dimanche 30 janvier 2011

Le discours d'un roi - Tom Hooper

Après avoir été récompensé du Golden Globe en ce début d'année, Colin Firth devrait recevoir l'Oscar du meilleur acteur, mérité en tout état de cause pour son interprétation du roi George VI (alias Bertie), qui souffrait de bégaiement. Ce prince né Albert, Frederick, Arthur George, a été le père de l'actuelle reine Elisabeth II et de la princesse Margaret. Marin de formation, il ne devait pas régner, mais se retrouva couronné roi pendant la période difficile de la fin des années 30. En effet, son frère Edward VIII abdiqua pour l'amour d'une Américaine, Wallis, deux fois divorcée (mais cette raison ne fut a posteriori qu'un prétexte). Le film commence en 1934, le futur George VI a des problèmes d'élocution qui l'handicapent énormément. On apprend que son bégaiement débuta à l'âge de 4 ou 5 ans et qu'il était un gaucher contrarié. Sa femme, Elisabeth (Helen Bonham Carter), lui présente un orthophoniste (acteur raté), Lionel Logue (un Australien installé à Londres), aux méthodes peu orthodoxes. George, très réticent, renonce plusieurs fois à suivre les conseils de cet homme (Goeffrey Rush, absolument formidable) qui le soutient jusqu'au fameux discours, le premier d'une longue série, où George VI s'adresse aux Anglais en les incitant à lutter et à vaincre la barbarie (personnifiée par Hitler). Le film est une réussite en tous points: les décors, les costumes, le scénario et les acteurs (uniquement des pointures) qui transcendent ce film à voir absolument en ce début d'année. Je l'ai vu en avant-première devant une salle comble: les spectateurs ont énormément applaudi à la fin.

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jeudi 27 janvier 2011

Le dernier mort de Mitterrand - Raphaëlle Bacqué

J'ai choisi ce livre, Le dernier mort de Mitterrand (Editions Livre de poche), dans le cadre de l'opération Masse critique / Babelio. Je l'ai trouvé documenté, synthétique et passionnant. La journaliste du Monde, Raphaëlle Bacqué, a retracé en 180 pages le portrait et l'itinéraire d'un homme, François de Grossouvre, qui s'est suicidé le 7 avril 1994 dans son bureau de l'Elysée. Il fut l'ami intime de F. Mitterrand et le parrain de Mazarine Pingeot. La rencontre entre Mitterrand et Grossouvre eut lieu en 1959, par l'entremise de Françoise Giroud et de Pierre Mendès France. Les témoins de cette rencontre ont dit que ce fut le coup de foudre entre les deux hommes. De Grossouvre, grand bourgeois de la région lyonnaise, né en 1918 et orphelin de père de bonne heure, fut élevé chez les Jésuites. Diplômé en médecine, il a rallié la Résistance en 1943. Cet homme passionné par les armes à feu et cavalier émérite était un grand séducteur (comme Mitterrand). Il se maria avec une riche héritière qui lui donna 6 enfants. A Paris, il mena parallèlement une liaison clandestine avec une certaine Nicole pendant 13 ans. De Grossouvre fait partie de ceux qui ont beaucoup aidé Mitterrand à accéder à la Présidence en finançant en partie le parti socialiste. Mitterrand et de Grossouvre avaient en commun une haine du communisme. Ce livre nous fait entrevoir les luttes de pouvoir, les rapports où se mêlent la jalousie et l'admiration. Mitterrand était comme un monarque qui ne renvoyait pas les gens mais attendait que partent d'eux-même ceux qui étaient tombés en disgrâce. De Grossouvre, peu apprécié dans l'entourage de Mitterrand, s'est retrouvé dans ce cas. Ce livre est un très bon pense-bête pour nous remémorer les années Mitterrand et celles d'avant. J'ai appris beaucoup de choses. Je tiens à remercier à nouveau Babelio pour cet ouvrage.

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lundi 24 janvier 2011

Tolstoï, le dernier été - Michael Hoffman

Un peu en désespoir de cause (je trouve qu'il y a très peu de films dignes de ce nom sortis depuis trois semaines), je suis allée voir Tolstoï, le dernier été (sorti dans très peu de salles) dont j'avais entendu dire du bien lors d'une émission du Masque et la Plume sur France Inter. Ce qui m'a aussi poussée à le faire est que je suis une grande admiratrice depuis longtemps d'Helen Mirren. L'histoire se passe en 1910. Tolstoï (Christopher Plummer) n'a plus que quelques mois à vivre. Adulé dans son pays, l'auteur de Guerre et Paix et Anna Karenine est marié depuis 48 ans avec Sofia (Helen Mirren). Sous l'influence de quelques idéalistes et par conviction personnelle, Leon Tolstoï (initiateur du mouvement tolstoïen) avait décidé de céder ses droits d'auteur à la nation russe, au grand dam de Sofia, mère de ses 13 enfants (dont 8 vécurent) et qui fut sa secrétaire dévouée pendant toutes ces années, recopiant 6 versions successives de Guerre et Paix! Abandonnant sa demeure et sa famille, Tolstoï meurt d'une pneumonie, assez seul. Sofia est montrée comme une femme qui veut protéger sa famille. Helen Mirren est absolument formidable. Moi qui n'ai jamais lu d'oeuvre de Tolstoï, je finirai bien par lire des nouvelles. Sinon, on vient de publier les mémoires de cette épouse hors du commun. Un film intéressant, joué en anglais, mais cela ne m'a pas dérangée.

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vendredi 21 janvier 2011

Bilan lectures 2010

Après mon bilan ciné 2010, et avant la reprise de billets sur des livres lus, voici un petit bilan lecture 2010.
Je précise que, pour ce qui concerne mes livres lus en 2010, je ne les ai pas tous chroniqués.
Voici en tout cas sept coups de coeur pour 2010 sur lesquels j'avais rédigé un billet. Pour cinq d'entre eux, c'était le premier roman que je lisais de l'auteur.

Rosa Candida d'Ava Audur Olafsdottir, parce que ce premier roman est une bouffée de fraîcheur.

Indignation de Philip Roth. J'espère que Philip Roth obtiendra le prix Nobel prochainement.

Les brumes du passé de Leonardo Padura. L'histoire donne envie de partir visiter Cuba.

Contrebande d'Enrique Serpa. Ce journaliste n'a écrit semble-t-il que ce roman, quel dommage qu'il n'ait pas continué dans cette voie.

Série Z de Jean-Marc Erre. Absolument hilarant et bien écrit.

Sylvia de Leonard Michaels. Ce roman autobiographique est déchirant.

Des éclairs de Jean Echenoz. Quel style! Et la vie de Nicolas Tesla valait bien un roman.

Et enfin, je n'oublie pas ma découverte du romancier victorien Anthony Trollope avec Quelle époque!

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mardi 18 janvier 2011

Au cirque Alexis Gruss en matinée

J'ai emmené mon ami au Cirque Gruss qui se trouve actuellement à Paris (au Bois de Boulogne) jusqu'au 27 février 2011 (mon filleul y travaille!). Je commence par dire que, à mon avis, pour un enfant, c'est un excellent spectacle que le cirque "en vrai": il en gardera certainement des souvenirs plus durables que, par exemple, un ou deux repas au restaurant (pour donner une équivalence de prix). Il faut un peu marcher depuis le métro Ranelagh, à moins d'y accéder en voiture ou en vélo. Quand on arrive à proximité du cirque, on nous déroule le tapis rouge - enfin, gris: une moquette qui évite les flaques d'eau. Puis on rentre par un portique de tentes qui commence à nous mettre dans l'ambiance et la pénombre, avant de déboucher sous le chapiteau proprement dit. Que c'est vaste! La piste de sciure de bois est entourée presque de toute part par des rangées de chaises (3000 places au total). Il s'agit bien d'un cirque "à l'ancienne". Sur la piste, toute la famille assure le spectacle: Alexis Gruss et sa femme Gipsy (née Bouglione), le couple fondateur; leurs fils Firmin et Stephan, ainsi que l'épouse et les quatre fils de ce dernier; sans oublier un membre de la famille Fratellini (le filleul de Gipsy). L'ainée des deux filles de Firmin vient saluer à la fin du spectacle, dans les bras de son grand-père (elle est trop petite pour participer à un numéro). Deux autres artistes interviennent aussi dans les numéros (et je ne parle pas des garçons de piste indispensables à la représentation). Les musiciens qui jouent en "live" sur une scène au bord de la piste côté coulisses sont des intermittents du spectacle.

Le titre du spectacle 2010-2011 (le 37e du cirque Alexis Gruss, selon le programme) est "Melody". Comme le nom l'indique, c'est très musical. Les numéros s'enchaînent autour de ce thème pendant 2H30 (avec un entr'acte de 10 minutes). Sans bien sûr tout dévoiler à l'avance (il faut y aller voir!), disons qu'on assiste à des numéros de jonglerie, à des clowneries, à du trapèze sur sangle, à quelques tours de magie et de contorsions, à du saut à la corde (par des dalmatiens et une éléphante)... et surtout à de la cavalerie! Oui, la grande spécialité de ce cirque, ce sont les chevaux, pour des numéros de haute école, de voltige, de dressage à la voix... A la fin du spectacle, nous sommes allées dans les coulisses, aux écuries. Je croyais avoir vu sur scène une douzaine de chevaux, j'ai compté au moins une quarantaine de stalles; et on m'a dit que le cirque possédait 60 chevaux! Mon ami (qui n'est pas du tout "animaux") m'a avoué que, à part la couleur, il les trouvait tous pareils. Le lama n'a pas participé au spectacle cette année (il était sur la piste l'année dernière). Ils n'ont pas de fauves, entre autres raisons parce qu'il faut 8 à 10 kg de viande par animal pour les nourrir. Dans les coulisses, après le spectacle, on peut croiser très simplement les artistes qui dédicacent un programme, voire se font prendre gentiment en photo avec les gamins. Merci à eux!

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samedi 15 janvier 2011

Harry Brown - Daniel Barber

Que dire du film Harry Brown sorti le 12 janvier 2011 et vu en avant-première courant décembre 2010? Qu'il est d'une violence inouïe. Je suis sortie de la projection en étant mal à l'aise et assez sonnée. Quoi qu'en dise le dossier de presse, il pourrait être sous-titré "Un justicier dans la ville" - en l'occurrence, un quartier de Londres. Harry Brown (Michael Caine, impressionnant), ancien "marine" à la retraite, y vit dans un quartier difficile, gangréné par la violence et les trafics en tout genre (le réalisateur ne nous épargne pas grand-chose). Son vieil ami et voisin, Leonard, est assassiné par une bande de jeunes. Face à la police impuissante dont une inspectrice jouée par Emily Mortimer, Harry, qui vient de perdre sa femme, décide de se faire justice lui-même. Et là, on assiste à des scènes qui frôlent parfois l'insoutenable, à l'image de la première séquence du film où deux jeunes sur une moto tirent au hasard avec une arme, et une femme s'écroule, tuée net à côté de son bébé dans un landau. Une autre séquence m'a beaucoup perturbée. Harry veut trouver une arme et se retrouve dans l'antre d'un petit malfrat camé jusqu'au yeux. A proximité, une jeune femme avachie sur un divan, la bave aux lèvres, est proche de l'overdose. Je ne vous en dirai pas plus. Je reprocherai au film son manque d'humour et de recul. Ce portrait proche d'une certaine réalité n'est pas bien gai. Je suis étonnée qu'Harry Brown ne soit même pas interdit au moins de 12 ans. En résumé, je dirais que ce n'est pas un film pour se détendre un samedi soir.

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mercredi 12 janvier 2011

Bullitt - Peter Yates (billet N°2)

Venant d'apprendre le décès du réalisateur Peter Yates survenu le 9 janvier 2011, j'en profite pour écrire un mini-billet sur son film le plus célèbre, Bullitt (1969), avec le regretté Steve Mc Queen (je n'ai pas vu les autres ou alors, ils ne m'ont pas laissé de souvenirs précis). Ce film devenu un classique n'avait d'autre but que de distraire. C'est un très bon film policier avec beaucoup de suspense. La musique de Lalo Schifrin joue un grand rôle. Le film permet d'admirer les rues de San Francisco, la célèbre poursuite en voiture dans la ville est devenue une référence en la matière. Et puis il y avait Steve Mc Queen (dans le rôle de Bullitt), au faite de sa gloire, mort sans héritier cinématographique. Jacqueline Bisset, toute jeunette, joue les utilités avec talent. Bullitt est le genre de film que l'on revoit toujours avec plaisir (il existe en DVD à petit prix). Il dégage un charme certain qui donne la nostalgie de la fin des années 60. [film déjà chroniqué le 22 août 2007]

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dimanche 9 janvier 2011

Mon blog a 4 ans

Le temps passe vite depuis la création de ce blog! Et oui, il y a 4 ans, j'avais dans l'idée de créer ma page internet où j'écrirais des billets sur des livres ou des films qui me tenaient à coeur sans penser qu'un dialogue virtuel pouvait s'installer. Je n'avais pas du tout prévu le rythme de parution des dits billets. Avec mon portable sur les genoux (depuis, j'ai un superbe ordinateur qui me donne toute satisfaction), j'avais trouvé une plate-forme de blog (aceblog à l'époque) et je n'ai pas été plus loin dans mes velléités de création de page internet. Quand j'ai eu mon premier commentaire au bout d'une semaine, j'ai été étonnée.
Quatre ans plus tard, me voici vaille que vaille avec 870 billets et plus de 7500 commentaires. C’est une durée suffisamment longue pour que je puisse avouer une certaine lassitude. Avant de dire comment je vois cette cinquième année de blog qui commence, défendons d’abord mon bilan (avec l’aide de mon statisticien).
En 2010, 136 nouveaux blogueurs (et 29 autres personnes sans blog) ont découvert mon blog, soit une diminution de 17% par rapport à mes 2e et 3e années. Or cette baisse n’est certainement pas due à un manque d’assiduité de ma part (alors que je vois beaucoup de blogs ralentir le rythme de leurs commentaires chez les autres blogueurs, ou se restreindre à leur cercle le plus proche). Non, je pense que Tw*ter et F*ceb**k ont sans doute détourné une partie du public qui serait aujourd’hui blogueur vers ces outils. Pour ma part, ils ne me tentent pas (cf. mon billet du 13/10/2010).
C’est seulement fin décembre 2010 que j’ai décidé de cesser de m’astreindre à commenter 6 blogs par jour du lundi au vendredi, parmi ceux qui ne m’avaient jamais laissé un commentaire, tout en continuant à visiter et commenter ceux qui étaient déjà venus. Je vais de plus en plus «lever le pied» sur cette «prospection» de nouveaux blogs. Je vais plutôt passer sur une logique de rendre les com’ qui me sont faits par les blogueurs ayant apprécié mes billets. Sur les 680 personnes (au moins) à être venues au moins une fois me faire un commentaire, 215 blogueurs m’en ont fait au moins 5 et jusqu’à 214 à ce jour (1).
J’annonce enfin que, en 2011, j’arrêterai de publier régulièrement des billets tous les jours impairs. Je rédigerai quand j’en aurai vraiment envie, par rapport à un film, un livre, un spectacle ou toute autre événement qui me donne envie d’en parler.
Je sais bien que le principal intérêt d’un blog pour ses lecteurs, c’est de savoir y trouver du nouveau chaque fois qu’ils y repassent. Je dirai donc un mot sur l'outil Newsletter (en haut de la colonne de droite de mon blog). Je constate que, depuis que je l'ai rendu actif, plusieurs blogueurs/euses (que je ne connais pas forcément!) se sont inscrits. En fait, cela leur permet d'être informés par un mail automatique de la parution de chacun de mes articles (avec un lien direct). Ca doublonne donc avec Google Reader, je pense, mais peut intéresser ceux qui n'utilisent pas ce dernier?
Pour finir, je publie encore une information chiffrée (sinon, mon statisticien sera trop malheureux):
Dans l’Index des livres chroniqués sur ce blog (1), on compte 215 titres.

(1) voir colonne de droite.

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vendredi 7 janvier 2011

Un lieu discret - Seisho Matsumoto

Ce roman a été écrit dans les années 70 mais vient seulement d'être publié en français aux éditions Actes sud noir. J'avais déjà lu Tokyo Express du même auteur (édition Philippe Picquier). Ce titre, Un lieu discret (Editions Actes sud noir), m'a semblé se référer à deux endroits : l'un où s'est passé une liaison adultère, et l'autre où un crime violent est commis. C'est à l'occasion d'un voyage professionnel à Kobé qu'un homme, Tsuneo Asai, chef de bureau au ministère de l'agriculture, apprend que sa femme vient de mourir subitement d'une crise cardiaque dans un lieu très éloigné de chez elle (dans un quartier lointain de Tokyo), où elle n'avait aucune raison d'aller. Elle prenait des cours de Haïkus et allait peut-être puiser son inspiration dans différents lieux. Bien qu'elle ait eu le coeur fragile, Tsuneo Asai se demande ce qui s'est passé le 7 mars, date du décès de sa femme. Il se rend compte qu'après 7 ans de mariage, il connaissait peu sa femme. Le couple menait une vie (trop?) calme. Tsuneo fait son enquête, aidé par des rapports établis par une agence de détectives privés. L'auteur nous fait une description des codes, des comportements, des us et coutumes qui régissent la vie des Japonais, où l'honneur et la politesse ont un rôle majeur et où la vie personnelle peut influer sur la vie professionnelle. Tout est lié. C'est un roman qui prend son temps tout au long de l'histoire et qui s'accélère sur la fin. Au bout du compte, la rancoeur et une blessure à son amour-propre transforment Tsuneo en meurtrier. Je vous laisse découvrir la fin qui ménage un certain suspense. J'ai trouvé ce roman très agréable à lire. Je vous le conseille.

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mercredi 5 janvier 2011

Another year - Mike Leigh

Je voulais dire beaucoup de mal du dernier Mike Leigh, et bien c'est raté. Another year est LE film qui me réconcilie avec ce réalisateur dont j'avais beaucoup beaucoup aimé Naked en 1993 (prix de la mise en scène et prix d'interprétation masculine au festival de Cannes de cette année là), mais qui par la suite m'avait toujours déçue: je n'avais pas aimé Secrets et mensonges, Vera Drake ni Be Happy (ce dernier film m'avait particulièrement horripilée). Pour en revenir à Another year, l'histoire se passe sur quatre saisons: printemps, été, automne et hiver. Tom et sa femme Gerry forment un couple uni depuis de nombreuses années. Ils vivent dans une maison agréable et ont un fils de 30 ans, Joe. Gerry est psychologue et Tom géologue. Tom et Gerry dont la passion commune est le jardinage sont à l'écoute des autres, et en particulier de Mary (une collègue de Gerry), une femme paumée, handicapée de la vie, seule, mariée et divorcée deux fois, qui boit et parle beaucoup. Elle vient souvent chez eux, cette maison lui sert de refuge (elle reste parfois la nuit). En revanche, Mary n'est pas toujours aimable: il faut voir le regard meurtrier qu'elle lance à Katie, la petite amie de Joe, quand celui-ci vient la présenter à ses parents. En effet, Mary ressent un tendre sentiment pour Joe. Elle se fait des illusions à tout point de vue. Ken, une autre connaissance du couple, fait aussi peine à voir quand il est invité chez eux. Il boit beaucoup trop et fume pas mal. La dernière partie se passe en hiver où survient un décès et où Mary semble au bout du rouleau (elle se raccroche à Gerry comme à une bouée). Son état de détresse extrême rejoint celui d'une patiente de Gerry que l'on voit au tout début du film et que l'on ne revoit plus après. Le film dure un peu plus de deux heures, je n'ai pas vu le temps passer. Les comédiens sont tous formidables. Another year (sélectionné au dernier festival de Cannes) fut, je le confirme, le grand oublié du palmarès. Allez le voir.

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