lundi 30 mai 2011

Le gamin au vélo - Luc et Jean-Pierre Dardenne

Le gamin au vélo des frères Dardenne vient de recevoir le Grand prix (ex-aequo avec le film du cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan) lors du dernier festival de Cannes. A la différence des précédents, ce long-métrage s'achève sur une note optimiste, pourquoi pas? En revanche, c'est la façon dont on arrive à cette conclusion qui me gène un peu. *spoiler* Tel Lazare, Cyril se relève de sa chute de l'arbre sans une égratignure et sa nouvelle vie va commencer, à moins que...*fin du spoiler*. Pour en arriver là, les réalisateurs ne laissent pas aux spectateurs le temps de souffler. Comme toujours chez les frères Dardenne, tout est filmé au plus près des acteurs. Il n'y a aucune psychologie (ce n'est pas un défaut) mais j'avoue que ce gamin, Cyril, m'a beaucoup crispée. Je comprends qu'il soit un écorché vif, mais pendant le déroulement de l'histoire, on a envie de le prendre entre 4 yeux et de lui dire de se calmer. Cyril, âgé d'une dizaine d'années, a été confié à une institution par son père qui ne peut pas s'occuper de lui. Cela devait être une situation provisoire. Cyril veut retourner chez son père parti sans laisser d'adresse. Il veut aussi récupérer son vélo (son père l'a vendu). Cyril a quand même de la chance de trouver en Samantha, une coiffeuse célibataire (Cécile de France, très bien), un foyer de substitution, mais Cyril est un enfant obstiné qui fugue tout le temps. Voilà l'histoire, et elle ne se termine donc pas trop mal, mais je préfère les Dardenne filmant des histoires plus sombres (plus vraisemblables?) ou avec des fins incertaines. Ceci étant, je vous conseille ce film qui dégage une grande énergie.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
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Commentaires sur Le gamin au vélo - Luc et Jean-Pierre Dardenne

C'est le premier Dardenne que je voyais, je les ai évités jusqu'à présent. Je ne suis pas convaincue et il est exaspérant le gamin. Et puis trente ans de boulot dans le secteur social ne me rendent pas indulgente devant ce genre de thème.

Posté par Aifelle, lundi 30 mai 2011 à 06:25

ça alors...
je n'ai pas encore vu le film (j'hésite je crois parce que j'ai peur d'être déçue), mais ton avis mitigé est le premier du genre que je lis parmi l'enthousiasme général
A suivre donc...

Posté par Coumarine, lundi 30 mai 2011 à 10:37

il est dans mes prévisions, je sens un bémol dans ton billet à voir , je sors d'une grosse déception avec tree of life alors ...

Posté par Dominique, lundi 30 mai 2011 à 11:26

Ravitaillé par les corbeaux, question sorties de films, je voulais malgré tout bouger pour aller voir ce "Gamin au vélo" ... À la suite de ton avis je regrette un peu moins de ne pas m'y être précipité. Par contre ... Merci pour la gentille remarque concernant "Passion d'amour". Je l'ai vu à sa sortie et en garde malgré le temps qui a passé un souvenir assez fort. Oubli réparé dans ... "mon univers". C'est vrai qu'il fait parti des films qui m'ont secoué ! Merci et à bientôt. Alain.
P.S. As-tu vu La Défense Lincoln ?

Posté par le ciné d'alain, lundi 30 mai 2011 à 17:43
Réponse à Alain

Oui, j'ai vu, je l'ai trouvé très bien fait, un bon film de genre. Bonne soirée.

Posté par dasola, lundi 30 mai 2011 à 17:46

je trouve ton commentaire trés juste Je n'aurais pas mieux réussi pour le présenter. Le prix excéquo de Cannes ressemble à un prix de consolation pour de cinéastes deux fois couronnés

Posté par alex, mardi 31 mai 2011 à 17:25

Visiblement c'est un trait de mise en scène des Dardenne que de nous proposer des ellipses telles que celle-ci. Au spectateur de les prendre telles quelles, comme une donnée du problème. Mais j'avoue que je comprends ta frustration. Bonne soirée, Dasola.

Posté par neil, mercredi 1 juin 2011 à 22:44

Je n'aurai pas les mêmes réticences. Je pense justement que c'est l'indulgence et la non "prise entre 4 yeux" de la part de Samantha qui fait qu'un avenir plus radieux est possible (mais si la fin est ouverte, je ne vois pourtant pas le film comme optimiste).

Un très bon film pour ma part, avec toujours la patte Dardenne, pleine d'empathie et d'émotions.

Posté par Yohan, mercredi 1 juin 2011 à 22:52

j'ai beaucoup de mal avec les films des frères Dardenne

Posté par Alice In Oliver, jeudi 2 juin 2011 à 17:11

J'ai bien aimé ce film, un peu plus doux que les autres des Dardenne. Cécile de France est tout simplement bouleversante, je trouve.

Posté par Jérémy, vendredi 3 juin 2011 à 22:02
la fin

Nous ne sommes pas loin d'être d'accord mais je dois dire que cette fin qui achève de transformer le film en conte m'a fait plaisir, je n'aime pas trop quand ça se finit mal. Bonne journée

Posté par nolan, samedi 4 juin 2011 à 12:41
l'arbre de vie

Tombé de son arbre, Cyril reprend vie, les idées en place, ou pas. Moi aussi il m'a crispé ce gamin, mais c'est peut-être parce que j'avais l'illusion de le connaître vraiment. Les Darenne ont cette faculté d'abolir la frontière entre réel et fiction tout en conservant intacte la capacité à raconter une histoire. Tout ce qu'il n'y a pas (plus) chez Malick. Chouette commentaire en tous cas.

Posté par princécranoir, dimanche 5 juin 2011 à 00:38

C'est un peu les 400 coups modernisés !

Posté par Tietie007, dimanche 5 juin 2011 à 14:25

J'ai détesté Le silence de Lorna... ça ne me donne guère envie de voir celui-là (t'ai je dit que j'avais repris une rubrique cinéma sur mon blog ?)

Posté par Chonchon, mercredi 8 juin 2011 à 11:14

Moi, je l'ai trouvé excellent le gamin. Crispant, oui, mais on le serait pas moins à sa place. La scène de détresse dans la bagnole quand il réalise vraiment que son père l'abandonne, est extraordinaire. Biz

Posté par Marcozeblog, mercredi 8 juin 2011 à 12:22

Comme les Dardenne filment "à l'arrache", avec une énergie et une proximité remarquables, on reçoit leurs films de façon viscérale et finalement, ce que l'on en pense dépend beaucoup de nos rapports avec les personnages. Moi, le gamin m'a bouleversé.
Cela dit, j'ai moi aussi des réserves sur le final. Je trouve que cela ne fonctionne pas bien ce dénouement à "double détente".

Posté par Edouard, vendredi 24 juin 2011 à 23:16

Oui beaucoup d'énergie, mais aussi de la poésie et surtout pas de larmoiement, sur un tel sujet c'était une gageure !

Posté par cathe, samedi 25 juin 2011 à 12:25
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