L'année 2012 continue bien avec des films passionnants. Ne passez surtout pas à côté d'Elena d'Andrei Zviagintsev, réalisateur russe du superbe Le retour. De nos jours, quelque part en Russie, Elena, ancienne infirmière est mariée avec Vladimir, un vieil homme très riche et avare. Ils logent dans un bel et vaste appartement avec tout le confort. En les voyant faire chambre à part, on sent qu'Elena et Vladimir mènent une vie routinière sans beaucoup de sentiments. Lui va régulièrement dans une salle de sport (il a une fille qui ne vient jamais le voir) tandis qu'Elena rend régulièrement visite à son fils et à sa famille. Quelle contraste entre la vie solitaire de Vladimir qui vit dans sa bulle et celle d'Elena qui se frotte à la Russie des "laissés pour compte" comme son fils Serguei. Je vous laisse découvrir le genre de logement dans lequel Serguei et sa famille vivent. Serguei n'a pas d'autre occupation (à part de faire des enfants à sa femme) que de fumer, de boire de la bière et de récupérer l'argent que lui donne sa mère. Ce fils et sa famille sont la raison de vivre d'Elena. Telle une louve, Elena est prête à tout pour eux, même à commettre l'irréparable suite à un événément imprévu. Ce film marquant vous laisse un souvenir durable: la musique de Phlip Glass y contribue pour beaucoup. La mise en scène est virtuose avec quelques plans fixes dont celui du début qui met tout de suite dans l'ambiance. Elena est un très grand film glaçant et pessimiste sur la nature humaine qui se termine de façon immorale. Je vous le recommande comme Ffred, Alex et Rosa.