Je voudrais tout d'abord dire que le titre sous lequel le film de Nigel Cole est distribué en France, We want sex equality ("Nous voulons l'égalité des sexes") m'a semblé quelque peu racoleur, alors que le titre original Made in Dagenham ("Fabriqué à Dagenham") est plus neutre. Toujours est-il que l'histoire (basée sur des faits réels) se passe en 1968 à Dagenham en Angleterre où étaient implantées les usines Ford. A cette époque, Ford employait 55000 hommes et... 187 femmes. La tâche principale de ces dernières consistait à coudre à l'aide de coupons de tissu (sans qu'on leur fournisse de modèle), les revêtements des portières des voitures sortant des usines. Elles étaient considérées comme des ouvrières non qualifiées et pourtant... Beaucoup moins bien payées que les hommes, elles se mirent en grève avec le soutien d'un contremaître (Bob Hoskins, très bien). Elles réclamaient le même salaire que les hommes: à travail égal, salaire égal. C'était la première fois que des femmes osaient se mettre en grève. Très déterminées dans leur revendication, elles sont arrivées à paralyser la fabrication des voitures. Parmi les grévistes, on fait la connaissance de Rita (Sally Hawkins) qui devient la meneuse de l'action de ces femmes qui ont des personnalités attachantes. C'est un film optimiste, mais en même temps, il fait regretter cette époque où les hommes politiques n'étaient pas inféodés aux hommes d'argent. En l'occurrence, ici, il s'agit de la ministre du travail de l'époque, Barbara Castle (Miranda Richardson, plus vraie que nature) qui sut résister aux menaces de fermeture de l'usine par la direction. Son attitude fut exemplaire et elle sut être diplomate. Le film comporte quelques longueurs et maladresses et quelques histoires annexes n'apportent rien au récit, mais je vous le conseille vivement.