mardi 31 mars 2009

Les Trois royaumes - John Woo

Ce "Trois royaumes" est un film absolument somptueux tant par les décors, les costumes, que par le souffle épique qui se dégage de l'ensemble, avec des moments d'intimité bienvenus. Les 80 millions de dollars que le film a coûté se voient à l'écran. Des milliers de figurants entourent les personnages principaux, des hommes de guerre pour la plupart, dont l'adresse à l'épée comme l'efficacité au maniement de l'arc vous laissent béats d'admiration. On apprend quelques stratégies guerrières qui m'ont fait penser à celles de la Rome antique. J'ai oublié de dire que l'histoire se passe en 208 après J.-C., dans une Chine alors partagée en 3 royaumes. Quand le film commence, Cao Cao, premier ministre de l'Empereur du Nord, arrive à convaincre celui-ci de faire la guerre aux deux royaumes du Sud. Nous assistons pendant 2h20 à la Bataille de la Falaise Rouge, endroit mythique en bordure du Yang Tsé Kiang. Face à l'armée du Nord forte de 800 000 hommes (et qui peut se délester de 100 000 flèches en quelques minutes), les armées du Sud sont nettement moins nombreuses, seulement 30 000 hommes et 45 000 flèches au départ. En revanche, les généraux du Sud sont fins stratèges, et au moins deux femmes de la noblesse vont jouer un rôle capital dans l'issue de la bataille. Je connais le réalisateur John Woo par les quelques films qu'il a réalisés aux Etats-Unis dont Face/Off en 1997 et Paycheck en 2003 (réalisations très survitaminées avec des ralentis/accélérés, etc). Dans Les Trois royaumes, il use de ces mêmes procédés mais à bon escient. On sent qu'il a pris du plaisir à la réalisation. Les acteurs choisis me sont plutôt connus comme Tony Leung (In the mood for love), Takeshi Kaneshiro (Le secret des poignards volants), Chang Chen (Tigre et dragon). Le film a fait un "carton" dans les pays asiatiques depuis sa sortie en janvier 2009. Et pour ma part, j'ai vu le film avec mon ami devant une salle comble, attentive, et qui a applaudi à la fin.

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dimanche 29 mars 2009

Films vus et non commentés depuis le 5 mars 2009

Je suis catastrophée car les semaines passent très vite, je vois beaucoup de films mais j'ai aussi d'autres activités (la lecture par exemple), et en plus, je travaille. Je m'aperçois avec horreur que je prends du retard dans mes billets cinéma, c'est pourquoi je chronique encore 5 films d'un coup, 4 anglo-saxons et 1 italien. Ce billet fait suite à celui du début du mois de mars.

Concernant The International (l'Enquête) de Tom Tykwer, j'y suis allée les yeux (presque) fermés car je fais partie du "fan club" de Clive Owen, bel acteur brun aux yeux verts qui fait fondre la gent féminine (et peut-être masculine). C'est lui qui aurait pu être James Bond... En revanche, Noami Watts joue un peu les utilités dans ce thriller dont le moment fort est une fusillade au musée Guggenheim à New-York. On en apprend de belles sur les banques d'affaires au travers de celle qui est prise pour exemple. Son siège est un grand immeuble de verre aussi inhumain que les hauts dirigeants qui y travaillent. Le film confirme l’adage que «l’argent n’a pas d’odeur». Ici, la banque est impliquée dans la vente d'armements sophistiqués. A défaut, elle peut faire aussi dans l'humanitaire du moment que l'on en parle dans les journaux. L’histoire est bien menée. Je ne suis pas ennuyée.

Le déjeuner du 15 août
de Gianni di Gregorio est un film italien qui dure une heure 10 (c’est sa grande qualité). Ffred a été sévère pour ce film (Dominique un petit peu moins), je suis plus indulgente. Nous sommes à la veille du 15 août, à Rome, un homme d’une cinquantaine d’année, célibataire, vit avec sa mère (du genre vieille coquette). Il est aux petits soins pour elle. Ils habitent dans un appartement spacieux à Rome en copropriété: endettés, ils ont 3 ans de factures d'électricité à payer ainsi que des travaux d’ascenseur. C'est le réalisateur qui est l'acteur principal: il aime faire la cuisine et boit volontiers (un peu beaucoup) du vin blanc. Il se retrouve à s'occuper de 4 vieilles dames dont sa mère pendant ce week-end. Elles se chamaillent mais en fin de compte, le pauvre Gianni n'est pas prêt de s'en débarrasser. Film sympathique mais pas inoubliable.

Marley et moi de David Frankel est une histoire bien-pensante et pleine de bons sentiments. Une histoire sur la famille idéale pour l’Américain de base qui s’est reconnu (le film a fait un carton aux Etats-Unis). Un couple se marie, ils travaillent tous les deux dans le journalisme. Elle voudrait un enfant, il lui achète un chien, Marley (en hommage à Bob), un labrador très tout-fou. Elle tombe tout de même enceinte et arrête de travailler. Lui continue sa carrière où il gagne une certaine notoriété grâce une chronique sur sa famille (3 enfants tout de même) et Marley. Owen Wilson et Jennifer Aniston ne s’en tirent pas mal et Marley est très convaincant. Sa disparition à la fin a fait pleurer ma voisine à côté de moi dans la salle.

Dans Last chance for love, (traduction française de Last Chance Harvey!!!!) de Joel Hopkins, j'ai trouvé qu'Emma Thompson n'était pas bien filmée. Moi qui l'aime beaucoup, cela m'a fait quelque chose. Mais elle est à l'aise dans son rôle d'Anglaise, vieille fille à la quarantaine bien sonnée, qui rend encore des comptes à sa maman. Quand elle croise Dustin Hoffmann à l'aéroport d'Heathrow de Londres (elle mène des enquêtes de satisfaction), rien n'est gagné d'avance. Lui interprète un compositeur américain de musique de pub qui se rend au mariage de sa fille. C'est lui qui fait les premiers pas. L'histoire se passe sur 48 heures. A part ça, la fille (et l'ex-femme) de Dustin Hoffman dans le film sont absolument "à baffer". Antipathiques au possible. Cela m'a fait plaisir de revoir Dustin Hoffman dans un rôle où je l'ai trouvé à l'aise. Mais tout cela est un peu languissant. Peut se voir éventuellement si on a du temps et si on se sent romantique.

Je suis allée voir Miss Pettigrew d'un réalisateur que je ne connais pas (Bharat Nalluri) parce que j'avais bien aimé la BA, je me suis dit que cela ressemblait à Miss Henderson présente de Stephen Frears (film que je recommande). Avec Miss Pettigrew, on est loin du compte. Ce qui pêche principalement, c'est la mise en scène (totalement inexistante). On assiste à une suite de scènes où les acteurs ont l'air de bien s'amuser; dans la salle presque déserte où je me trouvais, c'était moins évident. L'histoire se passe à la fin des années 30. Les décors et les costumes sont bien. Les acteurs aussi. Frances Mc Dormand en gouvernante mal attifée qui a du mal à trouver un travail est touchante. Tout finit très bien mais c'est tout.

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vendredi 27 mars 2009

Le Che - Steven Soderbergh

Le Che de Steven Soderbergh est un film en deux parties, et après les avoir vues, je comprend pourquoi. Il y a d'abord la longueur, et puis les deux parties sont vraiments différentes tant par le fond que par la forme. La première partie (sortie le 7 janvier 2009) peut se résumer à Cuba et sa révolution pour renverser Battista, entrecoupée par le discours du Che à l'ONU en 1964. Le film est parsemé de diverses dates, mais je n'ai pas réussi à comprendre comment les rattacher entre elles: 1952,1954, 1964 (à l'ONU à New York); et enfin, à partir de 1957 jusqu'au 3 janvier 1959, le combat victorieux contre Battista. Le Che dit bien que ce n'est pas un coup d'Etat mais une révolution. Soderbergh n'explique rien, il expose. On voit des combats de rues. La deuxième partie, dont le sous-titre est "Guerilla", est sortie le 28 janvier 2009. Le ton est donc assez différent. On apprend que Ernesto Guevara est parti de Cuba clandestinement pour aller aider à renverser la dictature en place en Colombie. Toute cette partie se passe dans la jungle colombienne en 1966-67. Il n'y a pas de flash-back, et seulement des scènes d'extérieur. Cela se passe sur un an jusqu'à l'exécution du Che par le gouvernement colombien, car, trahi (semble-t-il), il n'avait plus aucun soutien. En même temps, tout cela m'a paru assez impersonnel, Soderbergh ne prend pas partie. Il ne fait que montrer, en particulier quand Ernesto Guevara a ses crises d'asthme sans que cela rajoute quoi que ce soit à l'histoire. Du coup, je ne sais toujours pas comment, et surtout pourquoi, Ernesto Guevara, issu de la grande bourgeoisie argentine, éduqué et médecin spécialiste de la lèpre, marié et père de famille, a décidé de devenir guérillero et de participer à la révolution cubaine (je pensais que c'était le sujet de la première partie, puisque le sous-titre est "L'Argentin"). Et pourtant, dans le générique de fin des deux parties, on nous dit que le scénario est tiré d'une partie du journal du Che. J'en tire la conclusion que le cinéma de Soderbergh et Che Guevara sont antinomiques, ils n'étaient pas faits pour se rencontrer. Ca a donné deux films très froids comme la couleur de l'image. J'avais beaucoup mieux aimé Carnets de voyage de Walter Salles sur la jeunesse du Che.

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mercredi 25 mars 2009

La journée de la jupe - Jean-Paul Lilienfeld

Comme beaucoup de blogueurs (Diane_Selwyn, Edisdead, Heavenlycreatures, PierreAfeu, PL, Angelica, Armelle ... [liste non exhaustive!]), j'ai vu ce (télé)film (qui sort en salle aujourd'hui, mercredi 25 mars 2009). D'ailleurs, est-ce un film ou un téléfilm? Je ne connais pas la différence (à part peut-être les moyens techniques). Personnellement, je ne savais pas que La journée de la jupe se donnerait sur Arte en avant-première. Je ne sais vraiment pas quoi en penser et ce que le réalisateur a voulu dire. Adjani est vraiment bien et les jeunes comédiens aussi. L'histoire aurait été vraiment excellente si tout s'était concentré en un huis-clos étouffant avec la prof armée d'un côté et les élèves de l'autre. Car il faut voir Adjani essayant de parler de Jean-Baptiste Poquelin (dit Molière) avec un pistolet, et d'autres scènes de ce type. Là où le bât blesse, c'est que tout est exacerbé: les relations élèves/professeur, le RAID en place, la ministre odieuse, les parents pas très présents. Dès que la tension dramatique s'installe entre la prof et les élèves, le réalisateur sort de la salle et passe à autre chose. On peut bien évidemment penser à réduire le film à un Entre les murs qui tourne vraiment mal. J'étais devant mon poste vendredi soir 20 mars en me disant que j'en aurais un de moins à voir au cinéma (je sais, c'est une mauvaise raison), et puis la bande-annonce m'avait donné envie. Est-ce que mon impression aurait été la même sur grand écran? Je l'ai vu sans déplaisir aucun, mais au bout du compte, je n'en retire pas grand-chose. On peut demander quel est l'intérêt de sortir le film en salles tout de suite après l'avoir diffusé à la télé (2 millions de téléspectateurs quand même). Ce n'est pas sûr qu'il fasse autant d'entrées au cinéma.

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lundi 23 mars 2009

The Wrestler - Darren Aronofsky

Une fois de plus, je ne suis pas forcément d'accord avec les louanges concernant The Wrestler. La seule idée de mise en scène que j'ai remarquée consiste en ce que, pendant tout le début du film et même par la suite, on voit Mickey Rourke de dos: il marche et la caméra le suit. Sinon, je retiens du film The Wrestler (le catcheur) un masochisme qui m’a fait mal. S’auto-détruire pour être adulé par quelque péquins en délire, c’est pathétique, surtout pour des combats plus ou moins joués d’avance. Cela semble être le seul but pour tous ces catcheurs qui se font des piqûres de substances anti-douleur normalement prescrites sur ordonnance et qu’ils obtiennent en payant le prix fort. Ils se font mal pendant les matchs, ça saigne. C’est digne des combats de gladiateurs à Rome. Des séances d’UV à forte dose sont aussi au programme, il faut être bronzé devant le public. C’est la vie de Randy the Ram (le bélier). Il vit dans un mobile home. Fauché, il a du mal à payer son loyer. Sa vie sentimentale se résume à aller voir une streap-teaseuse qui l’écoute d’une oreille compatissante (excellente Marisa Tomei). Un jour, après un combat un peu violent (et une piqûre de trop?), Randy a une crise cardiaque. Après un pontage et l’avis du médecin qui lui demande d’arrêter de combattre, Randy décide de changer de vie et de renouer avec sa fille. Il trouve un job dans un supermarché; mais c’est dur d’avoir connu la gloire (même dérisoire) pour tomber dans l’anonymat. Lors du dernier combat de Randy, c’est sa vie qui est mise en jeu. Je suis allée voir le film parce que Vierasouto en a dit beaucoup de bien et que de nombreux blogueurs l’ont apprécié (ainsi que les critiques «officiels»), et puis personnellement je suis une fan de la première heure de Mickey Rourke (9 semaines et demie, L’Année du dragon, Angel Heart, Barfly, L’Irlandais). Là, j’ai été très triste de le voir si abîmé. Il est très bien dans son rôle mais le film n’est pas à la hauteur de son talent. Il y a des facilités dans le scénario. Daren Aranofsky qui a réalisé Requiem for a dream (sur les ravages de la prise d'amphétamines quand on fait un régime) semble se complaire dans ce genre d’histoire qui laisse K.O. le spectateur. Moi, je préfère aller voir autre chose.

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dimanche 22 mars 2009

El Ultimo lector - David Toscana (billet intermédiaire)

Une fois n'est pas coutume, je demande de l'aide pour m'aider à comprendre un roman que je viens de terminer. JE N'AI RIEN COMPRIS à El Ultimo lector (recommandé par mon libraire). Je l'ai lu attentivement jusqu'au bout, relativement vite, sauf les dernières pages que j'ai survolées. Les phrases sont simples, mais l'histoire ne l'est pas. Peut-on m'éclairer pour saisir ce qu'a voulu raconter l'écrivain mexicain David Toscana, dont c'est le premier roman traduit en français (paru aux éditions Zulma)? Des billets sont parus chez Yspadden, Manu (très mitigés), Kathel et Keisha (plutôt favorables). Je suis prête à l'envoyer à un(e) blogueur(se) qui serait intéressé(e).

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samedi 21 mars 2009

Retour sur le Salon du Livre 2009

Cette année encore, je n'ai pas résisté à aller au Salon du Livre (13 au 18 mars 2009) qui se tient depuis de nombreuses années au Parc des Expositions de la Porte de Versailles, à Paris. J'ai assisté naguère aux premiers salons qui se passaient au Grand Palais, toujours à Paris. C'était autre chose. Il y avait un côté convivial très sympathique.
Que dire du Salon de cette année? Qu'il est (pratiquement) identique à celui à de l'année dernière et à ceux des années précédentes. On trouve les mêmes stands des grands éditeurs (français) aux mêmes emplacements. Les "petits" éditeurs sont noyés dans la masse. A l'entrée, on peut obtenir un plan mais ce n'est pas facile de se repérer. Moi qui ai un grand sens de l'orientation, et qui, en général, comprends les cartes, je n'ai pas vu tout de suite les repères par allée et par stand. En revanche, on voit immédiatement les éditeurs principaux qui ont leur logo écrit et suspendu très haut. Pour les autres, le mieux, c'est de déambuler, de regarder, d'écouter. Sur la droite, au fond, quand on entre, on trouve les livres étrangers qui sont présentés par pays. Sur la gauche, en arrivant, il y a beaucoup moins de monde. Et pourtant, plusieurs stands sont intéressants pour tout ce qui concerne le livre du futur allié à l'informatique et à l'internet. Pour en revenir aux éditeurs principaux, si les visiteurs le désirent, ils peuvent faire la queue (plus ou moins longtemps) pour obtenir une dédicace des auteurs "maison". Mardi soir, 17 mars, j'ai entraperçu Philippe Labro, Tonino Benaquista, Florian Zeller, Roger Knobelpiess, Veronica Olmi et l'incontournable Amélie Nothomb (sans son chapeau extravagant). L'entrée de cette manifestation est de 7 euros pour le plein tarif (j'avais eu une invitation gratuite par une connaissance) et il n'y a aucune remise éditeur quand on achète un ouvrage. Une dame en sortant a dit que la Foire du livre à Francfort était mieux. Le reproche que je ferais est que (comme je le disais plus haut) c'est toujours la même chose. La preuve? Comme l'année passée, j'ai acheté un DVD à 5,60 (cette fois-ci un film d'Harold Lloyd), vendu normalement comme supplément par le quotidien Le Monde.

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jeudi 19 mars 2009

Enfant 44 - Tom Rob Smith

Quand j'ai lu le titre du livre, Enfant 44 (publié aux éditions Belfond), et vu l'illustration de la couverture, j'ai pensé que c'était un récit romancé sur un jeune garçon dans un goulag ou dans un camp de prisonniers quelque part dans un pays de l'Est. Et bien pas tout à fait. Une sorte de prologue se passe en janvier 1933, dans un village en Ukraine. Il fait froid et les gens sont affamés. Ils mâchent les écorces des arbres pour combattre la sensation de faim. Tout les animaux domestiques ont été mangés sauf un: un chat efflanqué que sa maîtresse laisse partir (elle veut elle-même mourir). Le chat va être pourchassé par un jeune garçon Pavel, qui a 10 ans, et son jeune frère Andreï, âgé, lui, de 8 ans (et qui adore son grand frère). Pavel capture le chat mais est lui-même poursuivi par un homme. Pavel disparaît laissant Andrei en pleurs. Leur mère le croit mort, peut-être a-t-il été mangé, les gens ont tellement faim? Sans transition, on se retrouve 20 ans plus tard, juste avant la mort de Staline. Leo, membre du MGB (KGB?), est chargé de clore une enquête sur la mort d'un petit garçon, fils d'un membre du MGB. On fait tout pour étouffer l'affaire, il est mort "accidentellement" avec de la terre dans la bouche et entièrement déshabillé. Car, bien entendu, le crime n'existe pas sous le régime de Staline: il n'y aucune délinquance, ce n'est pas concevable. Et pourtant, le petit garçon retrouvé est la 44ème petite victime d'un tueur unique qui éventre ses victimes pour leur prendre l'estomac. Il opère dans voisinage de la voie ferrée. Leo apprend que, pour les crimes précédents, des personnes considérées comme déviantes (homosexuels, simples d'esprit) sont arrêtées et exécutées sans sommation; on arrive toujours à trouver des boucs émissaires. C'est là qu'il prend concience que quelque chose ne tourne pas rond dans le système. Le roman fait une description assez terrifiante de la vie du peuple soviétique sous Staline où la délation est de rigueur et autant récompensée. Même entre mari et femme, il n'y a pas de solidarité. Le couple que Léo forme avec Raïssa en est la preuve. Pendant l'enquête, la haine que lui témoigne un collègue, Vassili (homme dangereux et sans pitié), font de Léo et de sa femme des hors-la-loi. La première qualité de ce premier roman d'un écrivain de 30 ans est qu'il se lit vite (398 pages), et d'autre part l'originalité réside dans le contexte historique. En revanche, j'ai trouvé certaines invraisemblances, par exemple dans le fait que, en quelques phrases, Pavel arrive à trouver des alliés qui l'aident à démasquer le meurtrier. A la page 268, on comprend toute l'histoire des crimes et comment un simple chat peut changer deux vies. Ridley Scott a paraît-il acheté les droits pour adapter Enfant 44 au cinéma [cf. chronique du 21/04/2015 pour le film de Daniel Espinosa].

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mardi 17 mars 2009

Trois longs-métrages classiques des studios Disney...

Tout récemment, j'ai acheté et revu en DVD (avec mon ami qui ne les avait jamais vus), trois grands classiques de Disney, Les 101 dalmatiens, Les Aristochats et le Livre de la Jungle. Le premier et le troisième sont des adaptations de romans, respectivement de Dodie Smith et de Rudyard Kipling.

Les 101 Dalmatiens (1961) et Le Livre de la Jungle (1967) ont été tournés du vivant de Walt Disney qui était producteur, les Aristochats est sorti
(en France) en 1971, soit 4 ans après sa disparition. Les Aristochats et le Livre de la Jungle ont été réalisés par Wolfgang Reitherman qui a été un des dessinateurs/animateurs des studios Disney, et aussi réalisateur de Robin des bois, Winnie l'ourson, Merlin l'Enchanteur et Bernard et Bianca.

Pour ce qui concerne les deux adaptations de romans des 101 Dalmatiens et du Livre de la Jungle, on est assez éloigné des histoires originales. Chez Rudyard Kipling, par exemple, Kaa, le python, est un "gentil"; et les circonstances du "renvoi" de Mowgli chez les hommes, avec le clan des loups qui le chasse, sont dans le dessin animé simplifiées à l'excès: dans le livre, Akela, le vieux chef du clan des loups, ne craint nullement Shere Khan, et souhaite garder Mowgli dans le clan. C'est Mowgli lui-même qui décide de retourner chez les hommes - pendant un temps. Je n'ai pas lu le roman, c'est mon ami qui me l'a raconté. Dans le roman de Dodie Smith, la grosse différence avec le film est que les chiots ne sont que 97, avec 4 chiens adultes. En effet, quand le premier ménage de chiens, Pongo et Missis Pongo, se retrouvent à avoir 15 chiots, Missis Pongo ne peut pas tous les allaiter, et c'est pourquoi une chienne "nourrice" appelée Perdita est engagée. Et à la fin du livre, Perdita retrouve son compagnon, Prince. L'édition de mon enfance a été imprimée en 1966 (le copyright chez Hachette est "1960").

Concernant les longs-métrages les 101 Dalmatiens et les Aristochats, je les trouve assez proches du point de vue visuel, les décors sont peints et il n'y a pas de profondeur de champ en arrière-plan. Ce sont seulement les personnages animés qui bougent. Les Aristochats est un hommage chaleureux à Paris et ses alentours avec Maurice Chevalier qui chante la chanson du générique. Pour les 101 Dalmatiens, l'histoire se passe à Londres et dans sa région. Dans les deux films, les "méchants" sont des humains. Dans l'un, nous avons Edgar, le majordome qui, pour hériter de sa patronne, veut supprimer la chatte Duchesse et ses petits, Berlioz, Toulouse et Marie. Dans l'autre, Cruella aux cheveux noirs et blancs, qui veut se faire un manteau en peau de "toutou", est une des méchantes les plus réussies de l'univers Disney. Dans les deux films, les personnages secondaires sont savoureux. Les Aristochats auraient été moins drôles sans la présence inénarrable de Napoléon et Lafayette, deux chiens aux longues oreilles mais pas très intelligents, et de deux oies venues d'Angleterre, Emilia et Amélia, au délicieux accent "British". Dans les 101 Dalmatiens, nous sommes en présence de chiens de toutes races, d'un chat, de vaches, qui font tout pour sauver les chiots. Ils sont tous irrésistibles et l'homme y est le "fidèle compagnon".

Le livre de la Jungle fait la part belle aux animaux: le tigre, le python, la panthère noire, les éléphants aux petites oreilles, les loups, les singes. L'histoire est un peu simpliste mais j'adore Kaa, avec ses yeux hypnotiques et ses anneaux, qui voudrait bien manger le petit d'homme (il a fait penser mon ami au conseiller du Prince Jean dans Robin des Bois de Disney). En revanche, Mowgli, qui se fait comprendre de tous les animaux, est un jeune chenapan désobéissant, mettant en péril sa vie et celle des animaux qui le protègent.

Ces trois films sont très musicaux (beaucoup de chansons). Il faut enfin noter que ces longs-métrages sont tellement connus et populaires que les studios Disney ont fait des suites (Le livre de la Jungle 2) ou des "remakes" avec des humains et des animaux (Les 101 dalmatiens, et Les 102...). Ce n'est pas forcément ce qu'ils ont fait de mieux!

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dimanche 15 mars 2009

Welcome - Philippe Lioret

Les critiques pour Welcome de Philippe Lioret sont élogieuses et c'est assez mérité. Nous sommes à Calais, pas loin du tunnel sous la Manche. Chaque jour, des centaines d'immigrants essayent par tous les moyens d'entrer en Angleterre. Ils viennent de pays en guerre comme l'Irak, l'Iran, etc. Je commencerai par dire que Welcome (bienvenue) est le mot tissé sur le paillasson d'un habitant raciste et intolérant (humour noir) qui ne se gêne pas pour dénoncer son voisin de palier car ce dernier abrite des clandestins. Un jeune Kurde, Bilal, 17 ans, vient de faire 4000 km à pied ou par d'autres moyens pour rejoindre la jeune fille qu'il aime à Londres. Il touche presque au but. Mais là, à Calais, il ne peut pas aller plus loin. Les camionneurs (passeurs pour l'occasion) demandent de grosses sommes d'argent. Et c'est, de toute façon, souvent peine perdue, car la police et les chiens font des contrôles permanents et arrêtent ces clandestins dont Bilal. Menotté, il passe devant un juge peu amène qui le fait relâcher car Bilal est mineur et vient d'un pays en guerre. Qu'à cela ne tienne, il décide de prendre des cours de crawl pour traverser la Manche. C'est à cette occasion qu'il rencontre Simon (Vincent Lindon), maître-nageur dans une piscine et en instance de divorce. Sa future ex-femme fait partie des bénévoles qui aident les clandestins en leur apportant à manger. Simon, lui, est dans le cas de ces gens qui prennent conscience du problème et veulent aider les clandestins qui errent sans but. Quand ils sont pris ou dénoncés, les Calaisiens sont punis de fortes amendes ou passibles de prison. Depuis la sortie du film, c'est le sujet de polémique dont on parle dans les journaux: les lois répressives contre ceux qui aident les clandestins. Il est certain que depuis la fermeture du centre de Sangatte, on ne parle pas (ou peu) de ces migrants sans papiers. Le problème reste insoluble. Concernant le film, Vincent Lindon est vraiment bien. Après Pour elle (mon billet du 15/01/09), il continue à bien choisir ses rôles. Il donne beaucoup d'humanité à son personnage. Les deux jeunes qui jouent Bilal et Mina sont des non-professionnels remarquablement dirigés. Je ne raconterai pas la fin mais quand le générique de fin a démarré, un spectateur a dit tout haut: "ce n'est vraiment pas gai". C'est une oeuvre à voir qui ne peut qu'amener des débats. L'Administration française et la France, "terre de liberté et de fraternité", ne sont pas décrites sous leur meilleur jour.

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