J'ai été une privilégiée, semble-t-il, d'avoir pu rencontrer le réalisateur et l'une des actrices à l'issue de la projection en avant-première du film italien La Pecora Nera (La brebis galeuse) à laquelle j'ai assisté le 4 avril 2011. Ce film, sorti en salles hier 20 avril 2011, est réalisé par Ascanio Celestini, également l'auteur du scénario, de la pièce de théâtre écrite en 2005 (qui fut représentée au Théâtre de la Ville en 2010 interprétée par A. Celestini) et du livre (Editions du sonneur). C'est quelqu'un dont, personnellement, je n'avais jamais entendu parler (il est pourtant très connu en Italie). Selon moi, le film nous raconte l'histoire de Nicola, né en Italie dans la région de Rome au sein d'une famille de bergers durant "les fabuleuses années 60". La maman de Nicola étant morte à l'asile (il y a une scène terrible où Nicola embrasse sa mère mourante), le garçonnet est pris en charge par sa grand-mère, qui élève des poules. Il a du mal à suivre à l'école, toujours au fond de la classe, et la maîtresse le surnomme "la brebis galeuse". Il tombe amoureux d'une camarade de classe, Marinella. Peu après, il est interné (à la demande de son père, certainement) dans un institut privé tenu par des soeurs. En effet, dès 1978, la loi "Basaglia" (du nom d'un psychiatre italien célèbre), qui imposait une approche nouvelle dans le traitement de la maladie mentale, a entraîné la fermeture des asiles psychiatriques publics en Italie. La plus grande partie du film se passe en 2005 (au moment du décès de Jean-Paul II). Dès le début du film, Nicola, le narrateur, nous parle beaucoup en voix off: des martiens, du docteur, des saints, des femmes qui lèchent des hommes nus... Enfermé depuis 35 ans dans un "asile électrique", son discours et son comportement ne m'ont pas paru totalement incohérents, bien que parfois il semble perturbé. Chargé de faire des courses au supermarché, autre lieu d'enfermement, il retrouve Marinella. Cette rencontre va déterminer le reste de sa vie. Je ne peux pas dire que j'ai été totalement enthousiasmée par ce film (je suis restée en dehors, je n'ai pas été touchée, ce que je dis est un sentiment très personnel) mais il y a suffisamment de scènes marquantes (l'enfant qui mange une araignée ou le suicidé contre un radiateur), sans oublier le sourire de Maya Sansa (vue dans Nos meilleures années et qui joue ici Marinella adulte), pour que vous alliez voir le film.

La rencontre - nous étions une quinzaine de personnes (en me comptant) - avec le réalisateur et l'actrice Maya Sansa s'est passée dans les locaux de Bellissima, le distributeur du film. J'ai posé la première question, "Pourquoi ce film et ce sujet?". Restropectivement, je ne suis pas sûre que Celestini ait répondu. C'est un sujet qui lui tient à coeur depuis des années, mais je ne sais pas pourquoi car ce n'est pas un sujet banal et grand public. J'aurais été intéressée de voir la pièce avec lui en scène.

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