En attendant de vous livrer mon palmarès de l'année cinéma 2009, je voulais évoquer ce premier film multi-primé d'une jeune réalisatrice plus que prometteuse, Qu'un seul tienne et les autres suivront de Léa Fehner. Il m'avait été recommandé par une collègue. Grâces lui en soient rendues car ce film est remarquable de bout en bout (avec quelques défauts tout de même). Le titre énigmatique ne dit rien de l'histoire. Après un préambule assez abrupt pendant lequel une femme pleure devant l'entrée d'une prison (à Marseille) en demandant de l'aide aux personnes qui sont là, des séquences sans lien apparent nous présentent des personnages. Il y a une femme algérienne, Zorah (une actrice magnifique) qui, à l'aéroport d'Alger, accueille le cercueil de son fils (mort poignardé par l'amant de ce dernier); dans la banlieue de Marseille, une jeune femme, Elsa, n'arrête pas de crier après son compagnon, Stéphane (il est livreur), en le traitant de minable (il n'ose pas demander d'argent à sa mère); et enfin Laure, une jeune lycéenne de 16 ans, rencontre un garçon de son âge, Alexandre (peut-être un peu voyou), dans un bus. On découvre que le lien qui va les faire se croiser sans se rencontrer, c'est le parloir d'une prison. Entretemps, Zorah fera la connaissance de la soeur du meurtrier de son fils, Stéphane va accepter un échange peu banal de la part d'un homme au comportement violent. Enfin, Laure va vivre un premier amour suivi d'une rupture assez brutale. La réalisatrice traite les trois histoires à égalité et nous permet de nous attacher aux personnages tous très bien joués par des acteurs pas forcément connus. Le petit défaut du film (à mon avis), c'est un personnage trop bien pour être honnête et pas très crédible: le jeune médecin qui accompagne Laure au parloir. A part ça, allez-y. Je pense que vous ne le regretterez pas.