Prix Pulitzer 2007, La route vient de paraître aux Editions de l'Olivier. En ce moment, on parle beaucoup de Cormac Mc Carthy comme l'auteur de No Country for Old Men que les frères Coen viennent d'adapter au cinéma (voir mon billet du 23/12/2007). Si vous pensez que No Country for Old Men est violent et noir, alors La route, c'est autre chose. Nous sommes dans un futur proche? Depuis quelques années, un cataclysme inconnu a pratiquement rayé de la carte tout être vivant. Peut-être est-ce l'Apocalypse? Quand le roman commence, un homme et son fils (le petit) avancent sur La route. Ils poussent un caddie. Ils ne font que marcher. L'objectif du père est d'aller vers le sud, vers la côte, vers la mer. Il se guide avec une carte qui tombe en lambeaux. Quand ils s'arrêtent c'est pour dormir à la nuit tombée. Ils portent des masques en tissu sur le visage. Peut-être pour se protéger de l'air ambiant. Pendant ce périple, il faut se nourrir, se vêtir, se laver et se couvrir pour avoir moins froid. Sur leur chemin, ils arrivent à trouver, dans des maisons encore debout mais pillées, de la nourriture, des couvertures, de quoi faire du feu (il n'y a évidemment plus d'électricité) qu'ils entassent dans le caddie. Sinon, tout est mort autour d'eux, carbonisé, pourri: les arbres, les cultures, les hommes. Il n'y a plus d'animaux. Mais le danger qui les guette, ce sont les quelques groupes de survivants qu'ils évitent. Ces adultes, hommes et femmes (enceintes pour certaines d'entre elles) sont devenus cannibales. Il n'y a plus d'enfant car, dès leur naissance, les nourrissons sont cuits à la broche. La marche de l'homme et du petit dure pendant des jours et des jours, voire des mois. J'ai été très frappée par l'absence de repères chronologiques. Il pleut abondamment, le soleil est pratiquement absent (d'ailleurs il semble mourir lui aussi), les jours paraissent courts. Il fait froid. Ils arrivent au bord de la mer mais leur situation ne s'améliore pas, bien au contraire. L'un des deux meurt, l'autre arrivera peut-être un temps à s'en sortir grâce à sa rencontre avec des gentils (non cannibales). Le roman est écrit d'un seul tenant sans chapitre. Les paragraphes sont plus ou moins courts. Il y a a très peu de ponctuation (pratiquement aucune virgule) ce qui rend la lecture, tout au moins au début, pas très facile. Le texte descriptif est entrecoupé de dialogues en style direct sans guillemets. Quand j'ai refermé ce livre, j'ai eu une sensation de déprime. La vision d'avenir de Mr Mc Carthy est vraiment sombre. Je souhaite ne pas connaître ce futur un jour. Sinon, je retiendrai une phrase dite par un vieillard de 90 ans rencontré sur la route : "Quand on sera tous enfin partis alors il n'y aura plus personne que la mort et ses jours à elle aussi seront comptés" (p. 150).

PS: le film tiré de ce livre est sorti en 2009 (Cf. ma chronique du 19/12/2009).