lundi 23 février 2009

L'étrange histoire de Benjamin Button (le film) - David Fincher

Malgré quelques réticences au vu de la longueur du film, je suis allée voir L'étrange histoire de Benjamin Button. J'ai été assez enthousiasmée par cette oeuvre non pas tant par les prouesses techniques du numérique (changements physiques de Brad Pitt), mais parce que l'histoire est bien racontée et qu'elle m'a beaucoup touchée (surtout la fin).
En préambule, à part le titre et le fil directeur, je n'ai pas trouvé beaucoup de liens entre la nouvelle de Fitzgerald (mon billet du 19/02/2009) et le film et c'est tant mieux.
D'abord et avant tout, je trouve que ce film fait la part belle aux rôles féminins. Nous avons d'abord la mère adoptive, Queenie (jouée par une actrice inconnue absolument formidable), qui prend Benjamin comme il est avec une immense générosité. Puis une parenthèse avec Elizabeth Abbott (Tilda Swinton), la première grande expérience amoureuse de Benjamin Button pendant la seconde guerre mondiale, et dont le rêve est de traverser un jour la Manche à la nage. Arrive ensuite Daisy (Cate Blanchett, un de ses meilleurs rôles), personnage central, l'amie et l'amante qui s'occupera jusqu'au bout de Benjamin avec dévouement et compassion. Et enfin la fille de Daisy, Caroline (Julia Ormond), qui, en lisant (à sa mère mourante) le journal de Benjamin Button, saura tout sur sa naissance. Et justement, Benjamin Button paraît bien en retrait par rapport à toutes ces femmes mais il est le "facteur commun" entre elles.
L'époque où se passe l'histoire est postérieure à celle de la nouvelle. Fitzgerald avait fait naître Benjamin Button la même année que lui-même, en 1896. Dans le film, Benjamin naît au moment de l'Armistice de 1918. Il s'ensuit bien évidemment des événements personnels et un contexte historique très différents entre la nouvelle et le film.
Le prologue de l'histoire met en scène Monsieur Gâteau (en français dans le texte), horloger de profession, qui fabrique une horloge (pour une gare) avec des aiguilles qui reculent. Son fils vient de mourir au combat et il aimerait pouvoir remonter le temps pour que son enfant et des millions d'autres puissent revivre. Une des idées intéressantes du scénario est que Benjamin, abandonné à la naissance par son père qui est au désespoir (la mère étant morte en couches), est recueilli par une jeune femme noire qui s'occupe de personnes âgées en fin de vie (Benjamin reviendra régulièrement dans ce lieu où les gens meurent de vieillesse). La présence de Benjamin, vieux dès la naissance, ne semble pas incongrue dans la maison de retraite située à la Nouvelle Orléans.
 C'est là qu'il fera la connaissance de Daisy, jeune fille rousse aux yeux bleus (dont la grand-mère est pensionnaire de l'institution). Au fur et à mesure que Benjamin "avance en âge", il rajeunit. Le temps passant, à la veille de ses 18 ans (il en paraît 50), il quitte ce cocon douillet pour s'embarquer sur un bateau. En revanche, en y réfléchissant, dès sa naissance, Benjamin peut savoir vers quel âge il va disparaître (il meurt de "jeunesse"). Durant toute sa vie d'adulte, il voyagera beaucoup. Pendant la seconde guerre mondiale, il sera marin dans la région de Mourmansk en plein conflit germano-soviétique, et c'est à ce moment là qu'il rencontre Elisabeth Abbott. Mais il aime Daisy, devenue une grande danseuse classique. Je m'arrête là pour l'histoire. J'ajouterai que j'ai versé une larme à la fin quand Daisy, dans les dernières séquences, prend soin de Benjamin redevenu garçonnet puis nourrisson.
PS: après vérification, je viens de constater que Cate Blanchett n'est pas "nominée" aux Oscars de cette année (alors que Brad Pitt l'est), c'est un scandale.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [26] - Permalien [#]
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