07 avril 2008
La Ronde de nuit - Peter Greenaway
Je n'avais pas vu de film de ce réalisateur depuis un certain temps. J'ai découvert le cinéma de Greenaway avec Meurtre dans un jardin anglais (voir mon billet du 15/10/07). Je m'attendais à un film de ce type, sorte de jeu intellectuel intriguant. Après avoir vu La Ronde de nuit, ma déception est à la hauteur de mon attente. La ronde de nuit, le tableau, n'est qu'un prétexte pour s'attacher à la vie sentimentale agitée (semble-t-il) de Rembrandt, fils de meunier et mort ruiné d'avoir peint ce tableau. Le film est filmé comme une pièce de théâtre sur un grand plateau. On voit successivement sa femme Saskia (qui meurt d'une infection à la suite de ses couches), sa maîtresse puis celle qui sera la compagne des derniers jours de Rembrandt que l'on ne voit jamais peindre. Le film est très bavard et l'ensemble est filmé dans un clair-obscur proche des tableaux du Maître. Cette Ronde de nuit est une commande passée par des notables qui sont représentés d'une certaine façon, un est plus petit que l'autre, des personnages dissimulés derrière d'autres, etc. Rembrandt a voulu dénoncer un complot pour l'assassinat d'un personnage du tableau. Le peintre n'a récolté que disgrâce et ruine. L'énigme policière représentée dans le tableau est noyée dans un film esthétiquement très beau mais beaucoup trop long et ennuyeux et qui ne m'a pas passionnée. Même la musique n'est pas celle de Michael Nyman qui était le compositeur de prédilection de Peter Greenaway.
Commentaires
J'adore les films de Greenaway mais celui-là ne m'a pas du tout attiré, les critiques de la presse comme des blogueurs n'étant pas enthousiastes, je me suis abstenu. Et puis la diffusion a été vraiment très restreinte !
Ce film ne me tentait pas particulièrement, alors je pourrai passer !
Je partage ton sentiment : le film est beaucoup moins ludique et stimulant que les premières œuvres de Greenaway. Le film souffre de sa théâtralité qui finit, malgré la beauté plastique de certains plans, par l'étouffer et le rendre ennuyeux...
Le résultat est effectivement décevant par rapport aux Greenaway des années 80 surtout. J'aime bien la deuxième moitié, à partir du moment où le tableau est dévoilé. Mais c'est très long et ça a du mal à démarrer. La musique de Michael Nyman manque, en effet, et comme le dit le Dr Orlof, la dimension ludique est bizarrement absente alors que le sujet s'y prêtait.
Pas très tentant, je préfère également ne pas m'y intéresser. (Je t'ai envoyé une carte par mail, mais apparemment tu ne l'aurais pas reçu, puisque je n’ai pas eu la confirmation du «journal des femmes», à moins qu'elle ne se trouve dans tes indésirables...)
Mon commentaire va rejoindre les autres. La bande annonce de ce film ne m'a pas tenté. De Greenaway je ne garde un bon souvenir que du brillantissime "Meutre dans un jardin anglais". Le suivant, "Zoo" m'avait déjà déçu, et ce que j'ai aperçu des autres n'a fait que confirmer ma déception. Je me souviens avoir lu une intreview de Greenaway à la sortie de "Meurtre..." dans laquelle il disait ne pas aimer les comédiens. Peut-être est-ce la clé. Comment faire des films qui touchent sans aimer les comédiens ?
étonnant
Je ne connais pas ce cinéaste (et c'est ce qui me plait dans votre blog: découvrir des films et réalisateurs).
A la lecture de votre critique, j'en déduis que ce n'est pas son meilleur film, ni même représentatif de son style et univers.
Sinon, étonnant qu'un film sur un peintre ne comporte pas de scène où l'on voit l'artiste à l'oeuvre...
Dire que j'attendais ce film avec impatience tient de l'euphémisme. J'adore Greenaway. Mais cette attente fut pour moi aussi à la hauteur de ma déception. C'est lamentable. Rembrandt devient un prétexte à une espèce de transfiguration du réalisateur, qui y mêle ses fantasmes et ses réflexions aussi prétentieuses que creuses. Certes le nappage tient du parfait, mais le gâteau est écœurant. Mon plus mauvais film de l'année pour le moment
Même impression : j'ai failli m'endormir.
Ceci dit j'aurais dû me méfier ! Je n'avais déjà rien compris au "Meurtre dans un jardin anglais".
