Il faut tout de suite prévenir que, si vous êtes allergique à Isabelle Huppert, vous devez passer votre chemin. Pour les autres (dont je fais partie), allez voir Villa Amalia de Benoît Jacquot, où Isabelle Huppert irradie dans un rôle qui semble écrit pour elle. Parce qu'Ann (Isabelle Huppert) surprend l'homme avec qui elle vit depuis 15 ans, Thomas (Xavier Beauvois), dans les bras d'une autre, un déclic se fait: elle veut "disparaître", changer de vie. Elle vend tous ses biens, même ses trois pianos (elle est compositeur-interprète classsique), renonce à ses concerts, résilie ses comptes bancaires, etc. La seule personne à qui elle se confie est un ami, Georges (Jean-Hugues Anglade). Ils ne s'étaient pas revus depuis de longues années. Toute cette partie se passe dans la région parisienne, grise et froide comme l'image. Après un périple, sac au dos, en Europe, elle se retrouve dans l'île d'Ischia au large de Naples. Et là, nous avons le soleil de l'Italie, la Méditerranée, des vues dignes de celles du Mépris de Godard. Elle s'installe dans une petite maison rouge au confort spartiate, sans électricité mais avec l'eau courante. Elle fait des rencontres et prend des risques à rester trop longtemps dans l'eau de mer. Sinon, Ann a tout de même une famille: sa mère aphasique. A l'occasion de l'enterrement de cette dernière, elle a une discussion houleuse avec son père qui ressurgit après vingt ans d'absence. Au bout de quelque temps, Ann repart définitivement(?) vers le soleil de l'Italie et la villa Amalia. J'ai beaucoup aimé le film car il donne le goût de l'évasion, du changement (mais à quel prix). De par son statut social et financier, Ann peut se le permettre. Mais elle démontre un certain courage en prenant le risque de changer de vie si radicalement. Il n'y a aucune psychologie, ni aucune vraie explication à l'attitude d'Ann. Le fait que son ami la trompe n'est pas forcément une raison suffisante. Elle garde un lien ténu avec son passé grâce à Georges (mais on sait que cela ne durera pas). Je serais curieuse de parcourir un jour le roman de Pascal Quignard dont le film est adapté. Il m'a semblé qu'il y avait des raccourcis et des ellipses dans le scénario. En tout cas, Villa Amalia est un film que je conseille.