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Crimes de Ferdinand Von Schirach (Editions Gallimard, 215 pages) rassemble 11 nouvelles d'un écrivain né à Münich qui est surtout avocat au barreau de Berlin. Je les ai trouvé passionnantes, parfois incroyables. Elles sont surtout bien écrites. Beaucoup sont tristes, violentes, en résumé humaines. Même s'il s'agit de nouvelles de fiction, il semble que Von Schirach se soit inspiré d'affaires dont il avait entendu parler en tant qu'avocat de la défense, car dans chacune d'elles, l'auteur/avocat se trouve être sollicité face à des "faits vrais".

Je vous évoquerai en premier "Les pommes" dans laquelle apparaît un homme, Fahner, un médecin généraliste qui tua après 50 ans de mariage, à coups de hache, sa femme Ingrid, sorte de tyran domestique. En guise de conclusion à son procès, Fahner déclare "J'ai aimé ma femme puis, pour finir, je l'ai tuée. Je l'aime encore. Je le lui avais promis, elle reste encore ma femme...".

Dans "Changement d'heure", un industriel accusé d'un meurtre sordide (il a massacré une jeune étudiante avec laquelle il couchait) sauve sa peau grâce à une histoire d'heure d'été qui passe à l'heure d'hiver. Ces 60 minutes lui permettent d'avoir un alibi. 

"L'amour" retrace l'histoire de Patrik qui aime tellement une jeune fille qu'il n'hésite pas à vouloir la tuer pour en manger un morceau.

En revanche, la dernière nouvelle, "L'Ethiopien", clôt l'ouvrage sur une note optimiste. C'est l'histoire d'un jeune garçon, Michalka, abandonné à la naissance, laid mais adroit de ses mains, qui affronte beaucoup d'obstacles et qui arrive à devenir un planteur de café en Ethiopie. Entretemps, il aura purgé une peine de prison pour vol.

Un recueil que je vous conseille.