Comme je prends du retard dans mes billets et que j'ai vu pas mal de films, voici un billet "groupé". J'ai constaté après coup que les  trois film évoqués (que j'ai plus ou moins aimés) étaient tous italiens.

Je recommande This must be the place de Paolo Sorrentino pour la prestation de Sean Penn méconnaissable avec son look gothique. Très bien dirigé, il compose un personnage appelé Cheyenne que l'on n'oublie pas de sitôt avec sa voix de fausset qui parle lentement. Il a un côté facétieux. Ce n'est pas une histoire facile à résumer, elle se passe en Irlande et aux Etats-Unis. Cheyenne, un ancien chanteur de rock désenchanté, vit donc retiré en Irlande avec sa femme Jane (Frances Mc Dormand, très bien), dans une grande demeure avec une piscine qui sert de terrain de squash. Plus tard, avec sa valise à roulettes, il part à la recherche du bourreau de son père (qui fut détenu dans un camp de concentration pendant la 2nde guerre mondiale). Cheyenne va parcourir l'Amérique d'est en ouest. Pendant son périple où il croisera des personnages divers et variés, Cheyenne va changer, va s'ouvrir aux autres. On se souvient de ce film pour son ton décalé. C'est un OVNI cinématographique dans lequel on admire la plus grande pistache du monde.

Je ne suis pas très familière de l'univers de Nanni Moretti, n'ayant vu que La chambre du fils. En tous les cas, Habemus Papam semble représenter une sorte de synthèse de l'oeuvre du cinéaste. Dans cette comédie dramatique, on retrouve des thèmes comme la psychanalyse, le sport et le monde du théâtre. Melville (Michel Piccoli), un cardinal, est élu pape lors d'un conclave après quelques tours de scrutin. Il pousse un cri de bête blessée quand il apprend la nouvelle. Un psychanalyste est appelé à la rescousse sans succès et Melville disparaît dans les rues de Rome. Le Vatican est en émoi car les fidèles attendent le nom du futur pape. Et ils vont attendre longtemps. Je retiens certaines scènes comme celles où les cardinaux jouent au volley-ball, où le garde suisse se fait passer pour le futur pape, et celle où les cardinaux retrouvent Melville dans un théâtre en pleine représentation. La vie est un théâtre. J'ai beaucoup aimé ce film.

Concernant Un tigre parmi les singes de Stefano Incerti, j'avoue que je n'ai rien compris ou presque à cette histoire. Dans ce film quasi-muet qui se passe à Naples, Toni Servillo grimace beaucoup et parle peu. Gorbaciov (titre original de ce long métrage), un comptable de prison (avec une tache de vin sur le front - comme l'homme politique russe) vêtu de chemises voyantes, mène une vie morne entre son travail de comptable (il reçoit des familles des détenus de l'argent qu'il place dans un coffre) et son addiction au poker. D'ailleurs, il se permet de prélever des sommes d'argent du coffre pour miser. Gorbaciov perd beaucoup et contracte des dettes qu'il ne peut rembourser. Entretemps, il tombe amoureux d'une jeune Asiatique. Le film se voit sans passion.

La suite dans un prochain billet.