Par manque de temps, j'ai ralenti mes lectures tout dernièrement. C'est pourquoi je continue de faire des billets "cinéma" sur des films (à voir en ce moment) que j'ai beaucoup appréciés.
Pour commencer, voici un film hors norme (4H30!) sorti depuis le 20 octobre et que je vous conseille vivement d'aller voir. Vu qu'il est projeté en VO sous-titrée, vous aurez le plaisir d'écouter la belle langue portugaise. Les Mystère de Lisbonne (hommage aux Mystères de Paris d'Eugène Sue) du réalisateur d'origine chilienne (
naturalisé français) Raul Ruiz sont adaptées d'un roman (non traduit en français (1)) de Camilo Castelo Branco (1825-1890), écrivain lisboète que l'on a pu comparer à Alexandre Dumas. L'histoire se passe au 19ème siècle à Lisbonne et un peu ailleurs (en France et à Venise). Un jeune garçon Joao, s'appelant en réalité, Pedro da Silva va découvrir quelles sont ses origines, qui sont ses parents. Pensionnaire dans un internat religieux lisboète, on le traite de bâtard. C'est grâce à un prêtre, le père Dinis, qui s'attache à cet adolescent, que l'on va découvrir peu à peu la famille de Joao/Pedro: il fait d'ailleurs la connaissance de sa mère. J'ai été frappée par le rythme immuable du film. Il n'y a aucun ralentissement ni accélération. La musique est belle. On se laisse porter par cette histoire qui nous est contée dans des décors magnifiques. Les costumes ne sont pas en reste. Tout est feutré. De nombreux personnages (interprétés par des acteurs portugais remarquables que je ne connaissais pas) apparaissent au fur et à mesure de ce récit foisonnant sous des identités différentes pour certains (comme le père Dinis par exemple). Tout le talent de Raul Ruiz est de ne jamais nous faire perdre le fil de l'histoire. En revanche, malgré un entracte bienvenu à la moitié du film, j'ai ressenti une certaine fatigue sur la fin (La séance commençait à 19H00 et s'est terminée à minuit!). J'essaierai de revoir Les Mystères de Lisbonne en version longue, soit 6 téléfilms d'une heure chacun qui doivent être diffusés sur Arte au printemps prochain. Voici le lien sur le site du film.

(1) Rectificatif du 26/04/2011: le roman a été traduit et publié en mars 2011 aux éditions Michel Lafon