Agnès Merlet revient, après quelques années d'absence, dans un film tourné en anglais. Elle avait réalisé en français au moins deux films que j'avais beaucoup appréciés à l'époque: Le fils du requin (1993) et Artemisia (1997) - une sortie en DVD serait une excellente initiative. Pour en revenir à Dorothy, l'histoire se passe en Irlande, sur une île isolée battue par les vents et où il pleut beaucoup. Une psychiatre, Jane (Carine Van Houten, que j'avais vue dans Black Book, cf. mon billet du 28/01/2007), est envoyée sur place pour étudier le cas d'une jeune fille de 15 ans, Dorothy, à la chevelure presque blanche, qui a molesté un enfant dont elle avait la garde. La population reçoit Jane avec hostilité, car (bien malgré elle) elle fait ressurgir des histoires du passé que certaines personnes voudraient oublier. Dorothy souffre de schizophrénie (4 autres personnes habitent son corps). Sa mère faisait la toilette des morts à la morgue. Certains habitants dont la tante de Dorothy se servent d'elle pour faire parler ces morts, et tout cela avec la bénédiction du prêtre. Je ne révèlerai bien évidemment pas la conclusion de cette histoire tragique teintée de fantastique, de paranormal et au bout du compte criminelle. Agnès Merlet réussit très bien à créer une atmosphère oppressante dans une région éloignée de tout, où les autochtones (dont certains sont violents) vivent en autarcie et ne veulent surtout pas que l'on se mêle de leurs affaires. Jenn Murray qui joue Dorothy (et dont c'est le premier rôle au cinéma) est stupéfiante en étant tour à tour petite fille et femme fatale avec un naturel confondant. Carine Van Houten interprète avec conviction son rôle de psychiatre tourmentée. Il faut aimer ce genre de film mais je ne saurais que le conseiller.