Séraphine - Martin Provost
J'ai eu l'occasion de voir Séraphine (sorti aujourd'hui, 1er octobre) en avant-première (avant-hier) en présence des producteurs, du réalisateur et de quelques actrices dont Yolande Moreau qui tient le rôle principal avec brio. A part que Yolande Moreau a répondu au présentateur qui lui demandait ce qui l'avait attirée vers ce rôle, que c'est le fait qu'elle ne connaissait pas du tout Séraphine de Senlis, pas plus sans doute que la majorité des spectateurs dans cette salle a-t-elle ajouté, je signalerai qu'il n'y a pas eu la moindre séance de questions/réponses avec la salle. C'est un peu dommage, vu que l'équipe semblait bien représentée. A se demander pourquoi ils prennent la peine de venir: y a-t-il ensuite un "after" auquel le public n'est pas convié? Bref.
L'histoire commence à Senlis en 1914, et nous faisons la connaissance de Séraphine Louis, elle a presque 50 ans. Femme un peu fruste, elle fait des ménages chez les autres où on lui parle plus ou moins bien. On suppose qu'elle a dû vivre et travailler dans un couvent dans sa jeunesse. C'est d'ailleurs une apparition de la Vierge à l'église qui l'a incitée à peindre. Elle crée elle-même ses couleurs et ses liants (de la cire de cierges d'église). Tout le début du film m'a semblé lent. Il y a plusieurs séquences où l'on voit Séraphine aller d'une maison de maître à l'autre (elle semble avoir plusieurs employeurs). Elle est aussi lavandière mais surtout elle prend le temps de regarder la nature, particulièrement les arbres. Elle y grimpe dessus et respire, s'enivre des odeurs. Cela offre l'occasion de très beaux plans d'arbres. Séraphine marche souvent les pieds nus et elle peint la nuit dans son petit studio insalubre. C'est un collectionneur allemand, Wilhelm Uhde, qui remarque son talent. Il fait sa connaissance parce qu'il loge avec sa soeur chez des employeurs de Séraphine (vérification faite dans le Robert des noms propres, Uhde et elle se seraient connus en 1912?). Il lui conseille de travailler encore et toujours. La guerre déclarée, Uhde s'enfuit en Suisse laissant Séraphine désemparée. On la retrouve en 1927, vieillie et moins vaillante pour les durs labeurs du ménage mais son talent de peintre s'est affirmé (selon Uhde qui l'a retrouvée). Ses tableaux sont devenus de plus en plus grands et surtout colorés. Allez voir le film pour voir ce que représentent les peintures. Personnellement, je les trouve très belles avec un côté presque féérique. Mais, pyschologiquement, Séraphine semble un peu dérangée, l'argent qu'Uhde lui verse n'arrange rien. Elle meurt dans un asile d'aliénés en 1942. Séraphine Louis est connue sous le pseudonyme de Séraphine de Senlis. En ce qui concerne le film lui-même, à part quelques beaux plans (Senlis est une ville très photogénique), les arbres et la présentation des tableaux par Séraphine, la mise en scène est un peu sage, tout cela manque de fièvre alors que Yolande Moreau irradie et est "habitée" par son personnage. C'est peut-être ce qui fait que je ne considère pas ce film comme une totale réussite.
PS: en liaison (évidemment!) avec la sortie du film, le Musée Maillol à Paris (61 rue de Grenelle dans le 7ème arrondissement) organise une exposition sur Séraphine de Senlis, du 1er octobre 2008 au 5 janvier 2009.
Cf. http://www.museemaillol.com.
PS2: l'exposition [chroniquée le 01/01/2009] est prolongée jusqu'au 30 mars 2009.
Commentaires sur Séraphine - Martin Provost
J'aime bcp l'actrice Yolande Moreau: j'irai donc voir Séraphine malgré ta critique un peu mitigée...
Moi aussi, j'adore Yolande Moreau et je vais tenter le coup
mais oui! il faut y aller! c'est un très beau film sur la création, sur "l'aventure intérieure", quand "les autres" vous refusent toute communication et qu'ils finissent par vous enfermer au nom de la société et de la religion. C'est entre art brut et art naïf, ou plus simplement quand les sensations se transforment en émotions qui finissent par se dire en mots, en images. Quand on accède au sentiment de la beauté.
Je vais aller voir ce film qui semble moins mauvais que ceux de ces derniers temps, je parle du cinéma français. Les critiques sont dans l'ensemble assez bonnes. Dasola, pourquoi ne pas nous avoir consacré un reportage sur ton voyage au Canada. La photo que tu présentes est superbe. Moi, je reviens de Crète et me suis fendue de deux articles sur cette île magnifique. Contente de te retrouver. Du fait de mon absence, j'ai raté le Festival du film américain de Deauville, mais j'avais établi des liens avec 2 blogs très pro et il semble qu'il y ait eu plusieurs bonnes réalisations. Nous verrons cela au fur et à mesure de leurs sorties en salle.A bientôt te lire à nouveau.
Bonsoir Dasola, Je ne vais surtout pas rater ce film au sujet superbe. J'avais trouvé formidable Yolande Moreau dans "Dans la mer monte" où elle se montrait extrêmement émouvante. Bonne soirée et à bientôt,
Gérard
Certes le film a quelques longueurs, mais il faut le voir pour Yolande Moreau absolument habitée ! César en vue !
Dénué de sensiblerie, Séraphine est un film sobre et raffiné que l'on regarde comme un tableau…
Bonjour.
J'ai réalisé la prise de son lors du tournage de "Séraphine".
C'est un film qui avait un financement un peu trop serré et la coproduction avec la Belgique a rendu les choses possibles. Je suis belge et j'ai passé les 10 semaines de tournage en région parisienne. Dans ce film il y a des vrais acteurs très humains et tous les techniciens, tous les acteurs se sont investis dans le projet.
Le son n'est pas triché: les acteurs savent peindre, chanter, jouer du piano. Le son est "direct". Pour moi qui ai une trentaine d'années d'activité sur des plateaux de tournage, "Séraphine" est un film unique, un cadeau merveilleux.
Merci Dasola pour les gentils coms sur mon blog..je viens lire enfin le résumé sur Séraphine, c'est vrai que c'était un peu lent parfois mais comme je ne connaissais pas cette histoire je n'ai pas vu le temps passer..Bonne soirée.
Je pense que Provost a voulu s'effacer totalement face à son sujet, il n'a retenu que le côté visuel très étudié mettant en valeur Yolande Moreau totalement transcendée. La mise en image très linéaire convient parfaitement au parcours de cette artiste modeste et géniale.
Quelle chance d'aller à cette première, c'est un peu dommage qu'il n'y ai pas eu de débat, je vais aller voir le film ce week-end de peur qu'il ne reste pas à l'affiche dans ma petite ville de province !! moi aussi j'aime beaucoup Yollande Moreau, elle joue superbement bien et casse le mythe de l'actrice "belle, talentueuse et adulée!!" Je ne connaissais pas non plus cette "Séraphine" c'est un destin à la Camille Claudel sauf que ce n'est pas sa mère qui l'a faite enfermer, il existe une Bio que je vais surement m'acheter, pour l'expo j'aimerais bien y aller quand même Ha la la c'est dur la province pour ça !!!....
Sorry, je ne me rappelais plus de votre article.
Mon conseille est donc à oublier.
A bientôt.

