Suite à un billet de Dominique, je me suis procuré ce roman noir, très noir de Massimo Carlotto (éditions Métailié). Il est très court (50 pages) et se lit en moins d'une demi-heure. Une mère vient de tuer sa fille "accidentellement" avec un couteau et tout le roman (sauf vers la fin) est un monologue intérieur que nous débite la mère frustrée, alcoolique (4 bouteilles de Vermouth par semaine), aigrie à cause de sa petite vie médiocre. Elle est pleine de rancoeur, contre sa vie (elle fait des ménages "au noir"), son mari Arturo (pas très actif au lit), métallo au chômage et maintenant magasinier (il gagne moins), et enfin sa fille qu'elle appelle "la petite", qui ne répond pas à ses attentes et qui n'avait rien trouvé de mieux que de s'amouracher d'un Tunisien (heureusement que le problème est résolu). Rien, plus rien au monde est une phrase d'une chanson que cette femme avait apprise par coeur. Elle préfère se tuer plutôt que de finir dans un hospice. "Rien, plus rien au monde [ne] m'obligera à finir ma vie au milieu d'autres vieux, tristes et pauvres" (p.29), "Rien, plus rien au monde [ne] pourra remettre les choses à leur place" (p.9). Même si cette histoire est tragique, le ton de l'ensemble est drôle. J'ai souri souvent. Le seul gros défaut de ce roman, c'est son prix: 6 euros, cela fait cher la page.