mercredi 20 juin 2007

La trilogie Pusher - Nicolas Winding Refn

Sortis l'été dernier, les trois films de cette trilogie danoise parus dans un coffret DVD, début juin 2007, valent la peine d'être vus. Ils étaient interdits aux moins de 16 ans et de 12 ans à leur sortie, surtout à cause des sujets et de certaines scènes assez gore notamment dans le 3ème. Pusher I (1996) suit le parcours d'un petit malfrat dealer de drogue à Copenhague, poursuivi par la police puis par un petit caïd de la drogue serbe à qui il doit de l'argent. On y aperçoit pendant une ou deux scènes un dénommé Tonny qui est le héros de Pusher II (2004). Le personnage est joué par Madds Mikkelsen (le méchant dans le dernier James Bond et acteur dans deux films de Suzanne Bier, Open Hearts et After the wedding). Dans Pusher II, il sort de prison. Il est le fils d'un vieux truand à la tête d'une bande organisée qui volent de belles voitures neuves et les revendent. Ce fils est un mal-aimé qui est humilié par son père. Il trouvera sa rédemption en découvrant qu'il est lui-même père. Dans Puher III (2005), on retrouve le caïd serbe de Pusher I avec des problèmes très terre-à-terre. Il marie sa fille. Il continue son business tout en assistant à des séances de groupe des Alcooliques Anonymes. Il aidera à faire disparaître des plus méchants que lui. Je pense que l'on peut voir les films séparément mais c'est bien de les voir à la suite. Moi, en tout cas, j'attends de voir le prochain film de Nicolas Winding Refn car il sait filmer, raconter des histoires et il sait diriger les acteurs.

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mardi 19 juin 2007

Adaptation en BD - La Malédiction d'Edgar - Marc Dugain

Un ami m'a offert l'adaptation en BD de la Malédiction d'Edgar de Marc Dugain adapté par lui-même pour le texte et Chardez pour les illustrations. Il y a plus d'un an, j'avais lu le roman que j'avais énormément aimé. J'ai été plutôt décontenancée par cette adaptation. Le narrateur, amant du patron du FBI, est à peine présent. Je dois dire que je n'ai pas compris toute l'histoire en bande dessinée. Certains personnages comme Kennedy, Nixon ou Jackie Kennedy sont reconnaissables. D'autres comme Hoover lui-même sont moins connus et, sur certaines planches, on a du mal à reconnaitre qui est qui. La BD fait 46 pages alors que le roman compte plus de 300 pages. Il est évident que tout le roman ne peut être retranscrit en images. Il manque ce qui fait un roman : l'écriture et le style. Le roman se lit très vite avec un grand plaisir. J'ai lu la BD avec plus de mal et, parfois, j'ai relu certaines bulles car je n'ai pas compris du premier coup de quoi ou de qui l'auteur parlait. Quand j'ai refermé la BD, je me suis dit que j'allais relire le roman que j'ai nettement préféré.

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lundi 18 juin 2007

La saga Malaussène (suite et fin provisoire)

Monsieur Malaussène, Des Chrétiens et des Maures, Aux Fruits de la Passion terminent pour le moment la saga Malaussène. Beaucoup de personnages, du flic à la nonne, gravitent autour de cette famille, dans le quartier de Belleville. On est parfois dans l'invraisemblable mais c'est écrit avec une telle maestria que l'on pardonne tout à Daniel Pennac. J'ai ri toute seule et les personnages sont si attachants qu'on croirait qu'ils existent vraiment. A la dernière page, on regrette déjà de les quitter et on voudrait crier comme au spectacle : encore ! encore ! Merci M. Pennac qui a vraiment le don de raconter des histoires. J'en parlerai dans un prochain billet pour commenter un autre roman de cet écrivain.

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dimanche 17 juin 2007

Dialogue avec mon jardinier - Jean Becker

Le film de Jean Becker est une jolie surprise. Le titre Dialogue avec mon jardinier résume très bien l'histoire. Daniel Auteuil et Jean-Pierre Darroussin, excellents tous les deux, interprètent deux personnages excessivement attachants. Au début du film, anciens camarades d'élèves d'école primaire, ils se reconnaissent, 30 ans après. Daniel Auteuil, devenu un peintre reconnu, vit, à temps partiel, dans une grande maison en Province. Il est séparé de sa femme et de sa fille et a quelques passades avec des modèles. Il embauche Jean-Pierre Darroussin, retraité de la SNCF, jardinier à ses heures, pour faire des plantations nécessaires afin qu'il ait un beau jardin. Le film est une suite de dialogues savoureux entre les deux protagonistes. Leur rencontre changera la façon de peindre de l'un et peut-être sa vie. L'autre aura une fin douloureuse. Mais ce n'est pas triste. Je suis sortie heureuse de ce film très qualité France et qui fait du bien.

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samedi 16 juin 2007

Rubrique cinécrologique

Suite à mon billet du 16 janvier 2007, et après lecture de mon Pariscope préféré, j'ai le regret d'informer de la fermeture du Cinéma UGC Triomphe sur l'Avenue des Champs-Elysées, Paris 8ème. Un petit peu de culture disparaît encore et c'est parfaitement regrettable. J'ai ouï dire que les prix des  loyers sont exhorbitants et plus encore sur le côté "ensoleillé" de cette avenue où était situé le cinéma, ceci explique certainement cela. Les 4 salles n'avaient jamais été rénovées, l'entrée du cinéma ne payait pas de mine mais avec cette disparition, il ne reste plus que 2 cinémas à cette enseigne sur les Champs Elysées, le George V et le Normandie situés pas loin l'un de l'autre. A quand le prochain ?

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vendredi 15 juin 2007

Vent mauvais - Stéphane Allagnon

Attirée par des bonnes critiques, je suis allée voir Vent mauvais, "petit" film français. Ne vous laissez pas dissuader d'y aller par l'affiche pas très porteuse. On passe un moment agréable pendant 1h30. Je ne connaissais pas le réalisateur, Stéphane Allagnon. Le scénario n'est pas mal écrit, même si à mon avis il y a quelques invraisemblances, comme la vétusté du système informatique par exemple qui joue un rôle moteur dans l'histoire. L'originalité réside en ce que cela se passe pendant une période de tempête, dans une région de Normandie en bord de mer, pas loin des îles anglo-normandes (paradis fiscal). Cela donne une atmosphère particulière de "no man's land" avec de beaux paysages de landes. Un jeune informaticien intérimaire (Jonathan Zaccaï), personnage un peu ahuri, doit réparer un système informatique dans un magasin de grande surface. Il découvre que la panne informatique est provoquée par un programme logiciel implanté dans le système permettant de falsifier les entrées de caisse. Le Directeur du magasin (Bernard Le Coq, veule à souhait), voulant augmenter sa retraite, est l'un des deux responsables de ces malversations. Son complice, créateur du logiciel, n'apparaît qu'en flash-back. Je n'en dirai pas plus sur l'intrigue dans laquelle s'entrecroisent d'autres personnages : une employée de l'hôtel (Aure Atika) où loge l'intérimaire qui en tombe amoureux, un pompier gardien nuit, un ex-employé du magasin, amoureux éconduit, à la mine patibulaire, un complice petit malfrat et très important, une femme trompée (Florence Thomassin). C'est un film qui prend son temps avec de l'humour même si ce n'est pas parfait. Tous les méchants ne sont pas punis mais c'est cela qui est bien. Je pense que c'est le premier film du réalisateur et il est prometteur.

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jeudi 14 juin 2007

Rappels - Magazine de théâtre

J'aime aller dans les théâtres privés ou subventionnés. Depuis quelques années, à l'entrée de certaines salles, est proposé un magazine gratuit : Rappels. La formule ressemble aux "gratuits" existants dans les salles de cinéma (voir mon billet du 10 mars 2007). Il n'y a pas de critiques mais l'actualité théâtrale est évoquée avec des interviews d'acteurs, de metteurs en scène, de gens de théâtre connus, à l'affiche ou non. Cela paraît tous les mois et on peut même s'abonner. Un site internet existe : www.rappelsmagazine.com.

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mercredi 13 juin 2007

Audiard par Audiard - Répliques savoureuses

J'ai la chance d'être en possession d'un livre malheureusement épuisé, Audiard par Audiard aux Editions René Château (1995), qui rassemble quelques répliques d'anthologie de films dialogués ou réalisés par Michel Audiard. Ce matin, sur une radio nationale, un journaliste qui choisit de parler d'un blog tous les matins, en a évoqué un qui donnait son "top ten" des répliques de Michel Audiard. Cela m'a donné l'idée de faire un peu la même chose mais sans "top ten". Je veux plutôt en retranscrire quelques-unes, il y en a 15, qui me font particulièrement rire toute seule. Les voici. C'est un choix totalement subjectif et la liste est ouverte.

Bernard Blier - Archimède le Clochard
"- N'oublie pas ce qu'a dit le médecin: cinq gouttes. La posologie ça s'appelle. Et de la posologie au veuvage, c'est une question de gouttes."

Jean-Paul Belmondo - 100 000 dollars au soleil
"- Quand les types de cent trente kilos disent certaines choses, les types de soixante kilos les écoutent."

Michel Serrault - Garde à vue
"- Les médiocres se résignent à la réussite des êtres d'exception. Ils applaudissent les surdoués et les champions. Mais la réussite d'un des leurs, ça les exaspère."

Lino Ventura - Mireille Darc - Ne nous nous fâchons pas
"- Vous savez on a toujours tendance à prendre les bruns trapus pour des gangsters mais c'est un préjugé idiot.
- J'en connais un autre qui consiste à prendre les grandes blondes pour des imbéciles."

Jean Gabin - Le Gentleman d'Epsom
"- Dans la vie il y a deux expédients à n'utiliser qu'en dernière instance: le cyanure ou la loyauté."

Bernard Blier - Les yeux de l'Amour
"- Vieille fille! Et allez donc pourquoi pas! Faut dire tu fais tout ce qu'il faut pour t'en donner le genre... ta robe, ta coiffure... tu frisottes dans le gris, toi. Tu faufiles dans le triste."

Jean Gabin - Le Sang à la Tête
"- Pendant douze ans on a fait chambre commune mais on a fait rêve à part."

Jean-Claude Brialy - Carambolages
"- Assassiner un étranger a toujours un petit côté ennuyeux. Tandis que l'étripage en famille, c'est régulier, c'est traditionnel, c'est bourgeois. Et puis, ça a tout de même plus d'allure. Tuer un étranger, on pense à France Soir. Un parent, on pense à Sophocle."

Jean Gabin - Mélodie en sous-sol
"- Dans les situations critiques, quand on parle avec un calibre bien en pogne, personne ne conteste plus. Y'a des statistiques là-dessus."

Maurice Biraud - Un Taxi pour Tobrouk
"- Un intellectuel assis va moins loin qu'un con qui marche."

Jean Gabin - Le Pacha
"- Quand on parle pognon à partir d'un certain chiffre tout le monde écoute."

Jacques Villeret - Jean-Paul Belmondo - Les Morfalous
"- Qu'est-ce qu'on peut bien faire avec six milliards?
- Rien! C'est ça l'agrément. Ca permet de plus rien foutre."

Bernard Blier - Dominique Zardi - Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages
"- Attention! J'ai le glaive vengeur et le bras séculier! L'aigle va fondre sur la vieille buse!...
- Un peu chouette comme métaphore, non?
- C'est pas une métaphore, c'est une périphrase.
- Fais pas chier!...
- Ca, c'est une métaphore."

Philippe Noiret - Pile ou Face
"- La justice, c'est comme la Sainte-Vierge, si on la voit pas de temps en temps, le doute s'installe."

Jean Gabin - Le Président
"- On est gouverné par des lascars qui fixent le prix de la betterave et qui ne sauraient pas faire pousser des radis."

A SUIVRE... [suivant = billet du 11/11/2008]

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mardi 12 juin 2007

La belle lurette - Henri Calet

Henri Calet (1904-1956) n'est pas un écrivain très connu et, après sa mort, il est tombé dans l'oubli. Dans les années 80, certains jeunes écrivains l'ont découvert ou redécouvert. Olivier Adam dans Falaises aux Editions de l'Olivier (2005) lui dédie son roman. D'Henri Calet je viens de terminer La belle lurette parue en 1935 et rééditée dans la collection L'Imaginaire Gallimard. C'est plus ou moins autobiographique. Le récit est à la première personne. Dans le roman, le narrateur Henri naît le 14 juillet 1902 d'une mère Sophie, faux-monnayeuse et, d'un père, sans boulot fixe, buvant un peu. Avec cette hérédité, souvent malade, mis en pension, il a vécu la première guerre mondiale à Bruxelles en Belgique avec sa mère, le père ayant disparu. Cette chronique, aussi misérabiliste et triste qu'elle peut paraître, ne l'est pas. Henri prend la vie comme elle vient et il profite au mieux. Le vocabulaire est souvent cru avec des tournures de phrases poétiques. J'ajouterai que la belle lurette du titre n'est pas employée pour dire "il y a bien longtemps". L'expression est employée deux fois où lurette a sa signification première d'heurette (diminutif d'heure) (Le Petit Robert). La première, au début du livre, quand les parents déménagent en pleine belle lurette et, la deuxième fois, dans la dernière phrase du livre : "Le chômage et les cris dans la crise, ce n'est plus la belle lurette". La belle lurette compte 168 pages et se lit très vite et agréablement.

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lundi 11 juin 2007

L'Avocat de la terreur - Barbet Schroeder

Je n'ai pas vu le documentaire que Barbet Schroeder a fait sur Idi Amin Dada en 1974, mais celui-ci, L'avocat de la terreur, est absolument remarquable. C'est pratiquement un film à suspense de plus de 2 heures qui retrace des pages d'histoire du terrorisme de 1954 en Algérie jusqu'à la fin des années 90. En effet,  Jacques Vergès semble s'être impliqué à vouloir défendre l'indéfendable aux yeux de beaucoup. Le documentaire débute par un plan moyen de Jacques Vergès donnant une explication face à la caméra sur le fait que "son ami" Pol Pot n'est pas le génocidaire que l'on dit. Au vu de photos de milliers de squelettes, Jacques Vergès admet qu'il y a eu des morts mais sans plus. Le film est une suite d'entretiens avec Jacques Vergès et de personnes qui le connaissent peu ou prou, de documents d'époques ou plus récents et d'extraits du film La bataille d'Alger de Gillo Pontecorvo (1966) tournés après les événements. Les seuls éléments biographiques donnés sur Jacques Vergès sont qu'il a un frère et qu'il est né d'une mère Vietnamienne et d'un père Réunionnais et qu'il a passé le CAPA (Certification d'Aptitude à la Profession d'Avocat). Son ami le dessinateur Siné dit que c'est un bon vivant aimant la bonne chère. Un journaliste émet l'avis que l'avocat s'est toujours senti un colonisé de par ses origines. Ceci explique peut-être ses "combats" pour la défense des poseurs de bombes en Algérie dont Djamila Bouared, qu'il épousa par la suite, des terroristes de la bande à Baader comme Magdalena Kopp ainsi que l'assassin de l'ancien ministre Iranien Chapour Baktiar, Anis Naccache. Il a défendu l'extrême gauche et droite, la cause palestinienne, etc. Il restera célèbre comme le défenseur de Klaus Barbie. C'est fascinant de l'entendre et de le voir raconter comment il s'est retrouvé seul et sûr de lui face à tous pendant ce procès qui a été filmé. Le personnage est très ambigu, ni antipathique, ni sympathique. Il a "disparu" sans laisser de traces entre 1970 et 1978. L'énigme n'est pas résolue. Il ne dit rien sur cette période. Et puis après tout c'est sa vie. Je m'arrête là mais ce documentaire pourrait se prêter à plusieurs billets tant il y a à dire. Inutile de préciser que je conseille ce film. 

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