lundi 30 mai 2011

Le gamin au vélo - Luc et Jean-Pierre Dardenne

Le gamin au vélo des frères Dardenne vient de recevoir le Grand prix (ex-aequo avec le film du cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan) lors du dernier festival de Cannes. A la différence des précédents, ce long-métrage s'achève sur une note optimiste, pourquoi pas? En revanche, c'est la façon dont on arrive à cette conclusion qui me gène un peu. *spoiler* Tel Lazare, Cyril se relève de sa chute de l'arbre sans une égratignure et sa nouvelle vie va commencer, à moins que...*fin du spoiler*. Pour en arriver là, les réalisateurs ne laissent pas aux spectateurs le temps de souffler. Comme toujours chez les frères Dardenne, tout est filmé au plus près des acteurs. Il n'y a aucune psychologie (ce n'est pas un défaut) mais j'avoue que ce gamin, Cyril, m'a beaucoup crispée. Je comprends qu'il soit un écorché vif, mais pendant le déroulement de l'histoire, on a envie de le prendre entre 4 yeux et de lui dire de se calmer. Cyril, âgé d'une dizaine d'années, a été confié à une institution par son père qui ne peut pas s'occuper de lui. Cela devait être une situation provisoire. Cyril veut retourner chez son père parti sans laisser d'adresse. Il veut aussi récupérer son vélo (son père l'a vendu). Cyril a quand même de la chance de trouver en Samantha, une coiffeuse célibataire (Cécile de France, très bien), un foyer de substitution, mais Cyril est un enfant obstiné qui fugue tout le temps. Voilà l'histoire, et elle ne se termine donc pas trop mal, mais je préfère les Dardenne filmant des histoires plus sombres (plus vraisemblables?) ou avec des fins incertaines. Ceci étant, je vous conseille ce film qui dégage une grande énergie.

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vendredi 27 mai 2011

Minuit à Paris - Woody Allen

On pourrait sous-titrer le dernier film de Woody Allen "Paris est une fête" en reprenant un titre de roman d'Ernest Hemingway (un des nombreux personnages de Minuit à Paris). Il s'agit d'un film virevoltant qui remonte le temps, d'un hommage à un Paris fantasmé et/ou disparu. Le film débute par des prises de vues du Paris d'aujourd'hui, tel que les touristes peuvent le voir ou se l'imaginer, sous le soleil ou sous la pluie. Pour la Parisienne que je suis, c'est un bonheur. L'argument du film qui fait alterner l'histoire entre le temps présent (avec Gil Pender, un écrivain en quête de succès, sa fiancée, les parents  de cette dernière - plutôt réactionnaires - et une jeune antiquaire - je ne parle même pas de la guide du musée Rodin) et le temps passé. Le passage entre les deux se fait par l'intermédiaire d'une belle voiture de collection qui emmène Gil dès que minuit sonne. Il se retrouve, toujours à Paris, en compagnie de quelques écrivains, peintres ou chanteuses célèbres pendant ces flamboyantes années 20 (Hemingway, Fitzgerald et Zelda, Josephine Baker, Dali, Picasso, Man Ray, Gertrude Stein...). Il rencontre une jolie jeune femme (Marion Cotillard), modèle de Picasso, qui trouve que ces années 20 sont décevantes. Plus tard, Gil se retrouve dans les années 1890 où il croise Toulouse-Lautrec, Degas et Gauguin. Il n'y a pas vraiment de fin à cette histoire mais Gil va prendre une décision importante dans sa vie. J'ai trouvé la partie contemporaine assez faible mais c'est nettement compensé par la partie dans le passé où un détective privé se perd dans Versailles au temps de Louis (XIV ou XVI?): savoureux. Je ne peux que vous recommander ce film réjouissant dans lequel presque tous les acteurs sont épatants. Voir le billet d'Aifelle.

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mardi 24 mai 2011

Le polygame solitaire - Brady Udall

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Ce roman de Brady Udall (auteur de Le destin miraculeux d'Edgar Mint) dont le titre Le polygame solitaire (Editions Albin Michel, 735 pages) m'a intriguée, se passe dans les années 70 (avec des retours en arrière) parmi les Mormons (dans les états de l'Utah et du Nevada). Brady Udall nous parle plus précisément de la famille Richards, où Golden, 45 ans, l'homme de la famille, a 4 épouses et 28 enfants dont une fille, Glory, déjà décédée avant que le roman ne commence, et un garçon, qui décédera avant la fin du roman. On peut résumer en partie cette histoire en reprenant la première phrase du roman: "... c'est l'histoire d'un polygame qui a une liaison...". C'est aussi l'histoire d'un petit garçon, Rusty, qui aimerait bien que l'on s'occupe dzvantage de lui. C'est aussi l'évocation des essais nucléaires qui ont eu lieu dans cette partie de l'Amérique dans les années 50 et qui ont provoqué des dommages irréparables sur les individus. Et la polygamie, me demanderez-vous? Et bien, j'ai l'impression que tant les adultes que les enfants ne vivent pas toujours très bien cette condition particulière avec un père pas souvent présent. Ces enfants de polygames "polyg" sont montrés du doigt par les autres. Dans le roman, Brady Udall nous décrit comment Golden est devenu Mormon (un concours de circonstances) et le fait qu'il n'a pas choisi non plus les femmes qu'il a épousées: Berverly, Rose, Nola (ces deux dernières sont soeurs) et Trish, l'Eglise les lui ayant imposées. L'amour ne rentre pas vraiment en ligne de compte mais la tendresse semble présente. Cette religion, née au début du XIXème siècle, a des règles strictes. C'est pourquoi, quand Golden rencontre Houila (je vous laisse découvrir comment et ce qui s'ensuit), sa vie est chamboulée même si cette liaison reste platonique. Golden est entrepreneur du bâtiment, mais il a du mal à joindre les deux bouts, et il a surtout du mal à régler sa vie de famille. Les épouses plurales et leurs enfants respectifs logent dans des maisons séparés. Il y a des tensions, des jalousies. Rien n'est simple. Je dirais que j'ai beaucoup apprécié certains passages dont ceux concernant Rusty, 11 ans, l'un des fils de Rose. Comme l'a écrit le Washington Post, Brady Udall a l'art de faire parler et penser les enfants. Le début du roman (l'enfance de Golden) m'a aussi beaucoup plu. Quant au reste, même si je ne suis pas aussi enthousiaste que certaines blogueuses (Keisha ou Clara par exemple) parce que j'ai trouvé qu'il y avait quelques longueurs, j'ai pris du plaisir en compagnie de cette famille atypique. Je confirme que ce n'est pas du tout une apologie de la polygamie, bien au contraire.

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samedi 21 mai 2011

Films vus et non commentés depuis le 07/03/2011 (fin)

Voici mon deuxième billet sur 5 autres films que j'ai vus. Les deux derniers sont à voir toutes affaires cessantes.

La fille du puisatier de Daniel Auteuil se laisse voir si on accepte les dialogues très datés, des situations un peu "cuculs", d'entendre Auteuil avec un accent à couper au couteau. L'histoire de cette fille du puisatier qui perd sa virginité (à cause d'un bel aviateur, fils d'un marchand de la ville) et qui se retrouve "fille-mère" peut faire sourire. C'est un film plein de bon sentiments et désuet, comme le film de Pagnol dont il est le "remake". Jean-Pierre Darroussin est très bien.

L'homme d'à côté de Mariano Cohn et Gaston Duprat, film argentin où le principal décor se trouve être la seule construction (la maison Curutchet) bâtie par Le Corbusier en Amérique du sud, en 1948. Là vit une famille: un homme, sa femme et sa fille. L'homme a acquis une notoriété grâce à un fauteuil révolutionnaire de son invention. Sa femme (que je n'ai pas trouvée sympathique du tout) donne des cours de relaxation, et la gamine vit dans son monde avec des écouteurs et de la musique plein les oreilles toute la journée. Leur vie à tous les trois se trouve bouleversée du jour au lendemain par un voisin installé récemment dans un immeuble mitoyen de la maison. Ce voisin, Victor, a en effet décidé (pour bénéficier du soleil) de percer une fenêtre qui donne sur la cour intérieure de l'édifice classé (celui-ci a été conçu pour la transparence... à l'usage de ses occupants, mais non depuis l'extérieur!), violant ainsi l'intimité de la famille au style de vie "bourgeois bohême". Le film repose sur l'affrontement de ce voisin récalcitrant, à la tessiture de voix grave, qui arrive à avoir de l'emprise sur cette famille. Le film est un peu long. On sent une menace qui pèse dans la relation entre ces êtres, mais le danger ne vient pas de là où on l'attend. La fin m'a quand même laissée perplexe.

Il était une fois un meurtre (Le grand silence en VO) de Bo Odar n'a pas rencontré que des avis favorables. En ce qui me concerne, j'ai trouvé ce film allemand assez remarquable avec cette histoire de meurtre pédophile qui se passe sur une période de 23 ans. En 1986, une jeune fille est assassinée et violée dans un champ. Le crime reste impuni (mais nous, spectateurs, nous savons qui a tué). De nos jours, dans une bourgade peu éloignée du lieu de ce premier meurtre, une deuxième jeune fille disparaît (on la retrouvera morte). Il semble que cela soit le même modus operandi (mais nous, les spectateurs, on ne sait rien). La police rouvre l'enquête depuis l'origine. C'est un film glaçant et glacial car les meurtriers mènent une vie banale sans histoire dans cette bourgade. L'un des deux, devenu architecte, est marié et père de famille. C'est un film sur le mal qui peut se nicher chez les individus. Un film qui reste en mémoire. Et pourtant, ce film comporte quelques défauts comme le personnage caricatural du policier pertubé.

Je veux seulement que vous m'aimiez de Rainer Werner Fassbinder était un film inédit tourné pour la télévision. Il date de 1976. Je ne peux que vous le recommander. Il est sorti dans très peu de salles à Paris, je ne sais ce qu'il en est en province. C'est un drame social qui se passe en 1976 mais qui pourrait se passer de nos jours. Peter, un jeune homme courageux, n'ose pas affronter ses parents qui semblent le mépriser. Ils sont très ingrats envers leur fils qui leur a construit une maison. Peter épouse Erika qu'il veut rendre heureuse à tout prix. Parti à Munich, il s'endette pour elle, il n'arrête pas d'acheter davantage que ses moyens financiers ne le lui permettent. Bien qu'apprécié par son patron, il a un petit salaire. Il se crève à la tâche. C'est la triste histoire d'un homme surendetté qui commet l'irréparable. Les acteurs (que je ne connaissais pas) sont formidables. Ce film n'a pas pris une ride. Voir le billet du ciné d'Alain.

Tomboy de Céline Sciamma est une merveille de délicatesse. Ce très beau film (qui rencontre un joli succès) nous raconte l'histoire de Laure (garçon manqué), âgée de 9 ou 10 ans, qui se fait appeler Mickael. Elle/Il fait comme si elle était un garçon, s'habille comme eux, crache, joue au foot, fait tout comme un garçon (à l'extérieur de chez elle). Elle apprécie aussi de tenir le volant de la voiture familiale installée sur les genoux de son père. Vivant dans une famille unie entre un papa qui travaille avec les ordinateurs et une maman très enceinte, Laure est très complice avec sa petite soeur, Jeanne, une petite fille absolument irrésistible. Laure/Mickael attire l'attention d'une fille de son âge qui trouve qu'elle est un garçon pas comme les autres. On ne sait pas pourquoi Laure se voit comme un garçon. Aucune explication ne nous est donnée. Simplement, Laure semble plus à l'aise dans sa peau de garçon. La réalisatrice nous montre une jeune fille en quête d'une identité sexuelle. La jeune Zoé Héran est une révélation. Voir les billets de Wilyrah et de Phil Siné.

PS: Pour finir, une bonne nouvelle, le 22 juin ressort un chef d'oeuvre du cinéma: Il était une fois en Amérique de Sergio Leone (1984) en version numérique entièrement restaurée. Cela dure presque 4 heures. Je peux vous dire que sur grand écran, cela vaut la peine.

mercredi 18 mai 2011

Arrêtez-moi là! - Iain Levison

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Je me suis précipitée pour acheter Arrêtez-moi là, le nouveau roman de Iain Levison paru (comme les autres) chez Liana Levi. C'est un roman anxyogène car raconté de façon assez neutre. A Dallas, au Texas (où la peine de mort est en vigueur), le narrateur, un chauffeur de taxi se retrouve en prison (dans le couloir de la mort) avant son procès (car c'est l'endroit le plus sûr où le mettre). Il est en effet accusé de l'enlèvement (et peut-être de l'assassinat) d'une petite fille disparue (on n'a pas retrouvé son corps). Cette horrible méprise est venue du fait que dans la même journée, il a eu le malheur de toucher une porte-fenêtre chez une cliente qui devait lui payer sa course (il était entrée chez elle pour attendre le montant de sa course) et qu'avant de rentrer chez lui, il a pris gratuitement deux filles qui étaient ivres-mortes, dont une a vomi sur le siège - siège qu'il a nettoyé à la vapeur (ce qu'il n'aurait jamais dû faire, surtout après avoir touché une porte-fenêtre chez une inconnue). J'ai été frappée par la façon très détachée qu'a le narrateur de décrire tout ce qui lui arrive. Il perd tout dans cette histoire. Et un doute subsiste même quand il est disculpé. C'est un portrait au vitriol de la machine judiciaire américaine où une enquête bâclée par la faute d'un inspecteur incompétent fait emprisonner un coupable idéal qui a eu comme seul tort de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. L'avocat commis d'office qui épouve tout de suite de l'animosité pour le présumé coupable  (tout au moins au début) n'arrange pas les choses. Les jurés, la juge, tout le monde le condamnent d'avance. Seul un événement inattendu va sauver in extremis ce pauvre narrateur qui aura passé presque un an en prison. A sa sortie, il va se retrouver dans un autre genre de prison (même si elle est dorée). Iaian Levison a vraiment beaucoup de talent. Je suis vraiment contente de ma lecture que je vous conseille.

PS: je crois utile, aujourd'hui, de préciser que j'avais rédigé mon article avant le samedi 14 mai 2011!

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dimanche 15 mai 2011

Films vus et non commentés depuis le 07/03/2011

Comme je me rends compte que je prends du retard dans mes comptes-rendus sur les films vus depuis 1 mois, voici un billet sur 5 d'entre eux, le prochain billet rendra compte de 5 autres. Je les ai tous assez appréciés et je vous conseille de les voir en salle ou en DVD si vous pouvez.

Le film étant chaudement recommandé sur la blogosphère (voir par exemple le billet d'Aifelle), je suis allée voir Tous les soleils du romancier Philippe Claudel et bien m'en a pris. Il s'agit d'une histoire sympathique qui se passe à Strasbourg où Alessandro, veuf, vit seul avec sa fille Irina, jeune adolescente plutôt bien dans sa peau. Il héberge depuis quelque temps son frère, Luigi, qui a fui l'Italie depuis l'arrivée de Berlusconi au pouvoir. Alessandro enseigne la musique baroque en université et chante dans une chorale. C'est un film qui finit bien. A voir quand vous êtes d'humeur morose.

Coup d'éclat de José Alcala avec une Catherine Frot comme je l'aime. Cette actrice est formidable dans le rôle de Fabienne, une femme flic (presque) au bout du rouleau entre ses problèmes d'alcool (elle boit pas mal de vin) et sa vieille mère qui la harcèle souvent. Fabienne, qui s'occupe plutôt des "sans-papiers", décide d'enquêter sur le suicide d'une jeune prostituée venue de l'est qui a laissé un petit garçon derrière elle. L'action se passe à Sète et dans ses environs. Le film donne l'occasion de voir Tcheky Karyo de plus en plus rare sur nos écrans (et c'est dommage). Le scénario tient la route même si la fin est un peu en suspens.

Animal Kingdom de David Michôd est un polar australien très noir qui se passe à Melbourne dans un quartier sans âme. Là vivent les Cody, une famille "ordinaire" composée de quelques hommes sous la domination de la mère, Janine, qui avec de grands sourire et beaucoup de gentillesse demande la "disparition" de quelqu'un quand elle sent que sa famille proche (ses fils) est menacée. Les garçons pillent des banques, tirent des coups de feu, tuent quand c'est nécessaire. Il se trouve qu'un "maillon faible" va entrer dans cette famille: le petit-fils, qui vient d'assister sans ciller à la mort de sa mère morte d'une overdose d'héroïne. Je ne suis pas prête d'oublier le personnage de Janine et la scène finale inattendue et violente.

Où va la nuit de Martin Provost avec Yolande Moreau en femme battue qui se venge (on la comprend!) de son mari violent qui a tué accidentellement une jeune fille en la renversant avec sa voiture. C'est un film qui possède de grandes qualités avec une Yolande Moreau attachante. Le bémol que je mettrais tient au personnage du fils, que je n'ai pas trouvé bien écrit. Il est crispant au possible. De son côté, le personnage du flic qui a deviné tout ce qui s'est passé n'est pas banal. Et il faut noter la présence notable, vers la fin du film, d'Edith Scob, même si son personnage m'a paru improbable. Et je pense qu'il y a clin d'oeil voulu au film Thelma et Louise de Ridley Scott, avec la scène des deux mains l'une sur l'autre dans la voiture en surplomb au bord du quai. Un film à voir.

Voir la mer de Patrice Leconte: 2 garçons, 1 fille, 3 possibilités. Clément et Nicolas doivent partir vers Saint-Jean-de-Luz voir leur mère. Clément, qui travaille dans un garage, vient d'être plaqué par sa copine. Thomas rencontre Prudence dans un bal. Celle-ci vient de quitter son amant plus âgée qu'elle. Elle décide d'accompagner les deux frères. On sent que Patrice Leconte a voulu se faire plaisir. C'est un film libre, assez drôle, parfois coquin: la fille qui couche avec les deux frères à tour de rôle, et le vieil amant qui les poursuit. C'est un film idéal à voir l'été.

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jeudi 12 mai 2011

Détective Dee (et la flamme fantôme) - Tsui Hark

Voici un film distrayant, haletant, beau à regarder... Je n'ai pas vu passer les deux heures que dure Détective Dee de Tsui Hark. L'histoire se passe en l'an 689 en Chine, année pendant laquelle la première impératrice de Chine doit monter sur le trône. C'est la première et dernière fois qu'une femme régnera seule et en son propre nom sur cet immense empire. Afin de célébrer dignement cet événement, un stupa (bouddha) géant de 120 m de haut est construit. Les ouvriers s'affairent sous les ordres d'un contremaître qui meurt tout à coup dans d'horribles souffrances: son corps se consume de l'intérieur. D'autres suivront. La future impératrice fait appel au Détective Dee, dont elle reconnait les qualités d'enquêteur, bien qu'elle l'eût fait emprisonner 8 ans auparavant car il s'était opposé à elle. Les adversaires auxquels Dee doit faire face sont nombreux et revêtent plusieurs visages ou apparences. Il y a de beaux morceaux de bravoure comme le combat avec des cerfs, des insectes venimeux, des hommes masqués qui virevoltent dans un monde souterrain. Dee affronte une femme qui se mue en homme, un homme balafré, un homme albinos (qui se trouve être un allié) et une future impératrice sans pitié. Dee est un personnage qui a vraiment existé, et il a servi d'inspiration à Robert Van Gulik pour son détective Ti dont je vais m'empresser de relire quelques enquêtes. Détective Dee, servi par de bons acteurs, constitue un agréable divertissement.

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lundi 9 mai 2011

Le léopard - Jo Nesbo

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Je viens de terminer Le Léopard (Gallimard série noire), le nouveau roman de Jo Nesbo qui est la 8ème enquête d'Harry Hole, cet inspecteur de police norvégien âgé de 40 ans et mesurant un mètre quatre-vingt-treize. J'ai lu en 3 jours les 760 pages de ce roman haletant qui se passe tour à tour à Hong-Kong, où Harry Hole est tiré de sa retraite volontaire pendant laquelle l'opium est devenue sa compagne, ou encore dans les paysages enneigés de Norvège ou même en République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre (1)), où l'on trouve au moins un volcan en activité. Harry Hole enquête donc sur un tueur en série qui supprime la plupart de ses victimes (des femmes) à l'aide de la pomme de Léopold (sortie de l'imagination de l'écrivain semble-t-il), instrument de mort dont je vous laisse découvrir le fonctionnement fatal. Toujours est-il que les victimes se noient dans leur propre sang. On croit qu'à la page 695, le coupable est démasqué: hé bien pas tout à fait. L'histoire comporte plein de rebondissements et Jo Nesbo sait ménager le suspense. Il fait beaucoup référence à son roman précédent, Le bonhomme de neige (que je n'ai pas lu), dont Harry Hole n'était pas sorti indemne (d'où sa fuite à Hong-Kong). Dans Le Léopard, le père d'Harry Hole est à l'article de la mort, Harry se retrouve aussi à être la bête noire d'un autre inspecteur et il a une liaison avec la belle Kaja Solness qui travaille à la brigade criminelle. Tout comme dans Le bonhomme de neige, Harry va laisser des plumes en luttant contre un tueur vraiment sadique. C'est le 5ème roman de Jo Nesbo que je lis après L'homme chauve-souris, Les cafards (mon roman préféré de cet écrivain), Rouge-Gorge et L'étoile du diable. Le léopard est un roman à recommander. Voir le billet de Dominique.

(1) J'avais mentionné le nom de Zaïre (le nom a changé fin 1997) ainsi que Manu me l'a fait justement remarquer. Cette histoire se passe bien de nos jours.

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vendredi 6 mai 2011

Sibérie mon amour - Slava Ross

J'ai vu ce film, sorti en catimini, grâce au conseil d'une collègue (et à une très bonne critique sur le Canard enchaîné). Disons-le tout de suite, Sibérie mon amour de Slava Ross, qui est aussi l'auteur du scénario, n'est pas un film rigolo du tout. L'histoire se passe de nos jours, en Sibérie. Des gens survivent comme ils peuvent dans cette contrée hostile oubliée de tous. On fait, par exemple, la connaissance d'un vieil homme et de son petit-fils Lyochka, qui vivent dans une masure avec une chèvre dans un enclos à côté, avec Dieu qui veille sur eux: ils font des prières régulièrement face à une icône (seul trésor qu'ils possèdent). La nourriture est rare, surtout que des chiens affamés en meute font des ravages et représentent une menace permanente envers les humains et les autres animaux. Orphelin de mère, Lyochka attend le retour de son père. Iouri, son oncle, loge dans une maison de la ville voisine avec sa femme et ses filles. Préoccupé par le sort du vieil homme et de Lyochka, il leur rend régulièrement visite en apportant de la nourriture. Par ailleurs, des rôdeurs pillent les maisons. On découvre aussi une garnison de soldats en attente de filles aux moeurs légères. Le film dégage une grande violence qui est autant suggérée que montrée. Je retiens les cris poussés par une spectatrice bouleversée par une ou deux scènes choquante, dont une avec un homme mangé par les chiens. Néanmoins, la fin du film donne une lueur d'espoir. Je retiens du film: les paysages grandioses de Sibérie, le climat hostile, le comportement sauvage des humains; et, en même temps, le chemin de croix que subit le grand-père pour sauver son petit-fils. Un film à voir si vous avez le moral.

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mardi 3 mai 2011

Les imperfectionnistes - Tom Rachman

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J'ai acheté ce roman pour la bibliothèque loisirs dont je m'occupe et j'espère que mes lectrices (-teurs) prendront autant de plaisir que moi à la lecture de ce premier roman d'un écrivain à suivre. J'ai été attirée par le titre accrocheur qui a attisé ma curiosité. Les 11 "imperfectionnistes" du titre de ce roman choral travaillent dans un quotidien anglophone anonyme, basé à Rome. Tom Rachman alterne de courts passages qui nous expliquent le pourquoi du comment de la fondation de ce journal (en 1954) et des moments (en 2003-2004) de la vie de différents personnages qui se croisent ou se côtoient sans se connaître: secrétaire, journalistes de diverses rubriques, pigiste, correcteur, DRH, lectrice, rédacteur en chef adjoint, directeur de la publication plus ou moins pathétiques, touchants, crispants, timides, prétentieux, humains quoi! Refusant de se moderniser (mise en ligne sur internet par exemple), et faute d'une vraie politique éditoriale et surtout d'argent frais, ce journal anonyme sera malheureusement dissous en 2004, 50 ans après sa création. Parmi les imperfectionnistes, je retiens les chapitres qui narrent les (més)aventures, à bord d'un avion puis dans un hôtel, de la DRH du journal en compagnie d'un des salariés qu'elle a viré, et celles du pigiste au Caire confronté à un journaliste parasite. Vraiment très très bien. J'ai aimé le style synthétique et les chapitres courts. Ce roman de 370 pages (Editions Grasset) se lit vite. A découvrir.

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