"Pluralisme", "Objectivité", "Indépendance" devraient être les maîtres-mots de ce "contre-pouvoir" que sont les médias. Depuis 30 ans, c'est malheureusement le contraire qui se passe. Comme je sais que vous pouvez trouver 100 minutes (1H40, qui passent très vite) de temps de cerveau disponible, je vous conjure d'aller voir Les nouveaux chiens de garde, documentaire salutaire, subjectif, sans nuance et très parti pris sur les liens plus qu'incestueux qu'entretiennent les médias avec la finance et la politique. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que les télévisions, la presse et les radios appartiennent à de grands groupes industriels intimement liés au pouvoir en place. C'est pourquoi, à longueur d'année, on voit et on entend les mêmes individus (journalistes, économistes, etc.) qui disent tout et le contraire. Les postes de directeurs (presse ou radios) sont interchangeables d'une année sur l'autre entre le public et le privé. On rit souvent jaune devant ce documentaire tragi-comique quand on constate par exemple qu'un journaliste anciennement trotskyste est devenu animateur de meeting de l'UMP ou qu'un ancien de Charlie Hebdo est devenu directeur d'une grande chaîne de radio publique. Car on se glisse dans le moule, ou on tombe dans les oubliettes. Une grande partie de ce petit monde (issu souvent de la même classe sociale privilégiée) se réunit le dernier mercredi de chaque mois dans un bel hôtel parisien lors d'un dîner organisé par un club très fermé, Le Siècle, d'où rien ne filtre de ce qui se décide ou se dit. Ce que je trouve de plus triste, c'est qu'un journal comme Le Monde est devenu comme les autres.

Ce documentaire qui est sorti depuis le 11 janvier 2012 rencontre un bon succès d'estime car le bouche-à-oreille marche remarquablement bien. C'est mérité. Voir les billets élogieux d'Ed et de Phil Ciné.

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