jeudi 30 septembre 2010

Pythagore, je t'adore - Patrick Cauvin

Encore un billet de Ta d loi du cine, squatter...

C'est le récent décès de cet "écrivain populaire" (comme l'a qualifié il y a quelques jours un libraire auquel je venais d'acheter d'occasion quelques-uns de ses livres) qui m'a fait découvrir ce titre (Pythagore, je t'adore) de Patrick Cauvin. Il s'agit de la suite (parue en 1999) de E=MC2 mon amour (paru en 1977) (1) que j'avais acheté et lu il y a une vingtaine d'années (je marque les dates d'acquisition dans tous mes livres: c'est pratique!). Les jeunes héros et héroïne ont 4 ans de plus (ce qui les a amenés à 15). Ils s'étaient perdus de vue après l'interruption de leur correspondance (dépression de Daniel suite au décès de sa mère; "oubli" pour Laureen après deux courriers restés sans réponse). Et puis, leurs souvenirs remontent à la surface chacun de son côté, accompagnés du manque de l'autre. Cette fois, ils peuvent bénéficier de davantage d'autonomie dans leurs quêtes respectives. Et finalement, c'est à l'aéroport que leurs chemins arrivent à se croiser. A partir de là, ça pastiche fort gentiment Sulitzer (dont la grande époque était déjà derrière lui, sauf erreur de ma part); mais ça reste jeune (vert et tendre). Leur vieux complice Julius ne reparaît pas: il est peut-être mort entretemps? Deux ou trois personnages secondaires le remplacent. Et tout est bien qui finit mieux.

Je vais vous déflorer le passage le plus croustillant du roman (foi de garçon!).

"- Il faut qu'on étudie à fond tous les paramètres, dit Michon [le père de Daniel].
Re-silence.
- Autre question, dit Kay [la mère de Laureen], ça n'est pas lié directement à votre affaire, mais en tant que mère, si tant est que j'en sois une, je me permets de vous la poser: vous en êtes où tous les deux l'un par rapport à l'autre?
Théramène [Inspecteur de l'Education Nationale] baissa pudiquement les yeux.
Richard King [père de Laureen] eut l'air vaguement gêné, tandis que l'ancien chauffeur de taxi [Michon père] se boxait la cuisse.
- C'est vrai ça, vous ne nous avez pas dit où vous en étiez...
Laureen écarta une mèche de sa tempe.
- Ce qu'on peut vous dire, dit-elle, c'est qu'on n'a plus onze ans.
- Merci du renseignement, dit Michon, ça veut dire quoi?
- Ca veut dire qu'on en a quinze, papa...
- Et alors?
Théramène eut un long soupir, une brise matinale sur des blés frais coupés. Il avait fini la veille Les Amants de septembre, la suite de Deux pour la vie.
- Cela signifie que de nos jours l'âge des lys et des passions muettes a cédé la place à celui des roses et des fusions plénières.
Tous les yeux convergèrent vers lui.
- Vous pouvez traduire? demanda Richard.
- Il y en a marre, dit Laureen. Si vous voulez savoir si on couche ensemble, c'est simple: c'est oui.
Richard King émit un râle prolongé de paquebot demandant l'entrée du port.
- Vous vous attendiez à quoi? demanda Semperech [associé de nos deux petits génies]. Et en plus, ce sont des surdoués, vous voulez tout de même pas qu'ils aient du retard précisément là où les autres prennent de l'avance!"

Autres titres que je possède: Monsieur papa (acheté et lu en 1996); Nous allions vers les beaux jours, L'amour aveugle et Povchéri (tous trois dans ma PAL depuis le 02/09/2010).

(1) Pour ceux et celles qui ne connaissent pas, voici la citation de la 4ème de couverture de E=MC2 mon amour (en Poche): "Lui un peu voyou, elle un peu bêcheuse, ces deux bambins qui totalisent moins de vingt-trois printemps vont se rencontrer, se flairer, se reconnaître et vivre dans l'incompréhension générale ce qu'il est légitime d'appeler un grand amour.
J'aime dans le roman de Patrick Cauvin - outre toutes les qualités de fraîcheur, de légèreté, d'invention qu'il faut pour faire l'enfant sans faire la bête - j'aime ce qu'il dit sans avoir l'air d'y toucher et qui va beaucoup plus loin que son joli récit." François Nourissier

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