29 avril 2008
My Father, My Lord - David Volach
My father, My Lord est le premier des deux films israéliens (sortis la même semaine) que j'ai vus en une soirée. Dès le début de My father, My Lord, on sait qu'une tragédie a eu lieu, un rabbin pleure lors d'une séance de prière et le nom de Menahem Eidelman (écrit en hébreu) est inscrit sur une petite plaque vissée à un pupitre inoccupé dans une salle de synagogue. Le film, qui dure 1h20, est filmé en caméra numérique et avec une image dans les tons gris et ocre. La réalisation est sobre mais la musique est omniprésente. L'histoire est un long flash-back qui nous montre une famille dans le milieu des Juifs ultra-orthodoxes à Jérusalem. Le père, Rabbi Abraham, pas très jeune, passe ses journées à lire et à étudier les textes sacrés de la Torah et de la loi juive. Cela lui permet de faire des prêches à la synagogue en petit comité (on ne voit que des hommes). Esther, la maman, est nettement plus jeune. Femme au foyer, elle s'occupe avec amour de son petit garçon Menahem, âgé d'une dizaine d'années. Les scènes entre elle et son fils sont tendres et touchantes. Menahem est un jeune garçon plein de vie dont le centre d'intérêt n'est pas la religion mais plutôt s'amuser avec ses camarades, faire des échanges d'images, etc. Abraham, bien que plus sévère, est bien évidemment très attaché Menahem mais il lui inculque les préceptes de la religion avec rigueur. Preuve en est une scène, où Menhamen vient d'avoir une image genre "collection panini" qui représente un héros quelconque. Le père lui demande de déchirer cette figure car c'est de l'idolâtrie. Menahem obéit devant son père qui est presque menaçant. Les relations entre Abraham et Esther sont un peu énigmatiques. Je n'ai pas bien perçu ce qu'Esther ressent pour son mari qui pourrait être son père. Un jour, Menahem arrive à convaincre ses parents d'aller passer une journée à la Mer Morte. Esther part à la plage réservée aux femmes, Menahem et son père vont à celle réservée aux hommes. La journée se déroule bien, Menahem fait des trouvailles. Quand le soleil commence à tomber, Abraham s'éloigne du bord de l'eau suivi par quelques hommes pour la prière. Menahem ne les suit pas car quelque chose l'attire vers l'eau. Il reste sans surveillance. C'est un garçonnet qui donne l'alarme. Les convictions d'Abraham à peine ébranlées lui permettent (peut-être) de surmonter le drame, ce n'est pas le cas pour Esther. Très beau film douloureux qui ne sombre pas dans le larmoyant mais plutôt dans la révolte d'Esther à la fin de l'histoire. L'histoire est un prétexte pour voir la réaction de personnes croyantes quand un drame profond les frappe. Ce sont des gens comme les autres. Le réalisateur est paraît-il issu de ce milieu juif ultra-orthodoxe.
Commentaires
J'ai des lacunes incommensurables en cinéma, je l'avoue .... Heureusement que j'ai des potes bloguers qui m'en disent un peu !!!! bises
J'en ai entendu parler et il me tente bcp effectivement mais je ne sais pas s'il est bcp programmé :-/
Oui, effectivement le réalisateur vient d'un milieu ultra-orthodoxe et s'en est peu à peu éloigné. On sent dans le film combien il maîtrise le sujet. Un film âpre, presque Bergmanien ou Dreyerien, mais qui insuffle une belle émotion. A découvrir, même si on rigole pas beaucoup beaucoup.
Je viens de lire une critique dans Télérama qui est positive. Ce film doit avoir plein de qualités mais je ne suis pas sûre d'avoir envie de le voir.
Moi aussi j'ai trouvé ce film très beau mais vraiment il serre le cœur. Il montre sans grands mots les absurdités auxquelles conduit l'intégrisme religieux. C'est une façon sans doute pour l'auteur de manifester sa rupture avec les préceptes selon lesquels il a été élevé mais de le faire de l'intérieur, juste en montrant les faits, sans cacher toute la tendresse, tout l'amour qu'il pouvait y avoir néanmoins dans cette famille.
C'en est d'autant plus déchirant.
Et cela me donne à moi d'autant plus envie de hurler ma révolte contre tous les fanatismes religieux.
