Ce roman, Courir de Jean Echenoz (Editions de Minuit), vaut 13,50 euros. C'est cher au vu du temps passé à le lire (2h15 chrono pour 142 pages), mais je ne regrette pas un centime de mon achat car quel bonheur de lecture grâce à un style fluide. C'est superbe! L'histoire débute quand la Tchécoslovaquie est envahie par l'Allemagne en 1939-1940 et s'achève en 1968 lorsque les Russes écrasent la révolte à Prague. Entre les deux, le romancier nous parle d'un Tchèque, Emile, qui a eu d'abord le choix entre travailler dans une usine de voitures ou dans une de chaussures. Après tout, les deux servent à avancer! Emile se met à travailler chez Bata, les chaussures. Afin de promouvoir sa marque, l'entreprise se sert de la publicité et se met à sponsoriser une équipe de football. Elle organise aussi une course à pied avec des coureurs qui portent son nom sur leur maillot. Emile déteste le sport mais il découvre que la course à pied lui plaît bien. Il s'entraîne pour son plaisir d'abord, puis il concourt pour son pays. Il a une manière bien à lui de courir en faisant n'importe quoi avec les bras. Pendant 6 ans,  entre 1948 et 1954, il sera considéré comme l'homme le plus rapide sur la Terre. Il récoltera de nombreuses médailles (d'or et d'argent) aux JO de Londres (1948) et d'Helsinki (1952) aux 5000 m et 10000 m. Il court aussi quelques marathons. A Melbourne (1956), c'est le début de la fin. Entretemps, il connaît les vicissitudes d'être un sportif dans un pays de l'ex-bloc communiste. Il se marie avec Dana. Echenoz nous fait connaître, à la page 93, le nom de famille d'Emile. Il est connu. J'ai appris qu'Emile parlait russe, allemand, anglais, français. C'était un brave gars, Emile. Il a terminé sa carrière comme archiviste au centre d'information des sports. Si vraiment vous n'avez pas les moyens de l'acheter, empruntez ce livre, faites-vous le offrir à Noël, que sais-je, mais lisez-le.

PS: Comme le fait remarquer Saxaoul ci-dessous, Amanda en dit aussi beaucoup de bien.