Le blog de Dasola

CINEMA, LIVRES, TV, DVD, SPECTACLES - BILLETS DE BONNE ET (parfois) MAUVAISE HUMEUR. Critiques et opinions sur spectacles et films en salle et sur DVD

09 mars 2008

La route - Cormac Mc Carthy

Prix Pulitzer 2007, La route vient de paraître aux Editions de l'Olivier. En ce moment, on parle beaucoup de Cormac Mc Carthy comme l'auteur de No Country for Old Men que les frères Coen viennent d'adapter au cinéma (voir mon billet du 23/12/2007). Si vous pensez que No Country for Old Men est violent et noir, alors La route, c'est autre chose. Nous sommes dans un futur proche? Depuis quelques années, un cataclysme inconnu a pratiquement rayé de la carte tout être vivant. Peut-être est-ce l'Apocalypse? Quand le roman commence, un homme et son fils (le petit) avancent sur La route. Ils poussent un caddie. Ils ne font que marcher. L'objectif du père est d'aller vers le sud, vers la côte, vers la mer. Il se guide avec une carte qui tombe en lambeaux. Quand ils s'arrêtent c'est pour dormir à la nuit tombée. Ils portent des masques en tissu sur le visage. Peut-être pour se protéger de l'air ambiant. Pendant ce périple, il faut se nourrir, se vêtir, se laver et se couvrir pour avoir moins froid. Sur leur chemin, ils arrivent à trouver, dans des maisons encore debout mais pillées, de la nourriture, des couvertures, du quoi faire du feu (il n'y a évidemment plus d'électricité) qu'ils entassent dans le caddie. Sinon, tout est mort autour d'eux, carbonisé, pourri: les arbres, les cultures, les hommes. Il n'y a plus d'animaux. Mais le danger qui les guette, ce sont les quelques groupes de survivants qu'ils évitent. Ces adultes, hommes et femmes (enceintes pour certaines d'entre elles) sont devenus cannibales. Il n'y a plus d'enfant car, dès leur naissance, les nourrissons sont cuits à la broche. La marche de l'homme et du petit dure pendant des jours et des jours, voire des mois. J'ai été très frappée par l'absence de repères chronologiques. Il pleut abondamment, le soleil est pratiquement absent (d'ailleurs il semble mourir lui aussi), les jours paraissent courts. Il fait froid. Ils arrivent au bord de la mer mais leur situation ne s'améliore pas, bien au contraire. L'un des deux meurt, l'autre arrivera peut-être un temps à s'en sortir grâce à sa rencontre avec des gentils (non cannibales). Le roman est écrit d'un seul tenant sans chapitre. Les paragraphes sont plus ou moins courts. Il y a a très peu de ponctuation (pratiquement aucune virgule) ce qui rend la lecture, tout au moins au début, pas très facile. Le texte descriptif est entrecoupé de dialogues en style direct sans guillemets. Quand j'ai refermé ce livre, j'ai eu une sensation de déprime. La vision d'avenir de Mr Mc Carthy est vraiment sombre. Je souhaite ne pas connaître ce futur un jour. Sinon, je retiendrai une phrase dite par un vieillard de 90 ans rencontré sur la route : "Quand on sera tous enfin partis alors il n'y aura plus personne que la mort et ses jours à elle aussi seront comptés" (p. 150).

Posté par dasola à 01:00 - Livres - Commentaires [17] - Permalien [#]

Commentaires

Ca à l'air intéréssant. Je ne lis pas beaucoup (excepté des magazines sur le ciné ou des livres de Paulo Coehlo que j'adore ^^) mais ce livre à l'air pas mal :P Faudra que j'essaie de voir No country for old men aussi soit dit en passant :-)

Vlad

Posté par CinephileAmateur, 09 mars 2008 à 01:54

Je viens d'en lire un de Cormac Mc Carthy, pour la même raison que vous, découvrir l'univers de celui qui a inspiré No Country For Old Men, mais ce que j'ai lu était beaucoup plus facile d'accès que la Route, quoique guère moins pessimiste. En effet, ce doit être une épreuve que ce livre, même si Mc Carthy a une écriture superbe.
En tout cas, merci de vos précisions,qui permettent vraiment de s'en faire une idée.

Posté par Dominique, 09 mars 2008 à 14:20

Tu vois des films, tu lis, tu écris (j'imagine qu'en plus, tu travailles et que tu traînes à ta suite, peut-être, une ribambelle de "mini Dasolas")...
Comment fais-tu pour être sur tous ces fronts à la fois ? Pour un paresseux comme moi, ça relève de l'Übermensch" ! :-)

Amicalement,

Th.

Posté par Thierry, 09 mars 2008 à 16:50

Hit the road, Cormac ! :-)

Posté par thierry, 09 mars 2008 à 19:32

Réponse à Thierry

Merci Thierry pour dire que je suis une "Übermensch". Je n'ai qu'un seul et unique blog (celui-ci) qui me prend déjà beaucoup de temps. D'ailleurs depuis le début de l'année, je ne fais plus qu'un billet tous les deux jours. C'est vrai que je lis (moins vite que mon ami), j'adore aller au cinéma. C'est ma mère qui m'a donné le virus. Et c'est aussi vrai que je travaille. Mais je ne regarde pratiquement pas la télé. J'écoute beaucoup la radio. Je n'écoute presque plus de musique depuis que je fais ce blog. C'est un choix. Ca durera ce que ça durera. Voila.

Posté par dasola, 09 mars 2008 à 21:37

Visiblement plus noir que noir, ce livre, terrible et terrifiant. Je ne connaissais pas le sujet de ce livre que l'on voit beaucoup, le titre m'avait laissé imaginer une autre histoire.
Pour rebondir sur le dernier commentaire, c'est vrai que dans votre blog qui aborde des sujets très variés, vous n'avez jamais parlé de musique,( si dans La leçon de piano!), ce qui me surprenait, mais le manque de temps est un facteur que je comprends tout à fait!

Posté par jade, 09 mars 2008 à 22:32

Ton article est tès intéressant car ce livre ayant eu ce prix, on le voit partout, on dit que c'est un très grand roman mais je n'avais rien lu vraiment sur son sujet donc me voilà renseignée. Je l'ai acheté pour ma bibliothèque et je pourrais mieux renseigner les lecteurs en attendant de le lire car je ne vais pas le mettre sur le haut de ma pile celui-là, il est vraiment trop noir !!

Posté par Nina, 09 mars 2008 à 23:14

Plus de musique ?!

Tu n'écoutes presque plus de musique ?!
Quelle triste affaire !
Bon, j'ai une idée...
Ecoute un disque en entier, juste un.
Une voix de femme. Enfin, d'un très petit bout de femme. Dix-neuf ans ! Qui chante avec l'évidence de Billie Holliday, en racontant des "petites histoires" de son âge ("Crazy for you, "First love"...).
Le disque, c'est son seul défaut, est un peu rop soigné. Mais je me répète : quelle voix, quelle maturité ! Amy Winehouse, qui me fait trembler l'âme, peut déjà se tenir sur ses gardes !
J'oubliais l'essentiel : elle s'appelle Adèle, et son premier disque... tout simplement "19".
A écouter... pour y croire.

Th.

Posté par Thierry, 10 mars 2008 à 10:39

moi avoir été littéralement emballé !
c'est le must avec mon traître de chalandon...

Posté par Philippe, 10 mars 2008 à 15:03

"Quand on sera tous enfin partis alors il n'y aura plus personne que la mort et ses jours à elle aussi seront comptés" (p. 150).

>> Bon sang, ces lignes me donnent littéralement envie de me jeter sur le bouquin ! :)

Posté par Nio, 10 mars 2008 à 22:51

Je ne suis pas très tentée par ce genre de livre que je trouve trop noir à mon goût. Par contre, j'aime beaucoup la phrase que tu cites !

Posté par florinette, 11 mars 2008 à 11:05

Je l'ai reçu en cadeau de St Valentin mais je ne l'ai pas encore ouvert. Si je comprends bien il vaut mieux le faire à un moment où le moral est au beau fixe.

Posté par catherine, 11 mars 2008 à 15:44

j'ai vécu ce livre au rythme des personnages. Dès que je refermais le livre j'avais l'impression que les personnages n'avançaient plus donc je le rouvrais pour les aider à continuer leur quête. Le livre est sombre mais la vision de Mc Carthy n'est pas si noire: l'enfant porte la flamme...

Posté par Jérôme, 11 mars 2008 à 23:54

j'ai très envie de lire ce livre. Le sujet m'attire, et j'en ai déjà beaucoup entendu parler et en bien ! merci pour ta critique,elle confirme mon envie.

Posté par sylvie, 12 mars 2008 à 22:23

Comme Philippe et Jérôme j'ai été emballée, fascinée, ... par ce livre. Noir, certes, mais quel livre magnifique :-)

Posté par cathe, 13 mars 2008 à 14:57

ça y est je l'ai lu et je l'ai beaucoup aimé, vraiment. je pense que ce sera une de mes meilleures lectures pour 2008. Pour moi, c'est un très grand livre qui marque et marquera.

Posté par sylvie, 18 avril 2008 à 18:20

Je crois qu'on peut le lire de deux façons : une pessimiste et une optimiste. Car c'est vrai que les "méchants" de ce livre sont absolument abominables comme tu le soulignes. J'ai choisi de garder de ce livre que l'homme était capable du meilleur mais à la lecture de ton billet je réalise qu'on peut en déduire aussi l'inverse.

Posté par sylire, 09 juin 2008 à 19:23

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