dimanche 31 mai 2009

Les Falsificateurs (suivi de) Les Eclaireurs - Antoine Bello

Je chronique ces deux romans en même temps car le deuxième, Les Eclaireurs, est la suite et fin des Falsificateurs. J’ai découvert Antoine Bello il y a plus de 10 ans pour son roman (que l’on m’avait offert), L’éloge de la pièce manquante (1998), paru en Gallimard Noire; et puis plus rien (ou presque), jusqu’à ce que paraissent Les Falsificateurs en 2007 (Folio poche, 588 pages), et la suite, Les Eclaireurs (Gallimard, 470 pages), roman qui vient de recevoir le prix Télérama – France Culture 2009. J’ai lu les deux romans à la suite, d'une seule traite, tant c'est passionnant. Le narrateur et héros du roman, Sliv Dartunghuver, est islandais. Géographe de formation, il est engagé comme chef de projet, à 23 ans, dans un cabinet environnemental. Ce cabinet abrite aussi une organisation secrète, le CFR (Consortium de Falsification du Réel). Eriksson, son hiérarque, recrute Sliv comme agent du CFR. Cette organisation a des agents disséminés dans le monde entier qui produisent des scénarios qu’ils s’efforcent de mêler au réel. Pour ce faire, ils créent des fausses sources ou bien altèrent les documents existants. Vous découvrirez si vous lisez ces romans quel animal célèbre, par exemple, n’a en réalité jamais existé. Le CFR est très bien structuré et hiérarchisé avec trois corps d’élite: le Plan, l’Inspection générale et les Opérations spéciales. Sliv, de 1991 à 2003, période pendant laquelle se passent les romans, va gravir les échelons de simple agent débutant, de classe 1 à celui de classe 3. C’est lui qui propose de passer de la falsification physique à la falsification électronique. Remarqué par le Comex, instance suprême du CFR, Sliv (et quelques autres) voudrai(en)t découvrir la finalité de cette organisation. Pendant ces années-là, il se liera d’amitié avec des agents du CFR venus d’horizons différents, de pays différents. Il n’y a pas de discrimination raciale, ni religieuse. Parmi les amis proches de Sliv, nous trouvons Youssef, un Soudanais, et sa femme, Maga, indonésienne, tous les deux musulmans. D’autres personnages, dont un Français, côtoient Sliv. Un bon scénario demande une falsification sans faille. C’est là qu’intervient Lena Thorsen (falsificatrice hors pair), une Danoise engagée au CFR, trois ans avant Sliv, qui devient une rivale professionnelle pour Sliv qui commet à un moment donné une grossière erreur en tant que falsificateur. La jalousie de Lena va provoquer des événements graves. Je ne dévoilerai pas toute l’histoire sinon pour dire que le CFR (dont l’acronyme signifiait Compagnie Française des Rentes au moment de sa création pendant la Révolution Française) se trouvera menacé dans son existence au moment du 11 septembre 2001 (le CFR n’est pas malheureusement pas étranger à ce qui est arrivé). Mais les agents souhaitent que le CFR perdure car la réalité en a besoin. Le roman se termine juste avant les hostilités entre l’Irak et les Etats-Unis. Je disais donc que les deux romans se lisent agréablement. Comme, au début des Eclaireurs, on trouve un bon résumé de 3 pages des Falsificateurs, on nous avertit bien qu’on peut les lire indépendamment. On peut retirer de ces romans l’impression que des choses, des événements, des personnages du passé et du présent ne sont pas tels qu’ils paraissent ou auraient dû être. Du coup, je me demande: et nous, sommes-nous réels? Antoine Bello est-il bien un écrivain français né à New York et qui vit à Boston?

PS: Voir le billet de Keisha paru postérieurement (le 15/06/09) sur Les Falsificateurs.

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vendredi 29 mai 2009

La Sicilienne - Marco Amanta

Je vais encore parler d'un film, italien cette fois-ci, qui a déjà presque disparu des écrans. Et c'est bien dommage! Je ne connaissais pas le cinéaste Marco Amanta. Le scénario est tirée d'une histoire vraie: une jeune femme a osé affronter seule un clan de la mafia qui avait tué son père et plus tard son frère, eux-même mafieux. Le réalisateur a changé les noms, mais ceci mis à part, 90% de ce que le film raconte est vrai. L'histoire s'est passée entre 1985 et 1992. Rita, qui a 11 ans, voit son père abattu devant ses yeux dans un petit village de Sicile. Le règne de l'Omerta fait que personne ne dit rien. Les volets des maisons se ferment. Seule Rita n'oublie rien, et elle se met à écrire un journal dans des carnets où elle décrit les méthodes, les trafics de la mafia locale, elle écrits des noms. Pendant ce temps, tout le monde lui tourne le dos, on la prend pour une folle. Elle s'habille en noir comme une veuve. Sa mère, elle-même, lui est hostile. Rita avait une adoration pour son père mais pourtant on découvre que celui-ci était aussi peu recommandable que les autres: il tuait, violait, etc. Néanmoins, n'ayant pas voulu se lancer dans le trafic de drogue, le père de Rita était devenu gênant pour un autre parrain local. Rita grandit et, à 17 ans, elle tombe amoureuse d'un jeune du village qui dit l'aimer aussi. Voulant se venger de son père, elle part à Palerme sans rien dire à personne et se présente devant un juge avec ses carnets à charge contre la mafia. Ce juge qui s'appelle Borsellino est joué par Gérard Jugnot. C'est la seule critique notable que je ferai: Jugnot est très bien mais on voit qu'il joue en français et qu'il est doublé en italien. Cela donne une étrange impression. Ce juge va protéger et soutenir Rita au péril de sa vie. Exilée à Rome, elle est gardée au secret. Elle change d'identité. La mafia n'aura de cesse d'éliminer ces deux empêcheurs de tourner en rond jusqu'au jour du procès où une dizaine de mafieux doivent être jugés. On sent très vite que tout va mal finir mais pas comme on l'imagine, pour Rita tout au moins. A la toute fin, on voit un très court film avec la vraie Sicilienne. C'est très émouvant. La jeune actrice Veronica d'Agostino, qui joue Rita, est remarquable. On sent sa détermination, sa rage et pourtant elle montre aussi de la douceur. Elle se sait condamnée à mort mais rien ne l'arrête. Je ne saurais trop vous conseiller ce film qui mérite votre attention.

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mercredi 27 mai 2009

Etreintes brisées - Pedro Almodovar

Etreintes brisées (titre pas si facile à dire) de Pedro Almodovar, qui était en compétition à Cannes cette année, est reparti bredouille. C'est dommage car il aurait au moins mérité le prix du scénario. Film hommage au cinéma en général et à tous ceux qui le font en particulier, Etreintes brisées est, en effet, un film foisonnant qui se passe alternativement à deux moments dans le temps: en 1994 et et 2008. Comme j'ai eu la chance d'avoir récupéré un dossier de presse de ce film, je l'ai lu et des clés sur certains aspects du film m'ont été révélées. Par exemple, en commençant par le générique, les images à la texture sépia montrent un couple, une jeune femme et un homme: il s'agit des doublures lumières des deux acteurs principaux du film, Penelope Cruz et Lluis Homar. En 2008, Harry Caine (Lluis Homar) est un homme aveugle qui écrit des scénarios, des récits, etc. Il profite de la vie. Quatorze ans auparavant, il s'appelait Mateo Blanco et réalisait des films. Il a perdu en même temps dans un accident de voiture et la vue et Lena (Penelope Cruz), la femme qu'il aimait. Il venait de terminer un film, "Filles et valises", une comédie dont l'actrice principale était Lena. Le film fut un fiasco alors qu'il aurait pu être un succès si un homme, le producteur du film, Ernesto Martel (José Luis Gomez), fou amoureux de Lena lui aussi, n'avait pas voulu se venger. Etreintes brisées constitue une oeuvre où les notions de double, doublure, doublage, duplicité, duplication sont d'autres clés pour comprendre le film, ainsi que l'instantanéité de la photographie. Parmi les personnages qui gravitent autour d'Harry Caine, nous trouvons Judit Garcia (Blanca Portillo), l'ancienne et fidèle directrice de production, ainsi que son fils Diego, qui sert de secrétaire et de confident à Harry, et Ernesto Martel Jr qui a tourné en particulier le "making of" de "Filles et valises" (cela a son importance). Je veux aussi parler de la couleur de l'image, que j'ai trouvée magnifique, flamboyante comme le mélodrame auquel nous assistons. Je suis loin d'avoir raconté tout le film qui dure 2h05. Ce n'est certainement pas le meilleur film du réalisateur (et je n'ai pas été émue comme pour Parle avec elle (2002)), mais il vaut la peine d'être vu pour Pénélope Cruz et les autres acteurs, pour le montage (élément important du film dans le film), et pour l'image. Et je n'oublie pas la musique d'Alberto Iglesias. Pour les scènes tournées de "Filles et valises", Almodovar s'est inspiré de celles de Femmes au bord de la crise de nerfs (1987), et il les a d'ailleurs tournées dans les mêmes décors. En tout cas, je suis contente que, comme tous les films d'Aldomovar, il ait bénéficié d'une sortie nationale: ça m'a permis de le voir dans une salle en province (la salle était plutôt neutre, et il n'y avait pas grand-monde). Le dossier de presse (en espagnol) est téléchargeable sur internet. Le synopsis est en français.

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mardi 26 mai 2009

Palmarès de Cannes 2009 - Billet intermédiaire

Comme beaucoup de personnes, j'ai entendu sur les ondes radio le palmarès de Cannes 2009, dimanche soir 24 mai 2009. A part le Pedro Almodovar dont je vais faire un billet (je vous le conseille) et le Ken[neth] Loach dont j'ai déjà dit tout le bien que j'en pensais (il a reçu le grand prix oecuménique), les autres ne sont pas encore sortis excepté Vengeance de Johnny To. Je me réjouis d'abord et avant tout du Grand prix pour Jacques Audiard et j'attends avec impatience la sortie de son film primé, Un Prophète (le 26 août 2009), film de 2h30 réalisé caméra à l'épaule. Ce film était l'un des favoris pour la Palme. Et je dis, et je le répète, que Jacques Audiard est un grand réalisateur. Concernant la Palme, si j'avais mauvais esprit, je dirais que le fait qu'Isabelle Huppert soit présidente du jury explique en partie que Michael Haneke, réalisateur autrichien, ait reçu la Palme d'Or cette année pour le Ruban blanc (sortie le 21 octobre 2009). Grâce à son rôle dans La pianiste du même Haneke (2001), Isabelle Huppert avait été récompensée du prix d'interprétation féminine. D'ailleurs, c'est Isabelle Huppert elle-même qui a remis la Palme au réalisateur. Je le conçois comme un retour d'ascenseur (1). Pour le prix d'interprétation féminine, Charlotte Gainsbourg est, semble-t-il, justement récompensée pour son rôle dans Antichrist de Lars von Trier (sortie le 3 juin 2009). Quant au film, il a créé la polémique. On verra quand il sortira... Personnellement, je ne me précipiterai pas pour le voir. L'acteur récompensé, Christopher Walz, est autrichien, et une des raisons de voir le dernier film de Quentin Tarantino, Inglorious Basterds (sortie le 19 août). Par ailleurs, Alain Resnais a reçu un prix spécial honorifique (comme Eastwood l'année dernière). Je ne comprends pas ce système dans lequel, passé un certain âge ou un cap dans leur carrière, les réalisateurs sont récompensés pour l'ensemble de leur oeuvre et non pour un film précis. Petite remarque au passage, le film de Resnais qui sort le 21 octobre 2009, Les herbes folles (billet d'Alex), est le seul de la compétition qui dure moins de 2h00. A part ça. il y a quelques oubliés: Almodovar, Bellochio. En tout état de cause, les films récompensés ne sont pas "grand public", à mon avis.

(1) Finalement (une fois vu), je dis: chef-d'oeuvre. Cf. mon billet du 07/11/2009.

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lundi 25 mai 2009

Un mariage de rêve - Stephen Elliot

Un mariage de rêve [titre français pas très approprié pour "Easy virtue" (petite vertu)] de Stephen Elliot, qui a aussi écrit l'adaptation, est un bon film très "british", assez pince-sans-rire autant dans le fond que dans le ton. A l'origine, il s'agit d’une pièce écrite en 1924 par Noël Coward (auteur presque oublié, et c'est bien dommage). Larita (Jessica Biel) (1), jeune femme émancipée (qui sort d’un drame personnel) et aventurière, vient de convoler en justes noces avec un jeune Anglais, John Wittaker, qui a eu le coup de foudre pour elle au premier regard. Après le voyage de noces, Larita est présentée à sa belle-famille (dont on apprendra au cours du film qu’elle est ruinée). Cette belle-famille se compose entre autres de Mrs Wittaker, la mère de John (Kristin Scott-Thomas, irrésistible en femme aigrie), qui prend aussitôt sa bru en grippe. La première faute de goût impardonnable pour Mrs Wittaker est que Larita est américaine! En revanche, Mr Wittaker (Colin Firth), un rien désabusé (la première guerre mondiale n’est pas terminée depuis si longtemps), ne reste pas insensible au charme de de la jeune femme qui compte bien profiter de la vie. Tout de suite, Larita se trouve mal à l’aise dans cette famille. L’ère victorienne est révolue mais Mrs Whittaker, qui n’en a cure, brime ses deux filles (soeurs de John) et montre de l'autorité envers ses domestiques. Mais Mrs Wittaker a aussi  la «main verte», preuve en est la serre (chauffée) attenante de la demeure (pas chauffée, elle). Je ne dévoilerai pas les péripéties de cette comédie enlevée excepté un «French Cancan» endiablé mais sans culotte, et le triste destin du chien "Poppy", qui a fait beaucoup rire la salle (moi compris), sans parler de la sonnette pour appeler les quelques domestiques qui ne sont pas encore partis. D'ailleurs, un en particulier vaut le détour. Il paraît un peu dérangé. Pour en revenir à Noël Coward, il est aussi l’auteur d’une pièce, Private Lives (une scène de ménage qui dure deux heures souvent jouée par de grands comédiens sur la scène londonienne ou américaine). Il a également été l’auteur de Brève rencontre (1945) de David Lean (mais non crédité au générique) ou de Design for Living (qui a inspiré Sérénade à trois d’Ernst Lubitsch en 1933). Stephen Elliot est le réalisateur et scénariste de Priscilla, Reine du désert (1994), film que je conseille.

(1) Et non Jennifer Biel comme je l'avais écrit par erreur (merci à Coming soonn).

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samedi 23 mai 2009

Dix de derche - Pascal Jahouel

Avant tout, je vais ressortir des oubliettes le "Tag de la page 123" qui tournait sur les blogs littéraires il y a quelques mois. L'extrait pour Dix de derche donnerait:
"La jouvencelle suçotte une paille barbotant dans un coca light. Je la mate sans gêne, le nez dans une délicate Kilkenny. Je table sur sa curiosité, par excellence toute féminine, pour entamer le commérage. Bingo, elle l'amorce, fort courtoise:
- L'enquête sur le décès de Papa avance-t-elle?
Afin de l'indisposer, à mitan entre blasé et détaché, j'élude:
- Si on veut!
Elle se montre alors bigrement curieuse.
- Vous suivez une piste, au moins?
- Pour être franc, je patauge!
"

De ce troisième roman de l'auteur (qui m'a gracieusement envoyé un exemplaire), je suis un peu en peine de parler car j'ai été désarçonnée et même crispée par le style aux phrases interminables, le vocabulaire et les expressions employées que l'on avait déjà dans les deux premiers. Dans celui-ci, on a atteint le point limite, et il y en a comme ça pendant 252 pages. Au bout d'un moment, j'ai saturé. J'ai vraiment eu du mal (souvent) à comprendre Dix de derche (Editions Krakoen). Pascal Jahouel a privilégié la forme sur le fond. C'est d'autant plus dommage que comme c'est un "polar", cela gâche le plaisir d'avancer dans l'histoire. Et plus grave, l'humour est totalement absent. Cela se passe, comme les deux précédents, Archi Mortel et la Gigue des Cailleras [mes billets des 17/10/2007 et 12/07/2007], dans la région de Rouen (où vit l'auteur). Bertrand-Hilaire Lejeune (BHL pour les dames), inspecteur de police, est chargé d'enquêter sur la noyade "accidentelle" d'un ponte de la région. Je ne peux pas vraiment vous en dire plus à part que les suspects sont très proches de la victime. J'ai trouvé que "BHL" se regardait dans ce volume un peu trop le nombril en faisant du style à la première personne, et que ça étouffait complètement l'intrigue. J'espère que Pascal Jahouel ne m'en voudra pas pour cette critique négative mais ma déception a été à la hauteur de mon attente. Vivement un quatrième plus lisible. Car j'aime lire par plaisir et là ce n'en fut pas un. Ah, au fait, il a fallu que j'aille chercher la définition de "derche". Et vous?

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jeudi 21 mai 2009

Wendy et Lucy - Kelly Reichardt

Wendy et Lucy de Kelly Reichardt (une réalisatrice à découvrir absolument) est un film tendre et attachant qui montre une Amérique triste, dure, pauvre, menaçante et un peu désespérée, mais où l'amitié et l'entraide ne sont pas absentes. L'histoire qui se passe de nos jours (à l'automne?), commence quand Wendy (formidable Michelle Williams) et sa chienne Lucy arrivent dans l'Oregon en voiture. Elles sont en route pour l'Alaska où Wendy (cheveux courts à l'allure garçonne dans son bermuda) pense trouver du travail. Wendy compte son argent, il lui en reste peu et pourtant elle a encore du chemin à parcourir pour toucher son but, et le fait que sa voiture tombe en panne complique tout. Wendy aime sa chienne par-dessus tout. Elle vole même de la nourriture pour elle: deuxième complication. Pendant qu'elle est arrêtée et mise en prison pour 24 heures, sa chienne disparaît. Elle n'a de cesse de la retrouver par la suite. Le film dure 1H10 pendant lesquelles la réalisatrice ne lâche pas son héroïne marginale (en rupture avec sa famille?), qui est filmée au plus près. On ne tombe jamais dans le misérabilisme, c'est là sa force. On a peur pour Wendy qui ne se laisse pas abattre. Je vous conseille ce film s'il n'est pas trop tard. Je l'ai vu la semaine de sa sortie (suite à de bonnes critiques journalistiques). Il est projeté dans très peu de salles. Mais s'il passe par chez vous, il faut aller le voir. Ed en a dit beaucoup de bien et c'est mérité. Coming soonn en parle également.

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mardi 19 mai 2009

Les chevelues - Benoît Séverac

Les chevelues de Benoît Séverac (2007) aux éditions TME est un roman policier (280 pages) qui m'a été offert par mon ami pour mon anniversaire (il l'avait repéré sur le blog de Claude Le Nocher). Le format du livre est rectangulaire (cela m'a fait penser aux Editions Actes Sud) et l'impression se fait sur un papier recyclé de bonne qualité. L'histoire se passe sous le règne de l'Empereur Auguste. Toute la Gaule est occupée (oui, oui, toute). C'est l'époque de la Pax Romana. En Aquitaine, à Lugdunum Converanum (aujourd'hui Saint-Bertrand-de-Comminges), les Romains et les Gaulois cohabitent pacifiquement. Un jeune Romain, Cracius, après une nuit d'orgie en compagnie d'une Gauloise (une Chevelue), se fait assassiner en pleine campagne sur le chemin du retour vers chez lui. Il devait épouser une Romaine, fille d'Hadrianus Trevius, premier magistrat de la civitas (ville). Ce même Hadrianus, membre du "quattuorvirat" (sic, 3 Romains et 1 Gaulois) qui gère la ville, veut d'abord faire croire à un suicide pour éviter le désordre dans la ville. Peine perdue. Quelques jours après, un autre jeune Romain, Balbius, ami de Cracius, est tué lui aussi, piqué par un serpent mortel. Il venait d'avoir une relation intime avec une autre jeune Gauloise. Valerius Falco, un centurion un peu désabusé, enquête. Il découvre que vingt jeunes Gauloises ont été déflorées par Cracius, Balbius et par trois autres jeunes romains (qui meurent eux aussi de mort violente). Tous les cinq sont fils de notables romains de Lugdunum Converanum. Entretemps, un terrible propréteur, Rufus Riego dépêché de Tolosa (Toulouse), qui hait les Gaulois, déclare que le coupable est Gaulois. Ce n'est pas l'avis de Valerius Falco. Ce roman est très agréable à lire car on se sent proche des personnages grâce à la description de certains us et coutumes tant romains que gaulois. Je regrette cependant que l'auteur qui emploie de nombreux termes latins pour désigner des objets ou des personnes n'ait pas fait un glossaire à la fin du livre. Mise à part cette mini-critique, je vous conseille de vous procurer ce roman. Je pense qu'il faut le commander chez votre libraire favori.

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dimanche 17 mai 2009

Chéri - Stephen Frears

Chéri de Stephen Frears est le genre de film que l'on va voir pour les toilettes que portent les actrices, ou les habits de ces messieurs, et pour admirer les décors d'hôtels particuliers ou autres résidences. L'ensemble a un charme suranné que j'ai apprécié. Nous sommes introduits dans l'univers de dames qui ont consacré leur âme et surtout leur corps à devenir riches et indépendantes. Quand le film commence, Léa de Lonval rencontre chez son amie Mme Peloux (Kathy Bates) le fils de cette dernière, Chéri, jeune homme ténébreux qui est un coeur à prendre. Chéri et Léa vont vivre quelques semaines de folle passion. Michelle Pfeiffer qui joue Léa est bien filmée. J'ai entendu dire sur des ondes radio (par des jalouses) que Michelle Pfeiffer (50 ans cette année)  s'était faite "lifter". Et alors! Que cela soit vrai ou non, elle très belle et son talent est intact. Il y a d'ailleurs un petit clin d'oeil, pour ceux qui ont vu le film, de la part de  Stephen Frears à son actrice. En effet, au tout début, une voix "off" présente la demeure de Léa, et on voit entre autre, sur une petite commode, un portrait de Michelle Pfeiffer, 20 ans plus tôt, dans Les Liaisons dangeureuses du même Stephen Frears. Sinon, j'ai aimé le procédé du récit en voix "off" pour faire avancer le récit. Ca donne du rythme au film. Pour connaître l'histoire, lisez Colette.

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vendredi 15 mai 2009

Maigret et la Grande Perche - Georges Simenon

Le 4 septembre prochain, cela fera 20 ans que Georges Simenon disparaissait. Je profite de l'occasion  pour parler d'une enquête du Commissaire Maigret: Maigret et la Grande Perche (écrit en 1951). Je viens de revoir un téléfilm avec Bruno Crémer dans le rôle de Maigret (c'est l'interprète de Maigret que je préfère). Face à lui, on retrouve Michael Lonsdale et Renée Faure. Comme j'ai trouvé l'histoire passionnante et bien menée, je me suis mise à lire le roman paru en Livre de poche, 190 pages. Ernestine dite La Grande Perche, qui avait été arrêtée pour un vol, 17 ans auparavant, par Maigret (jeune inspecteur à l'époque), vient le trouver Quai des Orfèvres car elle est inquiète: son mari, Alfred-le-triste, braqueur de coffre-fort dont elle n'a pas de nouvelles, l'avait appelée juste avant pour la prévenir que dans un pavillon à Neuilly qu'il s'apprêtait à cambrioler, il a vu le corps d'une femme morte, par terre. C'est l'occasion pour le commissaire de mener son enquête chez un dentiste, Guillaume Serre, de l'interroger ainsi que sa mère, vieille dame peut-être pas aussi digne qu'elle le paraît. Les non-dits, les secrets inavouables, les failles ne tardent pas à émerger, transcendés par l'écriture de Simenon. L'écrivain va à l'essentiel. On ne parle pas d'ADN. Seule la psychologie importe. On sent l'atmosphère pesante, presque la menace. A mon avis, la réputation de grand écrivain de Simenon n'est pas usurpée. Ses dialogues sans fioritures sont écrits pour le cinéma (ou la télé). C'est une lecture agréable, ai-je trouvé.

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