Voici un billet complémentaire sur des lectures que j'ai faites courant août et dont je n'avais pas encore parlé.

Le cercueil de pierre de Kjell Eriksson (Babel Noir) n'est pas du tout l'histoire que je pensais. Il m'a rappelé l'intrigue du Cerveau de Kennedy ou La Constance du jardinier. Je ne suis d'ailleurs pas sûre d'avoir tout compris avec une intrigue qui a des ramifications jusqu'en République dominicaine où des humains servent de cobayes pour tester des médicaments. J'ai oublié de dire que tout commence en Suède, dans la région d'Uppala, avec une femme et sa petite fille renversées par une voiture et tuées sur le coup. La voiture appartient au mari. J'ai aussi appris ce qu'est un cercueil de pierre qui a deux significations dans le roman. A part ça, je crois que je n'en lirai pas d'autre de cet auteur suédois.

Les marécages de Joe R. Lansdale (Folio policier) consiste en une histoire racontée par un petit garçon, Harry dans les années 1933-34. Son père tient un salon de coiffure et il est "constable", une sorte de shérif qui maintient l'ordre. Cette famille, comme tous les autres, n'est pas riche: ils vivent encore de la terre qu'ils cultivent. La crise de 1929 se ressent encore dans l'East Texas. Le KKK (Ku Klux Klan) sévit plus que jamais. Il n'est pas bon d'être noir dans cette région. Et ce n'est pas un cadavre d'une femme noire retrouvée ligotée avec des barbelés qui émeut la population (surtout que c'était une prostituée). D'autres suivent et ils changent de couleur... J'ai noté que Joe R. Lansdale s'est arrangé pour que tout le récit soit narré du point de vue du gamin qui se retrouve de ce fait dans des situations et des positions assez périlleuses pour décrire par exemple une autopsie. Ce parti pris ne m'a pas dérangée mais donne au roman un air de "devoir appliqué", d'exercice de style. De cet auteur, j'ai déjà chroniqué l'arbre à bouteilles. Pour une critique encore plus mitigée, lire le billet de eeguab.

Le démon dans ma peau de Jim Thompson (Folio Policier): Michael Winterbottom vient d'en réaliser une adaptation cinématographique que je n'ai pas vue. Publié en 1966, le roman est écrit à la première personne par Lou Ford, shérif adjoint de Central City, qui tire beaucoup de jouissance à tabasser les femmes et même à les tuer ou à les laisser pour mortes (ce qui le perdra). On comprend sa haine des femmes au détour d'un chapitre: Lou a été abusé sexuellement par une femme quand il était petit (la bonne de la famille). Je ne sais pas si c'est la traduction mais l'histoire ne m'a pas passionnée.

Maintenant, comme je pars demain en Chine en voyage organisé pour deux semaines avec le CE de mon entreprise, sans pouvoir être du tout connectée pendant ce temps, je laisse les clés du blog entre les mains de mon statisticien (Ta d loi du cine), il m'a promis des surprises... Espérons qu'il ne fera pas de bêtises!

Allons, en attendant, un petit dernier "pour la route": je vous rajoute une critique d'un roman dont je viens juste de terminer la lecture.

Un employé modèle de Paul Cleave (Editions Sonatine) était récommandée par mon libraire. Je l'ai lu en deux jours avec intérêt mais au fur et à mesure que l'histoire se déroule, cet intérêt s'est quelque peu émoussé. En Nouvelle-Zélande, à Christchurch, Joe Middleton, un serial killer (un de plus), sévit: il a tué 7 femmes (dans d'atroces conditions) après les avoir violées. Il est au fait des enquêtes en cours car il est homme de ménage au commissariat de la ville. On le prend pour un demeuré. Une huitième victime morte avec le même mode opératoire est mise à son triste actif. Joe Middleton ne l'entend ainsi et il décide de découvrir qui veut lui faire porter le chapeau pour un crime qu'il n'a pas commis (non mais!). Joe n'a pas d'ami excepté deux poissons rouges, Cornichon et J*h*vah (qui connaîtront un sort tragique), mais a une mère, acariâtre, possessive au-delà de toute expression, c'en est une caricature. Il ne vit pas avec elle mais il va dîner chez elle presque tous les jours. Il rêve qu'elle disparaisse et même temps il ne supporte pas cette idée. Cela n'empêche pas Joe de mettre de la mort-aux-rats dans le café de sa mère ou de graisser le bas du rideau de douche pour qu'elle tombe. Pendant son enquête et sa quête de nouvelles victimes, Joe tombe sur un "os", un adversaire plus fort que lui, en la personne de Mélissa, dont je vous laisse découvrir les talents (si je puis dire). C'est justement ce personnage de Melissa qui alourdit le récit. Ceci mis à part, le premier roman de ce Néo-zélandais vaut la peine d'être lu.

A mon retour, un billet sur trois films français, que j'ai vus il y a déjà un petit moment, est prévu [chroniqué le 07/10/2010].