Si vous vous attendez à un film trépidant avec beaucoup de rythme, passez votre chemin. La Taupe du réalisateur suédois du très réussi Morse, Tomas Alfredson, prend son temps. Quelques flash-back ponctuent cette histoire d'hommes d'où se dégage une atmosphère rétro qui convient bien au sujet. On se croirait dans un film des années 70 (l'histoire se passe en 1973). J'ai voulu voir ce film car les premiers rôles sont interprétés par des acteurs connus: Gary Oldman, Colin Firth, Ciaràn Hinds, John Hurt par exemple, et j'aime bien le genre "film d'espionnage" plutôt rare sur les écrans. Je n'allais pas bouder mon plaisir. Pour résumer l'histoire tirée d'un roman de John Le Carré, George Smiley (Gary Oldman), espion retiré des affaires, est chargé de découvrir la "taupe" travaillant pour les Soviétiques, infiltrée dans les services secrets britanniques. Pendant deux heures (que je n'ai pas vues passer), j'ai été passionnée par cette histoire où on assiste à quelques morts tragiques (des jeunes femmes). Le titre original du film et du roman, "Tinker Tailor Soldier Spy", se réfère à des surnoms donnés à 4 des protagonistes principaux soupçonnés tour à tour d'être la "taupe". George Smiley qui est l'enquêteur l'est peut-être aussi (la "taupe"). Ce film n'est certes pas un chef-d'oeuvre mais mérite toute votre attention car on passe un bon moment. Il m'a fait penser à La lettre du Kremlin de John Huston (qui est un film moins sage).

Prochain billet : El Chino de Sebastian Borensztein.