Voici deux romans, lus depuis un petit moment, que je voulais chroniquer.

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D'abord L'oeil du léopard d'Henning Mankell (Editions du Seuil, 343 pages) qui a été écrit en 1990 mais qui vient seulement d'être publié en français cette année (2012).

Hans Olofson est un jeune Suédois, fils d'Erik Olofsson, un marin devenu bûcheron et alcoolique, et de Mary, disparue un matin sans laisser de traces quand Hans était tout petit. Après une enfance un peu chaotique, avec des rencontres surprenantes comme une jeune femme sans nez, Hans part en Zambie en 1969 à l'âge de 25 ans pour quelques jours sur les traces d'un missionnaire. Il y demeurera 18 ans. Devenu responsable d'un domaine de production d'oeufs, il va vite se rendre compte de la barrière invisible mais réelle qui sépare les blancs et les noirs. Il y un monde entre eux. Le récit alterne le passé et le présent qui se confondent dans l'esprit de Hans, qui souffre de paludisme. En effet, le roman commence avec Hans délirant de fièvre. Pendant 18 ans, Hans n'aura de cesse de se faire accepter par les noirs qui l'entourent. Il va s'accomoder des compromissions, des "pot-de-vins" à verser pour éviter les problèmes, etc. Il va connaître la violence inouÏe à l'encontre des blancs, la sorcellerie, les superstitions et même peut-être croiser l'oeil d'un léopard (animal insaisissable) dans la nuit africaine. Beau roman à découvrir.

 

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Voici maintenant Le royaume des voleurs (Editions 10/18), un roman policier écrit par un Irlandais, William Ryan, dont l'histoire se passe à Moscou en 1936, en pleine période stalinienne, où la faim et la terreur règnent. Plusieurs corps affreusement mutilés sont retrouvés. Un inspecteur de la Milice, Alexeï Dmetrievitch Korolev enquête. Le suspense n'est pas aussi glaçant qu'annoncé sur la 4ème de couv', mais c'est un roman bien fait quoique un peu long (on sent que l'écrivain a voulu recréer au mieux Moscou à cette époque). L'intrigue, assez embrouillée selon moi, se passe au royaume des voleurs, "la haute pègre moscovite", où les trafics, les meurtres sont nombreux. Mais ils ne sont pas les seuls impliqués, car le NKVD, la police secrète de Staline n'est pas en reste. Sans dévoiler beaucoup de l'histoire, les motifs des meurtres ont des liens avec un vol d'icône de grande valeur. Je dirais que ce roman n'est pas mal mais sans plus. Je ne me précipiterai pas sur le volume suivant des enquêtes de Korolev qui s'intitule Film noir à Odessa. Voir aussi le billet d'Yv.