11 octobre 2007
La Colline des hommes perdus - Sydney Lumet
Suite aux conseils et avis de Karamzin et Hartigan sur The Offence (voir les commentaires sur mon billet du 30 septembre), je me suis procurée, en DVD, La colline des hommes perdus (The Hill) de Sydney Lumet (1965) adapté d'une pièce de théâtre. Je viens de le voir confortablement avec mon ami. Effectivement, c'est très très bien et on est passionné dès le début en se demandant ce qui va se passer. Cela se déroule dans une prison militaire anglaise en Afrique pendant la seconde guerre mondiale. Sean Connery fait partie d'un groupe de 5 prisonniers britanniques qui viennent d'y arriver, condamnés pour des larcins ou insubordination. Dans cette prison à ciel ouvert qui s'avère être un enfer, les détenus subissent des punitions dont celle de la colline. Chargés d'un lourd barda, ils doivent grimper une haute dune de sable en plein soleil avec une température africaine. Ils endurent les humiliations des geoliers, anglais eux aussi. Parmi les 5, certains archétypes de personnalités sont représentés. Un noir nommé Jacko King en butte au racisme de tout le monde mais qui à la fin ne se laisse pas faire. Un "gros" lâche et bête qui ne supporte pas les 4 autres. Joe Roberts (Sean Connery) qui résiste aux mauvais traitements mais à quel prix. Enfin, un dénommé Stevens (marié mais vulnérable) qui succombe à une insolation. A partir de là, la machine à "mater" les prisonniers s'enraye. Mais l'histoire ne se finit maheureusement pas comme on peut l'espérer. Sean Connery est remarquable dans son rôle de prisonnier qui résiste. Les autres comédiens, maintenant tous décédés, sont peu ou pas connus du grand public mais tous excellents. Je citerais particulièrement Harry Andrews dans le rôle du responsable du camp qui a "une gueule". Un autre acteur, Ian Bannen, interprète d'Harris, un gardien, qui se ralliera aux prisonniers, donne aussi la réplique à Sean Connery dans The offence. Sidney Lumet signe là un film en noir et blanc méconnu qui mériterait d'être connu du grand public. Je le recommande.
Petite remarque : on peut se demander pourquoi pour le titre français, on a rajouté "des hommes perdus" qui ne veut pas dire grand-chose quant à l'histoire.
10 octobre 2007
UGC + MK2 vs Gaumont
Ca y est, dans la rubrique "people", un divorce avec pertes et fracas, Pathé Gaumont et Mk2 se sont séparés pour différences irréconciliables comme disent les anglo-saxons. Cette désunion provient de la colère de Marin Karmitz, PDG de MK2, lorsqu'il a vu le chantier du nouveau multiplexe de Beaugrenelle (dans le 15ème arrondissement de Paris) lui échapper, en février dernier, au profit de Pathé. Marin Karmitz s'est senti trahi. Pour "se venger", MK2 vient de s'unir pour le meilleur et, je n'espère pas, pour le pire à UGC. Sur une décision du CNC, cette nouvelle association ne durerait, pour le moment, que jusqu'au 14 mars 2009. Petit rappel : je me souviens qu'en 2000, quand UGC a lancé l'idée, Marin Karmitz avait poussé des hauts cris et par mesure de retorsion, il s'était allié avec Gaumont-Pathé. Comme quoi, on peut changer d'avis...
En tout cas, détentrice de ce sésame depuis 2000, je viens de recevoir mon relevé de banque avec le montant du prélèvement de ma carte "UGC Illimité". Comme "ils" m'en avaient informé en juillet, ça a augmenté de 18 à 19,80 euros. En revanche pour les spectateurs Pathé-Gaumont, le montant de la carte "LE PASS" ne baisse pas. Elle reste à 19,80 euros, mais elle est valable dans toute la France. Etant une Parisienne, j'apprécie cette union, car la programmation MK2 complète bien celle des salles UGC.
Ces cartes d'abonnement sont presque devenues incontournables et sont une manne d'argent pour les grands distributeurs. Pour preuve, depuis l'annonce de cette nouvelle union, les demandes de souscription à la carte UGC ont augmenté. Je sais que ces formules d'abonnement ne font pas l'unanimité, tant s'en faut, et les "petites" salles "Art et Essais", surtout à Paris, se sont presque toutes affiliées à l'une ou l'autre voire les deux cartes pour attirer des spectateurs. En ce qui me concerne, je profite amplement de la carte d'abonnement UGC car si l'on va au cinéma en n'ayant aucune réduction, le prix de la carte est amorti dès la deuxième entrée dans le mois.
09 octobre 2007
Lawrence d'Arabie - David Lean
Lawrence d'Arabie (1962) de David Lean (1908-1991) fait partie de mes films fétiches vu lors d'une ressortie sur grand écran. L'entrée des chameaux à gauche de l'écran qui ressortent à droite est une vision inoubliable ainsi que les images du désert et des dunes à perte de vue. Juste avant que le film démarre à proprement parler, les spectateurs écoutent pendant 5 minutes la musique d'ouverture de Maurice Jarre devant un écran noir et puis le film commence et la magie opère. On apprend, en découvrant la première séquence, la fin accidentelle de Thomas Edward Lawrence en 1935. Et après, pendant 3h15, avec un entracte, on assiste à une épopée lyrique, romantique et guerrière avec des chameaux qui courent aussi vite, voire plus, que les chevaux. L'histoire se déroule en 1916, pendant que l'Europe est ravagée par la 1ère guerre mondiale. Lawrence, qui fait partie de l'Etat-Major britannique au Caire, aidera les Arabes à lutter contre les Turcs. Suite à la prise d'Aqaba qui est un moment phare du film, Lawrence devient une légende pour les Arabes et la situation géopolitique de cette partie du monde sera à jamais bouleversée. Peter O'Toole, qui avait 30 ans, deviendra une star grâce à ce film. David Lean était aussi virtuose dans les scènes avec un grand nombre de figurants (il faut tous aller à Aqaba) que dans l'intime. Film phare du 7ème art à voir et à revoir.
08 octobre 2007
L'immense obscurité de la mort - Massimo Carlotto
Publié aux Editions Métailié, L'immense obscurité de la mort est vraiment très noir et on ressent un certain malaise en le lisant. Il a reçu le prix du meilleur roman noir étranger au Festival du film policier de Cognac. Le roman se compose de courts chapitre où le narrateur est, en alternance, Silvano ou Raffaello. Dans le prologue en 1989 dans une ville du nord-est de l'Italie, un braquage d'une bijouterie se termine tragiquement par la mort d'une femme et de son petit garçon tués à bout portant par un malfrat : Raffaello. Son complice s'échappe avec le butin. Raffaello est condamné à perpétuité. 15 ans plus tard, Silvano le mari et père des deux victimes du hold-up décrit la vie monotone qui est la sienne depuis le drame. Raffaello souffrant d'un cancer à un stade avancé demande une suspension de peine. Ivre de vengeance, Silvano, de victime, devient bourreau. Raffaello, sous la plume de l'écrivain, se sacrifiera. Il a sa rédemption. Le malaise que j'ai ressenti en lisant ce roman tient à ce que Silvano, par pure vengeance dérisoire qui ne lui donne aucun apaisement, devient excessivement antipathique dans la peau du justicier solitaire, alors que Raffaello devient presque sympathique. Ce sont deux êtres humains à la dérive concentrés sur leur douleur respective, l'une morale et l'autre physique. Un roman policier qui se lit d'une traite.
07 octobre 2007
Quelques films de Clint Eastwood en tant que réalisateur
Grand western pour la critique, grand succès public en France et aux Etat-Unis, j'ai vu Impitoyable (évoqué dans mon billet du 20/07/2007) avec ma mère à sa sortie. Je n'ai pas du tout aimé. C'est violent. Les seuls personnages féminins sont des "putes", c'est paraît-il un film crépusculaire comme je l'ai lu et entendu.
Je préfère de beaucoup trois films dont Un monde parfait (1993) avec Kevin Costner et Minuit dans le jardin du bien et du mal (1997) avec Kevin Spacey et Jude Law. Ce dernier film comporte quelques longueurs mais il donne envie d'aller visiter la ville de Savannah. Je pense qu'il a très bien su recréer l'ambiance du Sud des Etats-Unis, un peu figé et décadent. Un monde parfait a permis à Kevin Costner, après Danse avec les loups (1991), de changer de registre. Il joue un évadé de prison qui kidnappe un petit garçon. Une sorte d'amitié naît entre les deux. Ce film dégage beaucoup de sensibilité. Sinon Bird (1988), avec Forest Whitaker retraçant la vie de Charlie Parker, pour ceux qui aiment le jazz ou même pour ceux qui ne l'aiment pas, est absolument magnifique. Je recommande donc vraiment ces trois films, essayez de les voir.
06 octobre 2007
Un secret - Claude Miller
Ayant été influencée par certaines bonnes critiques et par un battage médiatique, je viens d'aller voir Un secret, le dernier film de Claude Miller. J'ai été très déçue. Dès le milieu du film, on devine le secret. L'intérêt pour le film s'estompe très vite. Les comédiens ne sont pas vraiment en cause mais je n'ai pas trouvé que Patrick Bruel était très convaincant. Les oeillades entre lui et Cécile de France ne sont pas spécialement subtiles et elles sont souvent répétées de peur que le spectateur ne comprenne pas ce qui se passe. On est dans l'académisme. Vu le contexte historique tragique de la deuxième guerre mondiale, je m'attendais à plus de finesse de la part d'un réalisateur qui nous avait habitué à mieux avec La Petite voleuse (1988), l'Effrontée (1985) et Garde à vue (1981). Il est vrai que ces trois films ont plus de vingt ans. Certaines images saccadées au début du film n'ajoutent rien et puis le maquillage pour vieillir les protagonistes n'est pas du meilleur goût. Je pense qu'il vaut mieux lire le court roman de Philippe Grimbert dont est adapté le film.
05 octobre 2007
Les Envahisseurs - Série des années 60
Edités depuis peu en 3 coffrets DVD qui regroupent les 43 épisodes de 50 minutes chacun, Les Envahisseurs (The Invaders) (1967-1968) font partie de ces séries télévisées qui ont bercé (si je puis dire) mon adolescence. David Vincent les a vus, les envahisseurs venus d'un autre monde dans des soucoupes volantes. Ils ont une forme humaine avec, comme signe distinctif, l'auriculaire qui ne peut pas se rétracter. Quand ils meurent, ils se consument dans un halo rouge (couleur du communisme ?). David Vincent veut convaincre le Monde que le cauchemar a déjà commencé. Ce n'est pas facile de prouver qu'ils existent. Tournés en pleine Guerre Froide, Les Envahisseurs montrent une série plutôt sombre et pessimiste. On ne sait pas combien ils sont. Au fur et à mesure des épisodes, on sent que la partie n'est pas gagnée. David Vincent est vraiment seul contre les extra-terrestres même si d'autres humains les ont vus.
04 octobre 2007
Train de nuit pour Lisbonne - Pascal Mercier
Paru en 2006, je viens de lire avec passion Train de nuit pour Lisbonne de Pascal Mercier aux Editions Maren Sell dont le héros est professeur de latin et grec et enseigne aussi l'hébreu. Raimund Gregorius donne ses cours dans un lycée de Berne, ville de la Suisse alémanique. Quand le roman commence, Gregorius se prépare à partir au lycée à pied comme d'habitude. En traversant un pont, sa rencontre avec une femme qui se dit être "portuguès" puis l'achat d'un livre "Um ourives das palavras" (Un orfèvre des mots) d'un dénommé Amadeu de Prado qu'il trouve dans une librairie va lui faire tout quitter, sa ville de Berne, le lycée, ses élèves et sa petite vie tranquille. Il se retrouve au Portugal, à Lisbonne. Là, il mène une enquête pour savoir qui était ce Amadeu de Prado. Au début, il se fait traduire le roman oralement puis au fur et à mesure, il se met à apprendre le portugais pour bien s'en imprégner. Il rencontre des personnes qui ont cotoyé Amadeu décédé 30 ans auparavant dont ses soeurs Adriana et Mélodie et un ancien ami de lycée. Amadeu, devenu médecin, culpabilisera d'avoir sauvé un des sbires du terrible général Salazar. Comme Gregorius, il joue aux échecs. Homme brillant et d'une intelligence supérieure, Amadeu souffre de fêlures intérieures que l'on découvre peu à peu grâce à des lettres qu'il a écrites et à ce livre qui est une suite de pensées personnelles à tendance philosophique. J'ai été sensible à l'atmosphère de ce livre qui se passe hors du temps. Tout est figé. L'histoire se passe vers 2004 et pourtant, il n'y a pas de portable, pas d'internet. Il n'y a que le téléphone fixe. Le roman est très agréable sans être toujours très facile d'accès, mais on se sent intelligent quand on lit ce genre d'ouvrage. Le romancier, Pascal Mercier, que je ne connaissais pas, est lui-même professeur de philo et cela se sent. Un roman à lire si vous pouvez.
03 octobre 2007
Excalibur - John Boorman
A l'époque, c'était la première fois que je voyais un film en salle deux fois. Excalibur de John Boorman (1981) reste pour moi une révélation et une très grande oeuvre. D'abord c'est la musique de Carl Orff, Carmina Burana, en musique additionnelle. Excalibur du nom de l'épée du roi Arthur retrace la légende de ce roi, la trahison de Guenièvre avec Lancelot et la rivalité entre Merlin et la fée Morgane. Le film en compétition à Cannes avait reçu le prix amplement mérité de la meilleure contribution artistique. Personnellement, je lui aurais donné une plus haute distinction. Les images sont souvent crues et violentes. Je me rappelle des corbeaux qui mangent les yeux des pendus. Certaines scènes sont sexuellement explicites. Deux scènes me restent en mémoire : la scène d'amour entre Igrayne (Katrine Boorman) et Uther Pandragon (Gabriel Byrne) qui la berne en se faisant passer pour son mari. L'autre est celle entre la Fée Morgane (Helen Mirren) qui prend l'apparence de Guenièvre et a une relation sexuelle avec Arthur (Nigel Terry) qui se trouve être son demi-frère. Je n'ai pas lu le roman de Thomas Malory dont est adapté Excalibur mais je pense que John Boorman recrée bien l'intemporalité de cette époque du fin fond des âges pleine de sang et de fureur. Si vous ne l'avez jamais vu, essayez de vous procurer le film en DVD. Cela en vaut la peine.
02 octobre 2007
Quelques livres pour une nouvelle lecture
Comme je l'ai fait il y a quelque temps pour des films dans mon billet du 14 septembre 2007, voici un index de livres que j'ai appréciés et chroniqués depuis le début de ce blog, mais qui n'ont suscité strictement aucun commentaire à ce jour.
Les Thibault - Roger Martin du Gard (20 janvier 2007)
Trilogie Millenium - Stieg Larsson (21 janvier 2007)
Une exécution ordinaire - Marc Dugain (8 février 2007)
Lignes de Faille - Nancy Huston (16 février 2007) (1)
Au bonheur des ogres - Daniel Pennac (2 mars 2007) (1)(1)
Daniel Pennac (suite)(30 mars 2007) (1)(1)
Comment parler des livres que l'on n'a pas lus - Pierre Bayard (16 mars 2007)
La Nuit de l'infamie - Michael Cox (23 avril 2007)
Racines amères - Claude Amoz (25 avril 2007)
Le Masque et la Plume - Le livre (5 mai 2007)
La belle lurette - Henri Calet (12 juin 2007)
Le dictateur et le hamac - Daniel Pennac (24 juin 2007) (1)
A la vitesse de la lumière - Javier Cercas (19 juillet 2007)
Le Chat - Philippe Geluck (22 juillet 2007)
(1) Commentaire suscité par le présent billet durant les 20 jours où il est resté en page d’accueil de mon blog.
