mercredi 29 juin 2011

658 - John Verdon

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Grâce aux éditions Bernard Grasset (que je remercie), j'ai reçu il y a quelques semaines déjà ce roman policier, que j'ai lu presque tout de suite. C'est l'histoire d'un tueur en série par vengeance envers des personnes ayant une addiction que je vous laisse découvrir. Le 658 du titre est un nombre aléatoire, comme le montant d'un chèque de 83 dollars et quelque. Une marque d'alcool avec quatre roses est une arme du crime coupante. Comme vous l'avez deviné, les nombres sont essentiels à l'histoire qui se passe aux Etats-Unis, dans l'état de Pennsylvanie, de nos jours. Un policier tout juste à la retraite, David Gurney, qui vit une relation pas facile avec sa femme (on nous révèle pourquoi à la fin), se met à enquêter après que son ami Marc Mellery ait été assassiné. D'autres victimes suivent. 658 est le premier roman d'un écrivain de 69 ans, ancien publicitaire. Ce n'est pas un "thriller" haletant mais je l'ai lu sans déplaisir aucun.

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dimanche 26 juin 2011

L'inspecteur Columbo est mort

Eh oui, j'ai appris cette triste nouvelle concernant Peter Falk (1927-2011). Il a incarné l'inoubliable inspecteur pendant plus de 30 ans avec sa vieille gabardine, sa Peugeot 403 hors d'âge, sa femme (que l'on ne voyait jamais), son cigare (éteint?) et son chien, un basset artésien, les oreilles au vent. Il arrivait à attraper chaque fois le coupable avec une de ses fameuses phrases restée dans les mémoires: "Ah, encore un petit détail...". Il ne faut cependant pas oublier que Peter Falk a interprété beaucoup d'autres rôles et qu'il fut un ami de John Cassavetes. Il a joué dans deux films de ce dernier: Husbands (1970) et Une femme sous influence (1976). Les deux hommes ont aussi formé un tandem dans un film d'Elene May, Mickey & Nicky (1976). Je retiens par ailleurs un film de Robert Aldrich, Deux filles au tapis (il était l'entraîneur de deux catcheuses), Un cadavre au dessert de Robert Moore (1976), un film méconnu de Sidney Pollack, Un château en enfer (1969), Cookie de Susan Seidelman (1989) et dans Les ailes du désir de Wim Wenders (1987). Un acteur attachant est parti. Je viens de l'apercevoir (dans une courte apparition) dans un film de 2001 diffusé hier soir sur France 4, Les aventuriers du monde perdu.

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jeudi 23 juin 2011

Films vus et non commentés depuis le 05/06/11

Ci-dessous 4 films vus récemment et qui en valent la peine (d'être vus), même s'ils ne m'ont pas tous convaincue.

Adapté d'un roman de Ken Bruen, London Boulevard de William Monahan m'a bien distraite. Le film est violent certes mais il y a beaucoup d'humour et la fin de l'histoire, que je ne révélerai pas, vous prend par surprise. Mitchel (Colin Farrell) sort de prison. Il devient garde du corps (et plus si affinités) d'une actrice qui s'est mise en retrait du monde du spectacle (Keira Knightley), poursuivie par des paparazzi. Recontacté par un caïd (Ray Winstone, effrayant), son passé rattrape Mitchel. J'ai trouvé que le film valait la peine d'être vu pour Colin Farrell et David Thewlis (irrésistibles l'un et l'autre). L'histoire est bien ficelée et on a le plaisir de voir Londres et ses environs. Blitz, qui vient de sortir hier mercredi 22 juin 2011, est aussi adapté d'un roman de Ken Bruen (cet écrivain que j'aime beaucoup a le vent en poupe).

Voici un film que j'attendais avec impatience: L'affaire Rachel Singer de John Madden. J'ai été relativement déçue, non par l'histoire (3 agents du Mossad à la poursuite d'un médécin de Birkenau) ou par les interprètes féminines, Helen Mirren et Jessica Chastain excellentes toutes les deux dans le rôle de Rachel à deux âges différents, mais par la réalisation pas très subtile avec ces flash-back répétés de quelques mêmes séquences vus sous un angle différent. La psychologie des deux personnages masculins (Stefan et David) m'a paru assez sommaire. Cela déséquibre le film même si Jesper Christiensen qui joue l'ancien médecin nazi est remarquable dans l'ambiguïté.

Gianni et les femmes de Gianni di Gregorio est de la même veine que Le Déjeuner du 15 août du même réalisateur-scénariste avec Rome comme décor (au printemps ou l'été). Gianni, retraité, la soixantaine encore fringante mais légèrement dépressif, est entouré de femmes: sa mère (une casse-pied qui l'appelle pour un oui ou pour un non et qui dépense de l'argent qu'elle n'a pas), sa femme et sa fille. Il y a aussi une jeune et jolie voisine dont il sort le chien, sans parler de femmes qu'il a connues jadis ou d'autres dont il fait la connaissance grâce à un ami. Gianni voudrait encore séduire mais ce n'est pas simple même en prenant du V*agr*. Il s'agit d'un joli film qui m'a plu même avec ses maladresses.

Enfin, voici un documentaire passionnant: Prud'hommes de Stéphane Goël constitue un "reportage" que j'inscris dans la lignée des fims de Depardon. L'action de Prud'hommes se passe en Suisse à Lausanne. La caméra passe de la salle d'audience aux antennes syndicales ou à l'Inspection du travail. Des hommes et des femmes, licenciés pour la plupart, font la démarche d'intenter une action prud'hommale pour obtenir réparation ou au moins afin de faire reconnaître leur bonne foi. On assiste à des moments de vie cocasses ou émouvants. Le monde du travail est sans pitié (même en Suisse). Je ne peux que vous recommander ce film sorti dans peu de salles à Paris.

lundi 20 juin 2011

Serena - Ron Rash

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Voici encore un roman chaudement recommandé par quelques blogueuses comme Aifelle ou Mango (et Le Canard Enchaîné ne fut pas en reste). Je les en remercie. Je l'ai lu d'une traite, n'arrivant pas à me détacher de cette histoire où les morts violentes s'enchaînent les unes aux autres. Il faut dire que la Serena du titre est une femme dangereuse et sans état d'âme et qui supprime tout ce qui la gêne. L'histoire se passe dans les années 30 (en pleine dépression économique) dans les Smoky Mountains en Caroline du nord. George Pemberton, riche exploitant forestier, vient d'épouser Serena dont il est fou amoureux. Il avait eu le temps auparavant de faire un enfant à Rachel Harmon, une jeune ouvrière travaillant sur l'exploitation. Serena n'aura de cesse de la faire supprimer, elle et l'enfant, sans compter un médecin, un contremaître, un shérif et j'en passe. Pour ce faire, elle a un bras armé en la personne de Calloway, un ouvrier de l'exploitation dont elle avait sauvé la vie après un accident de travail. Il la suit comme son ombre. Serena, qui sait aussi dompter les aigles, est un personnage peu fouillé, peu décrit. On ne sait rien d'elle et de son passé sauf qu'elle a perdu sa famille dans un incendie (intentionnel?). L'ambition de Serena est sans limites. Elle rêve de déforester tout l'Est américain, et tant pis s'il n'y a plus un arbre debout. Après, elle s'attaquera aux forêts brésiliennes. Tels les choeurs antiques dans les tragédies, le récit est ponctué de commentaires de certains ouvriers qui pressentent ce qui va se passer. Je n'en dévoilerai pas plus. A découvrir absolument.

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vendredi 17 juin 2011

Une séparation - Asghar Farhadi

Une séparation du réalisateur iranien Asghar Farhadi, récompensé par l'Ours d'or du meilleur film et de deux Ours d'argent aux deux acteurs principaux à l'issue du dernier festival de Berlin, est bien à mon avis le chef-d'oeuvre annoncé. Courez le voir. D'ailleurs, deux semaines après sa sortie, c'est un triomphe en France.
Tout est réussi dans ce film: le scénario très bien écrit, la réalisation, l'interprétation. Je retiens la première séquence où Nader et Simin, assis devant le juge (que l'on ne voit pas), se déchirent face à la caméra. Simin veut partir à l'étranger avec sa fille de 11 ans. C'est pourquoi elle demande le divorce. Nader, qui s'occupe de son père atteint de la maladie d'Alzheimer, la laisse partir du foyer conjugal, mais garde sa fille, Termeh. A partir de là, on assiste à un enchaînement d'événements dans lesquels un autre couple (avec une petite fille) joue un rôle essentiel: Hodjat, le cordonnier chômeur souffrant de dépression, et Razieh, sa femme, très attachée aux préceptes de l'Islam, embauchée par Nader pour s'occuper de son père. Un drame survient. On peut noter qu'en Iran, les conflits entre les êtres, la lutte des classes, les problèmes de couple sont les mêmes que partout ailleurs dans le monde. L'histoire montre que les gens vont volontiers devant le juge pour plaider leur cause. Le juge, c'est chaque spectateur qui doute de ce qu'il entend ou de ce qu'il croit voir. C'est tellement bien que je pense retourner le revoir une deuxième fois rien que pour certains scènes du film dont celle que j'ai considéré tout de suite comme la scène-clé: Razieh part à la recherche du père de Nader qui s'est enfui de l'appartement. Cette scène est coupée avant la fin. La séquence finale (une attente) est remarquable. Un des films de l'année 2011 et un réalisateur à suivre après A propos d'Elly. Lire les billets de Chris et Jérémy.

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mardi 14 juin 2011

Beginners - Mike Mills

Demain, mercredi 15 juin 2011, parmi les sorties cinéma, je vous recommande éventuellement Beginners de Mike (*) Mills vu en avant-première. Il appartient à un genre de cinéma américain indépendant comme Away we go ou City Island (mais j'ai nettement préféré Beginners). C'est une comédie décalée, légère et autobiographique. En effet, le réalisateur Mike Mills évoque sa famille. Son père resté marié pendant 44 ans avec sa mère était homosexuel. Il attendra d'avoir 75 ans et d'être veuf pour faire son "coming out". Sa mère le savait, mais elle a fait "comme si". Pour en revenir au film, Oliver (Ewan McGregor), illustrateur, semble collectionner les conquêtes sans lendemain. Son père (Christopher Plummer), qui a fait son "coming out", décède, et Oliver hérite de son chien Arthur, un terrier Jack Russell, à qui il parle et qui lui répond. Lors d'une soirée, Oliver rencontre Anna (Mélanie Laurent), une jeune femme étrange qui ne prononce pas un mot et qui l'attire immédiatement. Le film alterne le retour vers le passé récent ou lointain et le présent. Bien que la maladie et la mort soient très présentes, ce n'est pas une histoire triste car il y a de l'optimisme dans le propos. Le film est ponctué d'esquisses dessinés par le réalisateur qui est graphiste. Christophe Plummer en homosexuel qui s'assume enfin est très bien. Mélanie Laurent apporte beaucoup de fraîcheur à l'ensemble. Quant à Ewan Mc Gregor, je l'ai trouvé touchant, il a un joli rôle.

* et non Tom comme je l'avais écrit à tort, comme me l'a fait remarquer Wapiti ci-dessous.

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samedi 11 juin 2011

Le pays oublié du temps - Xavier-Marie Bonnot

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Enfin une toile de fond originale pour ce roman policier publié aux Editions Actes sud noir.

Je me suis donc plongé dans Le pays oublié du temps de Xavier-Marie Bonnot grâce aux conseils éclairés de Dominique et Dominique (je les remercie toutes les deux). Lu en 3 jours, ce roman donne envie de mieux connaître les peuples d'Océanie (aux coutumes que l'on peut trouver violentes voire barbares) et de faire une visite au musée des Arts premiers à Paris. A Marseille, l'inspecteur Michel de Palma (passionné d'opéra), à peu de temps de sa retraite, enquête sur l'assassinat d'un vieil homme de 96 ans (scientifique de renom et explorateur), Fernand Delorme (tué chez lui, son crâne transpercé par une flèche en bambou, un livre de Sigmund Freud face au cadavre, Totem et tabou). A quelques jours d'intervalle, à Paris, deux hommes (dont un antiquaire) sont assassinés de la même façon. Il semble qu'ils aient entendu un son étrange avant d'être tués. Plus tard, le crâne de Delorme va être subtilisé dans sa tombe, ce ne sera pas le seul. Le roman nous fait remonter dans le temps, 70 ans auparavant, en 1936, avec la rencontre entre les papous et les hommes blancs. On sait malheureusement qui prendra le dessus (avec la christianisation). L'auteur fait référence à deux ethnographes, Claude Levi-Strauss et Margaret Mead. Cette histoire nous parle des réducteurs de têtes, des crânes de d'ancêtres, des crânes surmodelés, certains se négociant une fortune. J'ai trouvé l'intrigue passionnante et je vous recommande chaudement la lecture de ce roman d'un auteur dont je n'avais rien lu et qui mérite le détour.

PS: Pendant ce week-end de Pentecôte, vous devez aller voir Une séparation d'Asghar Farhadi, film iranien récompensé à juste titre de l'Ours d'or au dernier festival de Berlin: un immense film (billet à venir) [chroniqué le 17/06/2011].

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mercredi 8 juin 2011

L'oeil invisible - Diego Lerman

Même s'il ne se donne plus que dans quelques salles à Paris à des horaires espacés, je voulais parler de L'oeil invisible (La mirada invisible), un film argentin sorti le jour de l'ouverture du Festival de Cannes et qui risque de passer inaperçu. L'histoire se passe en 1982, en pleine dictature, juste avant le début de la guerre des Malouines. Le lieu principal de l'histoire est un lycée mixte, bâtisse austère et martiale comme la discipline de fer qui y règne. Marita, une jeune "pionne", maintient la discipline, se charge de faire l'appel, de vérifier les tenues (chaussettes bleues et pas marron), de faire respecter les distances dans les rangs et surtout de dénoncer les contrevenants (défense absolue de fumer). C'est un film sur la subversion, sur la frustration. Cette jeune femme qui vit avec sa mère et sa grand-mère n'est pas épanouie, on pourrait dire vulgairement qu'elle est "coincée". Elle n'a pratiquement pas de vie sociale en dehors du lycée, qui constitue un microcosme de ce qui se passe dans le pays. Marita fantasme sur certains jeune élèves. Elle se met à les épier dans les toilettes. Le film distille une atmosphère pesante. Je vous laisse découvrir d'où vient le danger. Les dernières séquences très violentes sont réussies. On n'oublie pas le dernier plan. Tout cela pour vous dire que j'ai beaucoup aimé ce film servi par d'excellents comédiens.

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dimanche 5 juin 2011

Films vus et non commentés depuis le 21/05/11

Voici encore deux films vus récemment et qui m'ont assez plu pour que je vous les conseille.

De l'eau pour les éléphants de Francis Lawrence représente une adaptation du roman de Sara Gruen, dont j'avais dit tout le bien que j'en pensais ici. Pour parler du film, l'essentiel y est mais il manque la cruauté, l'aspect sordide de cette vie dans un grand cirque en perdition en pleine crise d'après 1929. Ce film a été mis en valeur du fait que Robert Pattison (Twilight) y tient le rôle principal. Il est mignon tout plein et se débrouille pas mal, mais il semble un peu fade. Reese Witherspoon m'a paru très en retrait, voire éteinte. Seul Christopher Waltz, dans le rôle du méchant de service, sort du lot. Et mention spéciale à l'éléphante, très bien dressée, qui réagit aux ordres en polonais.

J'ai trouvé que La défense Lincoln de Brad Furman constituait un bon polar au scénario solide (je n'ai pas lu le roman de Michael Connelly). La Lincoln du titre est une voiture dans laquelle Mick Haller (avocat divorcé et père d'une petite fille) étudie ses dossiers, parle avec ses clients, pendant que son chauffeur parcourt les rues de Los Angeles. Il défend surtout les malfrats coupables de trafics en tout genre. On lui confie une affaire dans laquelle une prostituée a été sauvagement battue. Le présumé coupable, Louis Roulet, un homme riche et sans scrupules, engage Mick (celui-ci ne sait pas dans quoi il s'est engagé!). Il y a pas mal d'humour, des retournements de situations, des moments tragiques (comme l'assassinat de son enquêteur), des moments de tendresse avec son ex-femme, procureur. C'est un film qui se suit avec beaucoup de plaisir. Et j'apprécie de voir jouer des acteurs comme William M. Macy, Marisa Tomei ou John Leguizamo. Matthew McConaughey est très convaincant. Un bon film.

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jeudi 2 juin 2011

Le caveau de famille - Katarina Mazetti

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Le caveau de famille de Katarina Mazetti, publié aux Editions Gaïa, est la suite du Mec de la tombe d'à côté. D'ailleurs, il y a un résumé de ce roman au début du Caveau de famille. On y retrouve Désirée et Benny qu'on va suivre pendant sept ans. En effet, non seulement ils ne se séparent pas (comme on pouvait penser à la fin du Mec...) mais leur liaison perdure. Après quelques essais infructueux, Désirée tombe enfin enceinte. Un garçon, Arvid, voit le jour. Désirée et Benny en profitent pour officialiser leur union en se mariant. Désirée s'installe à la ferme même si elle continue (au début) à aller travailler à la bibliothèque. Un deuxième garçon ne tarde pas à venir au monde ainsi qu'une troisième qui va naître (après un avortement) et quand le roman se termine, un quatrième n'est pas exclu. L'histoire peut sembler répétitive de prime abord, pourtant, j'ai suivi avec plaisir les (més)aventures de ce couple attachant qui n'a pas toujours une vie facile et se chamaille souvent. Concernant Désirée, on ne s'improvise pas fermière du jour au lendemain. Mais des amis proches les soutiennent. Je ne m'attendais à rien d'exceptionnel, mais j'ai passé un excellent moment de lecture (et mon ami aussi, je pense).

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