lundi 5 janvier 2009

L'étage de Dieu - Georges Flipo

Suite à mes vaines recherches pour acheter dans une librairie L'Etage de Dieu aux éditions Jordan (2006), l'auteur m'a gentiment proposé de me l'envoyer. J'ai reçu l'ouvrage accompagnée d'une jolie dédicace. Merci Georges. J'avais décidé de le lire au vu du titre, et du sous-titre "Douze nouvelles à la gloire de la libre entreprise". J'ai vraiment beaucoup aimé le recueil dans son ensemble. Les nouvelles varient entre 7 et 15 pages. L'étage de Dieu est le titre de la première nouvelle. L'étage en question est le dernier d'un immeuble tout entier occupé par une société. Au septième se trouve le bureau du président, Achille Theodos (incarnation de Dieu), et plus loin se situe LA salle fermée à double tour où se dissimule peut-être un lourd secret. Tanguy, un jeune loup qui a gravi tous les échelons et les étages dans la hiérarchie, veut connaître le secret derrière la porte de LA salle: mal lui en prendra de le faire. Avec cette nouvelle, j'en retiens trois autres assez jubilatoires dont deux dans lesquelles les femmes sont les personnages déterminants. La première des trois s'appelle Dans la chaleur de la doc. Ce titre a une connotation un peu licencieuse pas du tout usurpée. Sophie, la responsable de la documentation, déploie des trésors d'imagination littéraire pour empêcher que son service ne disparaisse pour raison budgétaire. Pour Ad nutum (d'un signe de tête), Stéphanie Bouchard, directrice de marketing d'une compagnie (d'assurances?) rachetée par les Américains, deviendra calife à la place du calife, grâce à une lettre qu'elle envoie à un marionnettiste (avec 2 "n"). La troisième nouvelle, Le passage du Sphinx, met en scène Tzoum, diminutif de Hampartzoum (Ascension en arménien) Ter-Hovhannisian qui vient d'être admis à la Division des Produits Laitiers (avec des majuscules svp) de la société Compalim. Il n'est "que" diplômé d'une école de commerce de province alors que ses "gentils" collègues sortent de grandes écoles parisiennes. Tzoum a de bonnes idées mais il est en butte à la condescendance des autres. Le sphinx du titre est le patron omnipotent de la Compalim. C'est une exposition du peintre Vuillard qui permettra de "booster" la carrière de Tzoum, je ne vous dirai pas comment. Les huit autres nouvelles sont aussi réussies avec presque toujours des personnages principaux moins chanceux. La vie de l'entreprise n'est pas une sinécure. Pas de pitié pour les faibles! J'imagine très bien des films tirés de ces histoires. Le style des nouvelles est une fois de plus enlevé, pas un mot de trop. Georges Flipo va à l'essentiel. C'est un véritable plaisir de lecture. Le recueil a reçu un prix littéraire "A la découverte d'un écrivain du Nord-Pas-de-Calais". D'ailleurs l'avant-dernière nouvelle, Van Dupont, se passe à Lille. Messieurs les éditeurs, refaites paraître cet ouvrage! Il le mérite.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
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