Sous ce titre, l'auteur Akira Yoshimura (1927-2006) (que je ne connaissais pas) nous conte en détail le tremblement de terre survenu le 1er septembre 1923 à 11H58 du matin, qui détruisit la ville de Tokyo et ses faubourgs environnant ainsi que la ville de Yokohama. C'est suite à la lecture du Poids des secrets, qui évoque ce tremblement de terre, que je suis tombée sur cet ouvrage paru aux éditions Actes Sud. C'est un récit très factuel, qui commence avec un premier chapitre, "L'essaim sismique", où l'auteur nous énonce qu'avant 1923, Tokyo et le Japon en général avaient subi des secousses importantes faisant beaucoup de dégâts et pas mal de morts. Puis l'auteur décrit tout ce qui s'est passé sur une période de plus de deux mois. La secousse principale fut suivie par une centaine de répliques pendant une semaine. Les pertes et les destructions furent immenses: plus de 200000 morts, brûlés pour la plupart, ensevelis ou noyés. Car plus que le séisme lui-même, ce sont les incendies qui ont provoqués le plus de morts. L'auteur explique tout de façon exhaustive en expliquant ce qui s'est passé dans quelques lieux ou quartiers notables. D'autres conséquences issus de ce tremblement de terre furent terribles: des millions de gens se retrouvèrent sans-abris, souffrirent de la famine, et certaines maladies comme la dysenterie ou la fièvre typhoïde se propagèrent. Il y eut aussi la création de milices d'auto-défense pour punir les Coréens accusés d'avoir allumé les incendies (aidés de certains socialistes). Ils servirent de boucs émissaires. En effet, les Coréens (dont le pays était un protectorat japonais depuis les années 1910) étaient très mal vus, ainsi que les socialistes considérés comme des créateurs de désordre. Cet état de fait est venu de rumeurs qui se sont mises à circuler sans que l'on sache leur origine. L'auteur explique longuement tout le mal que ces rumeurs ont provoqué, surtout des morts inutiles ajoutées aux autres. D'ailleurs, pour que ces exactions s'arrêtent, une loi martiale fut instaurée. Une partie de l'économie japonaise a beaucoup souffert. Il fallu aussi brûler les morts, dont beaucoup dans un état de décomposition avancée qui ne permettait pas de savoir s'il s'agissait d'hommes ou de femme. C'est un ouvrage vraiment passionnant qui m'a appris plein de choses du point de vue historique que j'ignorais. En postface, l'auteur dit que ses parents ont vécu ce tremblement de terre. Il s'est servi aussi de témoignages de survivants. Un mémorial existe à Tokyo en hommage aux 200 000 victimes. J'émettrais une critique sur Le Grand Tremblement de terre du Kantô, c'est qu'il n'y a aucune carte géographique. Pour ceux qui ne les connaissent pas, il est donc un peu dur de se représenter les lieux décrits. C'est dommage.