13 août 2008
Gomorra, dans l'Empire de la Camorra - Roberto Saviano
Comme promis dans mon billet du 19/07/2008 sur le film, voici ma chronique sur le livre de Roberto Saviano, Gomorra, Dans l'empire de la Camorra, très dense et étoffé. L'auteur nous plonge tout de suite dans le vif du sujet en commençant par nous parler du port de Naples devenu la plaque tournante de tous les trafics du monde entier. La Camorra (la mafia napolitaine) a la mainmise sur la drogue venant d'Amérique du Sud et sur sa transformation finale (dans des labos), les travailleurs clandestins, la contrefaçon (vêtements et accessoires), etc. L'enquête se finit par une description, qui fait froid dans le dos, du devenir des déchets toxiques d'une partie de l'Europe qui finissent dans les sous-sols de la magnifique province de Campanie (au mépris de toutes les lois en vigueur); et en attendant de trouver d'autres endroits, cela s'étend comme la gangrène, contaminant les terres (où poussent les arbres fruitiers et autres cultures) et faisant augmenter le taux de cancers chez les habitants. Je rappelle que la Campanie comprend Naples et sa région. Roberto Saviano ne révèle pas comment il peut donner autant de données précises sur ce qu'il raconte. Il nous croque la Camorra en panoramique en s'attachant à quelques "rouages" humains de cette machine inhumaine. J'ai eu l'impression qu'il se trouvait toujours sur le terrain au bon moment pour décrire les méthodes cyniques des trafiquants qui testent la drogue sur des héroïnomanes pour trouver les dosages optimums. Les Camorristes ont aussi des manières musclées voire sanglantes pour se faire attribuer des marchés publics immobiliers. Ils sont responsables du bétonnage de la région napolitaine et d'ailleurs. Les chiffres communiqués sont édifiants. Je comprends que Roberto Saviano ait désormais une garde rapprochée pour le protéger car il donne des indications vraiment précises et nominatives. Et quand on referme le livre, on ne regarde plus la mozzarella de la même façon puisque l'élevage des bufflones est aussi un des revenus conséquents de la Camorra.
Commentaires
c'est hélas du quotidien
Depuis des lustres l'Italie est grangrénée par la misère et les politicars véreux ont toujours refusés de faire le nécessaire pour que ça change.
fILS d'immigrés moi même avec des grands parents et parents qui sont partis pour cette raison; je craints hélas que l'auteur de ce livre ne fasse qu'anticiper la suite surtout quand on voit le genre de personnages que les Italiens élisent, les Berlusconi et Cie.
fait gaffe avec la Mosarella car depuis quelques temps les services d'hygiène sont plus qu'inquiet
bonne journée!
alex
Merci pour ta chronique ma foi fort intéressante. Tu m'as donné, moi homme d'images (les années m'ont abruti, je fus un lecteur forcené toute mon adolescence), l'envie de lire le livre.
Une chose importante toutefois : peux-tu me dire si la traduction française est bien écrite? Souvent, les mauvais styles me rebutent...
je vais aller le voir
Je vais aller le voir cette semaine au ciné... d'autant plus qu'il est sorti aujourd'hui!
Je trouve ta chronique très intéressante (comme d'habitude!).
Une fois que je l'auri vu au ciné, je ne manquerai pas d'en faire la chronique sur mon blog!
Très envie d'aller voir ce film.
et maintenant le film
Il fait conseiller absolument ce magnifque livre. Et maintenant le film...
et moi qui adore la mozzarella...pffff on peut même plus manger tranquille! :o))
J'ai découvert hier soir le film, remarquable. D'après ta note et l'entretien dans "Positif" avec Matteo Garrone, le livre semble très dense, très documenté, précis dans les faits et les noms. Le film, même si l'approche est documentaire, est moins journalistique. C'est moins une enquête sur le fonctionnement de la Camorra qu'un terrible constat sur la gangrène de toute la société napolitaine.
Je n'ai pas du tout accroché à ce film. Je l'ai trouvé trop confus, ça part dans tous les sens. L'image n'est pas belle et bouge trop. Les personnages pas attachant. Je ne partage pas l'enthousiasme général. Comme je l'ai dit sur mon blog, pourquoi ce film a été Grand Prix à Cannes et rien pour Valse avec Bachir? Bonne fin de week end Dasola.
