ombre de lui-même faute de sanglier. J'espère que les prochaines adaptations des albums seront aussi convaincantes.

Les pingouins de Madagascar d'Eric Darnell et Simon J. Smith est un dessin animé plaisant, avec quatre pingouins "dans le vent" qui vont tenter de sauver leur espèce menacée par une méchante pieuvre voulant les transformer en monstres qui feraient peur aux petits enfants. L'intrique m'a fait penser, en plus enfantin, à celle de Moi, moche et méchant 2. Pas impérissable.

L'affaire SK1 de Frédéric Tellier retrace la traque et le procès assez rapide du "serial-killer" français Guy Georges, qui a violé et étranglé plusieurs femmes sur une période de presque 10 ans dans l'est parisien, avant qu'il ne soit trahi par son ADN. L'acteur qui interprète Guy George convient bien: il a un visage innocent malgré ses actes. Face à lui, Raphaël Personnaz, dans le rôle de l'inspecteur qui arrive à le démasquer, est très bien. Nathalie Baye dans celui de l'avocate est crédible quand elle recherche l'homme derrière le monstre. Mais j'ai trouvé la partie "traque" plus intéressante que la partie "procès". Film honorable. Lire le billet de ffred.

Valentin, Valentin de Pascal Thomas: après ses adaptations plus ou moins réussies d'Agatha Christie, Pascal Thomas a choisi un roman de Ruth Rendell que je ne connais pas (La maison du lys tigré). Je ne peux pas dire que cela lui réussisse beaucoup mieux. Valentin Fontaine est plutôt joli garçon. Il vit tout seul dans un grand appartement dans un immeuble peuplé de personnages atypiques, dont pas mal de femmes, jeunes ou vieilles qui ont le béguin pour lui. Il entretient une relation fougueuse avec Claudia (Marie Gillain), une femme mariée légèrement nymphomane. Sans oublier que Valentin a une mère interprétée à merveille par l'inénarrable Arielle Dombasle. Le couple de gardiens de l'immeuble joue aussi un rôle non négligeable dans l'intrigue. Dès le départ, on sait que le pauvre Valentin est mort assassiné, et une grande partie de l'intrigue consiste à savoir par qui. Gentillet mais sans plus. Marie Gillain en nymphomane n'est pas très crédible. Géraldine Chaplin en "pochetronne" m'a fait de la peine.

Je termine par Hard Day de Seong-hoon Kim, recommandé de manière très justifiée par FredMJG. Ce film m'a beaucoup plu car il ne souffre d'aucun temps mort, on est souvent surpris par l'enchaînement des événements, et il y a beaucoup d'humour. Go (détective à la police criminelle) et ses collègues sont coupables de malversations. Ils sont sous le coup d'une enquête interne. La "dure journée" du titre, Go part en voiture à l'enterrement de sa maman. Il a pas mal bu et renverse un homme qui meurt sous ses yeux. Ni une, ni deux, Go embarque le cadavre dans son coffre de voiture, et c'est à ce moment-là que les ennuis commencent. Quelqu'un l'a vu. Je ne vous en dis pas plus, mais si vous allez le voir, vous ne le regretterez pas.

lundi 12 janvier 2015

Pandas dans la brume - Tignous

En 2010, Tignous a publié Pandas dans la brume, un album de 60 pages de BD (drugstore / Glénat). Le thème (prétexte), c'est qu'il ne reste plus, en 2010, que 1600 pandas en "liberté" en Chine. Il s'agit de gags d'une planche, très rarement sur deux planches ou avec deux voire trois planches qui se répondent. L'album était en vente au salon Marjolaine en 2011, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) l'y avais acheté (le stand où j'étais bénévole était voisin de celui du WWF) [voir dédicace].

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Je me permets de citer les Directeur Général et Président (de l'époque) de WWF France ("lettrés" par Tignous en page finale): "Quand Tignous nous a proposé d'associer le WWF à son projet, nous avons tout de suite été séduits par cette idée aussi originale qu'insolite. Le WWF est une organisation scientifique caractérisée par son sérieux, traitant de sujets environnementaux (...). Mais face aux crises que nous traversons, l'humour peut parfois être un bien meilleur porte-parole. Brillant, percutant, provocateur, grinçant, insolent, choquant... Un humour décoiffant qui offre un bel hommage à nos derniers pandas. Tignous est leur ami."

Je ne vous scanne aucune planche dans le présent article. J'espère vous donner envie d'acheter l'album. Lisez-le (s'il vous plaît). Mais je vais en décrire trois, bien provocatrices.

Terre d'accueil (p.24): un panda amène une enveloppe à un autre.
"- Tiens, t'as du courrier!"
"- Ah! ... Ca vient de France!... ... ce doit être la réponse à ma demande de droit d'asile!... ... Les salauds... Regarde-moi ça!"
Monsieur, La Bambouseraie d'Anduze ne peut pas accueillir toute la misère du monde.

Jeûne (p.15): deux pandas, assis dans une bambouseraie, du bambou dans les griffes:
"- Le panda passe 14 heures par jour à bouffer", rigole l'un.
"- Qu'est-ce qu'on se ferait chier si on faisait ramadan!", rétorque l'autre.

Danger (p.36): deux pandas discutant, de dos:
"- On ne pense qu'à nous. ... Mais il y a bien d'autres espèces en voie de disparition.
"- Y a l'orang outan (...) le tapir... [longue énumération à deux voix] (...) - Le tigre - Le tapir - déjà dit!"
de face, un panda hilare à un panda courroucé:
"- ... les profs de l'enseignement public!"

*** Je suis Charlie ***

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vendredi 9 janvier 2015

8e bloganniversaire (mise à jour du Tableau) - Charlie

Pour le 8e anniversaire de création du blog de dasola, j'ai (ta d loi du cine, 'squatter") effectué une mise à jour (jusqu'au 08/01/2015 inclus) du tableau figurant dans le 1200e billet à la date du 08/09/2013 (les explications y figurent aussi). Certains chiffres ont varié à la hausse, d'autres à la baisse...  comme il est logique (et certains restent à finaliser - parce que j'ai changé de priorité).

 

A

B

C

D

E

F

G

H

I

J

2007

328

114

114

53

897

53

765

27

431

39

2008

188

254

198

117

1950

82

1735

46

1188

79

2009

178

323

202

140
142

2253

69
66


2016


40


1461

85

2010

172

348

165

144
151

2401

45
42


2199


32


1716

84
86

2011

129

291

108

108
120

2216

31
27


2067


19


1722

53
56

2012

119

277

98

95
122

2040

22
15


1904


14


1729

51
60

2013 

124
86

318
260

107
77

 142

2356
1485

24
4


1323

14
4


1289

55
51

2014 

131

253

56

242

2615

9

 

 9

 

32

2015 *

2

50

3

-

62

 -

 

 -

 

3

Total

1372
1200

-

1050
962

-

16790
13242

331
289

12009

182

9536

456

* Au 08/01/2015 (comme tous les chiffres du tableau d'ailleurs)

J'attends de pied ferme les commandes de blogueurs-euses (sous canalblog!) qui souhaiteraient que j'analyse leurs chiffres de commentaires... On arrivera bien à s'entendre sur le prix!

*****************

Par ailleurs, ci-dessous simplement la liste des quelque 45 BD, recueils de dessins de presse et autres ouvrages que j'ai accumulés (en 25 ans) de Cabu, Charb, Tignous, Wolinski (pour Honoré, ma commande est en cours), extraits un par un de ma vaste BDthèque.

La maîtresse des lieux m'autorisera bien à en chroniquer prochainement quelques-uns pour être Charlie sur le blog de dasola...

Cabu:

Le grand Duduche, Dargaud, 1984
Le grand Duduche "il lui faudrait une bonne guerre", Dargaud, 1974
A bas toutes les armées, Editions du square, 1977
Le journal de Catherine, Dargaud, 1982
Catherine saute au paf!, éditions du square, 1978
Les aventures de Madame Pompidou, Editions du square, 1979
Camille-le-camé contre mon beauf, Albin Michel / Le square, 1980
"Passe ton bac, après on verra!", éditions du rond-point, 1980
Le grand Duduche: à bas la mode, Dargaud, 1981
Le grand Duduche et la fille du proviseur, Dargaud, 1982
Votez mère Denis, Le square / Albin Michel, 1981
Showbiz, Albin Michel, 1986
A consommer avec modération (mon beauf 4), Albin Michel, 1989
Les nouveaux beaufs sont arrivés, Le cherche-midi éditeur, 1992 (préface de Cavanna)
Adieu Tonton, L'Echo des Savanes / Albin Michel, 1992
Responsables mais pas coupables!, L'Echo des Savanes / Albin Michel, 1993
Secrets d'Etat, Albin Michel, 1994
A votre bon coeur! (l'Abbé Pierre chez les exclus), L'Echo des Savanes / Albin Michel, 1995
Les aventures épatantes de Jacques Chirac, L'Echo des Savanes / Albin Michel, 1996
Chirac flippe, L'Archipel, 1996
Grossesse nerveuse, Le cherche-midi éditeur, 1995 (préface de Philippe Val)
Le retour du grand blond, L'Echo des Savanes / Albin Michel, 1997
Etre ou ne pas être beauf (manuel à l'usage des contemporains des beaufs), Editions du Layeur, 2007

Charb:

Je suis très tolérant!, Soleil, 1996
Police partout, Bichro éditions, 1998
Le capitalisme en 10 leçons, La Découverte (Zones), 2012 (texte de Michel Husson)
La vie de Mahomet (par Charb & Zineb), 1ère et 2ème parties, Hors-séries de Charlie Hebdo, 2013

Honoré:

Je hais les petites phrases, Charlie Hebdo / éditions Les échappés, 2011

Tignous:

Pourquoi faire simple..., La Découverte, 1993
Tas de pauvres, Denoël, 2000
Pandas dans la brume, Glénat / drugstore, 2010

Wolinski:

La vie compliquée de Georges le tueur!, éditions du square, 1970
C'est dur d'être patron, Editions du square, 1979
A bas l'amour copain!, Albin Michel, 1982
Mon corps est à elles, Dargaud, 1982
Junior, L'Echo des Savanes / Albin Michel, 1983
On ne connaît pas notre bonheur, Dargaud, 1983
Le programme de la droite, Denoël, 1986
Je ne pense qu'à ça!, Glénat, 1986
Bonne année, Denoël, 1987
Il n'y a plus d'hommes!, Flammarion, 1988
J'hallucine!, Flammarion, 1991
Vous en êtes encore là, vous?, Albin Michel, 1992
Scoopette (la nympho de l'info), Canal+ éditions, 1994
Trop beau pour être vrai, Albin Michel, 1998
+ quelques dessins repris dans l'album collectif 25 ans de dessins à L'Etudiant, 1975-2000

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mardi 6 janvier 2015

A most violent year - J. C. Chandor

Le 31 décembre 2014 est sorti un film que je vous conseille (malgré les réserves que je partage avec Pascale). Après Margin Call et All is Lost (pas vu), le réalisateur, qui a aussi écrit le scénario, nous transporte à New York, dans le quartier de Brooklyn, en 1981, année la plus violente dans l'histoire de la ville, selon les statistiques. Abel Morales et sa femme Annah dirigent une entreprise de transport de fioul. Depuis quelque temps, des camions transporteurs sont détournés: les chauffeurs sont molestés et des individus s'enfuient avec les camions. Plus de 400 000 litres sont ainsi dérobés. Dans le même laps de temps, l'entreprise d'Abel est dans la ligne de mire de la brigade financière qui la soupçonne de fraude fiscale. Et enfin, Abel souhaite acheter un immense terrain où se trouvent des gros containers qui pourraient contenir le fioul. Pour ce faire, il cherche à emprunter une grosse somme d'argent auprès de concurrents et de proches. Abel veut rester honnête, et ce n'est pas facile face à ce monde capitalistique sans pitié. Anna, sa femme n'a pas autant d'état d'âme (il faut dire qu'elle est la fille d'un gangster en prison). Comme le reste de la salle, j'ai suivi avec intérêt l'intrigue, car on veut savoir comment ça va se terminer, et c'est pourquoi j'avoue avoir été un peu frustrée par la fin, pas convaincante, car des questions restent en suspens. En revanche, j'ai été sensible aux couleurs grise et orangée qui baignent le film. Oscar Isaac (que j'avais découvert dans Inside Llewyn Davis) forme avec Jessica Chastain (très femme fatale) un duo crédible. L'actrice est étonnante. Somme toute, un film qui vaut la peine d'être vu.

Lire les billets de ffred, de Chris, de Pierre D et d'Alex-6.

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samedi 3 janvier 2015

Cold in July - Jim Mickle / Une heure de tranquillité - Patrice Leconte

L'année 2015 concernant le cinéma commence doucement. Voici deux films que vous pouvez vous dispenser de voir (selon moi).

Je commencerai par Cold in July (Juillet de sang) de Jim Mickle, d'après le roman de Joe Lansdale (Folio policier, 300 pages). En 1989, Richard Dane, qui exerce la profession d'encadreur, abat un homme qui s'était introduit chez lui pendant la nuit. Assez vite, Richard Dane, qui est considéré comme un héros, apprend que l'homme qu'il a abattu n'est pas celui qu'il croit, c'est-à-dire qu'il ne s'agit pas de Freddy Russel, le fils de Ben Russel, un truand qui vient de purger une peine de prison. Je vous laisse découvrir comment il découvre cette substitution d'identité. Toujours est-il qu'à partir de là le film devient vraiment noir voire crapoteux. Ben (Sam Shepard, un peu monolithique), Richard (Michael C. Hall) et Jim Bob (Don Johnson qui vieillit bien), un copain de Ben, partent à la recherche de Freddy. J'ai trouvé qu'il y avait des moments de violence gratuite assez insupportable dont des "snuff movies" où des femmes sont violentées et tuées devant une caméra. On ne voit pas grand-chose mais ce que l'on devine a suffit à mon malaise. J'en ai assez de ce genre de films qui manquent de subtilité. Lire les billets nettement plus positifs de Ffred et Wilyrah et celui négatif (ouf) de Mymp.

Je continue avec Une heure de tranquillité de Patrice Leconte qui est une adaptation d'une pièce de théâtre de Florian Zeller. Je le dit tout net, ce film m'a crispée. Michel Leproux (Christian Clavier), dentiste de son état, vit un appartement très cossu de 200 m2. Il vient de trouver au marché "aux puces" un disque de jazz qu'il cherchait depuis longtemps et qu'il souhaite écouter dès son retour dans son magnifique salon rempli de disques. Bien entendu, il ne va pas arriver à trouver une heure de tranquillité durant cette journée qui est aussi la fête des voisins. Sa mère n'arrête pas de l'appeler, Nathalie, sa femme lui fait deux révélations inattendues et pas très agréables. De plus, suite à une canalisation percée, il y a une inondation dans une des pièces de l'appartement.  Sans oublier Sébastien, son fils altermondialiste, qui recueille dans sa chambre de bonne toute une famille de Philippins. Il faut aussi ajouter que la maîtresse de Michel Leproux (et meilleure amie de Nathalie) a des remords de conscience sur cette liaison. Enfin, un voisin envahissant et organisateur de la fête des voisins complète le tableau. D'habitude, j'aime bien ce que fait patrice Leconte, mais là, c'est un film fatigant à voir. Heureusement qu'il ne dure qu'une heure quinze.

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mercredi 31 décembre 2014

Bilan lecture 2014

En 2014, j'ai lu 80 romans français et étrangers (et une dizaine de BD). Parmi ces 80, j'en retiens au moins deux qui sortent largement du lot et m'ont vraiment beaucoup plu.

Ce qui reste de nos vies de Zeruya Shalev (qui a reçu le prix fémina étranger en 2014 - et c'est amplement mérité).

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Hérétiques de Leonardo Padura. J'en profite pour conseiller à nouveau le film Retour à Ithaque de Laurent Cantet dont le scénario est de Leonardo Padura.

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Parmi les romans policiers (c'est la majorité de mes lectures), je recommande encore un écrivain français: Jérôme Leroy qui avec L'ange gardien confirme son talent d'écrivain après Le bloc.

Depuis la mi-décembre 2014, j'ai mis les bouchées doubles concernant mes lectures et je conseille tous les livres cités ci-dessous.

Je viens de terminer L'homme provisoire de Sebastian Barry (Editions Joëlle Losfeld, 250 pages), histoire qui se passe en Afrique et en Irlande du côté de Sligo. Jack Mc Nulty, "L'homme provisoire" du titre, revient sur sa vie passée et surtout raconte son histoire avec Mai Kirwan, la plus jolie fille du coin. Alcoolique, Jack Mc Nulty est entré dans l'armée et est devenu démineur pendant la seconde guerre mondiale. Pendant ce temps, Mai s'ennuie, Mai est malheureuse et Mai se met à boire elle aussi. Ce n'est pas un roman très gai mais j'ai aimé le style. L'écrivain a un grand sens de la narration. Lire les billets d'Ingannmic et celui d'Une Ribambelle.

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Debout-payé de Gauz (Le nouvel Attila, 170 pages) est un premier roman très bien écrit, pertinent, éclairant sur la profession de vigile, les "debout-payés", et sur tous les travailleurs venus d'Afrique Noire depuis les années 60. Lire le billet de Violette, celui très mitigé de Malika, et un autre, interrogatif, du Mérydien.

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Les mots qu'on ne me dit pas de Véronique Poulain (Editions Stock, 130 pages), dont s'est librement inspiré Eric Lartigau pour La famille Bélier. Contrairement au film, ce récit autobiographique est vraiment bien, drôle, touchant, et il décrit finement qu'il n'est pas simple d'être un "entendant" dans une famille de sourds. Lire les billets de Clara, manU et Eva, enthousiastes contrairement à Laure.

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Enfin je termine avec Code 93 d'Olivier Norek (Pocket, 330 pages), très bon roman policier, et c'est le premier de l'écrivain qui dans la vie est lieutenant de police au SDPJ (service départemental de la police judiciaire) du 93. Bien construite, l'intrigue tient la route (mini-billet à venir).

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Je ne voudrais pas passer sous silence les trois premiers opus de la série "Roman d'un crime" de Maj Sjöwall et Per Wahlöö : Roseanna, L'homme qui partit en fumée et L'homme au balcon. Je suis les conseils de K, je les lis dans l'ordre de leur parution (de 1965 à 1975).

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Et -c'est pas tout ça- je profite de ce dernier billet de l'année 2014 pour vous souhaiter à toutes et tous une excellente année 2015 (surtout la santé). Comme je ne sais pas écrire de discours, je m'arrête là pour les voeux.

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lundi 29 décembre 2014

L'embranchement de Mugby - Estelle Meyrand / Rodolphe (d'après Charles Dickens)

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) ne connaissais même pas le nom de L'embranchement de Mugby parmi les oeuvres de Charles Dickens (comme tout le monde, quand j'entends "Conte de Noël" pour cet auteur, je pense à Scrooge, le vieil avare métamorphosé par des apparitions la veille de Noël [lu en bibliothèque verte dans mon jeune temps...]). 

Dans le décor sinistre d'une sorte de gare de banlieue, de nuit, un unique voyageur descend au bout d'un quai désert, chapeau melon, pardessus, cache-nez, sous une lumière blafarde (et des couleurs très froides). Seule petite lueur (timidement chaude): le "lampiste" de la gare, qui le recueille puis lui indique un hôtel. Le lendemain, ce voyageur avec bagages erre dans la (petite) ville, en s'interrogeant sur son passé et son avenir. Lui aussi est comme la ville bien entendu, à une croisée des chemins, entre la vie de patron (de Barbox Frères) sûr de lui qu'il a mis 20 ans à devenir, et ce qu'il va advenir du pauvre cocu ayant perdu femme et raison de vivre qu'il est désormais. Il croise un chien errant, et une jolie maison colorée, en sortie de la ville, où une jeune fille alitée lui fait signe d'entrer. C'est la fille du lampiste. Elle lui suggère d'explorer les 5 destinations possibles à partir de Mugby... Il fera ses choix au terme de ses voyages, plus ou moins remplis d'allégories et de surprises.

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Cette bande dessinée m'a fait penser à l'univers du dessin animé L'illusionniste. J'en ai beaucoup apprécié le dessin et le traitement en couleurs directes (voir quelques planches sur le blog de CapOCapesDoc; Allie en parle aussi très bien). Elle est parue récemment (enfin, je trouve: en 2010, pour l'édition originale chez Delcourt), avec un scénario de Rodolphe (d'après le conte de Noël de Charles Dickens), et des dessins d'Estelle Meyrand. Ces deux auteurs avaient déjà collaboré 2 ans plus tôt sur Un conte de Noël. Je n'ai jamais croisé leur version, mais je pense que je prendrai la peine de la chercher en 2015.

P1050194 Tout à fait incidemment, le train sur la 4ème de couverture m'a fait penser au Transperceneige. Est-ce un clin d'oeil? C'est Lob qui avait conseillé à Rodolphe d'entrer en BD.
Merci à dasola pour les photos.

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dimanche 28 décembre 2014

Donald Westlake et son (anti)-héros John Dortmunder

Je voulais à nouveau rendre hommage à l'écrivain américain Donald Westlake, disparu le 31 décembre 2008 en nous laissant inconsolables car les (més)aventures de John Dortmunder & co sont terminées. En effet, parmi la trentaine de romans dont il est l'auteur, Westlake en a écrit pas moins de 13 (entre 1970 et 2009) mettant en scène John Dortmunder, un cambrioleur qui a beaucoup d'idées mais pas mal de déveine. Ses coups fumants deviennent rapidement des coups fumeux. Il a comme comparses Stan Murch (voleur de voitures), Andy Kelp, Tiny Bulcher et quelques autres qui apparaissent au gré des romans, dont la copine que se trouve Tiny, ou la maman de Stan Murch (cette dernière est chauffeur de taxi). Suite à mon billet précédent où j'en chroniquais deux, je voudrais évoquer quatre romans dans lesquels j'ai retrouvé pour mon plus grand plaisir Dortmunder. J'ai souvent ri de bon coeur tellement les situations bien décrites sont en général inextricables. 

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Il faut noter que les "victimes" de Dortmunder ne sont pas à plaindre. Ce sont la plupart du temps des personnages peu ou pas recommandables.

Dans Mauvaises nouvelles (Rivages/Seuil, 280 pages), Fitzroy Guilderpost, Irwin Gabel (deux personnages peu recommandables) et Petite Plume (dernière représentante d'une tribu indienne éteinte - paraît-il) engagent Dortmunder et Andy Kelp pour déterrer un corps qui pourrait prouver, grâce à l'ADN, que Petite Plume serait bénéficiaire de parts dans un casino situé sur une réserve indienne dans laquelle trois tribus ont le droit de cohabiter. Parmi les nombreuses péripéties, on apprend comment récupérer une mèche de cheveux pendant une tempête de neige ou comment une interversion de pierres tombales peut s'avérer délicate.

Dans Surveille tes arrières! (Rivages/Seuil, 280 pages), nous faisons la connaissance de Preston Fareweather et de son factotum, Alan Pinkleton. Preston est un milliardaire odieux qui s'est réfugié dans un club Med aux Caraïbes pour fuir quatre ex-femmes très en colère. C'est là qu'il fait la connaissance d'Arnie Allbright, un receleur et surtout un ami de Dortmunder. Bien entendu, Arnie informe John que l'appartement luxueux de Preston pourrait être visité et dévalisé. Justement, Dortmunder et les autres sont inquiets, leur lieu de rendez-vous favori, le OJ Bar & Grill sur Amsterdam Avenue à Manhattan, est menacé de fermeture après être tombé dans les mains de "vrais" méchants. Je vous laisse découvrir comment nos héros vont arriver à sortir de cette situation et comment le cambriolage devient un moment d'anthologie, d'autant plus que Fareweather revenu entretemps n'entend rien (il dort profondément) de ce qui se passe dans les pièces d'à côté.

Dans Pourquoi moi? (Rivages poche/Seuil, 310 pages), Dortmunder vient de vider le coffre d'un bijoutier. Parmi le butin se trouve un rubis tellement gros que Dortmunder pense qu'il s'agit d'une breloque sans valeur. Mais le "Brasier de Byzance" (c'est son nom), qui était dans un musée de Chicago, doit revenir dans son pays d'origine: la Turquie. En attendant, il avait été entreposé dans le coffre du petit bijoutier. Le pauvre Dortmunder qui ne regarde pas les infos et est allergique aux répondeurs téléphoniques comprend un peu tard qu'il a beaucoup d'ennnuis. Comment se débarrasser de ce rubis qu'il a malencontreusement passé à un doigt (il ne peut plus l'enlever)? Le FBI, la police New-Yorkaise, divers services secrets, et même des truands dérangés par l'hyper-activité policière sont lancés à la poursuite du rubis, et donc de Dortmunder. J'ai beaucoup ri.

Je termine avec Bonne conduite (Rivages poche/Seuil, 350 pages), où Dortmunder, qui vient de commettre un cambriolage dans un entrepôt à Manhattan, se retrouve sur le toit d'un couvent pour fuir la police. Le pauvre ne sait pas dans quoi il vient de mettre les pieds car les bonnes soeurs (qui ont fait voeu de silence sauf le jeudi) lui promettent de ne pas le dénoncer aux forces de l'ordre... moyennant quoi, elles lui demandent de libérer une des leurs, une jeune novice de 23 ans qui souhaite prononcer ses voeux définitifs. Le problème est qu'elle a été enlevée par son propre père (milliardaire), qui ne l'entend pas de cette oreille. La jeune femme est séquestrée au dernier étage d'un building appartenant au papa. Bien entendu, rien ne va se passer comme prévu, mais c'est dans ce roman que l'on fait la connaissance de J.-C. (Josephine Carol) Taylor, une femme de caractère, plutôt jolie, qui gère des affaires pas très légales et ne laisse pas Tiny (Bulcher) indifférent. Pour l'anecdote, Tiny (minuscule en anglais) est du genre armoire à glace qui vous étend un homme d'une simple chiquenaude. Une scène hilarante décrit la façon dont Dortmunder (tel un contorsionniste) s'introduit dans un lave-vaisselle pour se cacher.

Quatre romans à lire absolument, pour moi (comme pour mon ami).

Dans quelques semaines, je ne manquerai pas de chroniquer quatre autres romans avec Dortmunder - déjà acquis, pas encore lus.

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jeudi 25 décembre 2014

Whiplash - Damien Chazelle

Joyeux Noël à tous les blogueurs qui passent par chez moi. J'espère que personne n'est resté isolé ou malade et que les cadeaux du Père Noël furent à la hauteur des attentes.

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Sinon, si vous ne savez pas quoi faire en ce jour du 25 décembre et que vous aimez le cinéma, le jazz et en particulier la batterie, essayez d'aller voir Whiplash de Damien Chazelle qui est sorti hier (24 décembre 2014). Andrew, qui étudie dans une école de musique prestigieuse à New-Yorkk, pratique la batterie depuis son plus jeune âge. Fletcher, un professeur renommé dans l'école, le choisit pour faire partie de son orchestre. Andrew ne se doute pas de ce dans quoi il s'engage. Fletcher, le crâne rasé et maigre de cou (il m'a fait penser à un oiseau déplumé) est un être tyrannique qui humilie verbalement ses élèves. En voulant atteindre la perfection, il fait des dégâts sur des esprits parfois fragiles. Andrew, tel un athlète olympique, s'entraîne encore et toujours pour obtenir le tempo parfait que désire Fletcher. Andrew transpire, pleure, reçoit des gifles. Les baguettes lui entaillent jusqu'au sang l'espace entre le pouce et l'index. Sans parler du fait que Fletcher provoque des rivalités entre batteurs (Andrew n'est pas tout seul). Le film qui dure 1H47 a bien entendu du rythme, mais j'avoue qu'il m'a paru manquer un peu d'émotion et de grâce. Je m'attendais à vibrer davantage. Un batteur comme Buddy Rich (1917-1987) qui est évoqué dans le film avait de la grâce dans sa façon de jouer. Dans le film, Andrew est un bon technicien, il en veut, il sait jouer mais je n'ai pas trouvé qu'il était gracieux. Ce n'est qu'une performance (ce qui n'est déjà pas si mal). La fin très abrupte m'a frustrée. Le réalisateur n'attend pas que les applaudissements résonnent dans la salle de concert. Pendant le film, on a surtout l'occasion d'entendre Whiplash de Hank Levy (1927-2001 - je ne connaissais pas du tout) et Caravan écrit par Duke Ellington et Juan Tizol. Film à voir en cette fin d'année. Lire le billet d'Alex-6.

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lundi 22 décembre 2014

Bilan cinéma 2014 - Mes fims préférés

Comme les années précédentes, voici mon palmarès des 20 (très bons) films de l'année 2014. J'espère que vous les avez vus ou que vous les verrez un jour. Je les ai choisis parmi les 112 films que j'ai vus à ce jour en 2014. Je constate que dans cette liste, il y a seulement quatre films en langue française (dont un film suisse, un belge et un québecois). Ils ne sont pas classés par ordre de préférence (sauf les deux premiers).

Winter sleep de Nuri Bilge Ceylan pour l'histoire et les paysage de la Cappadoce en hiver (sublime) et puis le film est quand même la Palme d'or de Cannes de 2014.
Leviathan de Andrey Zvyagintsev pour le scénario, l'histoire est terrible. Cela vous marque. Prix du scénario à Cannes amplement mérité.
Les grandes ondes (à l'ouest) de Lionel Baier, une "petite" comédie sympathique et très amusante avec des comédiens épatants.
Only lovers left alive de Jim Jarmusch : pour l'ambiance, pour Tilda Swinton, pour la musique, pour l'image. C'est un tout. C'est "planant".
Nebraska d'Alexander Payne : beau film en noir et blanc qui raconte un rapprochement entre un père et son fils dans un "road movie".
Pas son genre de Lucas Belvaux pour Emilie Dequenne qui crève l'écran (un César?).
My sweet pepper land de Hiner Saleem, ce film kurde laisse une impression durable d'autant plus que les femmes ont le beau rôle.
Les Trois soeurs du Yunnan de Wang Bing : un documentaire qui laisse sans voix devant le dénuement dans lequel vivent trois soeurs à 3000 m d'altitude en Chine.
The Homesman de Tommy Lee Jones pour une autre vision du "Far West" nettement plus tragique, surtout pour les femmes (en compétition à Cannes en 2014).
Les poings contre les murs de David Mackenzie pour le sujet âpre et l'interprétation de Jack O'Connell (que l'on voit dans 71').
Jersey Boys de Clint Eastwood pour la musique, les chansons, l'histoire et Clint a encore fait des merveilles.
Le procès de Viviane Amsallem de Ronit et Schlomi Elkabetz pour la détermination d'une femme, Viviane, qui veut à tout prix divorcer de son mari.
Un homme très recherché d'Anton Corbijn parce qu'il y a Philip Seymour Hoffman dans un de ses derniers rôles et que l'histoire est vraiment bien.
Mommy de Xavier Dolan : pour l'actrice Annie Dorval qui crève l'écran (Prix du jury à Cannes 2014).
Pride de Matthew Warchus : pour la bonne humeur et l'humanité qui se dégage de l'ensemble. Le film vient d'être nommé aux "Golden Globes".
Night Call de Dan Gilroy : pour Jake Gyllenhaal halluciné.
La French de Cédric Jimenez : excellent film policier très bien interprété.
Timbuktu d'Abderrahmane Sissako : une petite déception mais comme certains plans sont magnifiques et qu'il n'est pas courant de voir un film venu d'Afrique, je l'ai quand même mis dans cette liste (en compétition à Cannes, Prix oecuménique).
Retour à Ithaque de Laurent Cantet : parce que Cuba et Padura.
71' de Yann Demange : pour la réalisation nerveuse et Jack O'Connell (que l'on peut voir aussi dans Les poings contre les murs).

Je me rends compte après coup qu'il y a 5 de ces films qui ont été en compétition officielle au dernier festival du film de Cannes. Sinon, je n'ai pas l'intention de lister mes "flops" de l'année. Je n'en vois pas l'intérêt.

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samedi 20 décembre 2014

La famille Bélier - Eric Lartigau

Je veux absolument évoquer un film sorti cette semaine avec tambours et trompettes. Ce n'est pas pour l'encenser, bien au contraire (je vais m'attirer des foudres).

Il s'agit de la La famille Bélier d'Eric Lartigau qui a été annoncé comme le succès au "box-office" de cette fin d'année avant même qu'il ne sorte. C'est de l'intox, du marketing. Personnellement, j’ai vu ce film il y a quelque temps déjà en avant-première (pour le label des spectateurs UGC). J’avoue que je suis restée perplexe en regardant ce film visuellement assez laid. J'ai surtout été interpellée par l’interprétation outrancière de Karin Viard et Francois Damiens qui jouent des sourds-muets. c’est pathétique. Et le scénario est super faiblard. Pourquoi le fils de la famille est-il atteint aussi de surdité (je ne savais pas que c’était contagieux)? Seule la jeune actrice sauve les meubles et les morceaux chantés sont bien, cela me donnerait envie de réécouter Michel Sardou. On peut tout à fait se dispenser d'aller voir La famille Bélier.

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vendredi 19 décembre 2014

Dora Bruder - Patrick Modiano / Orphelins de Dieu - Marc Biancarelli / Histoire de mes assassins - Tarun J Tejpal

Comme je prends du retard dans la rédaction de mes billets "livres", voici trois romans qui n'ont rien en commun mais que je tenais à chroniquer. Il y en a pour tous les goûts.

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Dora Bruder (150 pages, Gallimard) est le premier livre que j'aie lu de Patrick Modiano (tout arrive). Le fait qu'il ait eu le prix Nobel de littérature cette année y est certainement pour quelque chose. Dora Bruder n'est pas vraiment un roman, mais une enquête que Modiano a menée. Il s'est penché sur des annonces d'anciens journaux parus pendant l'Occupation à Paris. Une de ces annonces, datée de 1941, a attiré son attention: Monsieur et Madame Bruder recherchent leur fille Dora, 15 ans, née en 1926 à Paris. A partir de cette annonce, Patrick Modiano a construit son récit et fait des suppositions sur cette jeune fille juive et ses parents. Cela lui permet d'évoquer l'oppression, les lois anti-juives, les rafles pendant l'Occupation. Il en profite pour faire des allusions à sa propre enfance. L'écriture est fluide. Malgré les digressions, on ne perd pas le fil du récit. Un livre à lire. [Merci à K pour le lien vers le discours in extenso que Modiano a prononcé lors de la remise de son prix à Oslo.]

Je passe maintenant à Orphelins de Dieu de Marc Biancarelli (Actes sud, 240 pages): l'action se passe en Corse pendant la première moitié du 19ème siècle. Vénérande, jeune fille courageuse au caractère bien trempé, demande à Ange Colomba, dit "L'Infernu", de venger son frère Charles-Marie, dit "Petit Charles". Ce dernier, un jeune berger, a été défiguré et a eu la langue coupée par des bandits, les Santa Lucia. L'Infernu lui-même, un homme usé et malade, a commis des horreurs dans sa jeunesse, c'était un homme sans foi ni loi. N'ayant plus rien à perdre (il va bientôt mourir), et peut-être pour se racheter, même si la grosse somme d'argent que lui propose Vénérande le décide tout à fait, L'Infernu part en compagnie de Vénérande à la poursuite des bourreaux de Petit Charles. Pendant leur voyage, L'Infernu raconte à Vénérande sa jeunesse tumultueuse et pas très recommandable. Ce "western" corse semble avoir beaucoup plu sur les blogs, ici et par exemple. Personnellement, je reconnais que c'est bien écrit, c'est une belle langue imagée, mais je ne peux pas dire que j'ai été passionnée par l'histoire. A vous de juger.

Je termine avec Histoire de mes assassins de Tarun J Tejpal (Buchet Chastel, 580 pages), un écrivain indien qui a écrit en anglais ce livre que j'ai emprunté en bibliothèque une première fois, fin juillet 2014. Il est resté six semaines sur une chaise sans que j'y touche. Je l'ai rendu en ayant une impression de frustrution, mais j'avais d'autres lectures en train. Début octobre, je reprends le roman en bibliothèque en me disant: "Je veux le lire". J'en avais entendu parler en bien depuis sa parution en 2009. Et enfin, je l'ai ouvert et je l'ai lu relativement vite. J'ai vraiment beaucoup aimé l'histoire de ces "presque" assassins d'un journaliste indien de New Delhi. Les histoires sont dures et on imagine des scènes insoutenables, mais le romancier a suffisamment de talent pour que je ne soit pas choquée par certaines descriptions. Il nous raconte surtout que ces hommes devenus délinquants, tueurs à gages, "dealers" de drogue ont d'abord été des enfants. L'un est musulman, un autre se défend au couteau, un autre encore a vécu parmi les serpents, un quatrième a été abandonné dans un train et a vécu plus de dix ans aux abords de la gare de New Delhi, sans oublier le cinquième qui pour venger ses soeurs violentées est devenu un tueur redoutable avec un marteau. On sait à la toute fin pourquoi et comment ils ont été réunis pour assassiner le journaliste (un double de l'écrivain?). Je suis contente d'avoir fini par lire ce roman qui m'a plu.

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mardi 16 décembre 2014

Timbuktu - Abderrahmane Sissako / Nos enfants - Ivano de Matteo

Avant de vous communiquer très prochainement mon palmarès cinéma pour 2014 (mes films préférés), voici deux longs-métrages vus à la suite, un soir, le week-end dernier.

Je commence avec Timbuktu du réalisateur mauritanien Abderrahamane Sissako. Ce film avait été sélectionné en compétition officielle au dernier festival international du film de Cannes. Il en est reparti bredouille. Même si c'est regretttable, je peux le comprendre car malgré le sujet, on n'est pas vraiment ému (enfin, personnellement, je n'ai pas été vraiment bouleversée). Mais Timbuktu vaut la peine d'être vu pour de magnifiques images de dunes de sable (qui ressemblent au corps d'une femme nue) et de grands plans d'eau; ou pour le sourire radieux d'une petite fille qui adore son père (qui le lui rend bien). En revanche, le film montre aussi la poursuite d'une gazelle (qui s'épuise à courir), la mort d'un coup de lance d'une vache appelée GPS (c'est la scène qui m'a le plus touchée). La bêtise et la cruauté humaine sont incarnées si je puis dire par des hommes enturbannés qui arrivent dans des jeeps. Dans cette petite ville de Tombouctou, ces hommes venus d'ailleurs (ils ont besoin de traducteurs pour donner des ordres ou juger), guidés par l'i*lamisme le plus radical, commencent à interdire: la musique, les chansons, les jeux de ballons. Les femmes doivent porter des gants et des chaussettes. Sans parler de la lapidation d'un couple pour une obscure raison et d'une jeune fille mariée de force. Pendant ce temps, la vie tranquille de Kidane, de sa femme Satima et sa fille Toya est fracassée par la mort GPS. Le réalisateur a voulu raconter beaucoup de choses de manière un peu trop mesurée, feutrée, en 1H37. Il m'a un peu laissée sur le bord de la route. Néanmoins, allez le voir. Ce n'est pas si courant de voir des films venus d'Afrique. Lire les billets de Miriam, d'Alex-6 et matchingpoints.

Je voulais évoquer maintenant Nos enfants, un film italien qui est une libre adaptation du roman Le dîner d'Herman Koch. Personnellement, j'avais très moyennement aimé le roman. Je dirais que je préfère nettement le film, qui reprend les grandes lignes de l'histoire. Nous sommes en présence de deux frères, l'un est un avocat retors (Alessandro Gassman), et l'autre, un chirurgien dans un service pédiatrique (Luigi lo Cascio). Mariés chacun de leur côté, le premier a une grande fille de 16 ans d'un premier lit, le deuxième a un fils acnéique qui a aussi 16 ans. Les deux grands adolescents s'entendent relativement bien et se soutiennent surtout quand ils commettent l'irréparable. J'ai apprécié que le film ne se contente pas d'être un dîner prolongé (contrairement au roman). Les quatre adultes ne se réunissent autour d'une table de restaurant qu'au début et à la fin du film. Entretemps, on suit l'évolution du comportement des personnages, leurs pensées. Il y a pas mal de nuances dans la psychologie de chacun. J'ai trouvé le scénario assez subtil. Tous les comédiens sont excellents. Un bon film. Lire le billet d'Alex-6.

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samedi 13 décembre 2014

La French - Cédric Jimenez / Les héritiers - Marie-Castille Mention-Schaar

Si vous en avez l'occasion, allez voir La French de Cédric Jimenez, un film qui m'a agréablement surprise. Pendant 2H15, on ne s'ennuie pas une minute. Jean Dujardin dans le rôle du juge Pierre Michel et Gilles Lellouche dans celui de Gaëtan Zampa font merveille ainsi que tous les seconds rôles. Seul le personnage féminin, bien interprété (Céline Sallette), est un peu sacrifié. Pour ceux qui l'ignorent encore, Marseille dans les années '60 et '70 fut la plaque tournante du trafic de drogue, de sa fabrication jusqu'à son exportation vers d'autres pays dont principalement les USA. Les "chimistes" français avaient la triste réputation d'être les meilleurs dans leur domaine (fabrication de l'héroïne à partir de la morphine-base). Un juge des mineurs, Pierre Michel, va être chargé des affaires sur le trafic de drogue qui sévit à l'époque dans la ville phocéenne. Il espère faire tomber Gaëtan (Tany) Zampa, le "parrain" marseillais de la drogue, avec l'aide de policiers de la brigade des stupéfiants. Tous les coups sont permis pour trouver les labos clandestins et prendre les trafiquants en flagrant délit: les "planques", les filatures et les ruses, et surtout la patience, arrivent à porter leurs fruits. Pourtant, le juge constate qu'il n'a pas toujours le soutien nécessaire de la part de ses supérieurs, sans parler de personnages politiques de la mairie de Marseille... Je rappelle que le juge Michel fut assassiné le 21 octobre 1981, tué de trois balles (il rentrait chez lui à vélomoteur pour déjeuner). La ville de Marseille est bien filmée. L'affrontement entre Dujardin et Lellouche m'a fait penser à Gabin, Ventura et Delon (c'est dire). Un bon moment de cinéma populaire.

Je passe assez vite sur Les héritiers qui est un film de fiction plein de bons sentiments et bien pensant. On ne peut que souscrire à l'entreprise. Le scénario est inspiré d'une histoire vraie: à Créteil, des lycéens d'un établissement en ZEP (enfin je pense) ont la chance d'avoir eu, pendant leur année de Seconde, un professeur qui va les inciter à participer au concours national de la résistance et de la déportation qui a été créé en 1961. [Pour la petite histoire, j'ai participé deux fois à ce concours en individuel, en 3ème et en Terminale et j'ai reçu un prix à chaque fois]. Le sujet de 2009 (les enfants et adolescents dans l'univers concentrationnaire nazi) pour ces lycéens assez dissipés, de milieux sociaux culturels différents, semble assez loin de leurs préoccupations. Mais le miracle se produit: ils réussissent un travail de groupe qui va leur permettre de gagner un premier prix. Je pense que sur ce sujet, un vrai documentaire aurait été plus pertinent. D'autant plus qu'un survivant de la Shoah, Jean Ziegler, intervient dans le film en tant que Jean Ziegler. On voit aussi des interventions de Simone Veil. C'est ce mélange "fiction et réalité" qui m'a gênée, et je ne me suis pas rendu compte de l'évolution de la pensée de chacun des élèves. Pour Ariane Ascaride qui est très bien comme toujours, allez voir le film. Pour le reste, à vous de juger.

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