samedi 11 juillet 2009

Les deux visages de Janus - André et Michèle Bonnery

Grâce à Blog-o-book, j'ai eu la chance de me plonger dans la période de l'Antiquité tardive avec ce roman historique, Les deux visages de Janus (Actes Sud), écrit à quatre mains. C'est une époque dont j'ignore tout. Après avoir terminé le roman, je ne suis pas sûre d'être plus érudite mais j'aurai entendu parler du monothélisme, du fait qu'il y avait un empereur à Constantinople qui gouvernait Rome de loin, que, l'Empire romain n'existant plus, les Arabes ont conquis beaucoup de territoires du pourtour méditerranéen jusqu'en Espagne où vivent les Wisigoths (même si les Sarrazins ne sont pas loin). L'histoire se passe essentiellement à Rome entre mars et septembre 680. La ville qui fut la plus puissante agglomération de la terre est devenue une modeste cité où demeurent essentiellement des Latins, des Juifs et des Orientaux ayant fui les invasions arabes. Les palais et autres monuments, bien que pillés ou démantelés, arrivent, pour quelques-uns, à être restaurés grâce aux riches notables issus de la vieille noblesse. Ces derniers vivent sur le Palatin dans de vastes maisons établies dans d'anciens palais impériaux. Il  y a aussi des groupes de pélerins venus de partout pour se prosterner devant des reliques ou des représentations saintes. C'est pourquoi Rome, qui s'enrichit grâce à l'afflux de ces pélerins, est devenue la capitale du monde chrétien. Le 79ème pape élu au trône de Saint Pierre depuis 678 se nomme Agathon. Evêque de Rome, il est l'un des personnages principaux du roman. Parmi les autres personnages, nous trouvons le Dux Romae, Etychès, chef de l'armée et de police; ses auxiliaires: Abdon, Paul et Pretextat; et un moine appelé Eucher, ami de longue date du pape, qui arrivera à trouver le coupable de plusieurs crimes. En effet, des mosaïstes de talent venus pratiquer leur art dans les églises romaines disparaissent ou meurent "accidentellement". Les Juifs font partie des premiers suspects. Au fur et à mesure que l'on avance dans le récit, on comprend le mobile de l'assassin (l'iconoclaste) qui trouve sacrilège la représentation des images saintes: la Vierge, Jésus et les Saints. Cette idôlatrie arrive à corrompre l'humanité. L'assassin a des raisons personnelles qui viennent de l'enfance pour perpétrer ces crimes. Spécialiste en histoire de l'Antiquité tardive, André Bonnery (1) nous livre un roman passionnant de 440 pages qui se lit facilement sur une période de l'histoire méconnue. En revanche, un petit préambule descriptif de l'époque n'aurait pas été superfétatoire à moins que (comme moi) vous ne vous plongiez dans un dictionnaire encyclopédique. Quant au titre, je crois comprendre que l'on parle d'un homme aux deux visages (ange et démon à la fois). Merci encore Blog-o-book.

(1) J'avais interverti avec Michèle, merci Madame Charlotte (cf. commentaire ci-dessous)

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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