dimanche 15 février 2009

Doute - John Patrick Shanley

Doute (Doubt) est adapté d'une pièce de théâtre écrite par John Patrick Shanley (réalisateur du film) qui a été jouée (avec succès) à Broadway en 2005-2006 et a reçu le prix Pulitzer. Ce "doute" est une référence à deux ou trois éléments du film. C'est d'abord le thème choisi pour son sermon par le Père Flynn (Philip Seymour Hoffman) lors d'une messe au tout début du film. C'est aussi le sentiment qui envahit Soeur Aloysius (formidable Meryl Streep) concernant ce Père Flynn chez lequel elle soupçonne un comportement coupable envers un jeune élève noir, Donald. Ce sentiment est renforcé par le témoignage de Soeur James (Amy Adams) qui pense avoir vu quelque chose de répréhensible. Le doute de Soeur Aloysius repose sur une certitude sans preuve réelle. J'ai oublié de dire que l'histoire se passe pendant l'hiver 1964, un an après l'assassinat de Kennedy, dans un collège privé catholique du Bronx, un quartier de New-York. A cette époque, les tensions entre blancs et noirs sont vives aux Etats-Unis. Le jeune Donald est arrivé en milieu de scolarité, il est isolé parmi ces jeunes blancs qui ne manquent pas de le rudoyer. De plus, chez lui, il est battu par son père. Le Père Flynn l'entoure d'une affection qui va (peut-être) au-delà de la bienséance. Il y a parfois de l'humour dans ce film un peu austère: on voit le contraste entre les hommes d'Eglise bons vivants qui parlent fort pendant les repas et les Soeurs qui s'adressent à peine la parole en mangeant. Ce film donne l'occasion à Meryl Streep de montrer une fois de plus son grand talent. Son rôle de Soeur Aloysius est complexe. Elle est "la terreur" du collège: c'est elle qui punit les élèves dissipés. Elle est aussi capable d'avoir de la compassion pour une autre Soeur qui perd la vue. Elle est enfin capable par son seul discours d'acculer quelqu'un à démissionner. On apprend qu'autrefois elle a été mariée, mais que son mari est mort pendant la campagne d'Italie durant les années 40. Elle connaît la vie. Elle est aussi capable de pleurer. Elle se rend compte qu'elle est pleine de doutes. En revanche, je ne sais que penser du personnage de la mère de Donald: son seul but est que son fils finisse son année scolaire quel qu'en soit le prix. C'est un film idéal pour les acteurs. Personnellement, j'ai assisté en 2006, à Paris, à une représentation de la pièce (adaptée en français) mise en scène par Roman Polanski avec Thierry Frémont et Dominique Labourier. C'était vraiment très très bien.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
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