J'ai vu ce film, sorti en catimini, grâce au conseil d'une collègue (et à une très bonne critique sur le Canard enchaîné). Disons-le tout de suite, Sibérie mon amour de Slava Ross, qui est aussi l'auteur du scénario, n'est pas un film rigolo du tout. L'histoire se passe de nos jours, en Sibérie. Des gens survivent comme ils peuvent dans cette contrée hostile oubliée de tous. On fait, par exemple, la connaissance d'un vieil homme et de son petit-fils Lyochka, qui vivent dans une masure avec une chèvre dans un enclos à côté, avec Dieu qui veille sur eux: ils font des prières régulièrement face à une icône (seul trésor qu'ils possèdent). La nourriture est rare, surtout que des chiens affamés en meute font des ravages et représentent une menace permanente envers les humains et les autres animaux. Orphelin de mère, Lyochka attend le retour de son père. Iouri, son oncle, loge dans une maison de la ville voisine avec sa femme et ses filles. Préoccupé par le sort du vieil homme et de Lyochka, il leur rend régulièrement visite en apportant de la nourriture. Par ailleurs, des rôdeurs pillent les maisons. On découvre aussi une garnison de soldats en attente de filles aux moeurs légères. Le film dégage une grande violence qui est autant suggérée que montrée. Je retiens les cris poussés par une spectatrice bouleversée par une ou deux scènes choquante, dont une avec un homme mangé par les chiens. Néanmoins, la fin du film donne une lueur d'espoir. Je retiens du film: les paysages grandioses de Sibérie, le climat hostile, le comportement sauvage des humains; et, en même temps, le chemin de croix que subit le grand-père pour sauver son petit-fils. Un film à voir si vous avez le moral.