Après trois semaines d'abstinence cinématographique non volontaire, je viens de voir, le même soir, Les secrets de Raja Amari (que je chroniquerai prochainement), et La tête en friche de Jean Becker avec la délicieuse Gisèle Casadesus, "95 ans, 40 kg, fripée comme un coquelicot mais avec plein de mots dans la tête" comme le dit si joliment Germain Chazes (Gérard Depardieu, qui n'a plus la tête de Mammuth). C'est une jolie histoire qui se termine bien. Les dialogues sont de Jean-Loup Dabadie. Germain vit dans une caravane au fond d'un jardin. Il plante et récolte des légumes qu'il vend sur les marchés. Il est affligé d'une mère indigne qui l'appelle "ça". Germain a des copains de bistrot, et une amie qui partage son lit de temps en temps (la trop rare Sophie Guillemin). A part ça, il rencontre un jour dans un square une vieille dame, Margueritte (avec deux "t") [Gisèle Casadesus], qui a travaillé à l'OMS. Elle lit beaucoup, ne se laisse pas abattre, c'est la joie de vivre incarnée. A son contact, Germain va s'ouvrir à la lecture. C'est peut-être un cinéma "vieillot, qui sent la naphtaline" comme l'a dit un des critiques de l'émission radio Le Masque et la Plume, mais cela ne m'a pas dérangée. L'histoire parle de lecture et de lecteurs, de la vieillesse, des yeux qui se meurent, des relations mère/enfant. On se sent heureux quand on sort de la salle. Le film dure 1H20: c'est court. On ne voit pas le temps passer. Je voudrais ajouter que pour mes deux films de cette soirée, les spectateurs étaient rares: 5 personnes pour le premier et environ 10 pour le second. Le "Mondial" est en train de faire des ravages.