mercredi 31 mars 2010

Le bureau vide - Franck de Bondt

Marc Deleuze, le héros de l'histoire, a appris en 5 minutes qu'il n'était plus rien dans la société où il travaillait après avoir exercé les fonctions, pendant quelques années,  de "directeur des ressources humaines et des relations sociales". N'étant pas encore licencié, il occupe un bureau qui se vide peu à peu: les armoires, les tiroirs, le fauteuil à roulettes et même sa porte est dégondée. Mais Marc Deleuze a suffisamment d'humour pour ne pas prendre la situation trop au tragique. Pourtant Le bureau vide de Franck de Bondt (Editions Buchet Chastel) est un condensé romanesque des aléas tragiques des fusions/acquisitions des entreprises dans lesquelles, un jour, vous avez un poste important et le lendemain, vous n'existez plus, on vous ignore, on ne vous salue plus (des instructions sont données en ce sens). J'ai souri à la lecture de ce court roman d'un peu plus de 100 pages qui fait passer un bon moment, et cependant le fond de l'histoire est triste et elle apparaît très actuelle.

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lundi 29 mars 2010

Films vus et non commentés depuis le 27/01/10 (suite 2ème partie)

Comme je l'avais annoncé précédemment, voici un billet sur 4 films d'un coup. Il fut un temps où j'aurais publié un billet pour chacun, mais mon retard de rédaction s'accumule par rapport à mon rythme de vision (44 films depuis le 1er janvier!)...

Le film Lovely bones de Peter Jackson aurait pu être bien s'il n'y avait pas eu les séquences de l'entre-deux mondes, dont un endroit semblant être le purgatoire tendance "new age", qui frôlent le ridicule et alourdissent l'ensemble. En revanche, les séquences où le "serial killer" apparaît à l'écran (on devine assez vite que le voisin avec ses lunettes et ses moustaches est un être peu recommandable) font froid dans le dos. Je sais gré au réalisateur de nous avoir épargné la scène du meurtre proprement dit de Susie Salmon très bien jouée par une jeune actrice plein de fraîcheur. C'est elle, la narratrice du film, jusque par-delà la mort. Dès le début de l'histoire, Susie annonce de but en blanc qu'elle a été assassinée à l'âge de 13 ans. Son corps reste introuvable (il faut attendre la fin pour savoir où il est et pour que l'âme de Susie soit en paix). Après cela, que dire du film si ce n'est qu'il faut peut-être lire le roman (que j'espère meilleur)?

I love you Phillip Morris de Glenn Ficarra et John Requa est inspirée d'une histoire vraie. Le film vaut surtout pour la prestation de Jim Carrey qui porte l'histoire. Il joue le rôle d'un agent de police Steven Russell, marié et père de famille au Texas, qui se découvre homosexuel. Enfant abandonné à la naissance, il arrive à retrouver sa mère biologique qui le renie. Amoureux d'un autre homme, il laisse tomber sa famille et mène grande vie avec son amant. Ses extravagances financières l'amènent en prison où il tombe amoureux d'un certain Phillip Morris (Ewan McGregor un peu fade), et ce n'est que le premier tiers de ce film au scénario bien construit et sans temps mort. A la longue, c'est un peu fatiguant. Jim Carrey est présent de la première à la dernière image. Il est tellement bien qu'il en devient effrayant. Film iconoclaste: on sent que ce ne sont pas les Américains qui l'ont produit (le producteur exécutif est Luc Besson). C'est trop politiquement incorrect. A vous de voir.

La régate de Bernard Bellefroid (c'est son premier film de fiction) raconte l'histoire d'une relation violente d'amour-haine entre un père et son fils. Thierry (Thierry Hancisse), le père, aime son fils Alexandre mais cela ne l'empêche pas de le battre et même de le blesser gravement d'un coup de couteau à la cuisse. Il se venge de sa vie ratée. Les scènes de disputes sont à la limite de l'insoutenable. Bon rameur [pagayeur], Alexandre arrive malgré tout à s'entraîner pour participer à une régate de kayak. Son entraîneur (Sergi Lopez, très bien) ainsi que tous les camarades d'Alexandre ne comprennent pas les absences et l'attitude d'Alexandre qui fait comme si de rien n'était. Il ne dénonce pas son père car il l'aime. C'est un film dur mais prenant qui vaut pour l'interprétation des acteurs dont le jeune Joffrey Verbruggen.

Je termine par L'arbre et la forêt d'Olivier Ducastel et Jacques Martineau, avec un Guy Marchand (Frédérick) émouvant et magnifique entouré de Françoise Fabian qui joue le rôle de sa femme (Marianne). Je n'avais pas revu François Negret sur grand écran depuis De bruit et de fureur de Jean-Claude Brisseau (1988). Il interprète un des deux fils de Frédérick et Marianne. Le film est bercé de nombreux extraits de la tétralogie de Richard Wagner. Le jour des obsèques de son fils ainé, Charles, Fréderick brille par son absence. Plus tard, au cours d'un dîner de famille, il explique assez vite pourquoi il a agit ainsi. La révélation sème la confusion parmi les présents dont le fils cadet, Guillaume. La réalisation prend son temps: la musique wagnérienne résonne dans cette belle demeure entourée d'arbres et de bois. Il ne se passe grand-chose. L'histoire est ténue mais on a une impression de repos et de sérénité. Le couple Frédérick/Marianne est uni par une immense tendresse qui touche et le film permet de rappeler une fois de plus un passé douloureux qu'il ne faut pas oublier. Catherine Mouchet dans le rôle de l'ex-belle-fille de Frédérick et Marianne est (toujours) impeccable.

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samedi 27 mars 2010

Sukkwan Island - David Vann

Je viens de lire en un jour Sukkwan Island de David Vann (c'est son premier roman) après avoir constaté qu'il avait été chroniqué dans plusieurs blogs. Je fais partie de ceux qui ont été déçus (voir le billet de Dominique). Ce roman publié aux éditions Gallmeister (190 pages) est divisé en deux parties presque égales. La première met en présence un père et son fils Roy, 13 ans. Le père, dentiste, a décidé de vivre pendant un an avec Roy, qu'il connaît peu, sur un îlot en Alaska, accessible seulement par bateau et avion. Le père est un être perturbé (qui sanglote toutes les nuits). Dès le début, Roy n'est pas à l'aise avec son père et dans cet environnement hostile pour un citadin. Dans cette partie, c'est Roy qui est au centre du récit. On ne connaît qu'à la page 111 le prénom du père. Dans la deuxième partie du roman (commençant page 115), Jim (le père) se retrouve seul suite à un événement et on suit l'errance de cet homme dont le comportement devient de plus en plus inquiétant et délirant. Cette partie est longue et descriptive avec ce personnage pas très intéressant. J'ai été surtout gênée par le style (peut-être est-ce dû à la traduction). Je ne trouve pas que le roman soit très bien écrit et je n'ai pas été passionnée par l'histoire. Les louanges sur Sukkwan Island me laissent un peu perplexe. Je m'attendais à autre chose.

PS: je me suis aussi étonnée de voir, dans la dédicace du livre, que le prénom du père de l'auteur (décédé à 40 ans, selon les dates indiquées) est le même que celui du père dans le roman?

PS2: suite aux  commentaires de Keisha et Lystig, voici le lien vers l'interview de l'auteur sur le site d'In Cold blog ainsi que la critique.

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jeudi 25 mars 2010

Le guerrier silencieux - Nicolas Winding Refn

Le guerrier silencieux (Valhalla Rising) du Danois Nicolas Winding Refn est surtout une expérience visuelle, auditive et sensorielle. Le personnage principal joué par Mads Mikkelsen ne prononce pas une parole pendant tout le film. En revanche, il agit: il se bat et éviscère à mains nues. Nous sommes en 1000 après J.-C. Le film se décompose en 6 parties aux titres évocateurs, dont "Wrath" (la colère), "Hell" (l'enfer), "Sacrifice". Le héros du film est donc un guerrier prisonnier (depuis quelque temps). Borgne et mutique, il se débarrasse de ses geôliers. Il épargne un garçon blond, Are, qui se met à le suivre et à être son porte-parole comme s'il lisait dans ses pensées. Ils sont embarqués dans un vaisseau viking en route pour la Terre Sainte afin de délivrer Jérusalem. Mais finalement, ils se retrouvent au Nouveau monde avec des indiens hostiles. C'est l'enfer plutôt que le paradis. En admirant les paysages grandioses (le tournage s'est déroulé en Ecosse), même sans verser dans la philosophie, c'est la première fois de ma vie qu'en voyant un film, je me suis posée des questions existentielles comme "D'où venons-nous? Qui sommes-nous? Où allons-nous?". Troublant. Le film m'a un peu fait penser au 13ème guerrier de John McTiernan, tant par l'éclairage, les décors, que la musique. Nicolas Winding Refn (co-scénariste du film) continue d'être un cinéaste à suivre (cf. mes billets sur Bronson et la trilogie Pusher).

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mardi 23 mars 2010

Country Blues - Claude Bathany

Après Last exit to Brest (mon billet du 25/02/2010), voici Country Blues (toujours aux Editions Métailié) dans lequel on retrouve la belle plume de Claude Bathany. Ce roman noir et assez désespéré raconte les tristes vies des membres de la famille Argol: quatre enfants, et la maman atteinte de la maladie d'Alzheimer. Le père, Etienne Argol, ancien musicien et compositeur de talent, s'est pendu vingt ans auparavant. Que s'est-il passé? Retirés à la campagne dans une ferme dans les monts d'Arrée en Bretagne. cette famille fracassée, complètement retirée du monde et inconsciente de ce qui y arrive, se compose de Cécile, lesbienne mal dans sa peau, pas jolie et ayant la passion des armes à feu; de Dany, play-boy rural coincé avec son troupeau de vaches; de Jean-Bruno, boxeur qui construit un mur autour de la ferme; enfin de Lucas, le schizophrène ventriloque qui ne se sépare pas de sa marionnette Olive, objet transitionnel entre les êtres animés et inanimés. Cette fratrie a du mal à vivre ensemble en raison de leur histoire familiale. En revanche, il y a ceux qui savent tout du drame des Argol, ce sont les Moullec, avec Vincent, Didier, Gildas et Evelyne. Ils sont des voisins (pour certains peu recommandables). Roman polyphonique et non cacophonique à 8 voix (Claude Bathany leur donne la parole tour à tour), ce huis-clos campagnard se passe sur 24 heures car un élément perturbateur en la personne de Flora va faire ressurgir un passé pendant lequel un serial-killer de petites filles a sévi alentour. Flora provoque la jalousie de Cécile et Dany qui se la disputent. L'auteur parle de spleen rural car les Argol traversent les événements sans rien voir, la réalité leur échappe. Claude Bathany dit que la première phrase du roman fut la plus facile à écrire, après, ce fut difficile (boutade?). Un troisième roman en gestation se passera au bord de la mer. Je remercie Eireann/Yvon pour le lien vers une interview de Claude Bathany qui m'a bien aidée pour écrire ce billet. Voir aussi le billet d'Alain.

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dimanche 21 mars 2010

Films vus et non commentés depuis le 27/01/10 (suite 1ère partie)

J'ai donc repris ma rédaction de billets après quelques jours qui ont passé trop vite à mon goût. Pendant cette période "sans blog", je n'ai malgré tout pas eu le temps de faire tout ce que je voulais, mais je ne pouvais pas laisser tomber mes lecteurs trop longtemps.

Je poursuis mes billets avec plusieurs films chroniqués car j'ai beaucoup de retard. D'autres suivront.

Sherlock Holmes de Guy Ritchie est un film distrayant où le méchant n'est pas Moriarty (quoique) mais un certain Lord  Blackwell, qui se sert de stratagèmes, de poisons et de tours de passe-passe pour essayer de s'emparer du pouvoir en Angleterre et instaurer une dictature. Heureusement que Sherlock Holmes et son fidèle Watson veillent, jeunes et fringants. Holmes (Robert Downey Jr) n'est pas encore trop "acccro" aux drogues, en revanche, il sait bien se battre à mains nues (il gagne des paris de cette façon). Watson, lui, est médecin-expert auprès des tribunaux. Parmi les méchants, il faut noter un géant parlant un français improbable et avec une force colossale. J'ai trouvé les effets spéciaux réussis et, pour une fois, j'ai tout compris. Mais il est vrai qu'on on nous explique plusieurs fois ce qu'il faut comprendre. Film distrayant.

Le père de mes enfants de Mia Hansen-Løve. J'ai enfin pu voir (avant qu'il ne soit trop tard) ce film dont j'avais entendu et lu du bien. La réalisatrice s'est inspirée de la vie du producteur Humbert Balsan, lequel s'est suicidé en 2005. Il y a deux grandes parties dans le film: avant et après la mort de Grégoire Canvel (Louis-Do de Lencquesaing, remarquable), producteur indépendant de films un peu d'avant-garde et beaucoup "Art et essai". Mais sa société de production "Moon Films" rencontre de grosses difficultés financières. Malgré une vie de famille équilibrée entre sa femme et ses trois filles, Grégoire se suicide sans que l'on nous donne une raison précise. Sa femme (Chiara Caselli) reprend le flambeau, et Clémence, sa fille ainée, va essayer de comprendre le pourquoi cette disparition. Ce film est une sorte d'hommage à ces personnages passionnés de cinéma qui y vouent leur vie et plus encore. C''est un film sur le milieu du cinéma avec ses doutes et ses problèmes. Le métier de producteur est dur et sans pitié. Mais ce n'est pas un film triste car, à la fin, Clémence s'émancipe en se tournant vers le cinéma. Film intéressant d'une jeune réalisatrice à suivre.

Je m'attendais à autre chose du film An education de la réalisatrice danoise Lone Scherfig, surtout en sachant que le scénario est de Nick Hornby. C'est un film sage dans lequel Carey Mulligan qui joue Jenny est une jolie révélation avec ses airs d'ingénue. Le titre pourrait se traduire en français par "Une éducation sentimentale". Tout est un peu languissant à mon goût, on est à la limite de l'ennui. Ce n'est pas très drôle. Il manque l'humour britannique. Pour résumer, Jenny, élève modèle en dernière année de lycée avant de tenter d'entrer à Oxford, tombe amoureuse d'un homme un peu escroc qui lui fait miroiter une vie romantique. C'est un vrai gentleman plein d'attentions pour elle. Ce faisant, il lui fait découvrir un début de vie aisée et insouciante. Bien entendu, il n'est pas ce qu'il dit être. Cela se termine dans le conformisme sans éclat: Jenny reprend ses études et puis voilà. De Lone Scherfig, je vous conseille plutôt Italian for Beginners: un film vraiment sympa tourné dans la lignée du "Dogme".

Soul Kitchen de Fatih Akin, troisième film que je vois de ce réalisateur germano-turc, est a priori une comédie. Je l'ai vu en avant-première en présence du réalisateur et des distributeurs français, qui nous ont surtout dit que le film avait fait 1 million d'entrées en Allemagne. Je pense ne pas avoir le même goût que les Allemands.... Fatih Akin s'essaye donc à faire sourire: il a encore des progrès à faire. C'est surtout le scénario que j'ai trouvé faiblard. Les acteurs s'amusent plus que nous, certains ne font que des apparitions comme Birol Unel (Head on). Cela se passe à Hambourg de nos jours. Zinos, un Allemand d'origine grecque, est le propriétaire d'une sorte de grand hangar qui fait restaurant. Les clients sont rares et la nourriture peu variée, mais des habitués se plaisent en ce lieu. Zinos est amoureux d'une jeune femme qui part en Chine. Il engage un nouveau chef de cuisine caractériel qui fait fuir les clients et Zinos se retrouve avec des problèmes de dos. Quel est le rapport, me direz-vous? Et bien pas beaucoup. On trouve quelques bonnes idées dont celle de l'Allemand blond, le "méchant" qui fait tout pour récupérer le hangar: c'est le terrain qui l'intéresse à des fins de spéculations immobilières. Selon le dossier de presse, l'histoire est inspirée de la vie de l'acteur principal Adam Dousdoukos qui a participé au scénario. Toujours est-il que je trouve Fatih Akin plus inspiré dans des films graves comme Head-on (cf. mon billet du 15/01/07).

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vendredi 19 mars 2010

Le camion blanc - Julie Resa

Ce "livre voyageur" a fait un arrêt chez moi, après avoir stationné chez Manu que je remercie, et avant de continuer sa route vers chez Stephie. Il s'agit du premier et court roman (89 pages, 29 chapitres et 1 épilogue) de Julie Resa (Editions Buchet Chastel). Le camion blanc du titre sert de souffre-douleur à une femme, qui vient d'être maman d'une petite Elise et qui a perdu sa propre mère décédée un an plus tôt. Cette jeune femme, S. Milo, est une Parisienne qui s'est retirée en province dans une petite ville. Elle est venue vivre chez son père de plus en plus vieux et ronchon dans une rue déserte et tranquille. Un jour, elle se retrouve nez à capot avec un camion blanc stationné dans la rue. Semblant abandonné, il détonne et fait tache dans le paysage. Pendant toute l'histoire, elle n'aura de cesse de faire partir ce camion: détérioration, lettre anonyme ou non, plainte auprès du commissariat et même pire... Elle est obsédée par ce véhicule qui ne lui a rien fait mais il est au mauvais endroit, au mauvais moment. S. Milo souffre d'une grave dépression post-natale qui va provoquer un dommage collatéral regrettable. Peut-être saura-t-on en tout cas son prénom, ou son nom de jeune fille (qui n'apparaissent jamais) dans un prochain volume? Premier roman bien écrit. Julie Resa est une auteur à suivre.

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jeudi 11 mars 2010

Films vus et non commentés depuis le 27/01/10

Avant de prendre quelques jours de pause pour cause de "coup de mou" et de beaucoup de boulot, voici un billet avec une partie des films vus que je n'avais pas encore eu l'occasion d'évoquer. Un ou plusieurs billets sur les autres films suivront à partir de mon retour, vendredi 19 mars 2010. Je tiens à remercier tous les blogueurs pour leur fidélité et leur gentillesse à mon égard. 

A Serious Man des frères Ethan et Joel Coen ne laisse personne indifférent sur les blogs. Personnellement, je me suis interrogée devant cette évocation des années 60 (assez autobiographique semble-t-il) par les deux frères. Il y a d'abord un prologue (la séquence la plus réussie du film), qui se passe au 19ème siècle et semble déconnecté du reste de l'histoire: un dibbouk (un mort) vient rendre visite aux vivants. Puis, sans transition, on se retrouve dans une petite ville de l'Etat du Minnesota aux Etat-Unis, avec un prof stagiaire, Larry Gopnik, marié et père de famille, qui attend sa titularisation dans l'université où il enseigne la physique. Sa femme (au "look" vestimentaire et à la coiffure un peu ridicules voire vulgaires) lui annonce qu'elle veut divorcer pour aller vivre avec un autre, tout en respectant la pure tradition juive. Les enfants ne sont pas en reste: le fils préfère écouter de la musique en classe plutôt que d'apprendre l'hébreu; quant à la fille, elle veut se refaire le nez. N'oublions pas le rôle des rabbins (il y en a trois dans le film), qui font office de confesseur et de psy pour Larry, mis à la porte de sa maison, devant aider son frère au chômage, pas insensible au charme d'une voisine et en butte aux menaces d'un élève voulant le soudoyer pour que Larry lui donne une meilleure note (ouf!). Le film n'est pas vraiment une comédie mais plutôt une étude de moeurs qui finit avec la célébration de la bar mitzvah du fils. Pour ceux qui ne connaissent pas l'oeuvre des frères Coen, je ne leur conseille pas forcément de commencer par celui-ci; pour les autres, ce film leur montrera une autre facette du talent des deux frères, même si je n'ai pas été complètement enthousiasmée.

L'autre Dumas de Safy Nebbou commence à être bien dans le dernier quart d'heure. En un mot, j'ai été déçue par ce film, après m'être attendue à une histoire sur l'écriture à deux mains, les romans, la création littéraire. En effet, les deux protagonistes principaux du film sont Alexandre Dumas et Auguste Maquet. Ce dernier, dont de nos jours on a oublié l'existence ou presque, a été (paraît-il) l'inspirateur des Trois mousquetaires et du Comte de Monte-Cristo. L'histoire se passe en 1848 à la veille de la prise du pouvoir par Napoléon III. A Trouville, où Dumas et Maquet passent quelque jours, une jeune fille se méprend en prenant Maquet pour Dumas. Je ne raconterai pas la suite, qui est pleine de rebondissements mais qui traine en longueur. Benoît Poelvoorde est vraiment bien, ainsi que Catherine Mouchet qui joue sa femme et Dominique Blanc en compagne de Dumas. Depardieu fait du "Depardieu", et je ne dirai pas grand-chose d'autre, à part que, à mon avis, c'est du niveau d'un honnête téléfilm mais sans plus.

Liberté de Tony Gatlif constitue un film à voir pour l'histoire, pour la musique, la modestie dans le traitement du sujet, pour la musique, pour James Thierrée, pour Marie-José Croze et Marc Lavoine: que de bonnes raisons en somme. C'est un très beau film sur un sujet connu mais qui n'avait pas encore été traité au cinéma (me semble-t-il). L'histoire est inspirée de faits réels. En 1943, en France, les gens du voyage sont pourchassés par le régime de Vichy. Une famille de 15 personnes, qui vivent dans des roulottes et parcourent la France, va bénéficier d'un répit grâce à l'aide du maire d'un village (Marc Lavoine) et d'une institutrice (Marie-José Croze). Parmi les gens du voyage, il y a Taloche (James Thierrée) qui donne un peu de folie au film. En revanche, une fois de plus, Carlo Brandt dans le rôle de M. Pentecôte joue encore le salaud de service. Son personnage est vraiment abject. La musique tzigane que l'on entend est bien agréable mais il y en a trop peu.

Crazy Heart de Scott Cooper est un premier film réussi et il a permis à Jeff Bridges d'être justement récompensé de l'Oscar du meilleur acteur dimanche 7 mars 2010. C'est une histoire simple et belle d'un chanteur de country au bout du rouleau, alcoolique et se produisant dans des arrière-salles minables. Mais sa rencontre avec une jeune journaliste débutante, mère célibataire qui pourrait être sa fille, va le transformer. L'histoire est un peu convenue mais il se dégage une vraie chaleur humaine. Robert Duvall qui est aussi producteur exécutif du film joue un petit rôle de tenancier de bar. Maggie Gyllenhaal en jeune mère méfiante envers les hommes irradie avec ses beaux yeux bleus. Il faut noter l'apparition et la prestation tout à fait honorable de Colin Farrell, en chanteur country. Mais revenons à l'essentiel: Jeff Bridges, qui est magnifique et joue avec beaucoup de sobriété. Il joue de la guitare et chante très bien. Un grand rôle pour un grand acteur. En revanche, on a un petit coup de "blues" (nostalgie...) quand on sort de la salle.

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mardi 9 mars 2010

La clé des mensonges - Jean-Bernard Pouy

Jean-Bernard Pouy, l'auteur des aventures du Poulpe, a reçu, pour La clé des mensonges, le Prix du polar 1989. C'est le premier roman que je lis de cet auteur et cela ne sera pas le dernier (j'en ai deux autres dans ma PAL). Paru en folio policier, La clé des mensonges est un roman assez court (180 pages), et haletant, puisque nous suivons deux personnes en cavale à leur corps défendant. Le roman alterne deux récits dans le temps, qui se rejoignent à un moment donné. Cela commence à la gare d'Austerlitz et se termine vers Carcans-Plages, dans la région de Bordeaux. L'histoire est narrée à la première personne par le maréchal des logis de gendarmerie Pierre Zapala, 55 ans, veuf et à 15 jours de la retraite. Il est chargé, avec son collègue Morzodec, d'escorter une jeune femme d'une vingtaine d'années, menottée. Elle est le témoin-clé dans une affaire criminelle, avec en toile de fond un trafic d'armes et d'oeuvres d'art. Dans le train, ils se font tirer dessus par on ne sait qui et Morzodec est tué. La cavale commence pour Zapala et la jeune femme, Alix. Ils sont poursuivis par des tueurs et des policiers. Alix avale une clé qu'elle avait à une chaîne autour du cou. Cet objet de convoitise ouvre un coffret renfermant quelque chose, mais quoi? Au bout du compte, cette partie de l'histoire nous est dévoilée par bribes à la page 120, mais cela demeure flou et reste seulement un prétexte. L'auteur préfère se concentrer sur les deux fugitifs aux rapports d'abord houleux et tendus mais qui finissent par se tolérer et s'entraider, car ils ne peuvent faire autrement. On voit une évolution dans leur relation qui devient un rapport père/fille. Je trouve que le titre "La grande illusion" conviendrait bien. On peut dire que Zapala n'aura jamais autant vécu que ces quelques jours. J'ai aimé ce style direct et ces phrases courtes. A découvrir.

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dimanche 7 mars 2010

Questionnaire "de Rob"

Pour changer un peu des critiques de films (j'en ai encore une douzaine en cours de rédaction), voici un petit questionnaire trouvé (entre autre) chez Rob.

01. Le film que vous possédez mais que vous n'avez jamais vu?

8 1/2 de Federico Fellini.

02. L'album qui ferait une excellente bande originale?

N'importe quel album des Doors (mais c'est déjà fait en partie).

03. Le biopic que vous ne voulez surtout pas voir?

La vie de Romy Schneider (je sais que c'est dans les tuyaux). Sinon, pas intéressée par la vie (et l'oeuvre) de M. Sarkozy sur grand écran.

04. La scène la moins érotique de l'histoire du cinéma?

Il n'y a pas une scène mais toutes celles où l'on voit des actrices se déshabiller sans raison précise. Je pense en particulier à la première séquence de La petite Lily de Claude Miller, Ludivine Sagnier qui se dévêt. Sans intérêt, cela me gêne et ce n'est pas érotique du tout.

05. Le film que tout le monde a vu sauf vous?

 Avatar de James Cameron.

06. Le film que tout le monde a détesté sauf vous?
 
Je sais que le film n'a pas été très prisé, mais moi j'avais trouvé la construction à rebours très originale: il s'agit de 5x2 de François Ozon.

07. La personnalité qui devrait faire du cinéma?

Je ne vois pas. Il y a déjà trop d'acteurs qui ne trouvent pas de rôle.

08. Le film de 2025 que vous attendez le plus?

Dans 15 ans, le 11ème film de Jacques Audiard.

09. Le film des mois à venir qui va vous décevoir?

Peut-être le Alice de Tim Burton. En y pensant, je ne sais pas si l'univers de Lewis Carroll et celui de Tim Burton sont compatibles.

10. Le cinéaste avec qui vous aimeriez boire des coups?

Comme je ne bois pas, c'est dur de répondre. J'aimerais bien discuter avec Claire Denis.

11. L'objet auquel vous aimeriez consacrer un film?

C'est un gros objet: la Tour Eiffel. Je la vois tous les jours ou presque depuis 48 ans. Elle sert immanquablement d'arrière-plan à moult films (surtout américains). Elle mériterait que l'on en fasse une héroïne à part entière.

12. La réplique que vous aimeriez connaître par coeur?

Toutes les répliques écrites par Michel Audiard dans les Tontons Flingueurs de Georges Lautner. 

13. L'acteur/actrice en qui vous vous reconnaissez?

Dominique Blanc.

14. Le festival que vous aimeriez créer?

L'anti-festival de Cannes, dont les critiques "officiels" seraient bannis. Ce serait un festival avec des films choisis par et projetés pour le grand public et récompensés par le même grand public.

15. La chose qu'on ne devrait plus jamais voir au cinéma?

La vulgarité et la bêtise mais c'est un vaste programme.

16. La place idéale dans la salle de cinéma?

Au milieu du milieu avec personne devant.

17. Le nom d'acteur/réalisateur que vous n'arrivez pas à retenir?

Je suis incapable de retenir les noms des acteurs et réalisateurs coréens.

18. Le métier de cinéma auquel vous ne comprenez rien? 

Un métier que je ne comprends pas parce que je ne sais pas en quoi cela consiste: l'étalonnage.

19. Le conseil à donner à un ado qui veut faire du cinéma?

Rester humble en toute chose.

20. La question que vous aimeriez ajouter à ce questionnaire?

"Quel métier du cinéma aimeriez-vous exercer?"
[Ma réponse:] Monteuse. On crée à partir de l'existant.

21. Le film à regarder le 24 décembre au soir?

The shop around the Corner d'Ernst Lubistch.

22. Le film que vous prétendez aimer alors qu'en fait pas vraiment?

Eyes wide shut de Stanley Kubrick.

23. Le film que vous êtes la seule à détester?

Le goût des autres d'Agnès Jaoui.

24. Le film que vous avez honte d'avoir vu?

Le derrière, le film de Valérie Lemercier. J'étais surtout très en colère d'avoir perdu mon temps.

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