samedi 31 mai 2008

La maison de la mosquée - Kader Abdolah

Publié chez Gallimard dans la collection "Du monde entier", La maison de la Mosquée a été écrit en néerlandais (sa langue d'adoption) par un Iranien qui a fui le régime des mollah. D'après la 4ème de couverture, Kader Abdolah est physicien de formation, a écrit deux romans en persan et a travaillé dans un journal d'opposition en Iran avant d'obtenir l'asile politique aux Pays-Bas. Pour résumer, l’histoire m’a, en partie, fait penser à Persépolis de Marjane Satrapi [mes billets des 01/07/2007 et 04/09/2007] dans le fait que l’auteur montre que la vie sous le Shah n’était pas facile, mais qu’avec l’arrivée d'un Ayatollah bien connu, ce fut pire. Là s'arrête la comparaison. Le roman se passe dans les années 70 jusqu'à nos jours. Avec La Maison de la Mosquée, on fait la connaissance de plusieurs familles apparentées, qui vivent depuis des siècles dans une maison attenante à la mosquée. Nous avons Aga Djan, fabricant et négociant de tapis qui possède le plus ancien magasin de la ville et chef du bazar de la ville de Sénédjan. C'est un homme sage et bon. Nous apprenons qu'un des cousins d'Aga Djan est l'Imam de la Mosquée, descendant du prophète Mahomet (Il meurt rapidement après le début du roman). Les Imams le sont de père en fils. Enfin, il y a le muezzin dont le fils Shahbal jouera un rôle important dans les événements qui ont bouleversé le pays. Plus tard, en exil (double de l'écrivain?), c'est Shahbal qui raconte l'histoire de la mosquée. Même en retrait, les femmes sont présentes dont deux grands-mères qui feront leur pélerinage à la Mecque mais n'en reviendront pas. Les changements politiques et religieux de l'Iran pendant cette trentaine d'années sont perçus à travers le prisme de la vie quotidienne de cette grande maisonnée (35 pièces). La Mosquée est le lieu de réunion, de ralliement de toute la ville. Un iman venu d'ailleurs va semer le trouble et la violence. Il se marie avec Sediq, une des filles de la maisonnée. Le frère d'Aga Dja, Nosrat, photographe, se retrouve à cotoyer de très près l'ayatollah Khomeiny et son épouse. De par ce côté chronique, on s'attache aux personnages qui ont, pour certains, une destinée tragique mais le roman se termine dans un certain apaisement. Le texte est ponctué de temps en temps par des extraits de sourates du Coran. On sent que l'écrivain est très "de parti pris" contre les mollah et le fondamentalisme religieux qui sévit désormais dans son pays natal. Dans l'épigraphe du livre, l'écrivain dédie le roman à Aga Djan (peut-être est-ce une personne réelle?). Lecture très agréable que je ne peux que conseiller.

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jeudi 29 mai 2008

Disparition de Sydney Pollack

J'ai appris avec tristesse le décès lundi 26 mai 2008 de Sydney Pollack (né le 1er juillet 1934) à l'âge de 73 ans. Grand monsieur du cinéma américain, tour à tour et en même temps réalisateur (presque 20 films), producteur et même acteur (chez Kubrick, Danièle Thompson, et tout récemment dans Michael Clayton [cf. mon billet du 28/10/2007]). Qui n'a pas été ému devant Out of Africa (1985) avec le couple Streep/Redford? Out of Africa a d'ailleurs reçu l'Oscar du meilleur film, et Pollack celui du meilleur réalisateur. S'il a dirigé quelques grands acteurs, son acteur fétiche reste Robert Redford dans sept films dont Propriété interdite (1966, avec Natalie Wood), Jeremiah Johnson (1972), Les trois jours du condor (1975, avec Faye Dunaway) [chroniqué le 24/01/2021], Nos plus belles années  (The way we were, 1973, avec Barbra Streisand), Le cavalier électrique (1979, avec Jane Fonda) et Havana (1990, avec Lena Olin). Je retiendrai bien évidemment Bobby Deerfield (1977) avec Al Pacino et Marthe Keller, On achève bien les chevaux (1969, avec Jane Fonda) et bien sûr Tootsie (1982, avec Dustin Hoffman), et enfin, plus récemment, La firme (1993) avec Tom Cruise. Tous ces films, je les ai vus sur grand ou petit écrans et je les ai aimés. Je me rappelle les queues devant les cinéma quand Out of Africa est sorti: impressionnant. En 1975 (j'avais 13 ans), c'était la première fois que je voyais un film à suspense comme Les trois jours du condor avec le beau Robert Redford, c'était haletant, du grand cinéma sans effets spéciaux particuliers. Les trois derniers films de Pollack, Sabrina (1995), L'ombre d'un soupçon (Random Hearts, 1999), les deux avec Harrison Ford, et L'Interprète (The Interpreter, 2005), avec Sean Penn et Nicole Kidman, ont été des échecs publics et critiques. La plupart des autres films cités sont devenus des classiques du cinéma. Sydney Pollack savait raconter des histoires, il a formé des couples qui faisaient rêver même si les idylles finissaient rarement bien. Il faisait du cinéma populaire avec un grand respect pour le public. Je sais que beaucoup de spectateurs ont pleuré à la fin de Nos plus belles années ou d'Out of Africa (sans compter l'augmentation des ventes des livres de Karen Blixen). Il savait mettre en valeur les acteurs (et quels acteurs!). Assez récemment, il s'était associé à Anthony Minghella (disparu aussi cette année) pour créer une maison de production qui a financé notamment deux films de George Clooney (Michael Clayton et Jeux de dupes [Leatherheads]). La disparition de Sydney Pollack est une grande perte pour le cinéma américain.

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mardi 27 mai 2008

Le violon du diable - Lincoln Child & Douglas Preston

Lincoln Child et Douglas Preston sont deux auteurs américains qui écrivent en solo (par exemple, Le codex pour Douglas Preston et Deep Storm [sic, pour la traduction française] pour Lincoln Child). En France et ailleurs, ils connaissent le succès et la notoriété en écrivant à quatre mains et ce pour notre plus grand plaisir. Quand vous prenez Le violon du diable (deuxième livre d'eux que je lis, après La chambre des curiosités), vous ne le lâchez plus. Et pourtant, il fait presque 700 pages en édition de poche J'ai lu. Dans la banlieue de New York, un homme, critique d'art, est retrouvé par sa femme de ménage. Son corps s'est carbonisé de l'intérieur. La veille, il avait invité 4 personnes mais il semblait inquiet. Le FBI, en la personne d'Aloysius Pendergast, homme érudit et mystérieux (déjà présent dans La Chambre des curiosités, puis que l'on retrouve dans au moins 4 autres romans du duo), mène l'enquête avec un policier appelé Vincent d'Agosta. Celui-ci est redevenu sergent suite à une sombre histoire, après avoir été inspecteur. L'enquête les mènera jusqu'à Florence après que deux autres personnes aient été assassinées de la même effroyable manière. Un violon surnommé "Stormcloud" fabriqué par Stradivarius et un soi-disant pacte avec le diable sont les motifs de ces morts suspectes. Mais je dirais que Satan n'a rien à voir dans l'histoire, et un humain du 21ème siècle est le seul responsable. Même si on peut deviner assez vite qui est le "méchant", cela n'empêche qu'il faut attendre les 60 dernières pages pour que les pièces du puzzle se mettent en place et que l'on ait les dessous de l'intrigue. A la fin, on craint pour la vie de Pendergast, mais pas d'inquiétude, puisque d'autres aventures l'attendent.

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dimanche 25 mai 2008

La source thermale d'Akitsu - Kiju Yoshida

Je n'avais jamais entendu parler du réalisateur, j'ai des lacunes concernant le cinéma asiatique. J'ai lu une très bonne critique de Vierasouto renforcée par un commentaire élogieux de Dr Orlof. N'ayant pu assister à une projection à cause d'un incident technique, je n'ai pas renoncé à le voir et j'y suis allée le lendemain. A part la très belle photo de ce film (les couleurs sont magnifiques dans les tons ocre et jaune), je m'attendais vraiment à autre chose. La source thermale d'Akitsu de Kiju Yoshida (1962) m'a déçue. Le film débute au Japon à la toute fin de la seconde guerre mondiale. On voit des gens s'enfuir dans un train. Il y encore des bombardements. Un jeune homme, Shusaku Kawamoto, tuberculeux (à ce qu'il semble), se retrouve à Akitsu pour se soigner mais une dépression suite à la défaite du Japon le pousse à vouloir se suicider. Shinko, fille d'un aubergiste d’Akitsu, arrive à l’en dissuader. Petit à petit, elle en tombe amoureuse. Désormais, l’histoire est une suite de rencontres, souvent éphémères, entre Shinko et Shusaku, car ce dernier part vivre et travailler à Tokyo. Il se marie et a une petite fille. Shinko, elle, ne se mariera jamais. Shusaku sera son seul amour. La fin est bien évidemment tragique. Ma déception vient de deux éléments: d'abord, l’acteur principal que je trouve terne par rapport à l’actrice qui est lumineuse (Mariko Okada), on ne voit qu’elle. On se demande comment elle a pu tomber amoureuse de lui (mais l’amour est aveugle n’est-ce pas?). Mais surtout, ce qui m’a le plus gênée, c’est la musique romantique, omniprésente (que j’ai trouvée insupportable) tout le long du film, qui souligne les moments forts du film, et de ce fait m’a empêchée d’éprouver de l’émotion devant cette belle histoire d’amour. Cela m’a gâché mon plaisir. Dommage.

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vendredi 23 mai 2008

400ème billet - Plein de lettres et pas mal de chiffres

Voici enfin complétée ma quatrième centaine. Il est vrai que j'ai ralenti le rythme de publication en 2008 (seulement les jours impairs). C'est encore une fois (après mes 100ème billet, 200ème billet, 300ème billet et 1er anniversaire) l'occasion d'un Bilan.

Comme je l'avais déjà indiqué dans mes "centaines" précédentes, je ne prête pas attention au "nombre de visiteurs" (basé sur l'adresse IP?) ou au total des pages vues (dont beaucoup arrivent au hasard de Google, sans même forcément lire). Ce qui est quantifiable, c'est le nombre de commentaires, dont mon total dépasse les 1600 (1633 arrêtés à hier, les 61 miens y compris, il est vrai). On peut dire que, en moyenne, j'ai donc un peu plus de 4 commentaires par billets. Ou, toujours en moyenne, que j'ai eu entre 3 et 4 commentaires par jour en un peu plus de 500 jours (depuis la création de mon blog). Mais évidemment, comme toutes moyennes, celles-ci ne veulent rien dire, au contraire des "valeurs absolues" des petites statistiques ci-dessous. Au mieux, une moyenne aurait un sens en la comparant à celle d'autres canalblog qui auraient aussi pas loin de 18 mois de durée, avec un rythme de publication hebdomadaire d'entre 3 et 7 billets.
Quelques données chiffrées sur mes billets et leurs commentaires:
Mes 10 billets les plus commentés totalisent à eux seuls 210 commentaires. Face à cela, 50 billets (remontant tous à 2007) n'ont eu encore aucun commentaire (je dis "encore", car ils étaient près de 60 dans ce cas au début de 2008).
Si je prends le total des 53 qui ont eu au moins 9 commentaires (c'est un "seuil" statistique arbitraire: j'ai arrêté récemment de prendre en compte ceux qui en avaient "seulement" 7, puis 8; et à ce jour, 41 billets ont au moins 10 commentaires), j'obtiens un total de 690 commentaires pour, donc, un peu plus de 12,5% de mes billets. 297 billets se partagent ensuite les 943 commentaires restants, avec de 1 à 8 commentaires chacun. Et je ne vais pas détailler davantage sous cet angle (on pourrait regarder quels sont les billets - cinéma, livres, etc. - qui sont les plus commentés!). Par contre, je sais bien qu'un comptage seulement quantitatif passe à côté d'autres aspects, car il met sur le même plan quelques mots signalant une intention de lire ou voir l'oeuvre dont parle mon billet (ce qui fait tout de même plaisir, je le précise!) et d'autres commentaires, longuement développés, générant des questionnements ou suscitant parfois des débats.
J'aborde maintenant les chiffres côté commentateurs:
Je viens tout juste de passer le cap des 200 personnes identifiées (201 au 22 mai) qui m'ont fait au moins un commentaire. Parmi elles, 33 n'ont pas de blog (ou je n'ai aucun moyen de l'identifier si elles ne l'ont pas laissé). Du côté des presque 170 blogs correspondants, une demi-douzaine sont aujourd'hui introuvables en ligne. Entre ceux qui existent toujours, 69 (au 22/05/2008) se sont signalés au moins 5 et jusqu'à 78 fois, ce qui justifie que je les ai mis en lien (colonne de droite: commentaires sur 5 billets différents et en venant au moins 2 jours différents). Seulement 4 de ces blogueurs multirécidivistes (à 69, ils totalisent 1340 commentaires, dont 566 rien que par les 10 plus prolixes) ne sont plus guère vaillants en 2008. En juillet 2007, ma liste de liens de blogs comportait une quinzaine d'items, elle s'est allongée peu à peu. Il peut s'écouler seulement quelques jours comme de longs mois avant qu'arrive le "fameux" 5ème commentaire catalyseur. Ensuite, je les visite régulièrement et c'est en général réciproque (au moins une fois par mois). Je repasse chez chacun à son tour, et y laisse un commentaire lorsque un de leurs nouveaux billets m'inspire: échange de bons procédés... S'ils cessent d'être actifs, j'en tiens compte. 
J'en arrive en dernier à ce que j'appelle la "prospection".
Comment se fait-il que près d'une vingtaine de nouvelles personnes par mois découvrent mon blog, me demanderez-vous? Bien entendu, cela fait longtemps que j'ai compris qu'elles arrivaient rarement par hasard, et en tout cas ne revenaient pas si le commentaire fait n'était pas rendu (je parle de celles qui indiquent leur propre blog). Evidemment, j'ai parfois tendance à trouver que ce résultat (entre 15 et 20 nouveaux commentateurs par mois, dont quelques-uns se fidéliseront alors que d'autres ne récidiveront pas) ne récompense pas assez mes efforts. C'est bien simple, depuis mes débuts de blogueuse, je m'astreins à en visiter chaque semaine de nouveaux (tous les jours, j'en cherche 6 qui ne m'ont pas encore fait de commentaire). Entre janvier et fin avril 2007, j'en avais visité 360 (dont 20 deux fois). A partir de mai 2007, j'ai commencé à retourner voir un de ceux-ci (parmi mes 6 "prospects" du jour), puis je suis passé à deux en novembre. Je vais monter à 3 en juin 2008, car il y en a certains que je n'ai plus visités depuis un an! Ce que je peux rajouter comme précisions (statistiques) sur les 360 de mes débuts ci-dessus, que j'ai tous visités et revisités ou essayé de revisiter, c'est que mes efforts ont été fructueux pour 40 d'entre eux (qui m'ont fait au minimum 1 commentaire). Mais pour les autres, au moins 75 de ces "vieux" blogs ont aujourd'hui disparu ou ont cessé d'être actifs.
Mes petits pointages et croisements me montrent également que plus de 120 des quelque 170 blogs commentateurs avaient été visités par moi auparavant. Le "rendement" (quel concept affreux!) est cependant faible, puisque c'est bien un total de plus de 1200 (mille deux cents) blogs différents que j'ai parcourus depuis mes débuts. 
Je pense tout de même que la "notoriété" est cumulative sur la durée d'activité d'un blog. Certains blogueurs arrivent maintenant chez moi par le biais d'un de mes commentaire laissé chez un autre. Et, en cherchant "dasola" sur Google, j'obtiens dorénavant plus de 300 résultats (je parle des vrais résultats en allant jusqu'à la dernière occurrence (page) unique possible, pas du nombre "brut" de je ne sais combien de milliers qui, là encore, ne veut strictement rien dire).
Pour finir, je reviens sur une remarque que j'ai déjà faite précédemment: c'est fou le nombre de blogs que l'on voit tomber à l'abandon sans savoir pourquoi (alors qu'un blog ne conserve d'intérêt que pour autant qu'il soit alimenté régulièrement). Si jamais je suspendais le mien, par manque d'inspiration, ou par manque de l'aiguillon qui me pousse à le continuer, je pense que, moi, je m'en expliquerai au moins auprès de mes lecteurs. Mais, je vous rassure, ce n'est pas à l'ordre du jour!
PS
: les quelques chiffrages de ce billet sont l'oeuvre de mon ami, qu'il en soit remercié.

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mercredi 21 mai 2008

Deux romans policiers français

Grâce à mon ami, j'ai fait l'acquisition de quelques romans policiers que j'ai décidé de chroniquer suite aux billets publiés sur le site de Claude le Nocher. Je trouve intéressant d'évoquer des auteurs français de polar peu connus du grand public. Tous ces romans en format de poche ne dépassent pas 9 euros. Voici les deux premiers publiés aux Editions Kraoken (http://www.krakoen.com).

Vice repetita d'Hervé Sard est un roman qui se lit très vite. Le roman commence et se termine en 2050. Un crime horrible est commis en 2004 dans la Forêt de la Vallée de chevreuse. On ne fait la connaissance du vrai meurtrier (qui écrira une confession sur son lit de mort) que 46 plus tard. Cet assassin a commis le crime parfait puisque c'est un faux coupable qui paie (lourdement) à sa place. La psychologie des personnages est un peu sommaire et l'intrigue se résoud grâce aux analyses ADN qui donnent des résultats (mais les apparences sont parfois trompeuses). Petit indice: il y a un troisième homme. Roman qui sans être inoubliable est d'une lecture agréable avec des petits chapitres. Cela m'a donné envie de lire le deuxième roman d'Hervé Sard, Mat à mort (également aux Editions Krakoen), très bien aussi.

Dans Les vieilles décences de Max Obione, Maurice Cintray (Mau ou le Mat) et Raymond Japhet (Raja), respectivement inspecteur et juge, tous les deux à la retraite, partent en Beauce dans la voiture de Maurice, une magnifique Panhard, afin de s'adonner au plaisir de la pêche. En guise de poisson, c'est un macchabée plus très frais que Maurice attrape. La victime a été égorgée. L'identité du mort est révélée grâce à un article de journal qui ne parle que d'une simple noyade par hydrocution. D'ailleurs, le pauvre journaliste qui a rédigé l'article ne fait pas de vieux os, il est renversé "accidentellement" par une voiture, à moins qu'il ne se soit suicidé? Mau et Raja mènent l'enquête et font justice eux-mêmes grâce à des méthodes peu orthodoxes mais qui donnent des résultats qui font du bruit. Des notables céréaliers, des gradés de la maréchaussée et même un instituteur écolo sont impliqués dans cette sombre affaire où les OGM jouent un rôle essentiel. Ce roman très bien structuré est agréable à lire grâce à un style enlevé et quelques expressions savoureuses. On retrouve les deux compères dans un autre roman, Le jeu du lézard.

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lundi 19 mai 2008

Les citronniers - Eran Riklis

Deuxième film israélien vu dans la même soirée après My Father, My Lord (voir mon billet du 29/04/08), la tonalité des Citronniers est complètement différente. Une Palestinienne, Selma Zidane, veuve depuis 10 ans et vivant seule, prend soin d'une petite cinquantaine de citronniers plantés près de chez elle. C'est son gagne-pain. Elle fait des jus délicieux et des conserves. Elle est aidée dans son travail par un vieil homme qui la considère comme sa fille. L'ennui est que son logement se situe à la frontière des territoires occupés et d'Israël. Le ministre de la Défense israélien ne trouve rien de mieux que de s'installer côté israélien dans une maison dont les fenêtres donnent sur les citronniers. Ces arbres fruitiers deviennent une menace potentielle (des terroristes peuvent s'y cacher...). La sentence tombe, les citronniers doivent être coupés au grand dam de Selma. Elle prend un avocat (qui devient son amant) pour se défendre. Sa liaison est très mal vue car des gens lui font comprendre qu’elle n’a pas le droit de tromper son mari dont le portrait au visage renfrogné est en bonne place sur un mur. Elle va plaider sa cause jusqu’à la cour suprême de Jérusalem, soutenue par une alliée inattendue, la femme du ministre. Mais cette amorce d’entente n’empêche pas les citronniers d’être malheureusement condamnés à l’élagage. Ils redeviennent de tous petits arbustes. Entre-temps, le haut mur qui, désormais, sépare Israël des territoires occupés, est érigé et remplace la clôture qui séparait les citronniers de la maison du ministre. Quel gâchis, car ils étaient beaux, ces citronniers pleins de fruits victimes de la bêtise humaine. Ce très beau film est dominé par l’interprétation tout en nuances de Hiam Abbass, superbe actrice que je ne connaissais pas.

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samedi 17 mai 2008

L'étrange disparition d'Esme Lennox - Maggie O'Farrell

J'ai acheté par hasard ce roman, attirée par la couverture qui représente un beau portrait de femme prise au niveau du buste. Elle se tient les yeux baissés. L'Etrange disparition d'Esme Lennox est le 4ème roman de Maggie O'Farrell (publié aux éditions Belfond), mais c'est le premier que je lis de cette femme écrivain irlandaise. J'ai été touchée par cette histoire d'Esme (Euphemia) Lennox, enfermée plus de 60 ans dans un asile psychiatrique, à partir de l'âge de 16 ans, par ses parents qui n'ont pas supporté son comportement hystérique (suite à un traumatisme ignoré des siens). Ils ont considéré qu'elle avait un comportement qui ne sied pas à une jeune fille. La structure de l'histoire est éclatée entre des bribes du récit qui se passe pendant l'enfance d'Esme et de sa soeur Kitty, en Inde puis en Ecosse, jusqu'au moment du drame qui aboutira à l'enfermement d'Esme, et le noyau du texte qui se passe de nos jours, au moment où Esme va enfin sortir de cet asile fermant pour raison administrative. C'est une parente qui va la prendre en charge temporairement. Il s'agit d'Iris, sa petite-nièce. Iris ignorait jusqu'à l'existence de cette grande-tante. Elle-même connaît des problèmes sentimentaux, tiraillée entre Alex, son frère d'adoption, et Luke, un homme marié. Esme, de son côté, malgré tout ce qu'elle a subi, semble avoir toute sa tête, et des souvenirs remontent à la surface. C'est loin d'être le cas de Kitty qui souffre de la maladie d'Alzheimer et finit ses jours dans une institution spécialisée. C'est là que se jouera le drame final qui clôt ce beau roman que je recommande.

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jeudi 15 mai 2008

Deux jours à tuer - Jean Becker

Après Dialogue avec mon jardinier (mon billet du 17/06/07), Jean Becker signe, avec Deux jours à tuer, un film que l'on n'oublie pas grâce à la prestation d'Albert Dupontel. Je viens de lire des critiques négatives de la part de blogueurs (comme celle de neil) mais aussi des positives comme celle de ffred, les critiques journalistiques ne sont en revanche pas très tendres en général. Il faut, je crois, accepter le parti pris du comportement d'Antoine (Albert Dupontel) de se faire détester en deux jours auprès de personnes dont il était proche jusqu'alors. Je n'ai pas deviné tout de suite ce qu'il lui arrive. Quand j'ai enfin compris, je me suis dit qu'il s'y prenait mal surtout vis-à-vis de sa femme et de ses enfants. Il aurait peut-être fallu qu'il ait ce comportement odieux plus tôt. Dans la dernière partie du film, j'ai apprécié les paysages d'Irlande qui sont magnifiques, et quel plaisir de retrouver Pierre Vaneck. L'histoire est adaptée d'un roman que je ne connais pas. Pour en revenir au sujet, quelle serait notre réaction si cela nous arrivait? Devant une telle situation, chacun réagit à sa façon. La chanson du générique de fin "Le temps qui reste" (paroles Jean-Loup Dabadie, désormais de l'Académie française) est récitée par Serge Reggiani (poignant).

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mardi 13 mai 2008

Films vus et non commentés depuis le 13 avril 2008

Une fois de plus (les précédents sont ici), voici un billet sur des films vus parce que j'aime aller au cinéma mais dont je suis sortie plutôt déçue.

Angles d'attaque (Vantage Point) de Pete Travis. J'ai bien aimé le procédé du film : revoir les mêmes 23 minutes sous des angles différents selon des personnages qui jouent un rôle dans un attentat meurtrier à Salamanque en Espagne. Il est vrai que cela peut sembler répétitif au bout d'un moment. En revanche, le mobile des terroristes n'est pas clair et il est dommage que Saïd Taghmaoui joue (une fois de plus) les méchants de service.

Ce que veut Lola (What Lola wants) de Nabil Ayouch: que dire à part que c'est terriblement factice. A New-York, Zack, un Egyptien, tombe amoureux (juste avant son retour au Caire) de Lola (très jolie blonde), postière (américaine) qui pendant son temps libre passe des auditions de danse sans succès. Mais comme elle rêve d'apprendre la danse du ventre, elle s'envole toute seule pour le Caire afin de prendre des cours auprès d'une grande danseuse. Il y a de la jolie musique, les comédiennes sont jolies à regarder. Le garçon qui joue Zack (pas à l'aise du tout) a les canines de Dracula (comme m'a dit ma voisine et collègue d'à côté). L'histoire est totalement invraisemblable. Dès le départ, les dialogues et les situations sonnent faux. On n'y croit pas une minute. Je ne peux pas dire que je me suis ennuyée mais je le déconseille. Peut-être qu'en "vraie" comédie musicale sur une scène, l'ensemble aurait été plus réussi.

Jeux de dupes (Leatherhead) de et avec George Clooney. Si vous n'êtes pas familier avec le football américain et ses règles, si vous n'êtes pas sensible au sourire du beau George (qu'il a sur les lèvres tout le long du film), si vous trouvez que Renée Zellweger n'est pas Katherine Hepburn, alors passez votre chemin. Le film n'a pas le charme des comédies d'antan. J'ai presque commencé à m'ennuyer dès les 3 premières minutes.

Le grand alibi de Pascal Bonitzer. A part Pierre Arditi et Miou-Miou, je ne sauve rien de ce film médiocre, ennuyeux dans lequel il n'y a pas un brin de fantaisie, de légèreté. J'ai trouvé des grossièretés dans les dialogues (des femmes) complètement hors de propos. C'est encore moins bon que L'Heure zéro (mon billet du 08/11/2007). Pauvre Agatha Christie!

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