mardi 31 août 2010

Alain Corneau 1943-2010

Décidément l'été 2010 aura été une période noire pour le monde du spectacle. Après Laurent Terzieff, Bernard Giraudeau et Bruno Crémer, c'est maintenant au tour d'Alain Corneau de tirer sa révérence. C'était un homme qui avait la passion du cinéma (et de la musique) et qui savait la faire partager. Personnellement, je trouve que son meilleur film reste (bien entendu) Série Noire d'après Jim Thompson en 1979 avec Patrick Dewaere, Marie Trintignant et Bernard Blier: très grand film noir. Sinon, les autres films qui à mon avis valent la peine sont Nocturne indien avec Jean-Hugues Anglade (1989, d'après Antonio Tabucchi), Stupeur et tremblement (2003) avec Sylvie Testud (très fidèle au roman d'Amélie Nothomb). Sans oublier non plus, dans une moindre mesure, Tous les matins du monde d'après Pascal Quignard (avec les Depardieu père et fils et Jean-Pierre Marielle) et la viole de gambe de Jorgi Savall. Je n'oublie pas Police Python 357, Le choix des armes, Fort Saganne et La menace. Il est dommage que sa carrière se soit terminée avec deux films, l'un vraiment décevant, Le deuxième souffle, sorti en 2007, et le très récent Crime d'amour, pour lequel je m'attendais à mieux [chroniqué le 07/10/2010].

PS: en hommage à Alain Corneau, le film Série Noire sera diffusé ce soir, mardi 31 août 2010, à 22H40, sur France 3.

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dimanche 29 août 2010

Histoire et Préhistoire en Périgord

Je ne vous avais rien dit de mes vacances de début août 2010. En voici un petit aperçu. J'annonce tout de suite qu'il n'y a qu'une photo pour illustrer ce billet. En effet, j'ai visité des lieux où les photos sont interdites comme pour les grottes (ce qui peut se comprendre) et dans les gisements à ciel ouvert (question de droit d'image).

Avant de faire une courte échappée en Aquitaine, mon ami et moi nous sommes arrêtés dans le Périgord, célèbre pour son foie gras et son patrimoine préhistorique.

D'abord un arrêt à Périgueux (que nous ne connaissions pas et qui vaut le détour) nous a permis d'admirer ses vieilles maisons et au moins un musée: Vésunna, site musée gallo-romain où est présentée, à couvert in situ, une domus Gallo-Romaine ayant connu deux niveaux d'occupation (vers le milieu du 1er, puis vers le milieu du 2ème siècle de notre ère), qui a été mis au (1) jour. Ce beau lieu bien aménagé qui date de 2004 a été conçu par Jean Nouvel.

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Ensuite, nous nous sommes dirigés vers les Eyzies à une quarantaine de km au sud-est de Périgueux. Nous avions trouvé un hôtel bien sympa sur les rives de la Vézère, qui est la rivière sur les bords de laquelle se trouvent, pour l'instant, les endroits les plus marquants (et encore accessibles au public) concernant la préhistoire. Et maintenant, sans faire de la publicité particulière, je dois dire que le guide vert d'un fabricant de pneumatiques bien connu nous a rendu un fier service.

En effet, nous n'avions rien réservé concernant les visites. C'était de l'improvisation. Dans un encart du guide, il était mentionné que, si l'on n'avait pas réservé, on pouvait arriver avant 9H30 à la billetterie de la grotte de Font de Gaume afin de s'insérer dans la queue des visiteurs du jour. Bien nous en a pris. On a eu la chance d'acheter nos précieux billets pour les grottes de Font de Gaume et des Combarelles. Et c'est là aussi que nous avons pu acheter d'avance, pour le lendemain, les tickets pour deux visites-conférences aux sites du Moustier et de La Ferrassie.

Nous avons commencé par les Combarelles (13000 ans BP (2)) où sont gravés environ 200 profils d'animaux, essentiellement des mammouths, des chevaux et des bisons, les trois animaux que l'on retrouve dans la plupart des grottes ornées. On peut y admirer aussi un profil de lionne (plus exceptionnel). La visite se fait en petit comité: pas plus de 8 personnes, ce qui donne 49 personnes par jour. A la sortie, sur le "livre d'or" à disposition des visiteurs, parmi les messages de gens mécontents de n'avoir pu rentrer dans les grottes en arrivant à l'improviste (contrairement à certains qui avaient parfois réservé un an à l'avance et payé 1,50 euro de frais de réservation), j'ai relevé celui qui trouvait, je cite, que l'"on pren[ait] les touristes pour des pigeons", il rajoutait qu'il attendais un courrier de réponse du Ministère!". C'est surtout la petite note écrite en exergue par un autre visiteur qui m'a amusée: "Et ta soeur?".

L'après-midi du même jour, nous avons pu admirer l'intérieur de la grotte de Font de Gaume qui est la dernière grotte à dessins polychromes ouverte au public (14000 BP). Le nombre de visiteurs est limité à 180 par jour. La grotte est une merveille. Combarelles et Font de Gaume sont distantes de 3 km.

Le lendemain, un jeudi, c'est Néanderthal. En effet, les deux sites à gisement stratigraphiques (s'étendant sur des dizaines de milliers d'années - des centaines de siècles!), Le Moustier et la Ferrassie, sont deux endroits où ont été trouvés des squelettes de néanderthaliens.
Nous avons eu la même conférencière qui est capable de captiver son auditoire en nous emmenant sur le terrain, en nous parlant pendant plus de 2 heures chaque fois, avec seulement ces stratigraphies, quelques documents, et quelques éclats de pierre ou moulages de crânes. Même moi qui n'y connait pas grand-chose, je pense avoir beaucoup appris. Il est à remarquer que la préhistoire est un domaine tabou dans certains pays que je ne nommerai pas ici. Je ne m'étendrai pas sur le sujet.

Depuis les dernières découverte de l'ADN et autre, les préhistoriens ont fait des découvertes intéressantes sur les premiers hommes. Il y eu quelques avancées spectaculaires, même si beaucoup de choses nous demeurent inconnues sur la préhistoire. C'est pourquoi la conférencière et les guides des grottes n'ont pas arrêté de nous répéter que quand ils nous disent des choses, c'est qu'elles ont été vérifiées. Pour le reste, chacun est libre d'interpréter (exemple, les dessins et gravures des grottes: sanctuaire? sacré? chamanisme? rite initiatique? On ne le saura jamais).

Nous avons terminé notre journée en allant visiter le musée de la préhistoire des Eyzies, très intéressant aussi (il a été rénové au XXIe siècle). Bien entendu, la célèbre statue (datant de 1930) de l'homme de Néanderthal qui trône à proximité ne correspond plus du tout à l'idée qu'on s'en fait aujourd'hui. Mais chut! "Néanderthal" est peut-être toujours parmi nous aujourd'hui.

Je voudrais terminer en disant que l'on a eu très beau temps pendant notre virée dans le Sud Ouest et aussi que mon ami qui lit beaucoup et est un passionné d'archéologie s'est ruiné en revues et livres que l'on a trouvés sur place.

(1) et non "à" jour comme on l'entend et le lit souvent par erreur. On découvre un site, on ne l'actualise pas.

(2) Pour la préhistoire, on parle en "BP" (Before Present), "avant le présent"... sachant que, par convention (anglo-saxonne?), la "date de référence" de ce présent est (déjà!) à 2 générations de nous: 1950 "de notre ère" (après J.-C.). 14 000 BP, ça donnerait donc 12050 avant J.-C. Mais "environ", puisque, en préhistoire, il est difficile d'avoir une datation même au siècle près. Ouf! Vous suivez?

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vendredi 27 août 2010

Tribulations d'un précaire - Iain Levison / Départs anticipés - Christopher Buckley [Livres lus en vacances (2ème partie)]

Comme promis, je continue mes chroniques des lectures de ma pause estivale. Suite à mon billet du 17/08/2010, voici deux autres livres très différents.

Tribulations d'un précaire de Iain Levison (éditions Liana Levi) n'est pas un roman, mais un récit. Je pense qu'il donne un avant-goût, dans un autre style, au livre de Florence Aubenas, Quai de Ouistreham, que je n'ai pas encore lu. Il nous raconte ses différentes expériences de travail, souvent pénibles et peu rémunératrices. Une licence de lettres en poche (qui lui a coûté 42000 $!), il va devenir homme à tout faire sur un plateau de cinéma, serveur dans une réception, employé dans une poissonnerie de supermarché (suivi d'un licenciement sec), chauffeur de poids lourd/déménageur, et surtout pêcheur en Alaska. Ce n'est pas toujours drôle mais le ton est suffisamment caustique pour que j'aie lu ce récit avec intérêt. Voici un aperçu du ton du récit avec le premier paragraphe: "C'est dimanche matin et j'épluche les offres d'emploi. J'y trouve deux catégories de boulots. Ceux pour lesquels je ne suis pas qualifié et ceux dont je ne veux pas. J'étudie les deux." Depuis, Iain Levison est devenu écrivain. Cf. mon billet du 17/02/2008 sur Un petit boulot.
 
Départs anticipés (Point seuil) de Christopher Buckley est un roman satirique (le premier que je lis de cet auteur). Au vu de la 4ème de couverture, je ne m'attendais pas du tout à l'histoire que j'ai lue au début. En effet, il nous y est annoncé (en résumé) l'histoire (de pure fiction) des retraités (les baby boomers) américains qui vivent aux crochets de la jeune génération grâce à la retraite par répartition à notre époque de crise économique. Le roman n'est pas tout fait cela. C'est surtout l'histoire de Cassandra (Cass) Cohane (qui a changé son nom de famille en Devine), conseillère en communication car elle n'a pas faire ses études à Yale (à cause de son papa), blogueuse forcenée. C'est elle qui déclare la guerre à ces "baby boomers" en ayant l'idée du "transitionnement volontaire" soit pour parler plus clairement "le suicide assisté" quand on atteint l'âge de 70 ans. Le roman brosse les portraits de personnages hauts en couleur comme Cassie (je vous laisse découvrir tout ce qui lui arrive, par exemple son passage miné dans l'armée), et d'autres qui gravitent autour d'elle, plus ou moins proche du pouvoir: Gideon Payne, évangéliste puceau et peut-être matricide; Monsignor Massimo Montefeltro (sorte de d'Ambassadeur en second du Vatican);  Randolph K. Jepperson, congressiste puis sénateur du glorieux état du Massachussetts, futur candidat à la présidence des Etats-Unis
et amant de Cassandra; Bucky Temple, conseiller politique du président des Etats-Unis en place; Terry Tucker, patron et plus tard associé de Cassie. Tout ce petit monde arrive à être attachant malgré leurs défauts (qui sont nombreux). Bien entendu il y a ceux qui sont "pour" et ceux qui sont "contre" concernant le projet du transitionnement. Au cours de ma lecture, j'ai cru que j'allais abandonner vers la page 160, je n'accrochais pas. Je me demandais où Christopher Buckley voulait m'emmener; et puis les presque 300 dernières pages se lisent d'une traite. La seule chose que je vous dirai pour conclure est que ce fameux "transitionnement" n'est pas adopté... mais il reste à l'étude.

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mercredi 25 août 2010

800ème billet

Mon huit centième billet tombe en cette fin de période estivale où, dans la blogosphère, le rythme de billets et celui des commentaires sont loin de tourner à la vitesse maximum. Je vais malgré tout publier un billet "statistiques" essentiellement axé sur mes commentaires reçus - histoire de continuer à épater certains de mes lecteurs ou lectrices par un "billet-bilan" comme à chaque centaine.

En divisant le nombre de mes commentaires [6563] par le nombre de personnes m'en ayant laissé [619], je m'aperçois que la moyenne de commentaires par personne dépasse les 10. Mais on fait vraiment dire n'importe quoi aux statistiques (n'en déplaise au statisticien)... En fait, mon recordman ne m'a pas encore fait 200 commentaires (cela ne saurait tarder, il en est à 198 - coucou, Ffred!). Et à l'inverse (à l'autre bout de ma courbe - de Gauss??), j'ai eu 287 commentaires de personnes qui ne sont pas revenues (dont 87 sans blog). Pour les 200 blogueurs à un seul commentaire (ceux que j'appellerais les "fragiles"), il y en a plus de 90 avec lesquels l'échange n'est pas ou plus possible, soit parce que leur blog ne parle pas du tout ni de films ni de littérature (mais de photos, cuisine, couture, art en général, politique...) [une quinzaine], soit parce qu'il sont passés en pause ou bien ont déjà disparu de la Toile [plus de 50 - on est vraiment dans l'éphémère], soit parce qu'ils réclament l'inscription à "leur" forum pour pouvoir échanger, quand il ne s'agit pas de "pollueurs" qui souhaitent surtout augmenter la fréquentation de leur site professionnel (je ne les supprime pas toujours - mais j'attends souvent quelque temps avant de "valider" leurs commentaires - en général succincts et rarement très intéressants).

En ce qui concerne les 72 blogueurs qui sont venus seulement 2 fois déjà me commenter, au moins 23 ne sont plus non plus "dans le coup" (je m'en aperçois quand, de temps en temps, je pense à repasser chez eux - mais je ne suis pas encore repassée chez tous récemment), et 5 sont des "sans blogs" (en général, leurs 2 visites se sont suivies très rapidement). Citons rapidement et pour information le nombre de personnes à 3 commentaires (68, dont un seul non-blogueur), et à 4 commentaires (32). Ces chiffres peuvent évoluer tous les jours! Par rapport au total, moins du tiers (188 sur 619) des personnes venues voir mon blog ont fait à peu près les 8/10e (5279 sur 6563) de mes commentaires. Ca ne colle pas tout à fait avec la règle "commerciale" des 20/80 (80% du "chiffre d'affaire" généré par 20% des "clients"), mais que faut-il en penser? Bien entendu, divers biais rentrent en compte, si l'on se replace dans le contexte "humain" des blogs: la notion de "flux" et de "stock". Je calcule mes statistiques depuis le début de mon blog; certains blogueurs venus durant ces 3 ans et quelque, et qui étaient très actifs à l'époque, ont pu quitter la blogosphère; certains de ceux qui ne m'avaient laissé qu'un commentaire ont pu y être plus qu'éphémères. Je compte aussi comme une "personne" les commentateurs "sans blog". L'un d'eux est rentré dernièrement dans la catégorie "commentateurs fidèles sans blog" créée spécialement pour lui (mon statisticien préféré est hors-concours!).

Et de mon côté? En 2010, à ce jour, j'ai visité pour la 1ère fois 250 blogs (mi-cinéma, mi-littérature), et j'en ai revisité (parfois pour la 5ème ou 6ème fois!) pas loin de 400 (qui, eux, ne m'ont ou m'avaient toujours pas fait de commentaire). Sans parler, bien entendu, de tous les com' échangés ou rendus avec ceux qui étaient déjà venus chez moi.

Je vois assez fréquemment des blogs vivant "en circuit fermé" avec une petite liste de blogeurs/euses qui sont toujours les mêmes. Je ne fonctionne pas ainsi: pour mes billets ayant plus de 10 commentaires, je pense qu'il serait extrêmement difficile de trouver la même liste de commentateurs sur deux billets différents... Tiens, il faudrait vérifier (c'est bizarre, je vois mon statisticien qui vire au verdâtre...).

Bon, je termine par une pirouette: ce billet étant déjà suffisamment long, je ne rentrerai donc pas dans le détail (par catégorie, par nombre de commentaires, par tag...) de mes 100 derniers billets. Qu'il vous suffise de les lire! C'est d'autant plus facile que canalblog a rajouté tout récemment en option un outil de recherche que je trouve bien pratique: merci! (en haut de ma colonne de gauche).

PS: je suis désolée pour mes lecteurs les plus anciens, mais mon statisticien insiste pour que je soumette, une fois de plus, la liste de mes quelque six derniers billets de 2007 qui n'ont pas encore été commentés. Par ordre chronologique, ça donne:
L'affaire de la rue de Lourcine - Eugène Labiche - mise en scène Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff (Théâtre -
18/03/2007) (1)
L'Ami de la famille - Paolo Sorrentino
(Cinéma - 12/05/2007)
Les temps difficiles
- Edouard Bourdet
(Théâtre -
04/06/2007)
A la vitesse de la lumière
- Javier Cercas
(Livres - 19/07/2007) (1)
Le roi des Juifs - Nick Tosches (Livres - 04/12/2007) (1)
Lumière silencieuse - Carlos Reygadas (Cinéma - 14/12/2007)

(1) Commentaire suscité par le présent billet durant le mois (et un peu plus) où il est resté en page d'accueil de mon blog.

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lundi 23 août 2010

Cleveland contre Wall Street - Jean Christophe Bron

Si, comme moi, vous n'avez toujours pas compris ce que sont les subprimes, la titrisation et autres termes barbares qui ont causé tant de dégâts financiers non négligeables aux Etats-Unis (et ce n'est pas fini), je vous conseille ce documentaire-fiction absolument remarquable fait par un Suisse. C'est un authentique film à suspense. On assiste à un procès avec un vrai juge, de vrais avocats, 8 vrais jurés et des protagonistes qui ont été acteurs et/ou témoins de ce qui s'est passé et se passe encore à Cleveland (Ohio, USA), et plus précisément dans un ghetto du ghetto nommé Slavic Village à l'est de Cleveland. 20 000 familles soit 100 000 personnes ont été expulsées de leurs maisons. Celles-ci ont été laissées à l'abandon, vendues aux enchères et sont souvent devenues des "squats". Ces expulsions ont commencé avant même la crise financière mondiale que l'on connaît. Cleveland est une ville sinistrée qui a voulu intenter un procès à 21 banques de Wall Street pour leur demander réparation. Les avocats des banquiers ont réussi à faire arrêter la procédure. Le réalisateur, Jean Stéphane Bron, a donc reconstitué un procès qui aurait dû avoir lieu. On est frappé par la personnalité de chacun des protagonistes: l'avocat de la défense, l'avocat "du diable" (Wall Street) au visage patelin; et surtout par les témoins comme l'ancien policier, les larmes aux yeux quand il raconte qu'il a dû expulser une vieille dame de 86 ans, ou comme un père de famille, ouvrier qualifié, qui, après avoir témoigné, regarde impuissant la vente aux enchères de sa maison; ou bien encore le jeune noir dealer de drogue à ses heures qui est devenu démarcheur pour vendre des subprimes. Plus il en vendait, plus il était payé "au noir", jusqu'à 7000 dollars. On assiste au procès jusqu'aux délibérations et au verdict qui se défend (si, si). C'est surtout la faillite d'un système (la vie à crédit) qui est montrée du doigt. Je vous laisse découvrir les exemples qui sont donnés. La plupart des victimes sont des personnes faibles ou vulnérables: les noirs, les personnes âgées et les gens pas très fortunés (c'est un euphémisme). La grande force de ce documentaire-fiction Wall Street contre Cleveland réside dans l'absence de manichéisme (à la différence des films d'un autre documontreur, Michael Moore pour ne pas le nommer). A ce jour, des familles continuent à être expulsées. Allez voir ce film riche d'enseignements et de questionnements... Non, courez-y plutôt!

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jeudi 19 août 2010

Inception - Christopher Nolan

Je reprends mes billets cinéma en essayant de faire une critique sur un film qu'il faut au moins avoir vu pour en parler sur les blogs ou les dîners en ville. Très sincèrement et spontanément, je n'étais pas pressée d'aller le voir. Je me suis décidée en voyant fleurir moult billets sur ce film de Christopher Nolan. Presque trois semaines après l'avoir vu, que m'en reste-t-il? Je le trouve techniquement bien fait avec de belles séquences comme celle qui se passe à Paris. En revanche, j'ai trouvé le scénario un peu superficiel, malgré de très bonnes idées (de dimensions métaphysique et philosophique). J'ai trouvé un peu simpliste la machine instillant, à l'aide d'électrodes, un rêve identique programmé dans le cerveau de plusieurs individus en même temps. J'aurais aimé savoir comment les scientifiques en étaient arrivés là. Cela est acté dès le début, il faut y croire, et c'est justement ce fait qui m'a gênée. On ne nous donne aucune indication quant à l'époque où se passe l'histoire, certainement dans un futur proche. Inception se révèle marquant par les séquences où les rêves s'emboîtent les uns dans les autres. On arrive à descendre jusqu'à 5 niveaux de rêve. Je retiens d'Inception le personnage (à mon avis le plus intéressant) de Mal jouée par Marion Cotillard. C'est une morte qui vient interférer dans les rêves d'un vivant, en l'occurrence son mari Cobb (Leonardo di Caprio, très bien), qu'elle hante. Si cette morte n'existait pas (!!!), il n'y aurait plus beaucoup d'histoire, des événements n'auraient plus lieu d'être. Concernant les rêves proprement dits, j'ai été frappée par les ralentis, par les personnages en apesanteur, les paysages enneigés ou les gratte-ciel à perte de vue ainsi que par les falaises qui s'écroulent. Un reproche que je ferais au film, mis à part le scénario, est que certains personnages ne sont pas exploités (par exemple, celui interprété par Ellen Page n'apporte rien). On ne connaît pas leur motivation excepté le fait que rêver est une drogue dont on ne peut plus se passer. A part ça, pendant que j'écris ce billet, ne rêvons-nous pas tous ensembles?
Lire les nombreux billet élogieux sur ce film comme ceux de Wilyrah, ffred, la nymphette, alamissamoun, bastien, Oriane ou Thomas Grascoeur par exemple. Il y a quand même d'autres sons de cloches comme ceux d'Armelle et 007Bond (1).

(1) Ed parle de tout autre chose: j'avais lu son billet trop vite, comme lui et Nolan me l'ont fait remarquer ci-dessous.

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mardi 17 août 2010

Le grand Loin - Pascal Garnier / Le bal des débris - Thierry Jonquet [Livres lus pendant mes vacances (1ère partie)]

Pendant ma pause estivale, je ne suis pas allée au cinéma (sauf pour voir Inception) mais j'ai pas mal lu.

J'ai donc sous le coude quelques notes sur divers romans et récit. Je commence avec:

Le grand Loin de Pascal Garnier (éditions Zulma): une histoire très noire dans laquelle Marc, la soixantaine, emmène sa fille Anne, 36 ans, internée en hôpital psychiatrique, dans un voyage (sans retour) en camping car. L'histoire dans lequel apparaissent quelques cadavres d'individus décédés de façon pas naturelle (on devine aisément qui est le coupable de ces forfaits) - figurent aussi un chat appelé Boudu, un doigt gangréné, un sorcier vaudou - se termine bien évidemment très mal. C'est une histoire perturbante très bien écrite avec un ton et un style particulier. C'est le deuxième roman de Pascal Garnier que je lis (après Comment va la douleur?), ce n'est pas le dernier.

Le bal des débris de Thierry Jonquet, roman récemment réédité (Poche point seuil), est totalement jubilatoire. C'est un des premiers romans de cet écrivain disparu il y a juste un an. Fredo, le narrateur, 24 ans, travaille dans un "hosto pour vieux" (sic): il pousse des chariots toute la journée. Il est marié à Jeanine, une syndicaliste CGT active, assistance sociale dans un autre hosto à vieux à de la région. Fredo raconte sa (més)aventure qui s'est passée trois mois auparavant. Un certain Lepointre Alphonse, ancien truand, admis à l'hôpital pour un accident sur la voie publique, va changer sa vie. L'histoire peut se résumer à: comment faire sortir des bijoux volés à une "vieille" hospitalisée, quand la police fouille partout et devient omniprésente au sein de l'hôpital. La fin, en pied-de-nez bien trouvé, se déroule en Bretagne. Ce roman permet à Thierry Jonquet d'épingler, avec verve et une grosse pointe de vitriol, le monde médical en général et les services de gériatrie en particulier.

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