Ecrite et mise en scène par Yasmina Reza, avec mon actrice fétiche, Isabelle Huppert, pour 100 représentations exceptionnelles dont la première a eu lieu le 25 janvier dernier, Le Dieu du Carnage m'a déçue. J'étais au deuxième rang d'orchestre et j'ai été frappée par un décor et des costumes très laids. Mais ce qui pêche le plus à mon avis, c'est la mise en scène de l'auteur. Madame Reza a montré qu'elle est une bonne dramaturge (Art ou Conversations après un enterrement, par exemple) mais je ne suis pas certaine qu'elle soit une metteuse en scène. Même Isabelle Huppert ne semble pas très à l'aise. Il m'a même semblé qu'à un moment, elle avait oublié son texte (mais je m'avance peut-être). J'ai été gênée par certains silences entre les répliques pendant lesquels les acteurs n'ont rien à faire et cela accentue l'artificialité de l'ensemble. Le sujet est banal : un petit garçon a cassé la figure d'un autre et les parents des deux essaient de trouver un arrangement à l'amiable. Cette confrontation entre gens polis tourne rapidement au vinaigre. La pièce dure 1h30, mais elle aurait pu être jouée en 1h10. Je voudrai dire quelques mots au sujet du public qui assistait à la pièce le soir où je l'ai vue: ce n'est pas un public populaire (vu le prix des places) mais issu d'un milieu socio-économique aisé. Le Dieu du Carnage est le genre de pièce dont on parle dans les dîners en ville. Cela fait bien de l'avoir vu. Pour les personnes qui aiment le bon théâtre, je leur conseille d'aller voir autre chose.