dimanche 29 novembre 2009

Lucky Luke - James Huth

[Attention, ceci n'est pas un billet de Dasola, mais bien le 2ème signé par "Ta d loi du cine" (le précédent est ici).]
Dasola ayant catégoriquement refusé de m'accompagner (la bande-annonce lui avait suffi, ai-je cru comprendre), j'ai été au bout de mon souhait d'aller voir l'oeuvre en question, quelque temps après sa sortie (qui a eu lieu le 21 octobre 2009). Du coup, je me fends d'une critique pour raconter l'aventure. Premier challenge: réussir à trouver un cinéma qui passait encore ce film: ils sont deux, sur Paris, en cette 6ème semaine depuis sa sortie. Effectivement, j'avais laissé passer le gros des spectateurs (QUI est gros?); c'est pas une blague, j'ai eu droit à la salle pour moi tout seul: j'étais LE spectateur du jeudi soir.
Côté parodie, ce n'est pas du léger. J'ai plus souvent fait la grimace que souri. Le plus réussi, ce sont les bottes, tout à fait dans l'esprit de la BD. Et je retiendrai le "Ouaip!" de Dujardin. Mais, dans les scénarios de Goscinny (tu parles d'un hommage!), ça allait de pair avec l'allumage d'une cigarette. Ici, on a droit à du brin d'herbe fumeux qui a tout du pétard mouillé. Le seul gag qui m'a fait rire était plutôt gore. Hé non mesdames, il ne faut pas ôter les bottes d'un cow-boy, surtout dans une baignoire (gare au gremlin des familles). Le film semble hésiter au croisement de différents univers: celui du cartoon à la sauce franco-belge, et celui du post-western spaghetti-paëlla. Au final, ça donne du Guignol. Ce n'était certes pas facile de trouver la bonne distance parmi cinq ou six influences. D'où peut-être l'impression d'une succession de tableaux, de morceaux de bravoure. Un peu comme à la guerre: pendant 95% du temps, on ne fait qu'attendre qu'il se passe enfin quelque chose (avec des méchants anonymes un peu statiques en figurants qui font nombre, le genre qui a vocation à se faire massacrer par paquet de six - en principe?); puis tout se passe effectivement trop vite pour qu'on puisse voir et comprendre (à part l'unique ralenti du film). Et c'est pas mal elliptique. N'ayant pas lu les deux tomes de la série "dérivée" Kid Lucky (désolé!), j'ignore si des éléments y ont été repris, ou non, pour l'enfance de LL. Pour dire quelques mots des personnages: Billy the Kid m'a fait penser à Sylvestre (à cause du zeveu sur la langue?). Je ne sais pas si Dujardin a le menton assez pointu par rapport au LL "classique"? Il semble s'être calqué sur - ou cantonné à (j'ai pas dit Cantona!) - celui des (disons) 12 premiers albums parus chez Dupuis? Soyons juste, il y a tout de même des réminiscences dans ce film. "Pat Poker" a une tête de O'Sullivan dans Phil Defer, et le coup de la fausse sortie provient peut-être de cet album. On aurait peut-être au moins pu avoir droit à la mention du seul "sept-coup" de l'Ouest, modèle spécial créé par un vieil armurier: même pas! OSS Luke nous refait le coup du chargeur inépuisable déjà vu dans Rio ne répond plus (à moins que ce soit dans Le Caire nid d'espion?). Il pourrait nous dire "il faut quand même que je pense à recharger, un de ces jours": pas non plus. Pour finir, je me demande un peu s'il n'y a pas eu une erreur sur le bon format: peut-être aurait-il fallu en faire une série TV en épisodes de 2 ou 3 minutes? [C'est bon, je sors]. Et, c'est pas pour spoiler, mais restez donc jusqu'au bout du générique: vous pourrez apprendre (si, si!) que Ran-Tan-Plan n'apparaît pas dans ce film! Bien, pour pouvoir comparer les sorts faits à Goscinny, il me reste à voir les 4 Astérix, et Le Petit Nicolas (ou Iznogoud, avec Billy the Kid), dont je n'ai encore vu aucun. A ma connaissance, personne ne s'est attaqué à Oumpapah. Qu'attend Dany Boon? Mais, après tout, peut-être reverrai-je avec plaisir ce Lucky Luke 2009, d'ici une quinzaine d'années...

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vendredi 27 novembre 2009

Le touriste - Olen Steinhauer

C'est le deuxième roman que je lis d'Olen Steinhauer (après 36, boulevard Yalta). Le Touriste (Editions Liana Levi) a pour titre le surnom que l'on donne à certains agents secrets de la CIA lors de missions qu'ils font de par le monde. Ils n'ont pas d'attache. Milo Weaver était un de ceux-là jusqu'au 11 septembre 2001 où, après s'être fait tirer dessus à Venise, il est devenu un "touriste" de bureau. En 2007, Milo vit aux Etats-Unis, à Brooklyn, il est marié et père de famille. Pourtant, il reprend du service car sa vie est menacée: un tueur à gages qu'il poursuivait et qui vient de décéder d'un virus mortel a pu lui révéler qu'il y avait des machinations insoupçonnées au sein de l'Agence. Au long de ce thriller composé de courts chapitres, on suit avec intérêt l'enquête de Milo de Paris à Venise, passant par Genève et Francfort et aux Etats-Unis. Je ne suis pas sûre d'avoir compris toutes les motivations des "méchants" que l'on trouve au sein de l'Agence mais je ne regrette pas ma lecture. Ce roman de 520 pages est distrayant (et les scènes d'interrogatoires musclés ne sont pas insoutenables). Il se lit et s'oublie vite. En revanche, je vois bien une adaptation télévisée en trois ou quatre épisodes.

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mercredi 25 novembre 2009

Deux pièces de théâtre

Pour changer, je voudrais évoquer deux pièces de théâtre que j'ai vues pendant ce 4ème trimestre 2009. L'une est encore à l'affiche jusqu'à début 2010 et l'autre s'est donnée de septembre à fin octobre 2009.

D'abord, La Serva amorosa de Carlo Goldoni qui est jouée dans un théâtre privé parisien (théâtre Hébertot) et constitue un des succès de la saison. Je suis allée voir ce spectacle car j'apprécie beaucoup Robert Hirsh comme je l'ai déjà dit ici. Les critiques étaient bonnes. En préambule, je dirais que j'étais au 2ème balcon, 1er rang de face, donc très haut par rapport à la scène avec une barre de fer qui était juste dans mon champ de vision: pas forcément idéal pour apprécier pleinement la pièce. De plus, il n'y a pas beaucoup de place pour les jambes. Ceci mis à part, le spectacle est plaisant mais sans plus (j'ai tellement de bons souvenirs de spectacles d'après des pièces de Carlo Goldoni (auteur vénitien du 18ème siècle) vus dans ma jeunesse que je suis peut-être un peu blasée). Les acteurs principaux ne sont pas mal: Robert Hirsch, en vieil homme riche marié avec une plus jeune (Claire Nadeau) qui n'en veut qu'à son argent, est savoureux. Clémentine Célarié en servante amoureuse joue bien mais l'ensemble manque d'un peu de folie. J'avais beaucoup entendu parler de la scène de la partie de mistigri entre Robert Hirsch et sa femme, c'est en effet drôle mais la scène est trop courte. A côté de moi, il y avait deux jeunes garçons, l'un de presque 10 ans, l'autre plus jeune (environ 7 ou 8 ans). Le premier a semblé apprécier, le deuxième a dormi pendant la deuxième heure. Je dirais que c'est un spectacle familial mais n'emmenez pas des enfants trop jeunes (et il n'y a pas d'entracte). Et il manque peut-être quelque chose à la mise en scène de Christophe Lidon, à moins que la pièce ne soit pas la meilleure de Goldoni.

La Chapelle en Brie (écrite et mise en scène par l'auteur Alain Gautré) a été une sortie théâtre à deux sur une idée de mon ami qui voulait voir jouer Jean-Pierre Darroussin en chair et en os. La pièce se donnait jusqu'au 31 octobre 2009 au Théâtre du Rond-Point Renault-Barrault. Cette oeuvre contemporaine, écrite en 1996, met en scène 4 frères qui ont la même initiale de prénom. Il pleut, c'est même le déluge dans la campagne briarde. Il y a des inondations. André (J.-P. Darroussin), l'ainé des quatre, est seul en scène pendant dix bonnes minutes en cherchant des définitions: il crée des mots croisés briards. Débraillé, il vit dans une ferme briarde: il y a des papiers partout et beaucoup de bouteilles de vin. Au fur et à mesure que la pièce se déroule, on fait la connaissance des 3 frères d'André, Albert, Alain et Arnaud, et même de la maîtresse d'Albert. Avec leurs parcours différents, leurs divergences politiques, ils se mettent à parler, et toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Des secrets de famille que les uns ont découverts et que les autres ignorent sont révélés. La pièce que j'ai trouvée un peu longue à démarrer devient passionnante au bout d'une demi-heure (le spectacle sans entracte durait 1H45). Et mon ami a été très content de sa soirée et de voir Jean-Pierre Darroussin qui n'écrase pas les autres acteurs (que je ne connaissais pas).

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lundi 23 novembre 2009

In the loop - Armando Iannucci

Ce film britannique, In the loop (traduction littérale: dans la boucle, dans le cercle) d’un réalisateur italo-écossais, Armando Iannucci, a été tourné comme un reportage. Il faut s'accrocher pour ne pas perdre le fil des dialogues. Cela va à toute allure (en France, je pense que le film n’a pas été doublé en VF). Bien que cela soit plus difficile à suivre, ce choix de la VOSTF est préférable pour écouter les accents et les jeux de mots intraduisibles. Les sous-titres font ce qu’ils peuvent. Les comédiens s’en donnent à cœur joie dans cette satire sur-vitaminée sur le monde diplomatique. A Downing Street, Malcolm Tucker, l’effroyable (c’est un euphémisme) chef de la com du Premier Ministre est capable de faire et défaire un ministre. En l’occurrence, il s’agit de l’ambitieux (mais petit par la taille) Simon Foster, le secrétaire d'état du développement mondial (sic), qui vient de fait une bourde verbale. En effet, pendant que les Américains et les Anglais sont en pleine tractations avant une possible invasion guerrière au Moyen-Orient, Simon Foster déclare devant des journalistes que la guerre serait "imprévisible". Il aurait employé d'autres vocables comme "prévisible", "évitable" ou "inévitable", cela aurait été la même chose. Cette gaffe met en émoi les deux camps car aucune décision n’était encore prise. L’histoire se passe alternativement à Londres et à Washington DC en passant par New York (aux Nations-Unies). Les dialogues vachards et aussi un peu sexistes fusent. Si les femmes en prennent pour leur grade, les généraux quatre ou cinq étoiles aussi. Je ne peux pas tout raconter si ce n'est que le malheureux secrétaire d'état sera viré (il n'aura même pas le temps de démissionner) non pour sa gaffe mais pour un mur mitoyen qui s'écroule. C'est du grand art. Voilà le genre de cinéma que les Français ne savent pas ou n'osent pas faire et c'est bien dommage. Je le conseille vivement. Voir le billet d'Alex.

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samedi 21 novembre 2009

A l'origine - Xavier Giannoli

Dès les premières images, j’ai été frappée par la grisaille, la tristesse de l’hiver, saison où semble se passer A l'origine (qui fut sélectionné pour le festival de Cannes 2009). On se sent oppressé. L'histoire se déroule dans un décor du style "no man’s land" entre un chantier d'autoroute à l’abandon, un motel et une petite ville sinistrée où le chômage fait des ravages. Juste avant, on vient de voir un homme dont on ne sait rien, Philippe Miller, passer son temps à escroquer des grands magasins d’outillages d’un département ou d’une région. Il va d’un endroit à l’autre avec méthode en pointant sur une carte. Se faisant passer pour un chef de chantier travaillant pour une grande entreprise, il se fait confier du gros matériel qu’il ne rend pas mais qu’il revend à son comparse joué par Gérard Depardieu à l’allure d’ogre. A un moment donné, il se retrouve donc au milieu de nulle part, attiré par un panneau annonçant un chantier d’autoroute. De fil en aiguille, les gens de la petite ville voisine croient qu’il est un contremaître venu faire des repérages, il ne les contredit pas. Avec aplomb et détermination, il décide de reprendre le chantier et les habitants le suivent. Ils n’attendaient que cela. De là se greffe une relation intime entre Philippe Miller (François Cluzet) et la maire de la ville qui est veuve (Emmanuelle Devos). J'ai aimé ce film même si j'ai trouvé quelques longueurs, dont l'histoire d'amour (qui m'a paru assez improbable bien que cela amorce un changement dans l'attitude de Philippe Miller et sa volonté de ne pas abandonner ces gens). L'apparition en truand minable de Depardieu n'était pas non plus très utile. En revanche, le reste est remarquablement montré avec ces petites gens qui reçoivent Philippe comme le Messie. On sent bien qu’ils sont broyés et démunis face à des forces multinationales qui les dépassent. Et tout à coup, ils y croient: le miracle s’accomplit. Deux kilomètres d’autoroute ont bien été construits sur du vent. Le tout a été d'y croire. Philippe est un escroc mais il a donné quelque chose d'important à tous ces gens: l’espoir et une raison de continuer. François Cluzet a un jeu intériorisé et a peu de dialogues, ce qui rend son personnage opaque (on ne sait pas ce qu’il pense). Emmanuelle Devos est lumineuse et les autres comédiens peu ou pas connus sont bien dans leur rôle. C’est le deuxième film de Xavier Giannoli que je vois après Si j'étais chanteur. C’est un réalisateur qui compte dans le cinéma français.

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jeudi 19 novembre 2009

L'annonce - Marie-Hélène Lafon (+ bilan de mes lectures de la rentrée littéraire 2009)

L'annonce de Marie-Hélène Lafon, paru aux éditions Buchet Chastel, m'a attiré l'oeil de par son titre. Il s'agit en effet d'une annonce parue dans un journal, qui permet à Paul, âgé de 46 ans, agriculteur dans le Cantal (à Fridières), de trouver une compagne, Annette, 37 ans, dont la caractéristique est d'être bien "bustée" (terme que l'on ne trouve pas dans le Robert), mais il n'y a aucune grivoiserie dans le propos. Annette, qui a un fils de 11 ans, Eric, vient de Bailleul dans le Nord de la France. Ce roman de moins de 200 pages m'a beaucoup plu et je l'ai lu en moins de 48 heures. Il faut savoir entrer dans cette histoire écrite dans un style dense, du fait de l'absence de virgules et d'une ponctuation décalée dans certaines phrases. Cela donne une tonalité particulière à l'ensemble. Paul, célibataire endurci, vit avec sa soeur, Nicole, et deux oncles octogénaires qui les ont élevés. Ils vivent au milieu des vaches, des lapins et des cochons. Annette, qui a vécu des moments difficiles avec le père d'Eric, est prête pour une nouvelle vie. M.-H. Lafon ne nous dit rien de particulier sur les relations des deux personnages mais quand le roman se termine, deux ans auront passé. Elle s'attache à la vie quotidienne, au présent et au passé. Voici deux extraits du roman: au tout début, "La nuit de Fridières ne tombait pas, elle montait à l'assaut, elle prenait les maisons les bêtes et les gens, elle suintait de partout à la fois, s'insinuait, noyait d'encre les contours des choses, des corps, avalait les arbres, les pierres, effaçait les chemins, gommait, broyait."; deuxième extrait: "La demoiselle [une future infirmière] s'établirait en libéral à Fridières et sillonnerait sans faiblir les routes de ce canton où des vieillards de plus en plus nombreux et accablés d'abandon ne manqueraient pas de faire appel en foule à ses diligents services". C'est le premier roman que je lis de cette auteure et ce fut une bonne surprise.

Avec L'annonce, je viens de me rendre compte que j'avais déjà lu sept romans de la rentrée littéraire, et j'ai donc accompli le "challenge" du 1% littéraire 2009 lancé par Lavroueg. J'avoue que je suis très contente de moi.

Pour mémoire, voici les autres:

La patience de Mauricette de Lucien Suel (voir mon billet du 01/08/09) - roman lu en avant-première
Le guide de l'incendiaire des maisons d'écrivains en Nouvelle-Angleterre de Brock Clarke (voir mon billet du 11/09/09)
Netherland de Joseph O'Neill (voir mon billet du 05/10/09)
Cadence de Stéphane Velut (voir mon billet du 17/10/09)
La vérité sur Marie de Jean-Philippe Toussaint (voir mon billet du 05/11/09)
M
issak de Didier Daenincks (voir mon billet du 13/11/09)

En revanche, j'ai seulement commencé Des hommes de Laurent Mauvillier: j'ai abandonné, je n'ai pas été au-delà de la page 70. Je n'y arrive pas. Je "n'accroche" pas.

Concernant les romans qui ont reçu les principaux prix littéraires en 2009, ils ne m'ont pas tentée.

Cependant, je possède encore en pile à lire Jan Karski de Yannick Haenel (Prix du roman Fnac et Interallié 2009), que je ne manquerai pas de chroniquer prochainement. [chroniqué le 09/12/09].

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mardi 17 novembre 2009

The Red Riding Trilogy (1974, 1980, 1983)

Ces trois films, sortis cette semaine, sont adaptés de trois romans faisant partie de la quadrilogie de David Peace, écrivain anglais du Yorkshire né en 1967: 1974, 1977, 1980 et 1983, parus en poche aux éditions Rivages Noir. Le roman 1977 n'a pas été adapté (peut-être pour des raisons budgétaires). Chaque film dure entre 1h30 et 1h40 et il est recommandé de les voir dans l'ordre. Des personnages récurrents se retrouvent dans les trois films (parfois lors de flash-back) ainsi que les intrigues proprement dites qui sont plus ou moins imbriquées entre elles. On est plongé dans la corruption, les meurtres en série, la désespérance d'une ville sinistre, la pédophilie. C'est noir et violent mais qu'est-ce que c'est bien! Pour les amateurs de films noirs comme moi, on en redemande. Le titre de la trilogie, pour les anglicistes et pour les autres, fait référence au Petit Chaperon Rouge (Red Riding Hood). En effet, il est fait référence à un loup qui mange les enfants (de manière métaphorique) et à une petite fille avec une cape et des bottes rouges.

Dans le premier film de la trilogie, 1974, réalisé par Julian Jarold, l'histoire se passe dans le West Yorkshire, en Angleterre. Un jeune journaliste, Eddy Dunford, enquête sur trois petites filles disparues entre 1972 et 1974. Le corps de l'une est retrouvée. La jeune victime a subi les derniers outrages et des ailes de cygnes ont été cousues dans son dos. En parallèle, nous faisons connaissance avec les flics locaux, tous corruptibles, pourris, assassins, tortionnaires, qui touchent des pots-de-vins d'un homme d'affaires de la région, Peter Dawson. Ce dernier veut construire un centre commercial au mépris des lois (quitte à brûler un campement de gitans pour récupérer un terrain). Peter Dawson a une belle maison en forme de cygne. Un pasteur qui officie dans le secteur console les âmes en peine. Evidemment, ces intrigues sont liées.

Dans le deuxième, 1980, réalisé par James Marsh, c'est un flic venu de l'extérieur, Peter Hunter, qui mène l'enquête sur l'assassinat de prostituées par l'éventreur du Yorkshire. Peter Hunter est en butte à l'hostilité de ses collègues, dont la plupart sont les mêmes que dans la première partie. Ils ne veulent toujours pas qu'on se mêle de leurs affaires. Parmi les crimes, l'une des victimes ne semble pas avoir été tuée par le même tueur. D'ailleurs, on apprend qu'elle n'était pas une prostituée mais un témoin gênant pour une des affaires qui s'est passée en 1974. Peter Hunter comme Eddy Dunford ont une fin de vie pour le moins brutale.

Dans le troisième, 1983, réalisé par Anand Tucker, le triste héros du film est un avocat un peu largué, John Piggott, alcoolique, enfant du pays. Cet opus qui termine la trilogie reprend des éléments des deux précédents dont la disparition des trois petites filles. En effet, une 4ème disparaît alors que le coupable présumé arrêté à la fin de 1974 est en prison.

J'ai trouvé une belle unité entre ces trois films (réalisés en 2009 par trois réalisateurs différents que je ne connais pas).
Le troisième est peut-être celui qui m'a le moins convaincue, mais l'ensemble est homogène avec des acteurs anglais remarquables comme souvent (Peter Mullan, David Morrissay, Warren Clarke, Andrew Garfield, Paddy Considine, Mark Addy). Je ne saurais trop vous conseiller d'aller voir ces films sortis dans une seule salle à Paris. Ils se donnent en alternance et les spectateurs les voient à la suite (comme moi). On sort un peu groggy. Depuis, je me suis commandé les quatre romans que je lirai dès que possible. Sinon
Rob Gordon dit beaucoup de bien de la trilogie ici, encore ici et , ainsi que Vierasouto.

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dimanche 15 novembre 2009

Films vus et non commentés depuis le 21/10/09

Voici un billet qui en suit d'autres sur trois films vus mais pas trop appréciés (c'est un euphémisme) sauf le premier, et sur lesquels je n'ai pas envie de m'attarder.

La Nana de Sébastian Silva est un film chilien qui a reçu de bonnes critiques et a été multiprimé au festival de Sundance. Je suis allée le voir car le sujet m'intéressait. Les patrons de Raquel, bonne à tout faire depuis 20 ans dans la même famille, lui fêtent son anniversaire. Raquel est une femme d'une quarantaine d'année, tout d'une pièce, qui a du caractère (certains diraient qu'elle a mauvais caractère). Raquel est fatiguée et tombe souvent dans les pommes. Elle est toute seule pour s'occuper d'une grande maisonnée, c'est pourquoi sa patronne décide de lui adjoindre une aide. Mal lui en prend. Raquel a peur qu'on la remplace et réagit (mal). Deux aides rendent leur tablier après des tours pendables que leur fait subir Raquel. En revanche, la troisième, Lucy, saura l'apprivoiser, car Lucy est la joie de vivre personnifiée. Le film est sympathique même si la réalisation est un peu maladroite, avec quelques scènes répétées et le tout manquant un peu d'invention.

Le concert de Radu Mihaileanu est un film fourre-tout poussif avec un scénario invraisemblable qui donne des situations abracadabrantes. Comme, par exemple, des musiciens qui n'ont pas joué (ou presque) pendant 30 ans et qui sont capables de rejouer une longue partition sans répétition. Autre exemple, des Russes qui, en deux jours, retrouvent du travail à Paris comme si de rien n'était. Sans compter que j'ai été gênée par les acteurs russes qui sont doublés en français avec un accent improbable ce qui ajoute au ridicule de l'ensemble Je ne sauve que le dernier quart d'heure avec le concerto pour violon opus 35 de Tchaikovski. Tout le reste est à oublier. Je n'avais pas du tout aimé Va, vis et deviens du même réalisateur. Si je m'en étais rappelée, je ne serais peut-être pas allée voir Le Concert qui rencontre un grand succès public (il paraît que des spectateurs sortent leur mouchoir et/ou applaudissent à la fin). Personnellement, je le déconseille.

Quant à The box de Richard Kelly, cette "boîte" m'a parue bien vide. L'histoire se passe en 1976 en Virginie, pas loin de bureaux de la NASA et du siège du FBI. On peut ajouter la CIA et la NSA. Par un jour d'hiver, Arlington Steward, un homme affreusement défiguré, sonne à la porte de la maison d'un jeune couple, Norma et Arthur Lewis (Cameron Diaz et James Marsden); ce dernier travaille à la NASA. Ils ont un petit garçon. La veille, une boîte creuse avec un gros bouton avait été déposée sur leur seuil. Pour résumer, Arlington leur propose un million contre une vie. Il suffit d'appuyer sur le bouton. Bien entendu, le bouton est poussé, ils ont le million de dollars, il y a bien une mort violente et le cauchemar commence pour le couple. The Box est surtout une histoire où la culpabilité, la suggestion, le conditionnement, l'hypnose et peut-être la vengeance sont les clés essentielles. [Petit indice en passant: pourquoi s'en prendre à des employés de la NASA?]. Il y a des effets spéciaux un peu risibles et qui n'ajoutent rien. Les comédiens ne sont pas en cause mais ils sont prisonniers d'un scénario alambiqué et pas crédible. J'aime bien être manipulée au cinéma mais pas dans ce cas-là. Je pense que j'essaierai de lire la nouvelle de Richard Matheson dont est tiré le film.

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vendredi 13 novembre 2009

Missak - Didier Daeninckx

Je remercie Babelio et l'opération "Masse critique" (c'est la troisième fois que je participe) qui m'a permis de lire Missak, cette biographie romancée étayée par des faits historiques sur le groupe Manouchian, dont la figure emblématique est Missak Manouchian. Ce livre (paru aux éditions Perrin) est un complément intéressant me semble-t-il au film de Robert Guédiguian, L'armée du crime (dont je n'avais pas dit beaucoup de bien le 03/10/2009). A la fin de l'ouvrage se trouve une bibliographie détaillée dont s'est servi Daeninckx. Louis Dragère (je ne sais pas si ce personnage a vraiment existé), jeune journaliste à L'Humanité en janvier 1955, est chargé par son journal de retracer le parcours de Missak Manouchian. Ceci se passe juste avant qu'une rue dans le 20ème arrondissement de Paris ne soit baptisée "rue du groupe Manouchian" (elle existe bien près de la place Saint Fargeau). En ce mois de janvier 1955, le temps est froid, neigeux, et il y a partout des inondations dans la banlieue de Paris. Cela permet à Didier Daeninckx de nous plonger dans ce Paris des années cinquante qui a disparu avec ses quelques maisons insalubres, ses boutiques, ses troquets, le métro bringuebalant, des cinémas de quartiers qui passaient des westerns ou des films noirs. L'enquête de Dragère lui fait rencontrer des personnages qui ont vraiment existé (ou qui sont encore en vie): Willy Ronis, Louis Aragon, Jacques Duclos, Henri Krasucki, quelques autres que je ne connais pas (comme Charles Tillon ou Krikor Bedikian), ainsi que les parents de Charles Aznavour et Aznavour lui même. On est plongé dans un résumé de la vie de Manouchian depuis sa naissance en 1906 en Turquie jusqu'à sa mort le 21 février 1944, fusillé au Mont Valérien. Les faits d'armes pendant la guerre sont relativement peu évoqués mais Daeninckx s'attarde sur l'enfance, le massacre des Arméniens par les Turcs, l'arrivée en France. Dans le début du récit, Louis Dragère apprend que la dernière lettre (qui est restée célèbre) de Missak (Michel) Manouchian à sa femme, Mélinée, avait été tronquée d'une ou deux phrases dans lesquelles il disait que lui et son groupe (où se trouvait aussi un certain Armenak Manoukian (avec un k) avaient été trahis. Le groupe avait été repéré et surveillé par les brigades spéciales dès début 1943. Je ne vous en dirai pas plus pour ne pas tout dévoiler. Le récit est bien mené, l'histoire est un peu complexe pour tout ce qui concerne les rapports entre le Parti communiste et certains membres du groupe Manouchian. Je pense avoir appris des choses sur un sujet malgré tout pas très connu du grand public français.

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mercredi 11 novembre 2009

Sin nombre - Cary Fukunaga

Sin nombre (les "sans-noms") sont les centaines de candidats à l'immigration (clandestine) venant d'Amérique centrale et du Mexique et voulant partir aux Etats-Unis. Ils essaient de fuir la misère pour un monde meilleur (?). Sayra et Willly (alias Casper) se rencontrent sur le toit d'un wagon d'un long train. C'est une des techniques que les futurs émigrants utilisent pour voyager (souvent au péril de leur vie). L'introduction un peu longue montre comment Sayra quitte le Honduras avec son père et son frère pendant que Willy (alias Casper), qui fait partie d'un gang dangereux, La Mara, est mis à l'épreuve. Avec le chef du gang, Lil Mago, tatoué de la tête au pied, qui l'accompagne, ils rançonnent les voyageurs en partance. Peu de temps avant, Lil Mago, en voulant violenter la petite amie de Willy, l'a tuée par accident. En effet, les membres de ces gangs sont des hommes jeunes voire des adolescents, et sont violents. Le nombre de leurs tatouages est proportionnel aux actes violents qu'ils commettent (le meurtre en fait partie). Ils vivent selon leurs propres lois qui se résument à supprimer tous ceux qui leur cherchent des ennuis. On voit comment ils peuvent faire disparaître les corps de ceux qu'ils ont tués sans sommation. Ils règnent par la terreur. Je ne vous dirai pas comment Willy et Sayra arrivent à se cotoyer et à faire un brin de chemin ensemble. La fin est en demi-teinte: tragique pour l'un et avec l'espoir d'une nouvelle vie pour l'autre. J'ai été touchée par le destin de ces deux personnages. Ce film réalisé par un réalisateur inconnu du grand public a reçu plusieurs prix dans des festivals internationaux. Il s'est inspiré de faits réels pour nous raconter cette histoire. Cela fait un bon complément au documentaire qui est encore projeté (tout au moins à Paris): La vida loca (sorti le 30 septembre dernier) du réalisateur Christian Poveda qui s'est fait malheureusement tuer par balles par le gang salvadorien des "Maras". Son film est dans mes films à voir. En tout cas, Sin nombre mérite toute votre attention.

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