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Après Quelle époque! dont j'avais dit tout le bien ici, je voulais lire un autre roman d'Anthony Trollope. Dans Miss Mackenzie, j'ai fait la connaissance de Margaret Mackenzie, jeune femme de plus de 30 ans dans les années 1860, à Londres. Après avoir perdu son frère Walter (associé dans une entreprise de fabrication de toile cirée en péril) qui lui a légué une rente confortable de 800 livres, Margaret devient une riche héritière. Trois prétendants se présentent à elle. Elle hésite, n'est pas prête à s'engager entre John Ball, son cousin (qui devait toucher l'héritage), veuf et père de plusieurs enfants, Samuel Rubb, l'associé de son frère prêt à tout pour sauver l'entreprise, et le révérend Maguire très éloquent quand il lit des passages de la Bible mais pas très riche et malheureusement doté d'un oeil défectueux qui le défigure. Vers le milieu du roman, coup de théâtre, Margaret apprend par un notaire qu'elle est redevenue pauvre (l'héritage revient à un autre). Cette nouvelle révélée en une phrase ne décourage pas les trois soupirants (pour différentes raisons). Au bout du compte, il ne se passe pas grand-chose pendant les 500 pages du roman (paru en Livre de Poche). Mais on ne peut qu'admirer l'art de Trollope pour faire vivre des personnages hauts en couleur avec leurs qualités et leurs défauts. On peut se sentir proche de certains d'entre eux qui vivaient dans cette société victorienne (aux classes sociales très distinctes qui ne se mélangeaient pas), où l'argent régissait tout.