Quelqu'un qui m'est très cher m'avait offert, il y a quelques mois, Au bonheur des ogres de Daniel Pennac (1985) collection Folio Gallimard, que j'avais commencé à lire et que j'avais laissé tomber au bout de vingt pages ; je ne comprenais pas ce que je lisais. Je viens de le reprendre et miracle, j'ai lu les 286 pages en 5 heures. J'ai énormément aimé. Le style et la langue peuvent au début, comme pour moi, décontenancer mais au fur et à mesure, le talent de Daniel Pennac est évident dans son écriture de la langue française en jouant avec les mots. Le style est fluide. On est captivé par l'histoire de Benjamin Malaussène et de ses différents demi-frères et soeurs de la même maman mais de papas tous différents et inconnus. Ben est "bouc émissaire" dans un grand magasin : officiellement au contrôle technique et il est en fait payé pour se faire "engueuler" quand un client a eu un problème avec un produit acheté dans le grand magasin. Des attentats à la bombe se produisent dans ce lieu et il est chaque fois aux premières loges et parfois blessé. De témoin, il devient suspect. Après 6 attentats, l'affaire sera résolue, Ben disculpé. On apprendra que ces attentats ont une origine lointaine remontant à la seconde guerre mondiale. Les ogres du titre ont une importance. Les ogres sont connus comme mangeurs de petits enfants. Ici les victimes des attentats ont été des ogres mais d'une autre manière, plus sordide. Puis, je suppose que le titre fait référence au roman d'Emile Zola Au bonheur des Dames qui se passe aussi dans un grand magasin. Enfin Ben, pour endormir son petit frère, lui invente des histoires d'ogres. Je recommande vivement ce roman qui garde son suspense jusqu'au bout.