Après Amerikka, voici Jaffa (de Keren Yedaya), du nom d'un faubourg de Tel Aviv en Israël, connu pour ses oranges. On sait moins que les Palestiniens et les Israéliens y cohabitent tant bien que mal et ce n'est pas toujours facile. La preuve en est l'histoire qui nous est racontée. Mali, une jeune femme israelienne âgée de vingt-et-un ans, travaille avec son frère Meir dans le garage de leur père, Reuven, marié à Osnat (Ronit Elkabetz) qui paraît beaucoup plus jeune. Reuven a deux employés palestiniens, le père et le fils, Malik. Mali et Malik s'aiment en secret, ils veulent même se marier. Les rapports entre Meir et ses parents sont difficiles. Mali, quant à elle, parle peu. Osnat est une femme choyée qui semble n'avoir qu'une occupation dans la vie: regarder la télé en se faisant masser les pieds. Je trouve qu'elle parle à sa fille comme si elle était une étrangère. Je n'ai pas ressenti d'affection entre elles. Un matin, au garage, Meir, qui n'est pas très bien dans sa peau, s'en prend violemment au père de Malik. Le drame éclate. Malik qui tue Meir accidentellement est incarcéré pour plusieurs années. Enceinte, Mali veut avorter (en Israël, il faut avoir l'accord des autorités) mais décide en fin de compte de garder le bébé. Bien entendu, ses parents ignorent tout de sa peine, de son désarroi et qui est le père de l'enfant. Se sentant coupable de ce qui arrive, Mali ne veut plus avoir de nouvelles de Malik. Sa fille Shiran naît. Quelques années passent... Peu à peu, Mali s'émancipe de l'autorité de ses parents qui apprennent la vérité sur le père de Shiran (ils le prennent très mal). Le conflit entre eux est palpable. Pendant ce temps, Malik sort de prison. Et la dernière séquence est pleine d'espoir. En y repensant, j'ai trouvé le film bien mais je n'ai pas été touchée par les personnages. J'ai même trouvé le couple formé par Reuven / Osnat assez antipathique malgré leur détresse. Jaffa m'a semblé lisse, un peu froid, même si je le répète, la fin peut faire espérer. Dans le dossier de presse en ma possession, la réalisatrice, dans une interview, donne des clés pour comprendre les personnages mais ce n'est pas visible à l'écran.