Ce "Trois royaumes" est un film absolument somptueux tant par les décors, les costumes, que par le souffle épique qui se dégage de l'ensemble, avec des moments d'intimité bienvenus. Les 80 millions de dollars que le film a coûté se voient à l'écran. Des milliers de figurants entourent les personnages principaux, des hommes de guerre pour la plupart, dont l'adresse à l'épée comme l'efficacité au maniement de l'arc vous laissent béats d'admiration. On apprend quelques stratégies guerrières qui m'ont fait penser à celles de la Rome antique. J'ai oublié de dire que l'histoire se passe en 208 après J.-C., dans une Chine alors partagée en 3 royaumes. Quand le film commence, Cao Cao, premier ministre de l'Empereur du Nord, arrive à convaincre celui-ci de faire la guerre aux deux royaumes du Sud. Nous assistons pendant 2h20 à la Bataille de la Falaise Rouge, endroit mythique en bordure du Yang Tsé Kiang. Face à l'armée du Nord forte de 800 000 hommes (et qui peut se délester de 100 000 flèches en quelques minutes), les armées du Sud sont nettement moins nombreuses, seulement 30 000 hommes et 45 000 flèches au départ. En revanche, les généraux du Sud sont fins stratèges, et au moins deux femmes de la noblesse vont jouer un rôle capital dans l'issue de la bataille. Je connais le réalisateur John Woo par les quelques films qu'il a réalisés aux Etats-Unis dont Face/Off en 1997 et Paycheck en 2003 (réalisations très survitaminées avec des ralentis/accélérés, etc). Dans Les Trois royaumes, il use de ces mêmes procédés mais à bon escient. On sent qu'il a pris du plaisir à la réalisation. Les acteurs choisis me sont plutôt connus comme Tony Leung (In the mood for love), Takeshi Kaneshiro (Le secret des poignards volants), Chang Chen (Tigre et dragon). Le film a fait un "carton" dans les pays asiatiques depuis sa sortie en janvier 2009. Et pour ma part, j'ai vu le film avec mon ami devant une salle comble, attentive, et qui a applaudi à la fin.