vendredi 5 février 2010

Père des mensonges - Brian Evenson

Après avoir lu de nombreux billets avec des avis positifs (cuné, keisha, stephie, cathulu, amanda, leiloona, et pimprenelle) sur Père des mensonges de Brian Evenson (Editions du Cherche-midi), je l'ai acheté et lu très vite. Mais depuis que j'ai fait cette lecture, je ne sais pas quoi en penser. J'ai plutôt apprécié ce roman perturbant, mais avec des réserves. Je trouve que l'auteur a écrit son roman de façon trop neutre (j'espère que c'est voulu). Son héros, Fochs, doyen laïc d'une secte religieuse (la Corporation du sang de l'agneau, les Sanguistes), vient de commettre des actes aussi épouvantables que le viol sur des jeunes garçons et le viol suivi du meurtre d'une jeune fille. Evenson ne juge pas Eldon Fochs, puisque la plus grande partie du récit est écrite à la première personne du point de vue de Fochs. On pourrait croire qu'Evenson est presque de son côté et compatit à ses troubles de la personnalité. Il y a là une ironie qui m'échappe un peu. On ne sait pas trop à quelle époque (ni en quel lieu) cela se passe même si on devine qu'il s'agit d'une période contemporaine, aux Etats-Unis. Le plus terrible dans l'histoire, c'est l'impunité dont Fochs bénéficie malgré ses crimes, parce qu'il est un membre éminent d'une secte religieuse et que ce sont les victimes qui sont coupables de ne pas assez croire en Dieu. Quand le roman commence, Fochs vient de suivre une psychothérapie suite à des cauchemars perturbants et des crises de somnambulisme. Les conclusions du psychothérapeute sont accablantes pour Fochs mais il ne faut pas que cela se sache. Par la suite, il va perpétrer un crime envers un être proche, sans parler des rapports incestueux avec sa fille aînée. En y repensant, je pense que Fochs est, sous la plume d'Evenson, une espèce d'ectoplasme dans un contexte artificiel pour parler d'un sujet douloureux et qui reste malgré tout tabou. Je n'ai pas été très convaincue par les passages où "Tête sanglante" (vous verrez vous-même de qui il s'agit) fait des siennes. C'est quand même dur de se mettre dans la peau d'un schizophrène pédophile. Je ne suis pas sûre qu'Evenson ait réussi ces passages. Quoi qu'il en soit, je ne regrette pas ma lecture, mais je la conseillerai avec modération.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
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Commentaires sur Père des mensonges - Brian Evenson

Après l'avoir vu comme toi sur pas mal de blogs je l'ai noté. Je crois que j'attendais un avis plus mitigé, tu me l'apportes. Je ne sais pas trop si je vais le lire, on verra ..

Posté par Aifelle, vendredi 5 février 2010 à 07:19

J'ai les mêmes réticences qu'Aifelle! Les avis sont élogieux mais je redoute cette histoire!

Posté par mango, vendredi 5 février 2010 à 09:40

J'ai eu l'impression que l'opinion de l'auteur sur Fochs et ses agissements est claire . Certains dialogues et réflexions, surtout dans la communauté,sont assez mordants ; l'auteur présente, parfois il force le trait, mais c'est là sa force de laisser le lecteur réagir.

Posté par keisha, vendredi 5 février 2010 à 11:18

je l'ai repéré celui-là il est sur ma liste

Posté par alinea, vendredi 5 février 2010 à 13:29

Tu as raison, ce n'est pas un livre à mettre entre toutes les mains

Posté par Stephie, samedi 6 février 2010 à 09:22

Je viens de le finir et tu écris tout à fait ce que j'ai ressenti, et noté dans mon carnet ! En fait, je ne voulait pas le lire avant d'écrire, mais une phrase en appelant une autre... bon j'attendrai quelques jours avant de rédiger mon avis !

Posté par kathel, samedi 6 février 2010 à 15:05

Pour ma part, c'est un refus catégorique de lire ce livre : religion, curés et pédophilie... Tous les thèmes que je déteste !

Posté par Marie, samedi 6 février 2010 à 21:45

C'est vrai que c'est un roman difficile et je comprends vos réticences. Merci en tous cas de l'avoir présenté.

Posté par Solène, mercredi 24 février 2010 à 20:26

On a effectivement ressenti la même réticence .... c'est un livre fort ... un bon livre incontestablement mais .... perturbant ! C'est sans doute le but d'ailleurs ...

Posté par La Pyrénéenne, jeudi 15 avril 2010 à 11:27
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