mardi 11 septembre 2007

Nostalgie du travail en librairie

J'ai commencé ma vie professionnelle il y a tout juste 20 ans, en travaillant dans une librairie, aujourd'hui disparue, perdue dans une impasse du 12ème arrondissement à Paris. Cette librairie survivait grâce au fait qu'elle fournissait les élèves de France et d'ailleurs qui prenaient des cours par le CNED (Centre National d'Enseignement à distance). Elle était, je crois, la seule sur Paris avec une autre en proche banlieue. Je travaillais avec 4 autres collègues dans un local éclairé à la lumière électrique toute la journée. La seule lumière du jour venait d'un soupirail. A partir de juillet, il fallait que les stocks soient là pour faire face à la demande. C'était l'époque, bien avant Internet, où les colis de livres et de fournitures étaient envoyés contre-remboursement. Les gens payaient par chèque ou en liquide. Les commandes étaient passée par fax ou par courrier. La pénibilité du travail résidait dans la grande quantité de paquets à faire en un minimum de temps. C'était vraiment très dur. La gestion du stock n'est pas simple non plus. L'autre activité de la librairie était représentée par les commandes passées par des comités d'entreprises pour leur bibliothèque. J'en avais la charge. Et là, malgré les délais courts à respecter, moins d'une semaine, le travail était très intéressant. Je saisissais les commandes, les passais aux grands distributeurs par coursier et j'attendais les livres. A cette époque, j'ai beaucoup appris: comment travailler, comment m'organiser. J'ai découvert des petits distributeurs dont j'ignorais l'existence. La commande soldée, une fois par semaine, le mercredi, un transporteur venait prendre livraison des cartons de livres (certains faisaient + de 20 kilos). Et le cycle recommençait. J'ai travaillé un an et demi dans cette librairie jusqu'à sa fermeture définitive car elle accusait un déficit financier et la directrice a "jeté l'éponge". C'est à ce moment-là que j'ai pris conscience que tenir une librairie n'est pas une sinécure. On est très mal payé mais le boulot est passionnant quand on aime l'objet livre. Mon grand regret est de ne pas avoir ouvert une librairie. C'est difficile d'en vivre à moins de le faire par plaisir.

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