J'ai trouvé que Shutter Island, le dernier film de Martin Scorsese, démarrait bien (pendant les 20 premières minutes) avec une atmosphère lourde, une image sombre. C'est après que cela se gâte. Par ailleurs, on se sent tout de suite oppressé d'autant plus qu'il n'arrête pas de pleuvoir pendant tout le film. L'inspecteur de police Teddy Daniels et son adjoint Chuck Aule sont à bord d'un bateau qui relie le continent à une île au large de la Nouvelle-Angleterre (USA). Arrivés sur place, ils commencent à enquêter sur la disparition d'une certaine Rachel Solando qui s'est évaporée d'une cellule où elle était internée, dans l'institution psychiatrique pour criminels malades mentaux situé en ce lieu. Auparavant, comme la tempête faisait rage et que le bateau tanguait, Teddy Daniels a eu le mal de mer. C'est le début de son mal-être. L'aspect de l'île est sinistre avec ses bâtiments cernés de barbelés. Les fous les plus dangereux sont emprisonnés dans une sorte d'édifice fortifié. Au loin, un phare domine l'île. En plus de cette Rachel, il semble qu'un autre individu ait disparu, le numéro 67. Je vous passerai les détails de l'histoire, car petit à petit, on se lasse un peu de ce que l'on voit sur l'écran. L'enquête des deux hommes est parasitée par des scènes où Teddy Daniels, en proie à des migraines ou des cauchemars, voit sa femme disparue, à moins qu'il ne se trouve dans le camp de concentration de Dachau (il a fait partie des libérateurs). On se demande où le réalisateur nous emmène. L'utilisation de ces flashback m'a gênée et ralentit l'histoire qui nous intéresse (Le film dure 2H15). La fin m'a parue démonstrative, à la différence du roman, que j'avais lu il y a 4 ou 5 ans, et qui est plus énigmatique, brutale et imprévisible. Leonardo Di Caprio joue bien son rôle mais sans plus (il est vrai que son personnage n'est pas évident). Je décerne une mention spéciale à Patricia Clarkson qui apparaît de manière vraiment sensationnelle dans une scène unique. Emily Mortimer et Michelle Williams sont plutôt pas mal et même bouleversantes par moment. Le film fait un démarrage sur les chapeaux de roue aux Etats-Unis où il est sorti en même temps qu'en France. A vous de juger ce film. Voir aussi les billets très élogieux d'Amanda, de ffred et de Dr Orlof et celui plus mesuré d'Edisdead.

NB: au vu de la plupart des commentaires ci-dessous, je voudrais redire que ce film m'a déçue; et je vous conjure d'aller voir The Ghost Writer.