J'ai terminé récemment trois romans. Même si je n'ai pas eu un gros coup de coeur, je les conseille néanmoins.

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D'abord, La 7ème femme de Frédérique Molay (Editions Fayard, 300 pages). Tout commence par un coup de foudre d'un chef de la PJ parisienne, Nico Sirsky, pour une jeune femme médecin (la 7ème femme du titre), et la fin de l'histoire laisse entrevoir une suite heureuse. Entre les deux, pendant une semaine, 6 femmes vont être retrouvées chez elles, mutilées et tuées d'une façon que je vous laisse découvrir. Le déroulement de l'histoire tient la route mais n'a rien d'exceptionnel. Les scènes de crimes se situent dans des quartiers plutôt huppés de Paris, c'est-à-dire le Quartier latin, Jussieu, La Contrescarpe, Le Marais, etc., et le policier enquêteur vit dans le 7ème arrondissement. Le tout m'a paru assez léger pour en faire une lecture idéale pour un voyage dans le train. Voir le billet d'Yv qui m'avait donné envie.

 

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Je passe à Empereurs des ténèbres (Libretto - Editions Phebus, 400 pages), écrit par un auteur espagnol, Ignacio del Valle, et que j'ai trouvé d'une lecture agréable. Couronné de nombreux prix, ce roman a comme toile de fond le front russe pendant l'hiver 42-43, où les températures descendaient à -30° et -40°. Arturo Andrade, un Espagnol, sergent dans la 250° division hippomobile, autrement dit la divison Azul, est chargé par sa hiérarchie d'enquêter sur la mort d'un phalangiste espagnol trouvé égorgé sur le champ de bataille avec une inscription sur la clavicule "Prends garde, Dieu te regarde". C'est un roman où il est question des francs-maçons, de la violeta (variante de la roulette russe), de violences faites aux femmes (une fois de plus), mais surtout de vengeance jusqu'au bout de l'enfer. Je pense que je lirai Les démons de Berlin du même auteur dès que le roman paraîtra en poche, car le personnage d'Arturo Andrade est intéressant.

 

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Enfin La soif primordiale (Editions Métailié, 246 pages), d'un écrivain argentin, Pablo de Santis. L'histoire, un conte fantastique, commence en 1950 à Buenos Aires et sort vraiment des sentiers battus. Si je vous dis que la soif primordiale est celle du sang, vous pouvez imaginer que le sujet a un certain rapport (même de loin) avec le vampirisme. Le narrateur du récit est Santiago Lebron, qui a fait connaissance des livres, et donc du plaisir de la lecture, lors d'une punition à l'école (il fut envoyé à la bibliothèque municipale) [Commentaire personnel: il y a pire comme punition]. Ayant quitté son village à l'âge de 20 ans pour rejoindre la ville, il commence par loger chez son oncle, réparateur de machines à écrire, qui va le former. Il se retrouve par là même à réparer des vieilles machines à écrire au sein de la rédaction d'un jounal. De fil en aiguille, on lui propose de tenir une ou deux rubriques dont celle des mots croisés et des affaires occultes. C'est le ministère de l'occulte qui le charge d'enquêter dans le monde ésotérique et étrange des "antiquaires": "quelqu'un qui n'est pas affecté par le passage du temps, ni par la maladie et qui ne peut connaître qu'une mort violente" (page 46). Vivant entourés de vieux objets, livres rares et d'occasion, ces antiquaires évitent certains aliments et la lumière du jour et un certain élixir mystérieux leur est nécessaire. Je vous laisse découvrir les péripéties qui amènent Santiago à devenir l'un d'eux. D'ailleurs, 50 ans plus tard, il tient encore une librairie de livres d'occasion ayant appartenu précédemment à un Français qui l'a infecté d'immortalité par son sang.

Pour rédiger ce billet, j'ai relu pas mal de passages de ce roman, car il n'est pas facile d'en rendre compte, mais je vous le conseille. Vous découvrirez le rôle que joue une épingle d'or.